vendredi 11 février 2011

Foire du livre de Bruxelles : prendre une femme par la main…

Quand un lecteur m’a fait part de la dernière trouvaille de la foire du livre de Bruxelles, j’ai à peine sourcillé.  L’événement s’était donné pour thème Le monde appartient aux femmes.  Dans une société conditionnée, comme le Québec, par un féminisme d’État fort, il s’agit là d’un accès de démagogie pro femmes parmi tant d’autres.  S’il fallait répondre par une chronique à chacun, il me faudrait engager une équipe de rédacteurs et encore, ils ne suffiraient pas à la tâche.  Lorsque j’ai vu cependant la couverture, injurieuse à souhait envers les hommes, du fascicule de promotion de l’événement, l’affaire, aurait dit Sherlock Holmes, « misogyne » confirmé, a commencé à m’intéresser.  L’attitude des personnes à l’origine de l’événement illustre on ne peut mieux une dérive qui vise aussi bien les femmes que les hommes : une démagogie infantilisante associée à une misandrie idiote. 

Le monde appartient aux femmes

Si j’étais une femme, ce slogan me donnerait de l’urticaire.  Avez-vous déjà remarqué la différence de traitement, en information sportive, selon que, dans une même discipline, les hommes réussissent mieux que les femmes et la situation inverse ?  Quand les hommes se démarquent, on en parle une fois; on n’allonge pas la sauce.  Quand c’est le tour des femmes, l’événement fait la manchette une semaine.  Je trouve cette condescendance méprisante envers nos consoeurs.  Elle revient à dire : il est si exceptionnel que les femmes se distinguent de leurs confrères, que ça mérite de sabrer le champagne.  Si j’avais pour nom Marie-Paule, je n’aurais pas le cœur à célébrer…

Dans le contexte particulier de la foire du livre de Bruxelles, le slogan retenu peut aisément se voir interprété de la sorte : après des siècles où les hommes, ces béotiens illettrés, ont dominé la littérature, les femmes, enfin, émergent de leur coma neurovégétatif et écrivent.  Pas trop tôt !  Comme hymne à la compétence littéraire féminine, avouez qu’il y a plus convaincant.

Dépendantes de la discrimination « positive » ?

Le diable est dans les détails et, comme c’est un très bon avocat, pourquoi ne pas faire appel à ses services ?  Après tout, un juriste rentable, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue !  Une telle promotion de la femme comme d’une marchandise qui autrement ne se vendrait pas, reste symptomatique d’une société qui, à force de surprotéger la gent féminine, parvient à la faire passer pour incompétente. 

Cette attitude n’est pas sans évoquer la discrimination « positive » qui caractérise toute société dotée d’un féminisme d’État omnipotent.  Après une scolarité passée dans des lieux d’apprentissage adaptés à leurs besoins, des études dans des universités où déjà, la discrimination positive et des programmes les favorisant sont en vigueur, les femmes arrivent sur un marché du travail de plus en plus conditionné par cette tendance au passe-droit.  Certaines sont même mal à l’aise d’obtenir une promotion qui, dans plusieurs cas, aurait dû échoir à un collègue plus expérimenté mais dont la principale tare est d’être du mauvais sexe.

Yves Duteil
Le message social envoyé par la discrimination « positive » est le suivant : par leurs propres moyens, les femmes sont incapables de réussir aussi bien que les hommes.  Il faut donc les pistonner par des mesures artificielles, quitte à abaisser les critères, comme dans les corps policiers ou l’armée, pour ne nommer que ces secteurs d’emploi.

Devant un tel panorama de soutien infantilisant de l’État envers la gent féminine, il ne reste plus qu’à demander à Yves Duteil de composer Prendre une femme par la main…

Pour que les femmes se sentent égales…

…Avilissons les hommes.  Telle semble l’attitude à l’origine de la conception du fascicule réalisée pour l'occasion par la Société nationale des chemins de fer belge (SNCB).  Cette dérive illustre bien la tendance lourde de toute société dite « progressiste » où les concepteurs de publicités, de films, de télé séries et de téléromans, s’en donnent à cœur joie pour faire passer les hommes pour des êtres arriérés, frustes, incompétents, malpropres, paresseux, égoïstes, fourbes, hypocrites, mesquins, niais, irresponsables, et j’en passe. 

