samedi 30 octobre 2010

Deux intégrismes menacent l’égalité homme-femme

En plus du déclin démographique, d’un déficit abyssal de 233 milliards, de politiques bidons de développement durable, d’un système de santé paralysé par la bureaucratie et la rigidité syndicale, d’un système scolaire pétrifié par une réforme déconnectée qui favorise le décrochage, en plus du mépris croissant de la population envers ses dirigeants, le Québec devra admettre la réalité de deux obstacles de taille qui menacent l’égalité homme femme. 

L’islamisme, un intégrisme religieux

Le premier, qui défraie de plus en plus la manchette depuis Hérouxville, vient de l’extérieur, et compromet l’égalité homme femme d’un point de vue féminin.  J’ai bien dit « féminin » et non « féministe », puisque ces dernières, absentes de ce débat qui devrait pourtant les concerner au plus haut point, préfèrent radoter sur l’hyper sexualisation. 

Je parle ici bien sûr de la problématique des accommodements déraisonnables, dont l’impact se fait sentir sur un mode crescendo.  Cette mouvance reste d’autant plus menaçante que, à plat ventre devant le vote ethnique, le gouvernement Charest, à l’instar du parti de Stephen Harper, maintient une attitude d’indifférence flasque devant la nécessité d’établir une charte de la laïcité, malgré des pressions constantes du PQ et de plusieurs mouvements de défense de cette valeur primordiale.

Bien que fondamentalement patriarcales, les valeurs défendues par l’islamisme (inutile de préciser « radical »; par définition, l’islamisme l’est) trouvent des porte-parole de leurs valeurs médiévales, réactionnaires et avilissantes envers les femmes non seulement chez les ayatollahs et imans de tout acabit, mais aussi parmi certaines musulmanes elles-mêmes.

Le cas, en apparence insignifiant, de Naema, cette pauvre fille exclue par sa faute des cours de francisation parce qu’elle ne voulait pas se départir de son niqab, reste encore frais dans les mémoires.  Phénomène isolé ?  Loin de là.  On était relativement habitué à voir, sur TV5, des manifestations passionnées de musulmanes brandissant en France des pancartes affichant « mon voile, ma vie », maintenant des femmes en burqa et en niqab revendiquent le port de leurs oripeaux à Montréal même.  La bêtise est à nos portes.

Une féministe vraiment militante

Il existe néanmoins des musulmanes qui s’opposent avec vigueur à l’intégrisme islamiste.  Djemila Benhabib, auteure de Ma vie à contre-Coran, reste la plus connue.  Cette femme énergique, grosse comme une épingle, véritable féministe militante – par opposition au grand nombre de celles qui ne le sont pas, ou plus – possède à un niveau élevé l’art de déplacer de l’air, sans compromis, pour défendre sa cause. 

D’abord journaliste, Benhabib, devenue depuis fonctionnaire en Outaouais, a grandi en Algérie, où elle a constaté les dérives croissantes de l’Islamisme lors d’assassinats, puis de massacres, que cette démence fanatisée a entraînés.  La future militante pro laïcité devait s’exiler, pour sa survie. 

Quand on tient tête à des intégristes homicides, les idéologues repliés sur eux-mêmes, parmi lesquels certains universitaires qui se prennent pour des oracles, n’impressionnent pas.  Ainsi, Benhabib n’a pas hésité à dénoncer le tandem Bouchard-Taylor et son hypocrisie dogmatique, allant jusqu’à affirmer qu’ils avaient décidé des conclusions de leur rapport avant même la tenue de leur commission : « Ils n’ont pas voulu relever le problème, affirme-t-elle.  Pendant ce temps, les groupes islamistes radicaux continuent d’exister à Montréal.  Ils embrigadent. »

Elle n’est pas plus tendre, on s’en doute, envers les intégristes qui demandent sans cesse plus d’accommodements : « Ces islamistes, qui revendiquent benoîtement les auspices du respect de la religion et du droit à la différence, pervertissent l’idée de la démocratie.  Qu’on se le tienne pour dit, il ne s’agit pas là de liberté individuelle, mais de prosélytisme, d’intégrisme, de fascisme vert.  Car dès qu’une religion s’affiche ostensiblement dans la sphère publique, il y a confusion des genres. »  Autrement dit, ces nouveaux arrivants, sous le couvert d’une intégration à sens unique, ne cherchent qu’à transformer leur pays d’adoption à leur ressemblance.  Merveilleux projet de société…

La trahison de la FFQ

Il n’est pas jusqu’aux féministes « dominantes », nommément la Fédération des femmes du Québec, qui n’a été la cible des dénonciations de la militante algérienne.  Qui ne se rappelle pas de cette page regrettable de l’histoire du féminisme québécois, écrite le 9 mai 2009, alors que ce regroupement déconnecté qui prétend parler au nom des femmes a osé s’opposer, par voie de résolution, à l’interdiction des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique ? 

Dans une lettre ouverte au titre plus qu’évocateur intitulée « J’accuse la FFQ de trahir le combat des femmes », Benhabib accuse ce regroupement de servilité envers le Conseil islamique canadien et Présence musulmane : « Il y a des alliances et des prises de position qui minent les principes.  Avec cette dernière, la crédibilité de la FFQ est sérieusement entachée.  Pour une poignée de militantes islamistes, la FFQ a sacrifié des millions de femmes musulmanes qui se battent au péril de leur vie.  Aujourd’hui, il n’y a qu’un verbe qui me tourne en boucle dans la tête : j’accuse ! »

Soulignons que, même si le Conseil du statut de la femme, dans un – trop – rare moment de lucidité, a pris clairement position en faveur de l’interdiction des signes religieux, l’inénarrable ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a renié l’organisme dont elle est responsable pour se rallier à la position de la FFQ !  À quoi sert une parité homme-femme cosmétique au conseil des ministres, si c’est pour s’encombrer d’une pareille incompétente ?

Entre des immigrants envahissants, des dirigeants sans colonne vertébrale, des organisations féministes à-plat-ventristes, une charte fédérale des droits et libertés qui a préséance sur la nôtre, la lutte pour la reconnaissance de la laïcité n’est certes pas gagnée.  Seules des initiatives citoyennes comme celle de Djemila Benhabib et d’une mouvance grandissante de personnes et de groupements en faveur de la nécessité incontournable de la laïcité, en tant que valeur sociale dominante, peuvent faire une différence, le genre de dissemblance que l’on respecte…

Le féminisme, un intégrisme idéologique

Le second intégrisme dénoncé dans cette rubrique, plus souterrain et pernicieux, celui-là, vient de l’intérieur et menace également l’égalité homme-femme, mais d’un point de vue masculin. 

