jeudi 30 septembre 2010

Fausses allégations : prévenir, c'est déjà reconnaître...

Sujet tabou s’il en est, dans un contexte où l’on veut plus que jamais prévenir, dénoncer et condamner les agressions sexuelles et en protéger les victimes, la problématique des fausses allégations est trop souvent perçue comme un chien dans un jeu de quilles, un cheveux sur la soupe, un crissement de craie sur un tableau noir.  Bref, certains – et certaines – préféreraient qu’elles n’existent pas et en minimisent le plus possible la portée.  La vie est tellement plus simple dans un monde en noir et blanc, avec les méchants prédateurs, tous masculins, d’un côté, et les victimes éplorées, toutes féminines, de l’autre. 


Or, même si ce cliché reflète une tendance bien réelle, il demeure beaucoup trop dogmatique et réducteur pour ne pas dissimuler d’autres problématiques qui méritent notre attention.  Peut-il, par exemple, se passer une semaine sans que l’on apprenne que des garçons, enfants ou adolescents, ont été victimes d’agressions sexuelles ?  C’est parfois devenus adultes qu’enfin, ils dénoncent leur ou leurs agresseurs.  Le scandale des prêtres catholiques n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette réalité trop courante, mais aisément balayée sous le tapis.  Nos victimes ne peuvent qu’être féminines.

Selon des statistiques gouvernementales partielles et des avis de spécialistes crédibles tels que Michel St-Yves, psychologue judiciaire d’expérience à la SQ et auteur d’ouvrages sur la criminalité québécoise, les signalements d’agressions sexuelles non fondés oscilleraient entre 30 et 40 %, pourcentage bien sûr contesté par des organisations féministes, qui souhaiteraient qu’ils ne dépassent pas 2 %.  La première donnée vient perturber leur petit confort intellectuel et bouleverser les dogmes sur lesquels certaines « intervenantes » fondent leur « expertise », dispensée jusque dans nos écoles, lors d’activités de « sensibilisation » grassement subventionnées à même nos impôts.

Mieux vaut prévenir

Aussi est-il méritoire, dans un tel contexte de désinformation et de négation, pour un organisme ayant pignon sur rue, non seulement de reconnaître la réalité et l’impact des fausses allégations, mais encore de proposer des mesures afin de les prévenir. 

C’est l’initiative mise de l’avant par la Centrale des syndicats du Québec, dès 2002, dans une brochure destinée aux intervenants oeuvrant dans le domaine de la santé et des services sociaux.  Le but premier du document, toujours disponible sur le Web, est d’outiller ces professionnels de façon à leur éviter ce fléau dans leurs rapports avec des jeunes auprès desquels ils occupent souvent une situation d’autorité.  Le titre veut tout dire : De fausses allégations peuvent briser une vie… Comment les prévenir ?
http://cbcsq.qc.net/sites/1687/documents/sante/faussant.pdf

L’impact dévastateur des fausses allégations tient dans cet extrait de la brochure : « (…) une chose est sûre : une fausse allégation de nature sexuelle devient un cauchemar pour le salarié, sur les plans personnel, professionnel et social.  Même en cas d’acquittement, la réputation est souvent impossible à rétablir. »  On pourrait ajouter que ces conséquences déplorables ne constituent pas l’apanage exclusif des salariés du réseau de la santé…

Les auteurs du document n’hésitent pas à affirmer que, si les fausses allégations résultent souvent d’une mauvaise interprétation des gestes posés, elles peuvent également provenir de fabulation, de préjugés, d’abus de pouvoir ou de désir de vengeance.  Les exemples cités des comportements à risques occasionnés par une relation d’autorité auprès de jeunes sont éloquents : « L’éducateur m’a réprimandée, je vais lui faire payer. »  Ou encore: « Je trouve mon éducateur tellement extraordinaire que j’aimerais qu’il s’occupe de moi en particulier. »

Les situations impliquant un contact physique lors d’interventions auprès de jeunes en état de crise, un contexte où ceux-ci se retrouvent partiellement ou totalement dévêtus, ou les occasions où l’intervenant se retrouve seul avec un jeune dans un local fermé, représentent autant de situations à risque.  Les contextes où des thèmes ayant trait à la sexualité sont abordés clôturent l’énumération.

Quelques comportements préventifs

J’ai moi-même travaillé pendant trois ans comme agent de service privé[1] auprès de patients psychiatrisés de tout âge, où les trois premières situations pouvaient aisément survenir.  L’agence de sécurité qui m’employait avait pour politique d’éviter, autant que possible, que les agents de sexe masculin ne se retrouvent en présence de femmes et de jeunes, plus souvent confiés à des agentes.  En situation de risque potentiel, il n’y avait pas de place pour une politique de l’autruche au sujet des fausses allégations.