La couverture du fascicule présente Adam, Eve et le serpent.  La paix, Adam, je lis, claironne Eve.  Elle quoi ? demande un Adam visiblement étranger à toute activité intellectuelle.  Elle lit, explique un serpent impavide.  Au dos du même torchon, Eve en rajoute : Va-t-en, Adam, j’écris.  Prends le train.  Et lis, d’ajouter le serpent à Adam qui, la valise à la main, semble toujours aussi stupide.

Qui n’a pas croisé le chemin de personnes douteuses, hommes ou femmes, dont le principal mode relationnel est d’abaisser son prochain pour compenser son sentiment d’infériorité ?  Cette position est d’autant plus condamnable et répréhensible qu’en Belgique, comme ailleurs, les garçons ne lisent pas assez.  Les faire passer pour des crétins n’est certainement pas un incitatif à en faire davantage.

Meilleure chance l’an prochain !

Il semble que, aux yeux de tels individus (prendre ici ce mot adressé aux deux sexes), soit le comité organisateur comme la SNCB, survaloriser les femmes ne puisse se faire sans déconsidérer les hommes.  Malheureusement, tant par le premier procédé que par le second, ces personnes trahissent au fond leur piètre estime pour la gent féminine.  Quand on admire vraiment les mérites d’une catégorie de personnes, on ne se sent pas obligé d’en avilir une autre.  Un peu plus d’inspiration serait la bienvenue l’an prochain… Et de respect !

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Prendre un enfant par la main. Ça me fait penser à "Prendre un homme par la main" de la télésérie américaine Twilight Zone. Dans cette épisode, il ne restait que quelques hommes congelés (en hibernation permanente). Le comité mondiale des femmes décidèrent une expérience. Celle de décongeler un homme et de leur redonner une seconde chance. Le résultat fût évidemment catastrophique, bien que l'homme se comportait assez bien finalement. Il fût donc recongeler, étant donné que la conclusion est que tous les malheurs de la planète vient du sexe mâle. Une épisode qui aurait eu le contraire comme scénario n'aurait évidemment jamais passé à la télé. Les femmes contrôlent beaucoup plus que l'on ne peut s'imaginer. Il est même difficile, par Courriel, de communiquer avec les médias ou les organismes. Les réceptionnistes de Courriel suppriment immédiatement les Courriels qu'elles trouvent le moindrement sexiste ou à caractère de tentative de défense de la part des hommes. On est rendu là, et c'est très loin d'être fini.(Serge)

Olivier Kaestlé a dit…

Cet épisode est définitivement un classique du genre, étant donné le nombre de fois dont j'en ai entendu parler. Sommes-nous rendu à l'étape de Big Sister ? Possible, mais je dois vous dire que j'ai souvent été étonné de ce que j'ai pu faire passer comme textes dits "antiféministes" (il suffit de parler de condition masculine pour se mériter ce qualificatif) dans les tribunes d'opinion des journaux.

Il n'y a pas de doute qu'il existe une volonté très nette de nous museler, ne serait-ce qu'en essayant maladroitement de nous associer au Tea Party ou à l'extrémisme de la droite religieuse au sein du gouvernement Harper. Les réseaux sociaux restent un rempart essentiel contre la désinformation et l'intégrisme féministes. Je persiste à croire que c'est la conscientisation et la volonté populaire qui contribueront à nous délivrer du carcan qu'elles tentent de nous imposer.

Anonyme a dit…

Dans le contexte particulier de la publicité pour la « Foire du Livre » 2011 de Bruxelles, voici un slogan (parmi d’autres) qui aura la particularité de rabaisser l’homme, une nouvelle fois…

Jusqu’où ira la misandrie du féminisme ?

Et jusqu’où les hommes supporteront-ils une telle violence psychologique ? (Will)

Olivier Kaestlé a dit…

Je crois que la misandrie du féminisme n'aura de limite que notre tolérance à la supporter. Il faut dénoncer cette dérive autant de fois qu'elle se manifestera avec constance, opiniâtreté et sérénité. Notre refus répété de nous voir réduits au rôle de simple faire-valoir de ces dames devra l'emporter comme le bon sens doit obligatoirement triompher de la bêtise.