Père d’un fils de 15 ans, je ne veux pas pour lui d’une société où, dégoûtés d’une école adaptée exclusivement aux filles, les gars restent ensuite sous représentés dans les universités; d’une société où les droits des pères à leurs enfants, et des enfants à leurs pères, soient soumis à l’arbitraire de lois avantageant souvent indûment les mères et, bien sûr, les avocats qui vivent de cette incurie; d’une société où il est possible d’accuser faussement des hommes, de les faire arrêter et ce, sans avoir à répondre ensuite de ses actes; d’une société qui démonise, rabaisse et culpabilise les hommes, en prétendant que la violence reste un phénomène exclusivement masculin (sans nier que la plus sévère, entraînant notamment la mort d’une conjointe, reste en majorité masculine); d’une société où la bêtise de la discrimination positive prime trop souvent sur la compétence; d’une société où un homme, qui quitte précipitamment sa maison avec ses enfants parce que sa femme a pété les plombs, ne trouve aucune ressource d’hébergement; d’une société où une quinzaine d’organisations féministes, FFQ en tête, contrecarrent la reconnaissance de la condition masculine, en faisant tabletter le rapport Rondeau afin d’obtenir davantage de subventions; d’une société où le temps des fêtes commence un 6 décembre, anniversaire de Polytechnique, alors que la valse des demandes de subventions se danse au rythme de mélodies misandres réductrices, sans évaluation gouvernementale sérieuse et réaliste des besoins des femmes sur le terrain.

Pas de doute, le féminisme, qui a déjà été un mouvement de transformation sociale de premier plan, est devenu, au fil des ans, un phénomène aussi envahissant et destructeur à sa manière que peut être l’islamisme.  Il est illusoire de ne voir le féminisme radical que comme un phénomène marginal.  Son discours est dominant, omniprésent.  De mouvement de défense légitime des droits des femmes, il s’est transformé peu à peu en lobby corporatiste n’ayant pour but ultime non plus sa survie, mais bien une expansion immodérée, onéreuse, aux frais du contribuable.  Docteure Jeckyll est devenue Mrs Hyde…

Dans une « calacsie » loin de chez nous

Les CALACS et les maisons d’hébergement incarnent le plus « justement » la dérive féministe, en tant que problématique hostile aux hommes.  Le fait de devoir faire face aux représentants les moins fréquentables de la gent masculine pourrait les excuser si ces groupes, déjà sur financés, ne trahissaient leur rapacité en en demandant « Toujours plus ! » sur la « foi » de statistiques trop souvent dopés ou carrément mensongères. 

En 2004, le Regroupement québécois des CALACS lançait une vaste campagne de « sensibilisation » à l’effet qu’une femme sur trois serait un jour victime d’agression sexuelle.  Il aura fallu que Christine St-Pierre – encore elle ! – reprenne le même chiffre en 2008 pour qu’un groupe de pères découvre qu’il s’agissait en fait… du résultat d’un sondage grand public que la garde rapprochée de la ministre avait vainement tenté de lui faire oublier.  C’est sur la fois de cette fausse statistique qu’une campagne de « sensibilisation » de 6,3 millions $ a été mise sur pied, au frais de la princesse, qui de toute évidence n’est pas féministe…

Vous avez dit : 300 000 femmes ?…

Le cas le plus spectaculaire de désinformation chiffrée reste celui affichant qu'une femme sur dix soit battue au Canada, « statistique » inventée de toute pièce par Linda MacLeod et Andrée Cadieux et citée dans La femme battue au Canada : un cercle vicieux, avec le soutien du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme.  Bien que faux, ce pourcentage est dès sa parution aveuglément reproduit par les gouvernements canadien d'abord, puis québécois, qui le chiffre en 1985 à 300 000 victimes, avant de distribuer massivement cette invention sous forme de dépliants. 

Il faudra attendre 1994, lors du 62e congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, pour que Linda MacLeod ait l’honnêteté tardive de se rétracter publiquement : « Mon estimation n’avait aucun fondement de validité ou de fiabilité statistique… »  Entre-temps, que de dommages sociétaux commis au nom d’une noble cause…

Car de cette fausseté naîtra la Politique d’intervention en matière de violence conjugale, qui permet encore aujourd’hui que 13 000 hommes soient arrêtés arbitrairement chaque année, sur simple délation, que les deux tiers soient relâchés sans explications données, et que leurs accusatrices ne soient en aucun cas inquiétées.  En fonction de cette loi absurde, digne de Torquemada, on emprisonne jusqu’à des hommes victimes de violence conjugale.  La présidente la l’Association des nouvelles conjointes devait même déclarer, il y a quelques mois, sur les ondes d’une radio de Québec, qu’elle avait dû réconforter l’un de ses membres arrêté avec un couteau à travers le bras… Bel exemple d’efficacité policière !  Quand on doit obéir aux ordres… 

Business as usual…

La grande roseur n’engendre pas que des coûts sociaux.  Ce fléau coûte cher au contribuable qui, les récriminations récentes exprimées lors de la Marche mondiale des femmes le prouvent, se montre de plus en plus récalcitrant à voir ses taxes investies à fond perdu.  Voici un exemple de dilapidation possible des fonds publics au nom d’une cause louable.

Dans son dernier rapport, le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, consacre un chapitre entier au soutien financier accordé aux groupes communautaires financés par le ministère de la Santé et des Service sociaux et par les agences de la santé et des services sociaux.  Les maisons d’hébergement pour femmes battues restent de loin les organismes les plus subventionnés, à raison de 60 millions $, répartis entre 106 maisons. 

Depuis 2003, ces établissements ont vu leurs subventions doubler sans qu’aucune explication, événement ou statistique ne vienne expliquer une si grande augmentation.  Dans son rapport, le vérificateur précise : « De fait, ce type d’organismes a vu passer ses subventions de 30 millions de dollars en 2002-2003 à 60 millions en 2007-2008.  Le MSSS a réparti ces 30 millions de dollars additionnels entre les maisons d’hébergement, mais il ne s’est pas assuré que ces sommes étaient effectivement requises, ce qu’il aurait pu faire en consultant les agences. »[1]  De là à s’interroger sur la gestion de ce type d’établissement, qui demande sans cesse plus de financement, il n’y a qu’un pas, qu’il serait temps de franchir…

Le rapport du vérificateur général n’est cependant que partiel et ne touche que des maisons visitées en Montérégie, Chaudière-Appalache et dans la Côte-Nord.  Il cite cependant l’exemple suivant : « Une maison d’hébergement pour femmes violentées ou en difficulté comprenant six lits a vu sa subvention passer de 58 832 dollars à 406 817 dollars entre 2002-2003 et 2006-2007.  Or, en 2006-2007 : elle a hébergé au total neuf personnes; son taux d’occupation a été de 12 % (29 % en 2005-2006; son excédent annuel a été de 205 953 dollars (187 984 dollars en 2005-2006); son excédent accumulé non affecté s’est élevé à 555 362 dollars au 31 mars 2007. »[2]  Des chiffres qui font frémir !  Jusqu’où va le gaspillage, sur 106 maisons ?