Parmi les – nombreux - comportements préventifs recommandés par ailleurs par la CSF, signalons : s’abstenir de gestes affectueux; aviser rapidement l’autorité de toute situation ambiguë; tout en informant les jeunes de leurs droits, les responsabiliser sur les conséquences d’une fausse allégation; ne pas inviter un jeune à prendre une consommation ou chez soi; éviter le plus possible les contacts physiques; doter les bureaux d’entrevue de portes vitrées et, bien sûr, éviter de se retrouver seul avec un jeune. 

On recommande également de prévenir un employé dont le comportement pourrait porter indûment à interprétation et de ne pas tarder à éteindre dans l’œuf toute rumeur en dissipant le malentendu ou le mensonge à la source.

Les pistes de solution sont minces, pour un employé faussement accusé, hormis de signaler au plus vite tout indice à cet effet à son délégué syndical.  Il est recommandé de faire preuve de sollicitude envers un collègue dont on a tout lieu de croire qu’il est faussement accusé; la présomption d’innocence, cet irritant pour certaines organisations, n’est pas faite pour les chiens. 

Vers la reconnaissance d’une problématique

La publication du document de la CSF constitue une étape dans la lutte pour la reconnaissance de la problématique des fausses allégations, dont les conséquences vont au-delà de la simple erreur judiciaire.  Le nombre de nos enseignants masculins, déjà minoritaires, a diminué sensiblement au cours des dernières années.  Au nombre des motifs invoqués pour expliquer cette mouvance, le risque de fausses allégations revient avec une constance alarmante. 

Plus près des familles, les signalements non fondés, souvent invoqués dans la lutte pour la garde des enfants, dans un contexte d’aliénation parentale, représentent un fléau dont il faudra tôt ou tard mesurer l’ampleur réelle, à l’abri de toute pression indue.

Dans ce blogue, il ne se passe pratiquement pas une journée sans que mon dossier intitulé De véritables fausses allégations ne soit consulté.  Il est pourtant paru en décembre 2009.
http://olivierkaestle.blogspot.com/2009/12/de-veritables-fausses-allegations.html 

Nos décideurs et les intervenants concernés devront avant longtemps admettre que les fausses accusations ne visent pas que les professionnels de la santé et de l’éducation et que des mécanismes de prévention s’imposent, quand c’est possible, et selon les contextes.  À cause des ravages qu’il provoque, ce type d’agissement néfaste, lorsqu’il est commis sciemment, devrait être sanctionné avec la même sévérité que les agressions sexuelles elles-mêmes, en tenant compte cependant de l’âge de la personne contrevenante.  Les mentalités évoluent lentement, mais prévenir, c'est déjà reconnaître...


[1] Agent de sécurité en civil chargé de veiller à la sécurité de patients psychiatrisés ou en état de faiblesse physique ou mentale (NDA).

vendredi 24 septembre 2010

Sherlock : très élémentaire, l’assouplissant Downey !

Je sais, Sherlock Holmes, de l’ineffable Guy Ritchie, est sorti depuis plusieurs mois.  C’est qu’il m’a fallu ce laps de temps pour enfin me décider à visionner cette récente mouture des récits du célèbre locataire du 221b, Baker Street.  Mes appréhensions se situaient pourtant en deçà de la déception qui m’attendait devant une « œuvre » regroupant tous les critères qui font les navets de belle venue.


L’ignorance de plusieurs chroniqueurs sur ce classique de la littérature britannique m’a laissé pantois, certains d’entre eux gobant même la fable voulant que cette « vision » d’un cinéaste  aussi doué pour la réalisation que son ex, Madonna, pour le métier d’actrice, allait renouer avec l’essence même de Sherlock Holmes… Franchement, quelle foutaise !

Brett, l'insubmersible

Je passerai rapidement sur la réalisation peu subtile, voire pataude, le scénario anodin, étranger aux histoires si brillantes imaginées par Conan Doyle, et donnerai tout au plus une bonne note pour la photographie, la reconstitution historique et les costumes, bref, tout ce que Ritchie a dû déléguer.  Je m’arrêterai particulièrement sur la pire lacune artistique du – très – long métrage : une conception bancale, réductrice et insipide du personnage littéraire le plus souvent porté à l’écran de l’histoire du cinéma, dans l’une de ses manifestations les plus médiocres.

Depuis la série de télé Granada, mettant en vedette l’insubmersible Jeremy Brett, le seul acteur de talent à avoir su créer un passé, une psychologie et une personnalité cadrant parfaitement avec le personnage de Conan Doyle, il demeure tout simplement impossible de surpasser ce génie et plus qu’improbable de faire aussi bien.  Si l’on doit à quelqu’un d’avoir su, non pas « renouer avec les racines » de Holmes, mais bien les détecter et les rendre tangibles, avec la même perspicacité apparemment surnaturelle que son personnage, c’est bien à Jeremy Brett, le seul comédien qui soit parvenu à surclasser Basil Rathbone, jusque-là l’autorité incontestée dans ce rôle.

