vendredi 19 novembre 2010

Devrait-on dire : affaire Lola-Goldwater ?...

Derrière toute entreprise, tout projet, il y a des motivations officielles ou inavouées, souvent les deux.  À l’origine de ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’affaire Lola, l’on retrouve également deux femmes : Lola elle-même, bien sûr, dont l’identité confidentielle peut être découverte sur la toile en deux clics de souris, et sa désormais célèbre avocate, Anne-France Goldwater, personnage pour le moins haut en couleurs et spécialiste des causes médiatisées.

Peu le savent, mais la cause de Lola a été scindée en deux dès 2005.  Le litige privé, opposant Éric à Lola a été réglé le 16 mai 2006 en cour supérieure avec le résultat que la pension de madame a été triplée pour atteindre 35 000 $ par mois.  Cette affaire privée a servi de prétexte, de cheval de Troie, pour la deuxième cause, contestant la constitutionnalité de l’article 585 du code civil concernant l’obligation alimentaire des gens mariés.  C’est la suspension de cet article pour un an qui aura des répercussions certaines sur les unions de fait représentant 34,6 % des couples du Québec et qui entraînera une augmentation appréciable du chiffre d’affaires des avocats familialistes.


Qui plus est, Lola pourra retourner en Cour supérieure et obtenir pour elle-même la pension tant convoitée, en plus des 420 000 $ nets d'impôts par an qu'elle encaisse déjà pour ses enfants.  Rappelons qu'elle exige la bagatelle de 50 M $...

Selon Me Goldwater, « (…) pour une fois, une lutte de riches pourrait véritablement aider les pauvres. »  Rien n’est moins sûr et il est difficile de concevoir qu’une avocate familialiste de 30 ans d’expérience, réputée pour sa compétence, puisse l’ignorer à moins de souffrir d’aveuglement volontaire ou de pratiquer l’autohypnose.  Parions plutôt sur le bluff ou le mensonge délibéré.  De plus en plus nombreuses affluent les dénonciations qui prennent pour cible une justice à double standard, s’exerçant au détriment des intérêts légitimes des maris, des pères et de leurs enfants au Québec.  L’expression « industrie du divorce » fait peu à peu son chemin et s’étendra bientôt, grâce aux bons soins de Mme Goldwater, aux conjoints de sexe masculin en union de faits.

Pas de droit à l'erreur pour les jeunes hommes...

En réaction au verdict frauduleux des juges Marc Beauregard, Julie Dutil et Lorne Giroux, Mme Lise Bilodeau, présidente fondatrice de l’Association des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ), devait objecter des arguments qui donnent à réfléchir : «  Imaginez les jeunes hommes qui tentent de faire leur vie avec deux ou trois personnes différentes et que ça ne fonctionne pas.  Seront-ils obligés de payer deux ou trois pensions alimentaires aux femmes avec qui ça n’a pas fonctionné ? » 

À moins d’un renversement en Cour suprême, ou d’un aménagement de la suspension de l’article 585 tenant compte de cette réalité incontournable au cours de la prochaine année, on voit mal comment il pourrait en aller autrement.  Rappelons que les hommes représentent 95 % des payeurs de pension au Québec.  Si vous êtes parents d’un jeune fils majeur depuis peu, mettez-le en garde contre les risques de la vie à deux, même en n’étant pas marié !

Mais qui est Me Goldwater ?

Ceux qui seraient tentés de ne voir en Me Goldwater qu’une virago exécrant les hommes jusqu’à l’apoplexie devront mettre de l’eau dans leur vin, bien qu'il y ait sûrement un important élément de vérité dans un portrait aussi peu flatteur.  Il est arrivé à cette magistrate de défendre des causes controversées mais louables.  Cette femme qui se définit comme une féministe radicale a dû retourner plus d’un estomac parmi ses consoeurs les plus intraitables par la création de la jurisprudence relative à la reconnaissance de l’aliénation parentale.  Quand on sait que, poussées par un système judiciaire au service des mères, celles-ci totalisent 75 % des cas de cette forme de déviance, on réalise l’impact d’une telle victoire, même si elle risque d’être plus symbolique qu’appliquée. 

Mme Goldwater s’est également signalée par la défense du droit des enfants à l’avocat de leur choix et par l’obtention pour eux du statut de partie dans le litige familial, même si, aliénation parentale « aidant », il puisse s’agir là d’une arme à double tranchant, pas toujours propice à un exercice éclairé de la justice.  Les gais et lesbiennes lui doivent également beaucoup, puisqu'elle a obtenu gain de cause en 2003 dans la reconnaissance des couples de même sexe par la mise en échec des dispositions législatives discriminatoires.

Une porte ouverte aux abus

Il semble cependant qu’à la défense pertinente des enfants et des homosexuels s’ajoute celle, infiniment plus contestable, de femmes cupides ou malintentionnées qui ne manqueront pas d’abuser du système avec la complicité mercantile de leur avocat.  Un extrait d’entrevue diffusée à l’émission de Christiane Charrette, cité par le chroniqueur Richard Martineau, qui oppose son collègue Patrick Lagacé à Mme Goldwater, est à cet égard révélateur du féminisme radical et infantilisant dont se réclame l’avocate. 

« Disons que j’habite pendant quatre ans avec une fille et qu’on n’a pas d’enfant, lance Lagacé. On décide de se séparer, et à cause des aléas de la vie, mon ex se retrouve sans travail ou alors elle a un travail qui ne lui permet pas de mener le train de vie qu’elle menait quand on vivait ensemble.  Dois-je lui payer une pension ? »

« Je l’espère », répond l’avocate sans hésiter.

Voilà qui n’aura pas de quoi appaiser les inquiétudes de Mme Bilodeau, de l'ANCQ, citée plus haut dans ce texte, et qui m’a laissé ce commentaire préoccupant et révélateur sur les conséquences de l’affaire Lola.  Je le partage avec vous :

« J’ajoute que nous avons au Québec au moins 16 mille avocats familialistes (donnée de 2006). La majorité des "Joyeux Lurons du Barreau", qui ont défilé jusqu'à maintenant dans les médias, se frottent la bédaine, car ce jugement s'annonce fort lucratif pour eux. Il est faux de prétendre que la Cour prend le temps de tenir compte de la capacité de payer du débiteur. Il est également faux d'avancer que, si le salaire de l'ex conjointe est supérieur à celui de Monsieur, celui-ci n'aura pas à lui verser de pension. Dans la réalité, les faits sont différents, une bursite, une tendinite, une migraine, une dépression, un burn-out viendront peser lourd dans la balance de l'incapacité de Madame à poursuivre sa carrière. Sans compter que Madame pourrait décider de poursuivre des études. Il faut également être prudent quant au contrat de vie, qui pour certains semble être la panacée. En effet, ce dernier ne pourra annuler le nouvel article du code civil. En d'autres termes, nulle entente ne peut passer outre à une disposition légale. »

Gare aux vacances d'été !

Le public ne réalise pas encore pleinement les impacts probables de la décision de la cour d’appel.  Étant donné le nombre de personnes que ce verdict dégoûtant pourra affecter, la vigilance reste plus que jamais de mise sur les modalités que pourraient prendre l’évolution, si l’on peut dire, de la situation.  Il s’agit en plein du genre de sapin de Noël que l’on pourrait se faire passer pendant les vacances d’été… 

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