Je rappelle ici qu’il ne s’agit que de résultats partiels mais que ces maisons d’hébergement (bien sûr toutes pour femmes, rien pour les hommes) sont financées à même nos impôts.  Il est donc impossible de conclure hors de tout doute à une dilapidation généralisée des fonds publics, pour le moment.  Par contre, un tel exemple reste suffisamment inquiétant pour commander une vérification cette fois exhaustive des besoins réels et exprimés en hébergement en vue d’un financement mieux adapté à la réalité des femmes violentées.  On ne peut quand même pas subventionner les places en hébergement des femmes battues qui ne s’y rendent pas…

En guise de conclusion…

Deux intégrismes, l’un de l’intérieur, l’autre de l’extérieur.  Comment y remédier, tout en gardant à l’esprit la nécessité d’accueillir les immigrants, selon notre capacité et la préséance de nos valeurs, et de continuer à intervenir en fonction des besoins légitimes des femmes, de leur  droit à l’égalité, sans inverser une situation aliénante, comme présentement ?  Dans un cas comme dans l’autre, seule la vigilance et la militance citoyenne, individuelle et collective, pourront apporter des réponses à ces dilemmes…

Ce texte constitue le douzième chapitre de mon essai intitulé Le syndrome de la vache sacrée.

[1] Rapport du Vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale pour l’année 2008-2009, tome 1, 4 novembre 2008, 335 p, p. 3.20.
[2]  Idem, p. 3.21.

jeudi 28 octobre 2010

Islamisme : si vous vous croyez à l’abri…

Alors que le gouvernement Charest reprend mollement sa consultation publique sur le projet de loi 94 concernant le port du voile intégral dans les institutions publiques, initiative aussi énergique que le parapluie contre un tsunami, la cour d’appel de l’Ontario, cette province si conscientisée aux dérives du multiculturalisme, vient de trouver tout à fait normal qu’une femme témoigne à visage couvert devant un tribunal.  Pour faire bonne mesure, les musulmanes pourront désormais demander une ordonnance obligeant tout représentant de sexe masculin, y compris le juge, à quitter la salle d’audience…  Il faut se pincer pour y croire.

Si la cour suprême devait confirmer ce verdict imbécile, sa décision pourrait déterminer le sort futur, non seulement de l’Ontario, mais également de toutes les autres provinces canadiennes, y compris la nôtre, projet de loi 94 ou pas. 

L’Ontario se manifeste une fois de plus par son inconscience crasse devant la montée et les risques associés à l’intégrisme religieux.  Rappelons que cette province éthiquement schizophrène aurait autorisé les tribunaux islamiques, sans une vive opposition politique et populaire, et a donné récemment raison à un agent de sécurité sikh, qui voulait garder son turban et refusait de porter son casque protecteur, au mépris des règles de sécurité élémentaires, lors des rénovations d’un magasin Home Depot.  Soulignons qu’aux Indes, où se trouve concentrée la plus forte population sikh, 70 % d’entre eux s’habillent à l’occidentale.  À quand l’imposition de la ceinture fléchée, du crucifix et des cabanes à sucre en Arabie saoudite par des intégristes bien de chez nous ?

J’ai reçu cette semaine un courriel troublant, envoyé par un militant pro laïcité, et qui regroupait un « best of » des dernières dérives du multiculturalisme à l’européenne.  Si vous croyez que la France, notamment,  « met ses culottes » devant ce phénomène, vous n’êtes pas au bout de vos désillusions.  Les exemples qui suivent sont d’autant plus saisissants que leur divulgation coïncide avec les récentes déclarations de la chancelière allemande Angela Merkel sur la faillite du multiculturalisme, en plus de les confirmer.  Jugez-en par vous-même.  

Les Islamistes, des gens décidément à part…

Le Nouvel Observateur nous apprend ainsi que, non seulement des jeunes musulmanes demandent d’être exemptées des cours de sport et de biologie, sans bien sûr être pénalisées pour leur examen, mais que, lors de leurs autres épreuves, des plus âgées ont obtenu d’être accompagnées par leur mari et d’être évaluées par une femme, tout naturellement.  L’Express, de son côté, révèle que Unir (sic!), une organisation musulmane, conteste le droit d’un professeur occidental d’évaluer le travail d’un étudiant de leur religion.

Comme si ce n’était pas suffisant, des musulmans ont acquis l’interdiction de la viande non hallal dans les écoles françaises où ils sont majoritaires, d’ajouter Le Nouvel Observateur.  Bien sûr, ils réclament des salles de prière dans les collèges, les lycées et les universités, en plus d’horaires aménagés selon leurs cinq prières quotidiennes, pratique qu’ils désirent étendre d’ailleurs à leurs lieux de travail.  Dans l’administration, ils revendiquent des congés supplémentaires pour leurs fêtes islamiques.  

Cohérence oblige, ils obtiennent la suppression de la fête de Noël dans différentes écoles primaires et l’interdiction du sapin de Noël jusque dans certaines maternelles.  Ces braves gens exigent de plus la révision des livres d’histoire de France pour y intégrer celle de leur pays et de leur religion.  À quand la burqa, au lieu du bonnet phrygien, sur la Marianne, figure emblématique de la révolution française ?