Bobby, oublie Sherlock…

Il n’est nullement question ici d’affirmer que Robert Downey Jr n’est pas, de façon générale, un excellent acteur.  Sa performance dans le rôle de Charlie Chaplin passera certainement à la postérité, de même que son talent pour les personnages tourmentés et parfois autobiographiques qui l’ont imposé comme un comédien de premier plan. 

Mais pour Sherlock, Bobby est médiocre !  Pas juste passable, ordinaire, dégazé : médiocre.  Son Sherlock n’a plus rien à voir avec celui de Conan Doyle, et c’est sans compter la performance déplorable de Jude Law qui, après avoir campé un Alfie bas de gamme, plus qu’inférieur à celui de l’icône Michael Caine, poursuit son œuvre de massacre en dénaturant le bon docteur Watson pour y substituer un personnage de bellâtre arrogant et insipide.  Quelle sera la prochaine victime de Law, Ghandi ?

Franchement, devant de tels comédiens, seuls Brad Pitt et Angelina Jolie auraient pu former un casting encore moins adéquat…

Sherlock 101, à l’intention des cinéastes incompétents…

Tel que conçu par Conan Doyle et admirablement rendu par Jeremy Brett, Sherlock Holmes est un être aux nerf d’acier, quoique extrêmement nerveux et cyclothymique, qui passe par des phases de dépression intense, quand il n’a pas d’affaire à se mettre sous la dent, suivies de moments d’exaltation, lorsqu’il peut déployer ses talents exceptionnels à résoudre une énigme.

Très secret, voire énigmatique, Holmes est un obsessif compulsif qui dissimule ses émotions derrière un masque d’impassibilité proche d’une froideur permanente et un humour cinglant oscillant de l’ironie au sarcasme.  Bohème et désordonné dans son appartement, au grand dam de sa logeuse, Mme Hudson, il demeure d’une élégance stricte et d’une propreté féline sur sa personne.

Physiquement, Holmes est très grand, athlétique, quoique assez maigre.  Son visage est énergique, doté d’un menton carré et volontaire, son nez, comme son profil, sont aquilins et ses yeux, gris, intenses, impressionnant et scrutateurs.  Pas de doute, l’homme n’a rien de banal.

Si vous discernez Robert Downey Jr dans un tel énoncé, dites-moi ce que vous buvez !

L’assouplissant Downey

Revu et « corrigé » par Ritchie (au sens d’infliger une correction) et dénaturé par Downey, aussi proche de Holmes que Dan Ackroyd l’aurait été d’Elliot Ness, le célèbre limier devient petit, hésitant, maladroit, bref quelconque, ne parviendrait pas à imposer le silence à une fillette de sept ans, se révèle malpropre, mal rasé, d’une élégance inexistante.  On se demande comment un tel être pourrait retrouver ses pantoufles sous son lit. 

Les scènes qui le mettent en présence d’Irene Adler, la seule femme à avoir, disons, ému Holmes, ont de quoi causer des ulcères posthumes à Conan Doyle, tant ce Sherlock évoque un lycéen boutonneux et confus de se voir surpris en train de se branler devant une revue porno.  On a rarement vu un personnage célèbre avoir l’air aussi niais. 

Personnellement, je frémis à l’idée d’une suite (ici, on pourrait sans hésiter employer l’anglicisme « séquelle ») à un ratage aussi déplorable, en totale contradiction avec son inexplicable succès commercial.

La vraie affaire…

À l’époque de Saturday Night Fever, mon père, grand amateur de classique, avait exprimé une indignation bien sentie devant l’interprétation disco de la cinquième de Beethoven, qui figurait sur la trame sonore du film, que j’avais imprudemment fait jouer dans le salon familial.  Quelque temps plus tard, il s’était ravisé, de retour de chez son disquaire préféré, chez qui des jeunes avaient demandé une interprétation originale de la célèbre symphonie.  « Finalement, la version disco a eu du bon, me dit-il, rasséréné.  Des jeunes commencent par celle-là, qui joue sur toutes les radios, puis ils développent la curiosité de connaître la vraie, et enrichissent leur culture. » 

Qui sait, peut-être que le « disco » Downey aura au moins le – seul – mérite d’intéresser un public nouveau aux classiques interprétés par l’insurpassable Brett…

jeudi 16 septembre 2010

Si on laissait nos morts vivre leur vie ?

Comme plusieurs, je regarde quotidiennement la rubrique nécrologique, le plus souvent en retenant mon souffle et en espérant qu’aujourd’hui, la mort ne m’aura pris personne parmi mes amis ou connaissances.  Depuis que j’ai appris ainsi le décès d’une amie, déjà perdue de vue, il est vrai, je ne souhaite plus revivre pareille stupeur.  Or, il arrive que je découvre dans ladite rubrique qui, un ancien collègue, qui, une vague connaissance, qui, le parent d’un ami.  Il faut s’y faire et la tendance n’est pas prête de s’arrêter, comme on avance en âge.  Les gens que l’on croise dans notre parcours sur terre nous quittent, peu importe leur importance affective, et nous devons faire avec, accepter, vivre nos deuils.

