samedi 23 octobre 2010

Châtelaine : antiféministe ou simplement critique ?

L’un des piliers des magazines québécois, Châtelaine, fête ce mois-ci ses 50 ans, belle preuve de longévité dans un univers média aussi compétitif, où l’offre au lecteur va sans cesse en augmentant, et l’attrait hypnotique d’Internet, en s’intensifiant.  Témoin et solidaire de la condition des femmes, Châtelaine ne se veut pas pour autant une parution féministe, sur le modèle de la défunte revue La vie en rose. 


Si ce média s’est fait l’écho de nombreuses revendications féminines légitimes dans les années 70 et 80, soit le droit à l’avortement, aux garderies, à l’équité salariale, la lutte au sexisme dans l’embauche ou le maintien d’employées, notamment, certaines âmes chagrines lui reprochent maintenant d’ouvrir depuis des années ses portes à un discours antiféministe, voire odieusement masculiniste.  Suffit-il d’oser une critique au mouvement féministe pour se voir accoler ces étiquettes ?  Apparemment oui.

Ainsi, deux chercheurs du Service au collectivités de l’UQÀM, Stéphanie Mayer et Francis Dupuy-Déry, considèrent que 30 % des numéros de cette revue, publiés depuis 1960, font état de cette « dérive ».  Fort de ce constat éclairant, ces universitaires, de concert avec l’R des Centres de femmes, profitent de l’arrivée d’une nouvelle équipe éditoriale pour tirer la sonnette d’alarme. 

Ces défenseurs autoproclamés de la cause des femmes souhaitent que Châtelaine « présente des modèles inspirants de rapports égalitaires entre les hommes et les femmes ainsi qu’entre les femmes elles-mêmes. »  Ai-je manqué quelque chose ?  Sans avoir lu chaque mois ce magazine, il me semble que c’est ce qu’il n’a cessé de faire.  Nombre de leurs numéros, y compris les plus récents, ont été consacrés à présenter des modèles de réussite au féminin.  Où est le problème ?  Ne serait-on pas en train d’en créer un ?

Ces âmes « conscientisantes» veulent que Châtelaine rappelle « aux femmes qu’elles sont des agentes de changement, individuellement et collectivement, en présentant des femmes qui agissent en faveur de la liberté et de l’égalité ».  Comment, elles ne sont pas au courant ?  Et les hommes, ce sont probablement des poids morts qu’il faut traîner malgré eux vers les avenues ensoleillées du progrès féministe, solidaire et ouvert à l’Islamisme de François David ?  Exaltant projet de société !

Mais le meilleur était pour la fin :  ces héroïnes de la condition des femmes et leur sous-fifre veulent que Châtelaine « développe un filtre contre les discours antiféministes et masculinistes. ».   Vous avez bien lu.  Comme un toussotement critique envers le lobby féministe suffit pour l'indisposer, on voit bien à quelle dérive pourrait mener la réceptivité de Châtelaine à ce qui n’est rien de moins qu’une censure déguisée.  Chapeau mesdames et monsieur, belle contribution à la vie démocratique dont vous vous êtes si faussement faits les défenseurs.

Personnellement, je doute que Châtelaine adhère à cette dernière « commande ».  Quant aux deux premières, elles me semblent déjà réalités.  Ce n’est pas la première fois que les féministes et leurs aficionados enfoncent une porte ouverte… Il faut bien légitimer des subventions que le contribuable répugne de plus en plus à financer.  

Que cela plaise ou non à ces braves gens, les discours les plus alternatifs, les plus clairvoyants, sur les rapports homme-femme ne viennent plus des féministes, emprisonnées dans un propos passéiste et déconnecté de la réalité tant des femmes que des hommes. 

Les défenseurs d’une société laïque ont pris le relais d’une véritable combat pour les droits légitimes des femmes, en s’opposant à l’Islamisme, qui à l’évidence en constitue la première menace.  Comme nos dirigeants courtisent le vote ethnique et que le lobby féministe courtise nos dirigeants, on comprendra la frilosité des « militantes » à dénoncer la montée d’un fléau devant lequel leur silence scellera inévitablement leur sort, dans les meilleurs intérêts de la collectivité.

Là aussi, ne leur en déplaise, des hommes et des garçons ne pourront pas subir éternellement les contrecoups d’une dérive occasionnée par un mouvement à l’origine légitime.  Le droit de nos garçons à des lieux d’apprentissage adaptés à leurs besoins, ceux des pères et de leurs enfants à une vie familiale épanouissante, après une séparation, la présomption d’innocence, en cas d’accusation d’agression sexuelle, la primauté de la compétence sur la discrimination positive sont autant de causes qui ne pourront rester éternellement lettre morte.

Mais il y a plus : la population du Québec semble de plus en plus imperméable aux lamentations sporadiques du lobby féministe dont les litanies se concluent invariablement par un  « Plus d’argent, monsieur le premier ministre ! »  Même Châtelaine, le magazine le plus lu dans sa catégorie, notamment avec 30 % de lecteurs masculins, ne pourra inverser une tendance aussi implacable.  Vox populi, vox Dei…

2 commentaires:

Bisbille 101 a dit…

Bien envoyé ! La mafia féministe a fini de terroriser la société qui repose sur des bases démocratiques, pas sur les élucubrations tarabiscotées d'une poignée d'idéologues déviantes !

Olivier Kaestlé a dit…

Mais vous savez aussi bien que moi qu'il s'agit d'un mouvement très influent auprès de nos élus et que les sommes qu'il soutire à l'État pour sa survie sont colossales. Seule la bataille de l'opinion publique finira par faire changer les choses, en espérant qu'un mouvement de balancier ne vienne pas nuire aux intérêts des femmes qui restent légitimes. Salutations.