Attendez, c’est pas fini…

Le Monde et Le Figaro confirment cette tendance, en révélant que les musulmans ont obtenu que toute référence à Charles Martel et à Jeanne d’Arc, notamment, soit supprimée des manuels d’histoire, afin de ne pas froisser ces âmes pieuses.  Dans les lycées, des musulmanes enfilent des manteaux, avant de se rendre au tableau, afin de n’éveiller aucune pensée lubrique, et ne peuvent être laissées dans la même classe qu’un instituteur, en remplacement, même momentané, d’une institutrice.  Une école a même dû installer un sas, sans fenêtres, afin de reconnaître les mères entièrement voilées, avant de leur rendre leur enfant.  Des gens plus équilibrés sont abonnés à nos services psychiatriques…

Des musulmanes voilées et étudiantes en médecine exigent par ailleurs de ne soigner QUE des femmes.  Si la vie d’un homme, en situation d’urgence, doit dépendre de telles docteures, elle ne pèsera pas lourd…  Au moins, ces fanatisées seront facilement repérables par les représentants du sexe masculin, puisqu’elles exigent de ne pratiquer les métiers publics qu’affublées de leur hideux tchador dans les hôpitaux, les écoles, les palais de justice et l’administration.  Un homme averti et vaut deux, une islamiste invertie vaut pas mal moins…

Et gare aux médecins qui soignent des musulmanes sans l’autorisation de leur mari : deux d’entre eux ont été tabassés ! La pubibonderie musulmane franchit par ailleurs de nouveaux obstacles avec l’imposition, de concert avec des élus locaux, d’horaires exclusifs dans certaines piscines municipales, nous apprend Revue Politique.

C’est tout ?  Non, le pire est à venir…

Nos féministes, si apathiques devant la montée de l’islamisme, auront de quoi méditer devant la nouvelle, rendue publique par L’Express, qu’un manuel de bonne conduite intitulé Le licite et l’illicite en Islam, disponible depuis 10 ans en France, explique comment frapper son épouse avec la main, sans fouet, ni morceau de bois et en épargnant le visage.  Que de galanterie chez ces petits ayatollahs domestiques…

Le jeune caïd nommé Djamel, a été accueilli en héros, lors de la reconstitution de son crime dans son patelin du Val de Marne.  La raison ?  Il avait brûlé vive une gamine de 17 ans, Sohane Benziane, rien que pour faire un exemple.  Un avocat révélait par ailleurs que des jeunes noirs et musulmans, qui avaient fait subir le même sort à un vigile blanc de supermarché à Nantes, non seulement n’éprouvaient aucun remord, mais étaient fiers d’eux. 

Les 4 vérités nous apprend de son côté que, dans nombre de collèges français à majorité afro-maghrébine, on peut lire les inscriptions « Mort aux Juifs », « Mort aux chrétiens » et « Vive Ben Laden », sans pour autant que les personnes en autorité n’interviennent.  Ils faut bien qu’ils s’expriment, ces petits… 

Résistance citoyenne

Une mouvance citoyenne européenne, l’Alliance « Stop Charia », se veut un mouvement de protestation contre les dérives dont les cas cités plus haut ne constituent que quelques exemples.  Son but est d’infléchir les pouvoirs politiques et juridiques afin de transformer en délit l’enseignement des règles de la charia, leur promotion, ainsi que « l’incitation publique ou privée, de leur application individuelle et collective en tant que normes comportementales. » 

Devant l’inertie des pouvoirs politiques, seule la bataille de l’opinion publique, donc des électeurs potentiels, pourra faire une différence.  Aux yeux de dirigeants qui ne gouvernent plus que d’après les sondages, il s’agit là de la dernière alternative pour des gens encore épris de liberté, de respect de la personne et de démocratie.  

mercredi 27 octobre 2010

De la parole aux coups

À l’approche de la commémoration annuelle de Polytechnique, durant laquelle nous entendrons parler de violence faite aux femmes comme s’il n’existait qu’elle, j’ai jugé à propos de mettre en ligne ce Rétrolivier qui, je l’espère, permettra de replacer dans une plus juste perspective le phénomène de la violence conjugale.  Des femmes l’exercent.  Des hommes la subissent.  Jugez-en plutôt.


En 2005, Statistique Canada torpillait un tabou en révélant que 546 000 hommes étaient victimes de violence conjugale au pays.  La même année, un groupe de chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières, de l’Université d’Ottawa et de l’Université Laval présentaient une étude qui allait dans le même sens.  « Les comportements de violence psychologique chez les jeunes couples : un portrait dyadique » a été présenté le 18 mars 2005 au Congrès de la Société québécoise pour la recherche en psychologie. 

D’entrée de jeu, les auteurs affirment que peu d’études sur la violence conjugale tiennent compte des deux membres d’un couple.  On aime croire que le phénomène demeure l’apanage des hommes.  Or, sur les 259 couples, âgés entre 18 et 35 ans, ciblés par l’enquête, 44 % des hommes et 55 % des femmes ont admis avoir exercé de la violence psychologique.  Si près de la moitié des hommes ont ainsi commis cinq actes violents et plus, une majorité de femmes, quoique ténue, a fait de même. 

Selon Statistique Canada, la violence psychologique, chez un couple, serait de quatre à cinq fois plus élevée que la violence physique.  Les chercheurs affirment que la première annonce fréquemment la seconde, qui survient alors environ deux ans plus tard.  Les conséquences de la violence psychologique seraient aussi dévastatrices, sinon plus, que celles de la violence physique.  Cet argument aurait cependant gagné à être développé.

Une autre enquête récente, de la Commission cantonale de l’égalité de Berne, en Suisse, confirme elle aussi que la violence domestique n’est pas exclusive aux hommes.  En préface de son document au titre évocateur, « Violence féminine : mythes et réalités », l’auteure, Eva Wyss, se dit convaincue que « l’examen, des deux aspects du phénomène (masculin et féminin), hors de tout stéréotype, contribuera à l’émancipation des femmes comme des hommes.  Il y a des femmes violentes et des hommes victimes. »

Elle précise néanmoins que, même si l’ampleur véritable de la violence féminine reste à circonscrire, les blessures occasionnées par la violence physique sont plus nombreuses et plus graves chez les femmes que chez les hommes.  Wyss soulève par ailleurs la résistance, tant collective qu’individuelle, à envisager la gent féminine capable d’agressivité.  En effet, le féminin du mot « agresseur » n’existe toujours pas.  L’image de la femme violente ne correspond pas à notre conception de la féminité tandis que le concept d’homme victime ne cadre pas davantage avec nos standards de virilité.

La chercheuse confirme également des études récentes de plus en plus divulguées à l’effet que la violence envers les enfants serait autant féminine que masculine.  Par contre, si la violence sexuelle reste nettement moins répandue chez les femmes, elle ne doit pas être négligée pour autant, prend-t-elle soin de préciser.