Aussi, je reste surpris devant certaines formules de convenance qui accompagnent les vœux qu’adressent ceux qui restent à ceux qui partent.  Si certains d’entre eux émettent des souhaits de félicité et de plénitude dans un monde meilleur, d’autres semblent préférer des volontés moins désintéressées. 

Des souhaits altruistes…

Parmi les formules tirées des journaux que j’ai sous les yeux, j’ai bien aimé cette maxime : « La mort, c’est comme un bateau qui s’éloigne vers l’horizon.  Il y a un moment où il disparaît… Mais ça ne veut pas dire qu’il n’existe plus… »  Pour qui, comme moi, croit en la vie après la mort, ce commentaire est porteur de sens. 

J’aime aussi les témoignages, peut-être plus formels, qui soulignent l’héritage de l’exemple d’une vie bien remplie, d’un caractère bien trempé.  D’accord, c’est plus convenu, mais ça reste simple, concret, et puis, on ne demande rien au défunt; il a déjà donné.  C’est dans une telle optique que l’expression « Repose en paix » prend tout son sens.  On oublie trop souvent ce que cette formule implique…

… Et des moins désintéressés…

Je reste toujours perplexe devant d’autres manifestations présumées d’affection, pourtant si fréquentes en cas de décès, comme si ceux qui les communiquent demeurent rivés sur la tristesse de leur sort, avant de souhaiter au trépassé le bonheur dans l’au-delà, quand ils y pensent.  Après tout, qui leur garantit la félicité du défunt ?

J’ai beau croire en la vie après la mort, je n’achète pas la thèse d’un royaume des cieux où nous resterions suspendus, immobiles, dans une béate plénitude pour l’éternité.  Franchement, je préférerais l’enfer à pareille platitude ! 

Je me fiche par ailleurs des théories sur la réincarnation.  Avant de savoir comment, ou sous quelle forme, nous pourrions, très hypothétiquement, retourner sur terre, commençons par travailler sur le tangible, pendant que nous y habitons, et menons une vie signifiante.  L’être suprême, le grand horloger de Voltaire, auquel j’ai la faiblesse de croire (je parle de l’horloger, bien qu’estimant le philosophe) s’arrangera bien avec nos itinéraires respectifs, quand nous aurons passé l’arme à gauche.  Chacun son métier…

Des perles à garder pour soi…

Voici un échantillonnage de « perles » qui m’ont fait sourciller dans la rubrique nécrologique, assorti de mes commentaires (je sais, je n’ai jamais eu de tact, et ça ne s’arrange pas avec l’âge) :

Un jeune homme trépassé s’est mérité ce vœu  : « Sois notre guide vers la lumière. »  Le pauvre n’a pas assez d’être mort prématurément, le voilà maintenant guide spirituel !  Lui a-t-on demandé son avis ?  La découverte de sa lumière ne devrait-elle pas rester une responsabilité personnelle ?  Et si le disparu avait devant lui son propre cheminement ?  Des questions, comme ça.

Un enfant mort en couches s’est vu de son côté enfoncé dans la bouche un commentaire posthume finissant par « je resterai auprès de vous en silence ».  Vous parlez d’un programme !  Comment souhaiter pareil ennui à son enfant ?  Pour combien de temps, ce purgatoire ?  Qu’est-ce que ça donnera de plus aux parents ?  Espérons que le bébé développe des talents de cruciverbiste pour tuer le temps…

Et combien de fois ne lisons-nous pas, à propos de pères ou de mères de famille dévoués : « Continue de veiller sur nous dans l’au-delà. »  L’expression « couper le cordon ombilical », déjà entendu parler ?  Non seulement ces parents ont-ils donné naissance à ces dépendants affectifs, les ont torchés, nourris, éduqués, rassurés, conseillés, bref, aimés de leur mieux, avec toutes leurs forces, leurs faiblesses, leurs qualités, leurs défauts, non, c’est pas assez.  Il faudrait encore qu’ils continuent dans l’au-delà !  Pourrait-on leur sacrer patience, les laissr reposer en paix, justement ?  Ou débuter une vie nouvelle, qui sait ?  Rien n’indique qu’ils n’ont plus rien à découvrir là où ils sont, que toute évolution cesse avec la mort terrestre.

Souhaitons-leur le mieux !