Bisbille 101 a dit…

Le plus étonnant dans cet étalage de grossiers préjugés sexistes sur la place publique, c'est l'indifférence manifestée par les médias et les élus. Dans cette ligne, le présent exercice à l'Assemblée Nationale en commission parlementaire intitulé « Pour que l'égalité de droit devienne une égalité de fait », qui s'apparente à du dénigrement de la moitié de la population ne semble pas susciter la moindre réaction de la part d'aucun parlementaire, comme si tout ce beau monde dormait au gaz ( de shiste ). Comment faire pour inciter le bon peuple à sortir de cette torpeur ?

Olivier Kaestlé a dit…

Croyez bien, Bisbille, que si j'avais réponse à cette question et moyen d'agir en conséquence, il y a belle lurette que je serais passé à l'action. Cette commission concerne l'ensemble de la société, rien de moins, et personne ne bouge. Je lisais encore un commentaire sur le conflit au Journal de Montréal comme si l'avenir de la démocratie était en jeu. Il l'est bel est bien en jeu, cette avenir, mais les médias se sont - délibérément, je crois - trompés de cible en cognant, pour certains, sur un rival. Bel exercice d'éthique journalistique.

C'est le silence qui entoure les malversations des féministes radicales qui leur donne autant de latitude. Quand les médias sortiront enfin de leur torpeur, les gens comprendront et les choses pourront changer. Si nous avons traversé la grande noirceur, nous ferons de même avec la "grande roseur". D'ici là, des gens comme vous, moi et de plus en plus d'autres, restent indispensables pour sensibiliser le public et lui faire comprendre l'impasse dans laquelle nous nous enlisons.

Anonyme a dit…

Will:
Le Monde n’appartient ni à la femme ni à l’homme !
En fait, c’est l’Homme qui appartient à la Terre ! (Proverbe Indien)

Olivier Kaestlé a dit…

Une sagesse dont auraient pu s'inspirer les organisateurs de la foire, comme les auteurs de ce fascicule misandre...

Malthus a dit…

Olivier, comme le disent nos confrères anglophones "get with the program!!!"
Les hommes sont les derniers nègres; le point final du citoyen de deuxième, si ce n'est pas, dans les faits, du troisième ordre.
Nous n'existons que pour defrayer les frais de Madame- derniers jugements de nos cours supérieures à l'appui.
Bientot la Cour suprême dira la même chose: les bommes existent pour payer ces dames. Pour peu que nous faisions autrement que regarder la pointe de nos souliers, le moindre acte sexuel masculin sera assujetti à une loi et cette loi le forcera à travailler pour ces dames.
Nous avons *oser* être intime avec elles, nous méritons donc un harem de dépendantes. Nous devrons payer, payer, payer et payer encore.
L'homme est le dernier nègre! Il n'existe aucune référence historique comparable à ce que nos textes de loi exigent de nous et procurent aux blanc(h)es si ce n,est que les termes d'une humanité qui acceptait le nègre dans son champs de coton et sa propre suprématie sur celui-ci.
L`homme est le dernier nègre. Aux champs! Aux champs! Que ta sueur et ton ton labeur me procure ma survie et je ne veut rien entendre de toi!!!
Travaille, paies et tais-toi!!!!
Si le nègre américain avait eut un salaire, on lui aurait intimé la même chose.
Get with the program! We're modern day slaves. If we even look at a (white) woman, she can elect to throw us in jail, make us pay for looking at her her; turn us into indentured slaves or let us free... the master's choice.
prouvez-moi que j'ai tort...

Olivier Kaestlé a dit…

Je n'essaierai même pas, Malthus. Étant en contact avec des représentants de groupes de pères et des gens, hommes et femmes, qui s'interrogent sur la condition masculine, son présent et son avenir (sic), j'en arrive aux mêmes constats.

Je crois cependant qu'il ne faut pas baisser les bras et qu'un jour, nous parlerons du temps présent comme nous envisageons aujourd'hui la grande noirceur. Espérons que c'est de notre vivant que sera tournée la page sur l'obscurantisme de la grande roseur.