Voilà autant de données susceptibles de dépoussiérer nos vues figées sur la violence domestique. Afin de mieux dépasser nos préjugés, nous  pourrions emprunter au grand comédien Louis Jouvet cette citation  :  « On ne peut s’installer en tout confort dans une situation inconfortable. »

Paru dans Cyberpresse et Le Nouvelliste du 29 avril 2008, Le Soleil du 8 mai 2008 ainsi que dans La Presse du 17 mai 2008, rubrique À votre tour.

samedi 23 octobre 2010

Châtelaine : antiféministe ou simplement critique ?

L’un des piliers des magazines québécois, Châtelaine, fête ce mois-ci ses 50 ans, belle preuve de longévité dans un univers média aussi compétitif, où l’offre au lecteur va sans cesse en augmentant, et l’attrait hypnotique d’Internet, en s’intensifiant.  Témoin et solidaire de la condition des femmes, Châtelaine ne se veut pas pour autant une parution féministe, sur le modèle de la défunte revue La vie en rose. 


Si ce média s’est fait l’écho de nombreuses revendications féminines légitimes dans les années 70 et 80, soit le droit à l’avortement, aux garderies, à l’équité salariale, la lutte au sexisme dans l’embauche ou le maintien d’employées, notamment, certaines âmes chagrines lui reprochent maintenant d’ouvrir depuis des années ses portes à un discours antiféministe, voire odieusement masculiniste.  Suffit-il d’oser une critique au mouvement féministe pour se voir accoler ces étiquettes ?  Apparemment oui.

Ainsi, deux chercheurs du Service au collectivités de l’UQÀM, Stéphanie Mayer et Francis Dupuy-Déry, considèrent que 30 % des numéros de cette revue, publiés depuis 1960, font état de cette « dérive ».  Fort de ce constat éclairant, ces universitaires, de concert avec l’R des Centres de femmes, profitent de l’arrivée d’une nouvelle équipe éditoriale pour tirer la sonnette d’alarme. 

Ces défenseurs autoproclamés de la cause des femmes souhaitent que Châtelaine « présente des modèles inspirants de rapports égalitaires entre les hommes et les femmes ainsi qu’entre les femmes elles-mêmes. »  Ai-je manqué quelque chose ?  Sans avoir lu chaque mois ce magazine, il me semble que c’est ce qu’il n’a cessé de faire.  Nombre de leurs numéros, y compris les plus récents, ont été consacrés à présenter des modèles de réussite au féminin.  Où est le problème ?  Ne serait-on pas en train d’en créer un ?

Ces âmes « conscientisantes» veulent que Châtelaine rappelle « aux femmes qu’elles sont des agentes de changement, individuellement et collectivement, en présentant des femmes qui agissent en faveur de la liberté et de l’égalité ».  Comment, elles ne sont pas au courant ?  Et les hommes, ce sont probablement des poids morts qu’il faut traîner malgré eux vers les avenues ensoleillées du progrès féministe, solidaire et ouvert à l’Islamisme de François David ?  Exaltant projet de société !

Mais le meilleur était pour la fin :  ces héroïnes de la condition des femmes et leur sous-fifre veulent que Châtelaine « développe un filtre contre les discours antiféministes et masculinistes. ».   Vous avez bien lu.  Comme un toussotement critique envers le lobby féministe suffit pour l'indisposer, on voit bien à quelle dérive pourrait mener la réceptivité de Châtelaine à ce qui n’est rien de moins qu’une censure déguisée.  Chapeau mesdames et monsieur, belle contribution à la vie démocratique dont vous vous êtes si faussement faits les défenseurs.

Personnellement, je doute que Châtelaine adhère à cette dernière « commande ».  Quant aux deux premières, elles me semblent déjà réalités.  Ce n’est pas la première fois que les féministes et leurs aficionados enfoncent une porte ouverte… Il faut bien légitimer des subventions que le contribuable répugne de plus en plus à financer.  

Que cela plaise ou non à ces braves gens, les discours les plus alternatifs, les plus clairvoyants, sur les rapports homme-femme ne viennent plus des féministes, emprisonnées dans un propos passéiste et déconnecté de la réalité tant des femmes que des hommes. 

Les défenseurs d’une société laïque ont pris le relais d’une véritable combat pour les droits légitimes des femmes, en s’opposant à l’Islamisme, qui à l’évidence en constitue la première menace.  Comme nos dirigeants courtisent le vote ethnique et que le lobby féministe courtise nos dirigeants, on comprendra la frilosité des « militantes » à dénoncer la montée d’un fléau devant lequel leur silence scellera inévitablement leur sort, dans les meilleurs intérêts de la collectivité.

Là aussi, ne leur en déplaise, des hommes et des garçons ne pourront pas subir éternellement les contrecoups d’une dérive occasionnée par un mouvement à l’origine légitime.  Le droit de nos garçons à des lieux d’apprentissage adaptés à leurs besoins, ceux des pères et de leurs enfants à une vie familiale épanouissante, après une séparation, la présomption d’innocence, en cas d’accusation d’agression sexuelle, la primauté de la compétence sur la discrimination positive sont autant de causes qui ne pourront rester éternellement lettre morte.

Mais il y a plus : la population du Québec semble de plus en plus imperméable aux lamentations sporadiques du lobby féministe dont les litanies se concluent invariablement par un  « Plus d’argent, monsieur le premier ministre ! »  Même Châtelaine, le magazine le plus lu dans sa catégorie, notamment avec 30 % de lecteurs masculins, ne pourra inverser une tendance aussi implacable.  Vox populi, vox Dei…

vendredi 22 octobre 2010

DVD, versions françaises et... loi 101 ?

S’il existe des débats publics qui finissent par surprendre par leur ampleur, il en est d’autres dont l’absence m’étonnera toujours.  Parmi ceux-là, dans un contexte où le français en Amérique du Nord et même, en Europe, faiblit et que neuf francophones sur dix vivront désormais en Afrique, la raréfaction progressive, au Québec, des DVD anglophones dotés d’une version française pourtant existante mériterait davantage qu’on s’y arrête.

Je tiens à préciser que je suis moi-même assez habile avec la langue de Shakespeare – encore meilleur avec celles de Bush et de Harper – et que je préfère regarder un film anglophone dans sa version originale.  Comme je suis un homme très familial – je ne fais pas ici allusion à mon gabarit - et qui, même avec des amis, ne déteste pas regarder un bon DVD, je me heurte fréquemment au problème de renoncer à voir un film intéressant avec ces êtres chers, parfois unilingues francophones, simplement parce que la version française, pourtant disponible en Europe, ne l’est pas au Québec.  Alors que jadis, TOUTES les versions francophones VHS de ces films étaient offertes sur le marché, cette situation est-elle bien normale ?