Force est de constater le triste penchant de l’être humain à pleurer sur lui-même plutôt que de faire preuve de générosité en souhaitant le bonheur aux disparus.  Il me semble pourtant que l’altruisme envers le défunt devrait nous soutenir plus adéquatement dans l’épreuve que les lamentations sur notre sort, même si une telle attitude demeure on ne peut plus humaine.  Regarder l’autre partir avec un sourire, même une larme à l’œil, c’est quand même plus riche de sens, pour soi comme pour celui qui quitte…

Abbé Kaestlé, sujet suivant…

mardi 14 septembre 2010

Meurtre par compassion : le cas Latimer

Alors que le suicide assisté défraie la manchette, son proche parent, le meurtre par compassion, mérite également notre attention.  Contrairement au premier, le second geste n’implique pas que ladite victime soit consciente, ni désireuse de mettre fin à ses jours. 

La cause de Robert Latimer, qui s’était vu condamné à la prison à vie, en 1993, pour le meurtre de sa fille Tracy, incarne on ne peut mieux la lutte obstiné pour la reconnaissance de la légitimité du meurtre par compassion.  Qu’il ait tort ou raison, on ne peut accuser l’homme de manquer ni de courage, ni de cohérence, dans le maintien opiniâtre du bien-fondé de sa décision.  Voici, à ce propos, l’un de mes textes d’opinion, paru en 2007, qui situe, je crois, les enjeux d’un débat toujours d’actualité.

Latimer : la mauvaise réponse

Le 6 décembre dernier (2007, NDA), anniversaire de la boucherie de Polytechnique, l’une des pires tueuses en série de Grande-Bretagne, Beverley Allitt, a vu sa demande d’appel rejetée.  La Haute Cour de Londres lui a plutôt imposé une peine minimale de 30 ans de détention.  Cette infirmière, surnommée « l’Ange de la mort », avait été condamnée à vie en 1993 pour le meurtre de quatre enfants, dont trois bébés et un garçon handicapé mental de 11 ans.  La justice l’avait également reconnue coupable de trois autres tentatives de meurtre et d’avoir handicapé à vie six autres patients.  Un besoin maladif de notoriété aurait été le mobile de ces crimes, mais rien n’est certain.

C’est ironiquement la même année, soit en 1993, que le fermier saskatchewanais Robert Latimer s’était vu lui aussi condamné à la prison à vie pour le meurtre au deuxième degré de sa fille Tracy, sévèrement handicapée.  L’enfant, qui nécessitait les soins constants de ses parents depuis 12 ans, était née avec une paralysie cérébrale et ne devait jamais dépasser les capacités intellectuelles d’un enfant de trois mois. 

Autre coïncidence, c’est la veille de l’appel rejeté de l’infirmière homicide que Latimer se voyait refuser une demande de liberté conditionnelle. La Commission nationale des libérations conditionnelles estimait que l’homme n’avait « pas développé suffisamment d’introspection et de compréhension de (ses) actions. »  En effet, le père incarcéré n’a jamais dérogé d’un iota de sa version des faits.  « Tuer ma fille était la bonne chose à faire », devait-il maintenir.  Manifestement, c’était la mauvaise réponse.

Admettons qu’il aurait été improbable qu’un système judiciaire, ayant la prétention de « protéger les personnes les plus vulnérables », comprenne et admette aujourd’hui les raisons qui ont jadis entraîné une sentence à vie.  Les magistrats pourraient, au mieux, se voir accusés d’incohérence, au pire, d’avoir condamné injustement un homme ayant posé un geste en soi répréhensible, mais excusable, vu des circonstances exceptionnelles.  Ce risque, la Commission n’a pas voulu le prendre.  Tout au plus a-t-elle tendu une frêle perche, en recommandant au Service correctionnel du Canada que Latimer prenne part à une thérapie, en vue d’une prochaine demande de libération, dans deux ans.

Si seulement le père de Tracy avait manifesté du remord, de la contrition.  Si seulement il avait versé quelques larmes, en avouant qu’il aurait voulu revenir en arrière, remonter le temps, jusqu’avant le geste fatal qui allait clore une vie et gâcher la sienne.  Si seulement il s’était excusé, de ne pas avoir fait confiance au système de santé, qui aurait peut-être fini par soutenir deux parents épuisés par une tâche inhumaine et harassante.  Si seulement il avait manifesté sa foi en la divine providence, les progrès de la science, les pèlerinages à Lourdes, les miracles.

Rien de tout cela.  Latimer appartient  à cette race d’hommes de principe, certes capable de gestes extrêmes, mais aussi d’en assumer les conséquences, même si ça signifie un séjour prolongé aux frais de l’État.  N’est-il pas déroutant que la justice canadienne traite un père éploré aussi durement que la justice britannique, une tueuse psychopathe.  Voilà sans doute la rançon de l’intégrité, pour celui qui ne donne pas la bonne réponse.

