samedi 13 février 2010

Un père, un fils : ainsi soit-il…

Comme plusieurs de mon âge, j’ai grandi persuadé que nos comportements étaient dictés par l’éducation et que l’inné n'était qu'une vue de l’esprit.  Ainsi le croyais-je, les garçons, équipés de poupées, auraient voulu les allaiter tandis que les filles, en possession de camions Tonka, auraient organisé des poursuites de salon dignes de Bullit.  En un éclair, mon fils devait anéantir vingt ans de convictions béhavioristes. 

Jérémie et sa soeur, Anaël : l'irrépressible fascination des garçons pour les autos gagne parfois même leur grande soeur...

Il avait tout juste 20 mois quand, à Noël 96, ma sœur, Marie-Josée, eût l’idée saugrenue de lui offrir une collection de 25 petites autos.  Qu’allait-il bien faire de ces objets qui ne lui diraient absolument rien ?

À peine en possession de ce présent apparemment incongru, les yeux de mon garçon s’allumèrent d’un feu que je ne leur connaissais pas.  C’est fiévreusement qu’il arracha l’emballage de son cadeau et s’empara des précieux petits véhicules comme Arsène Lupin aurait dérobé les bijoux de la comtesse de Cagliostro.  Qu’allait-il bien pouvoir en faire ?

Un premier bolide eût à peine touché le plancher que déjà, des « vroum, vroum » bien sentis gazouillaient joyeusement de la bouche de Jérémie tandis qu’une première, une seconde, puis une troisième automobile sillonnaient le plancher plus vite que le regard.

Je me rappelais alors la joie viscérale qui m’animait, enfant, quand je reçu mes premiers « amions » (je ne pouvais alors prononcer les « c »).  Mieux que n’importe quel psychologue ou sociologue, mon garçon, par sa spontanéité même, venait de démontrer la préséance du naturel sur l’acquis.  Pas mal, pour un petit futé qui n’avait même pas deux ans… 

4 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est peut-être pas tout à fait aussi simple Olivier. Serge

JCB a dit…

Tu aurais aussi du lui offrir une poupée.. Il l'aurait démontée pour savoir comment c'était à l'intérieur.ET à la petite fille on offre un camion de pompier qu'elle s'empresse de cajoler et de bercer!

Olivier Kaestlé a dit…

@ JCB Je me rappelle d'un reportage où Yvon Dallaire parlait d'études empiriques qui exposaient des conclusions similaires.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Serge Les choses ne sont jamais simples quand des études simplistes - gender studies - viennent compliquer une réalité à la base complexe. Les études de genre mordent de plus en plus la poussière après avoir suscité les quolibets en France et avoir été désavoués en Norvège.