Nous avons pourtant chez nous une ministre qui voulait franciser les jeux électroniques, qui ne touchent pourtant pas un public aussi vaste que celui des consommateurs de films, mais pour qui la question des DVD ne semble pas se poser.  Il faut dire que rien n’énerve la ministre St-Pierre, qui prétendait il y a à peine quelques années que le français n’était pas menacé à Montréal, quitte à dissimuler une étude de l’Office québécois de la langue française qui prouvait exactement le contraire.  Elle vient d’ailleurs, en bâillonnant l’opposition, d’ouvrir la porte aux écoles passerelles qui permettront aux plus fortunés d’inscrire leur enfants aux écoles anglaises.

J’aurais l’impression d’être le seul à trouver menaçant pour ma langue ou à tout le moins, frustrant sur le plan pratique, de découvrir de plus en plus de versions unilingues de films intéressants, si je ne captais pas fréquemment les commentaires frustrés de consommateurs, invoquant les mêmes raisons.  Quand est-il question de ce problème grandissant dans les médias ? Jamais.

Il existe par ailleurs une forme de snobisme ou d’insouciance crasse chez certains vidéophiles du type « Pour moi, l’anglais n’est pas un obstacle, alors… » ou « Je préfère l’authenticité de la version originale, donc… »  J’ai des nouvelles pour eux : moi aussi.  Ça ne m’empêche pas de considérer comme un droit fondamental et non négociable de pouvoir me procurer des versions françaises des films que je désire, pour les raisons citées plus haut, mais aussi parce que j’exige d’être respecté en tant que francophone par les compagnies états-uniennes, britanniques, canadiennes anglaises et autres qui sollicitent ma clientèle. 

Ne pas m’offrir cette possibilité élémentaire, alors que je fais partie d’une minorité dont la culture, la langue et l’identité doivent faire l’objet d’une vigilance constante, c’est me manquer de respect, ainsi qu’à mon peuple.  Les producteurs et distributeurs de films nord-américains devraient y réfléchir à deux fois, alors que de plus en plus de consommateurs contrariés commandent leurs films à Paris.  Bien sûr, il y a les frais d’expédition, mais le coût unitaire des films, généralement plus bas qu’au Québec, compense en partie cet inconvénient.  Restera à dézoner son lecteur, qui ne pourra sinon jouer ces DVD, une opération possible pour un grand nombre.  Les directives sont généralement disponibles sur la Web. 

Le jour où les distributeurs verront leurs profits diminuer à l’avantage de leurs succursales européennes, sans doute feront-ils eux-mêmes pression auprès des producteurs pour qu’ils prennent en considération le respect du français au Québec.  C’est toujours quand on lui fait mal au porte-feuille que la libre entreprise se sensibilise aux questions identitaires ou humanitaires…

mercredi 20 octobre 2010

Dossier : nos garçons et la publicité misandre

Fléau en perpétuelle progression, la misandrie dans la pub est devenue au fil des ans un sujet récurrent d’actualité.  Vous trouverez plus bas dans cette section quatre articles de ma facture avec pour dénominateur commun ce récent phénomène de société.  Loin de faire le point définitif sur le sujet, ces textes vous permettront toutefois peut-être d’approfondir votre réflexion et de préciser, si ce n’est déjà fait, votre opinion.  Je mentionne qu’une section Commentaires est disponible en fin de rubrique : n’hésitez pas à y laisser votre opinion si le cœur vous en dit.

Bonne lecture.

Misandrie : l’avenir de la pub ?

Seul texte de ce dossier déjà paru dans ce blog, je ne pouvais cependant l’omettre, tant il fait le point, selon moi, sur l’étendue du phénomène, pour ne pas parler de fléau.  À vous de juger.  Le voici :

Le sort réservé au corps de la femme dans la publicité vous indispose ?  Rengainez votre mouchoir.  Cette tendance, de moins en moins prisée, est en perte de vitesse, si l’on en croit un récent sondage réalisé par Léger Marketing pour le compte du Journal de Montréal.  62 % de Québécois, dont 76 % de femmes, se montrent réfractaires à ce type d’approche publicitaire.  Le crétin de service, déjà envahissant, représente en revanche l’avenir de la pub au Québec.  Une majorité de 55 % des répondants juge sa présence acceptable.  Les femmes, plus particulièrement, se délectent, nous dit-on, de voir des hommes tournés en ridicule. 

Bref, loin de reculer, le sexisme joue à la chaise musicale.  Jadis, les femmes étaient présentées comme des écervelées incapables de faire un pas sans le secours d’un homme omniscient et sûr de lui.  Maintenant, c’est au tour des hommes de servir de faire-valoir à des femmes savantes, matures, pragmatiques et, surtout, en contrôle.  C’est ainsi que l’on découvre, au petit écran, un benêt qui longe les murs de la cuisine la nuit avant d’être surpris, comme un gamin, par sa conjointe perspicace en train de manger en cachette de la crème glacée Breyer’s.  Nous assistons depuis peu au spectacle de deux dadais s’injuriant autour d’un « méchant » Whopper, dans des accoutrements reflétant leur bon goût gastronomique.  Les pastiches d’insignifiants s’accumulent toujours depuis le sommet pitoyable atteint par Whiskas avec son homme-chat.

Selon Léger, le pouvoir économique et décisionnel des femmes en matière de consommation explique cette nouvelle tendance à la misandrie.  Pour ceux et celles qui ne le savent toujours pas, « misandrie » désigne la haine ou le mépris envers les hommes, comme la misogynie traduit la même attitude envers les femmes.  Ainsi, malgré l’autonomie accrue de la gent féminine, acquise au prix d’un demi-siècle de luttes et de revendications, il semble qu’une quantité de ses représentantes éprouvent le besoin de voir l’homme diminué et avili pour se sentir leurs égales.

Tout l’irrespect de ces dames envers la gent masculine n’explique cependant pas à lui seul la dérive où s’engage le monde de la publicité.  Ce tournant malsain n’aurait jamais été amorcé sans le concours d’entreprises dépourvues de conscience sociale et d’agences de publicité sans scrupule.  Leurs dirigeants iraient probablement jusqu’à exhiber leur postérieur si une telle initiative augmentait leur chiffre d’affaires.  Le respect de la personne se volatilise à vitesse grand V devant l’appât du gain.