Source : Cyberpresse, 11 décembre 2007;  Le Soleil, 17 décembre 2007

Latimer au présent…

Il semble que Latimer continue aujourd'hui de faire les frais de ses convictions.  Encore tout dernièrement, l’homme de 57 ans ne se qualifiait toujours pas, aux yeux de  la Commission des libérations conditionnelles, pour l’obtention de périodes de sortie de cinq jours semaine.  Toujours pas prêt, selon elle.  L’opinion publique a-t-elle pesé dans la balance ?  Toujours est-il que la CNLC vient de virer capot et accorde désormais à l’ancien fermier la permission refusée. 

Rappelons que Robert Latimer sera éligible à une libération conditionnelle définitive le 8 décembre prochain.  La récente volte-face de la Commission annonce-t-elle la fin de son incarcération ?  Un affaire à suivre, dont les enjeux ne sont pas prêts de faire consensus…

samedi 11 septembre 2010

Facebook : des milliers d'amis...

Depuis un peu plus d’un an, je tiens une page publique sur Facebook, histoire de donner une tribune de plus à mes textes d’opinion.  Je gère également une page perso, à laquelle j’ai prêté peu d’attention jusqu’à présent.  Aussi ai-je décidé récemment de jeter un œil plus attentif à cette dernière et de jouer le jeu des relations amicales virtuelles.  Quelle aventure !  Voici quelques constats.

Et l'amitié, là-dedans ?

Je ne connais pas votre opinion, mais je trouve quant à moi que l’amitié reste non seulement la relation privilégiée entre toutes, mais aussi celle qui, pour cette raison même, mérite le plus qu’on y consacre du temps de qualité.  Même en couple, il en faut, sinon c’est la dérive lors des moments où la passion et le désir tirent de l’aile ou tombent carrément en panne.

Au rythme trépidant de ce millénaire naissant, avez-vous le temps, vous, de vous occuper assidûment de 300, 600, 1000 amis, de partager un bon gueuleton avec eux, d’écouter leurs bons coups, leurs revers de fortune, de les soutenir, de vous planifier des activités ensemble ?  Pouvez-vous, en retour, compter sur eux en cas de doute, si vous avez besoin de vous confier, comme ça, pour tout ou pour rien, ou si la vie vous inflige un claque qui demande l’empathie que seule une personne solide, loyale et douée d’intelligence émotionnelle peut vous accorder ? 

Je fais peut-être une procès d’intention à ceux qui semblent croire qu’on puisse nouer pareils liens avec autant de gens.  Peut-être ont-ils une perspective qui m’échappe, une vision plus relativisée de l’amitié, mais je n’arrive pas à les envier… 

Quelque chose à dire

Bien sûr, Facebook reste un réseau social, où les gens peuvent exprimer ad lib leur états d’âme les plus immédiats sans se soucier outre mesure de la pertinence de leur propos.  Au fond, s’il fallait toujours attendre la découverte de perles de sagesse pour communiquer avec son prochain, nous resterions parfois longtemps muets comme des carpes.  Il peut y avoir une charge émotionnelle particulière, une vive complicité entre deux êtres, qui se manifestent à travers des commentaires parfaitement anodins.  Si ça nous arrive au téléphone, pourquoi ça deviendrait problématique sur Facebook ?  Peut-être parce qu’au bigophone, il n’y a pas des milliers de personnes qui suivent notre conversation…

Des sujets d’intérêt

Personnellement, je n’éprouve pas le besoin de partager mes atermoiements si l’une de mes Phentex s’accroche dans un clou de ma véranda.  J’ai l’audace de mettre en ligne sur ma perso non seulement mes textes, mais aussi des articles de journalistes et de chroniqueurs chevronnés sur des sujets d’actualité.  Mes Phentex poigneraient plus… Sans commentaires, dans tous les sens de cette expression.

Il arrive périodiquement que des scènes d’animaux maltraités soient mises en ligne par des âmes sensibles.  Là, vous trouverez des réactions !  Moi aussi, de tels épisodes suscitent mon apitoiement… une première fois.  À la troisième, je ne regarde plus. 

J’ai fait le test de vérifier si des sujets plus percutants pouvaient émouvoir.  Voici ce que j’ai mis en ligne hier :


À date, aucune réaction.  Vraiment, sans commentaires….

vendredi 10 septembre 2010

Capsules : manœuvres politiques et cotes de popularité

Les manœuvres politiques n’entraînent pas toujours une hausse des cotes de popularité chez nos élus.  Qu’on en juge par ces exemples…

Registre des armes à feu

Stephen Harper pourrait bien en arriver à ses fins avec l’abolition du registre des armes à feu tant souhaitée par lui et par les rednecks amateurs de chasse de son parti, lors du vote déterminant sur la question.  Le refus de Jack Layton d’imposer une ligne de conduite à ses troupes, en vue de bloquer une résolution aussi déplorable, ne contribuera pas à maintenir ni à accroître sa cote de popularité, stable mais modeste, auprès de ceux qui aiment les leaders cohérents et les positions claires.  Sa volonté de trouver un compromis, dont les modalités demeurent bien mystérieuses, dans ce dossier émotif pourrait lui donner des allures de Stéphane Dion ou de Michael Ignatieff.  

Il pourrait bien finir par porter conjointement, avec un premier ministre aux antipodes de ses positions sur l’échiquier politique, la responsabilité de l’abolition du registre et du gaspillage définitif des deux milliards $ que sa mise en œuvre aura coûté aux contribuables.  Les associations de corps policiers et les groupes communautaires, qui réclament à corps et à cri le maintien de cet indispensable outil de prévention, l’auront dans l’os, mais au moins, de braves chasseurs pourront faire l’économie monétaire et physique d’aller renouveler leur permis aux cinq ans.  Un digne triomphe d’une droite militante égoïste et rétrograde…

Parlez-moi d’une stratège…

En rétrogradant Bernard Drainville, l’un des meilleurs éléments du PQ, de la santé aux affaires intergouvernementales, Pauline Marois, dont la cote de popularité devant un Jean Charest, maintenant crucifié par son  ancien ministre de la Justice, n’a toujours pas de quoi faire pavoiser, confirme que l’opportunisme politique prime chez elle sur les meilleurs intérêts du parti, comme de la population du Québec.  

En agissant ainsi, elle donne raison à ceux qui croient qu’elle écarte un rival sérieux, advenant le cas où ses troupes, insatisfaites de sa performance, voudraient du sang neuf à la chefferie.  Marois pourrait bien réaliser malgré tout son grand rêve de devenir première ministre du Québec.  Ce genre d’aspiration ne se concrétise cependant pas toujours comme on le souhaiterait.  Demandez à Paul Martin…

Il en restera toujours quelque chose…

Qu’importe si les allégations de Marc Bellemare s’avèrent fondées ou pas, en créant la commission Bastarache en vue de laver son honneur, Jean Charest aura plutôt trouvé le moyen de se peinturer dans un coin.  Les visibles tentatives de cuisiner l’ancien ministre de la Justice par les avocats du gouvernement n’auront eu pour résultat que de faire grimper la cote d’amour du public pour un homme auquel il a attribué le statut de redresseur de tort. 

On oublie un peu vite le ministre gaffeur et confus que Bellemare a été, de même que ses deux échecs cuisants à la mairie de Québec, mais un homme maladroit peut dire la vérité.  Sa crédibilité semble renforcie par la grogne croissante que le premier ministre a suscitée par son entêtement à ne pas créer une commission parlementaire sur la construction.   Jean Charest a beau se montrer combatif en temps de crise, cette fois, Marc Bellemare pourrait l’envoyer au tapis pour le compte…

jeudi 9 septembre 2010

Vivre à l’ombre du cancer

Il y a maintenant huit ans, le doyen de mes amis, alors âgé de 44 ans, me tint ces propos, peu avant d’être emporté par un cancer du foie : « Dans ma vie, il y a eu trois grandes étapes : Carole (sa femme), mes enfants (deux gars, Félix et Nicolas) et mon cancer. »  À ses yeux, ces trois relais avaient une égale importance; ils avaient chacun représenté un tournant dans sa vie, en plus de propulser son évolution. 

Je n’ai pas pu m’empêcher de me souvenir de ses propos, au lendemain du décès de l’ex-ministre libéral, Claude Béchard, emporté lui-même par un cancer du pancréas.  Comme ce dernier, Jean-François aura lutté avec une détermination héroïque dont je ne l’aurais jamais cru capable, jusqu’à ce que ses forces le trahissent, puis l’abandonnent. 

La nouvelle

La nouvelle était tombée comme un couperet, quand il me l’avait annoncée sans détour au téléphone de Québec, où il résidait et occupait un emploi d’informaticien au ministère de l’Éducation, puis à la CSST.  Cet homme, apparemment comblé par la vie, heureux en ménage, père de deux fils grouillants de santé, occupant un emploi bien rémunéré et se passionnant pour le bricolage (de maladroit compulsif, il était devenu un bricoleur doué), venait de voir son existence basculer. 

Au train-train quotidien, réglé comme du papier à musique de cet être cartésien, sage et ordonné (mon antithèse), allait succéder les traitements de chimiothérapie et l’organisation de la petite famille autour de la maladie du mari, du papa.  Jean-François abhorrait la cigarette, buvait très modérément, mangeait sainement, bref, ne correspondait en rien au profil d’un futur candidat à une maladie dégénérative.  Et pourtant…

Finis les compromis !

Voyant à l’usage que les traitements ne donnaient pas les résultats escomptés, il décida qu’il avait fini de souffrir en vain et de perdre un temps qui allait devenir précieux : il retourna au travail et choisit de mener une existence normale, point à la ligne.  De fonctionnaire jusque-là docile et évitant l’affrontement, Jean-François, avec pareille épée de Damoclès, avait décidé d’agir désormais selon ses convictions profondes, et non plus en fonction d’impératifs diplomatiques plus ou moins tacites, qui interfèrent trop souvent avec le bien-fondé d’un choix. 