Si ce genre de pub indispose des hommes un tant soit peu conscients, elle ne devrait pas pour autant entamer chez eux le sentiment de leur valeur.  Il serait par ailleurs injuste d’ignorer les nombreuses femmes dotées d’une confiance en soi assez solide pour envisager les hommes de façon égalitaire et qui partagent la même exaspération.  L’impact de ce genre de publicité négative reste quant à lui difficile à mesurer sur nos garçons, enfants et ados.  Le martèlement de portraits d’idiots congénitaux ne risque-t-il pas d’affecter leur estime personnelle, en plus de la difficulté qu’ils éprouvent à se sentir motivés par un système scolaire conçu pour les filles ? 

Si nous ne prenons pas au moins la peine de nous poser cette question, nous pourrions bien, hommes ou femmes, nous révéler sous peu aussi niais que les nouveaux stéréotypes sexistes qui infestent notre quotidien.

Paru dans Le Journal de Montréal du 15 septembre 2009 et dans Le blog d’Olivier Kaestlé du 11 septembre 2009.


La pub Whiskas ou la misandrie pour les nuls

S’il est un de mes textes à avoir été copieusement repris dans des blogs de tout acabit, c’est bien celui-là.  J’en trouvais quatre pages pleines sur Google dès sa parution en 2007 dans Le Soleil.  Whiskas n’a pas dû goûter mon humour particulièrement féroce à son égard : il suffisait de taper le nom de cette distinguée compagnie, toujours sur Google, pour que mon article figure parmi les premiers résultats, parfois même avant leur propre site…  Sans fausse modestie, je crois que ce topo, de concert avec d’autres protestation citoyennes, bien sûr, a pu contribuer à inciter ce douteux citoyen corporatif à retirer son rebus…  Voici le texte en question :

Si l’image de marque d’une entreprise se fonde sur les valeurs qu’elle véhicule dans sa publicité, il y a lieu, dans certains cas, de s’interroger sur les comportements publics ou privés de ses hauts dirigeants. 

Ainsi, à quoi ressemble donc un cadre supérieur de Whiskas, de retour à la maison ?  Après une dure journée de sieste au bureau, sans doute se frotte-t-il aux pieds de sa tendre épouse, l’implorant en ronronnant de lui servir un dry martini dans son écuelle préférée.  Après avoir gentiment lapé le tout, peut-être va-t-il se soulager dans sa litière absorbante et désodorisante ou mieux, sur un coquet petit lampadaire stylisé attenant au cabinet d’aisance de Madame ? Pastiche réducteur, dites-vous ? Pas plus que la publicité méprisante de ce douteux citoyen corporatif.  Au suivant.

On pourrait se questionner sur les critères d’embauche d’un directeur, chez Cadbury, quand une pub d’Aero nous apprend que « Les gars ne comprennent rien. »  D’après ce précepte, ou bien cette compagnie n’engage que des femmes, subjuguées par une barre de chocolat, ou bien elle se veut un havre de réinsertion pour déficients profonds. Comme cette entreprise a connu récemment une baisse impressionnante de 34, 3 % de son bénéfice imposable, nul doute que quelqu’un, quelque part, n’a pas compris quelque chose.  Nos sympathies empressées à tous ses dirigeants, peu importe leur sexe.

Selon la même logique, on peut conclure que, chez M & M, les cadres supérieurs masculins sont manipulateurs et égoïstes tandis que leurs contreparties féminines se montrent rayonnantes et généreuses.  Il ne manque que Mario Pelchat, pour chanter à ces dernières qu’« elles leur pardonnent de n’être que des hommes ».  Cette miséricorde est sans doute immanente depuis que Corneille a décrété que « Dieu est une femme ».  Qu’il est loin le temps où celle-ci n’était que l’avenir de l’homme !

La Coalition Poids dénonçait récemment l’impact de la publicité alimentaire sur l’épidémie d’obésité chez les enfants.  Dans la même perspective, ce n’est pas d’hier que les groupes de condition féminine ont établi un lien entre publicité misogyne et atteinte à l’estime de soi des petites filles.  N’est-il pas étrange qu’aucun rapport similaire n’ait encore été établi entre certaines dérives publicitaires, dont les exemples cités plus haut, et le développement des garçons, qu’ils soient enfants ou adolescents ?

Si le Petit Robert définit la misandrie comme la « haine ou le mépris du sexe masculin, des hommes », le Québec peut dormir tranquille : le mot n’existe pas encore dans le Multidictionnaire de Marie-Éva De Villers, approuvé par notre Office de la langue française. Par contre, la ou le misandre, « qui hait les hommes », y menace notre somnolence.

Serions-nous sur le point d’émerger d’un coma social ?  Notre collectivité ne pourra pas éternellement se satisfaire d’une définition à sens unique du sexisme. Pour que le mot existe, il faut deux sexes.  L’époque d’une psychanalyse de téléroman désuet, opposant  machos et dames de cœur, a fait long feu.

Paru dans La Presse du 22 septembre 2007, rubrique À votre tour et dans Le Soleil du 7 octobre.


Des policières et des garçons

Vous souvenez-vous de cette pub présentant, aussi en 2007, une policière rajustant son uniforme, sans avoir donné de contredanse à un chauffard, après ce qui avait toutes les allures d’un épisode de gymnastique de chambre sur le siège arrière d’une Kia ?  Des associations policières s’étaient mobilisées avec une ardeur guerrière à la défense des femmes les plus robustes du Québec.  N’est-il pas curieux que pour nos garçons, enfants comme adolescents, on ne proteste pas avec la même vigueur contre les modèles de crétins finis dont on les pilonne ?  Pire, on laisse courir.  Voici ce que j’en pensais, et en pense toujours :

Kia a su récemment attirer l’attention en remuant les sensibilités.  Sa dernière publicité présente une policière qui embrasse le conducteur d’un de ses modèles au lieu de lui donner une contravention.  Plusieurs associations policières et quelques groupes de femmes ont moussé malgré eux l’impact de ce message en rendant publique leur indignation.  La majorité des protestataires réclame le retrait pur et simple de ce pastiche « réducteur ».

Il s’agit là d’une position excessive envers une saynète qui relève davantage du vaudeville que du sexisme primaire. S’il existe un métier qui devrait commander le flegme devant les plaisanteries douteuses, voire de mauvais goût, c’est bien celui de policier.  En réagissant si vivement, les associations nuisent davantage à la crédibilité des policières que la publicité décriée.  Leur attitude trahit en effet un paternalisme désuet envers leurs collègues féminines, tombées au rang de faibles femmes qui nécessitent protection.