Si on lui conseillait de renouveler un contrat avec une compagnie peu performante, afin de conserver de bonnes relations hiérarchiques, il passait outre et choisissait le fournisseur que lui dictait sa conscience et son sens élevé de l’éthique.  Finis, les compromis aux relents de compromission !  S’il devait mourir, il allait s’en payer une tranche auparavant !  

Jean-François était de ceux qui tirent davantage de satisfactions de leur hobby que du boulot.  De bricoleur capable, il devint hyperactif, n’en finissant plus, à chacune de ses visites à Trois-Rivières, de m’énumérer fébrilement les multiples travaux qu’il avait réalisés, comme s’il sentait, sans l'avouer, que la course contre la montre était enclenchée.  Déjà, une maigreur suspecte s’était emparée de lui…

Les derniers miles…

Ça devait bien arriver.  Devant les diagnostiques dévastateurs et le déclin de sa santé, Jean-François n’eût d’autre alternative que d’abandonner son emploi et de se résoudre peu à peu à préparer son départ de cette vie.  Lors de mes dernières visites à Québec, je ne pouvais en croire mes yeux, devant son corps affaibli, si maigre, en contraste d’avec sa bonne humeur et son affabilité toujours si naturelles, tempérée d’une ironie et d’un sens de l’autodérision savoureux.

C’est hébété que je constatais sa satisfaction d’avoir enfin réussi à vendre tous ses outils, auxquels il tenait tant quand il avait encore la santé de s’en servir, et de l’entendre me raconter avec apaisement que toutes ses dispositions avaient été prises pour que ni Carole, ni les enfants ne manquent de rien.  Se sachant fichu, il avait toujours à cœur de protéger les siens. 

Elle savait…

Lors de ma dernière visite, je dus faire un effort pour ne pas sursauter en voyant ce qui restait de mon ami, dont l’ossature perçait maintenant la boîte crânienne, et qui redoutait à présent de s’endormir, de peur que la mort ne le surprenne.  J’en arrivais à la lui souhaiter au plus vite, tant sa situation paraissait intenable. 

Ma réaction n’échappa pas à Carole, qui m’adressa un sourire complice, avant de me confier, à part, que dès l’annonce du diagnostique, huit ans auparavant, le médecin lui avait révélé que son conjoint était condamné…  Depuis toujours, elle savait !  Et elle avait gardé le silence pour ne pas décourager son conjoint !  Il y avait plus de courage dans cette femme haute comme trois pommes que dans un bataillon entier de nos robustes soldats en Afghanistan…

Je perds mon témoin

La veille de ce qui devait être ma prochaine visite à Québec, Carole m’appela, un sanglot dans la voix, pour m’annoncer la mort de Jean-François.  Nous étions un 20 juillet, exactement mon sixième anniversaire de mariage, pour lequel mon ami avait tenu le rôle de témoin, malgré son aversion pour les vestons…  Avec le recul, je me dis que de mourir à pareil moment était sa dernière facétie, puisqu’il ne devait pas y avoir de septième anniversaire. 

Avec Jean-François, que je connaissais depuis ma première année au primaire, et avec qui j’avais grandi, au point que nous étions souvent pris l'un pour le frère de l’autre, c’était plus que le témoin de mon mariage que j’avais perdu.  C’était celui d’une vie entière.  Au lendemain de son trépas, je me suis senti comme une maison dont un grand mur de soutènement venait de s'effondrer, le plus important, depuis le décès de mon père. 

Une inspiration

Quand je traverse des moments de déprime, ou que je constate la trop facile démission de certains devant une épreuve, je pense à mon ami et me botte le cul en me disant qu’il n’a pas reculé, ni baissé les bras, lui, et devant bien pire.  Le cancer n’a vaincu que son corps, pas son essence même, restée intacte jusqu’à la fin, comme un défi à la maladie, à la mort même. 

Cet homme qui, adolescent, semblait si indolent et irrésolu, est devenu pour moi un exemple, un stimuli.  Je sais que ce genre de formule ressemble à un cliché de convenance, mais dans le cas de Jean-François Milot, « J-F » comme il aimait tant se faire appeler, c’est l’exacte vérité. 

Moi qui crois fermement en la vie après la mort, je me demande cependant encore aujourd’hui comment Jean-François a dû réagir quand, au moment du trépas, il s’est vu quitter un corps dévasté pour l’ailleurs.  Peut-être a-t-il pensé à nos nombreuses discussions passionnées et antagonistes sur le sujet et s’est-il  alors écrié, pensant à moi : «  Ah ! Le snoro ! »

Sois heureux, « frèrami » !