Le rôle d’agente de la paix exige en réalité un sang-froid optimal. On imagine difficilement ces femmes sombrant dans une névrose identitaire après le visionnement d’une boutade télévisée.  Le comportement de la policière présentée reste par ailleurs aussi improbable que le pouvoir de séduction conféré par une Kia à son propriétaire.  Nous avons affaire à une fable évidente qui ne saurait être prise au sérieux, même par les plus naïfs.  Une perception biaisée des policières par le public ne risque pas davantage d’en découler.

Imaginons maintenant la même réclame nous présentant le conducteur de Kia achetant la complaisance d’un policier masculin avec un assortiment de beignes.  Assisterions-nous encore à pareils débordements ?  Sûrement pas. Cette publicité serait considérée avec la même nonchalance que la pléthore d’autres tableaux qui nous présente depuis près d’une décennie les hommes comme des éternels gogos.

Des hurluberlus qui importunent Annick Lemay pour Uniprix aux conjoints que des femmes singent entre elles dans un St-Hub, en passant par cet homme infantilisé par une enseignante devant ses élèves pour Bell Mobilité, la publicité québécoise multiplie les portraits de nigauds.  Et il faudrait s’énerver d’une publicité spécifique mettant en scène une policière sulfureuse? 

Cette récente levée de boucliers contraste avec notre indolence générale devant l’impact possible des clichés cités plus haut sur nos garçons. Ce sont pourtant eux, enfants ou adolescents, les êtres vulnérables en quête d’identité qu’il faut protéger.  Il y a 30 ans, les féministes dénonçaient avec raison l’impact négatif du martèlement des stéréotypes d’alors sur les petites filles et les adolescentes.  Si des associations policières montent aux barricades au nom de femmes adultes pour une seule publicité, ne faudrait-il pas aussi se pencher sur le sort de garçons en plein développement ?  Moins d’émotivité et davantage de discernement rendraient certainement une telle démarche porteuse de sens.

Paru dans Cyberpresse du 23 janvier 2007 et Le Soleil, du 30 janvier 2007.


Dérive éthique à Télétoon… Parce que nous la méritons ?

Le topo qui suit est un exemple d’action citoyenne, en plus de représenter l’un de mes premiers textes d’opinion.  C’est en réaction à la diffusion récurrente, en 2003, d’une publicité qui cette fois présentait les hommes en tant qu’objets sexuels, à une heure de grande écoute sur Télétoon, une chaîne pourtant destinée à un public enfant ou adolescent, que j’ai décidé de l’écrire.  Non seulement la pub fut-elle retirée, mais le commanditaire, L’Oréal en l’occurrence, m’envoya une lettre d’excuses, et par messagerie, s’il vous plaît.  Télétoon, de son côté, resta coi.  Voici mon texte, suivi d’un fac-similé de la lettre de L’Oréal : 

Il y a déjà quelques semaines, je regardais tranquillement la télé en compagnie de Jérémie, mon garçon de sept ans.  Nous suivions alors distraitement les péripéties de Scooby Doo, héros grand public bon teint, sur les ondes de Télétoon, canal également destiné à un vaste auditoire.  C’était un samedi midi, moment de la semaine où un maximum d’enfants en congé fait habituellement comme nous.

Arrive la pause publicitaire et L’Oréal nous présente son dernier gel coiffant.  Une jolie jeune femme avance avec assurance vers deux jeunes hommes, beaux eux aussi, quoique efféminés.  Ils la regardent, comme des épagneuls observent leur maître, puis se font face tandis que la séductrice nous fixe d’un air entendu.  Suspense.  Les mâles vont-ils s’affronter ?

Non finalement, car nous découvrons que, si le gel ne colle pas, les deux bellâtres, en revanche, embrassent langoureusement la belle qui leur joue simultanément dans les cheveux.  Enfin, elle repart, un type à chaque bras, tandis que chacun d’eux la regarde avec une expression aussi hébétée que ravie… « Parce que vous le méritez bien. » entend-t-on en voix « off ».

Je dois alors me pincer pour m’assurer que ma vue ne m’a pas trompé.  Est-il possible qu’un canal voué d’abord à un public enfant et adolescent présente une telle publicité à une heure où le plus grand nombre écoute?  Le film de fesses de fin de soirée à TQS (nous sommes en 2003, NDA) n’aurait-il pas été une meilleure tribune ?  Une compagnie comme L’Oréal en est-elle réduite à faire la promotion du ménage à trois pour vendre sa camelote aux ados ?

Les croustilles Pringle ont recours à un procédé avoisinant mais, là où ce commanditaire joue avec plus de « tact » de façon allusive, L’Oréal ne laisse aucune place à l’imagination.  Soulignons que Télétoon diffuse également la publicité de Pringle.

Comme ces pubs passent de plus en plus souvent l’une à la suite de l’autre sur ce canal pendant les émissions pour enfants, faut-il conclure que le CRTC, en laissant faire, cautionne ce genre d’initiatives ?  Par notre silence, en tant que citoyens et parents, approuvons-nous les valeurs ou le style de vie qu’elles proposent à nos jeunes?  Aimerions-nous les voir y adhérer… comme des huîtres ?

Ce nouveau penchant chez Télétoon pour les pubs de mauvais goût devrait nous inciter à lui manifester énergiquement et publiquement notre désapprobation et à boycotter fermement les produits annoncés.  C’est une marque de respect élémentaire que nous nous devons à nous-même mais surtout, à nos enfants. 

Si, par notre inertie, ces derniers devenaient blasés devant tout ce que l’amour humain a à offrir de gratifiant et d’authentique, alors nous pourrons dire, comme L’Oréal, que nous l’aurons bien mérité !

Paru dans Le Nouvelliste du 7 janvier 2003 et La Presse, rubrique À votre tour, du 19 janvier 2003.

Réaction de L’Oréal (cliquez deux fois sur la lettre) :




Perspectives


J’espère que ces pistes de réflexion auront su vous intéresser.  Vous avez sans doute remarqué que mon propos sur la misandrie dans la pub gravite fortement autour de l’image que nos jeunes garçons, les hommes de demain, développent d’eux-mêmes.  Un récent sondage britannique révèle qu’une majorité d’adolescentes les considèrent moins intelligents qu’elles.  Est-il possible qu’un environnement scolaire peu adapté aux besoins des gars, combiné au pilonnage de stéréotypes d’idiots congénitaux à la mode dans les pays dits civilisés, soient à l’origine d’une telle perception ?  Il est selon moi grand temps de poser la question et de trouver les réponses.  Après tout, nos garçons le méritent bien…

Le texte que vous avez lu est le onzième chapitre de mon essai intitulé Le syndrome de la vache sacrée.