vendredi 4 février 2011

Le féminisme dominant est lui-même rétrograde

Votre humble serviteur...
Ce matin en ouvrant mon quotidien régional, Le Nouvelliste, je tombais, dans la page d'opinions du lecteur, sur la lettre d'un professeur de sociologie, un nommé Daniel Landry.  Le titre de son topo était évocateur : Le retour à une morale rétrograde menace le féminisme.  Jugeant son propos général peu compatible avec les positions que je défends, j'ai trouvé pertinent d'envoyer une réponse au Nouvelliste.  

En cliquant sur le lien ci-contre et en utilisant l'option agrandir de votre navigateur, vous pourrez prendre connaissance de son point de vue, avant de lire le mien.
  

En réponse à Daniel Landry, auteur de Le retour à une morale rétrograde menace le féminisme.

Sarah Palin, l'égérie du Tea Party
Je suis en partie d’accord avec votre propos voulant qu’une certaine morale d’arrière-garde, des positions du Tea Party américain, ou certaines dispositions du gouvernement Harper, notamment celles prônant le refus de financer les IVG dans les pays en voie de développement, menacent les droits des femmes, plus illégitimement que le féminisme à proprement parler, quant à moi cependant.  Il est clair que le temps de la mère omniprésente au foyer avec ses enfants est derrière nous, encore que les femmes qui aujourd’hui font ce choix légitime deviennent facilement la cible d’opprobre et de ridicule de la part de ces militantes que vous défendez. 

La vérité, c’est que l’opinion publique, bien plus que n’importe quel courant dit « rétrograde », menace bien davantage le féminisme dominant actuel, et c’est heureux, ce dernier ayant atteint son ultime degré d’incompétence.  « Le génie n’a qu’un siècle, après quoi, il faut qu’il dégénère » disait Voltaire, toujours d’actualité.  La dernière marche des femmes a été le déclencheur d’une première prise de conscience collective à l’effet d’un mouvement dépassé, au discours usé, voire revanchard, aux revendications qui ignorent sciemment les avancées des femmes en Éducation, en politique, dans les arts, dans la fonction publique ou dans le secteur privé.  À entendre la FFQ, rien n’a bougé depuis 1966, année de sa fondation.

Michèle Asselin, qui présidait alors la FFQ
Parlant de menace, je rappellerai à votre attention – ou devrais-je dire : je vous apprendrai ? – que la même FFQ, épaulée par une quinzaine d’instances et regroupements féministes, incluant le Regroupement québécois des CALACS, le Regroupement provincial des maisons d’hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale, et la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposée au Québec, a réussi à faire tabletter le rapport Rondeau qui visait la reconnaissance de problématiques masculines et qui identifiait les lacunes criantes de notre système à y répondre.  Je vous rappelle que quatre suicides sur cinq sont commis par des hommes.  Ce n’est pas avec des prises de positions aussi insensibles qu’intéressées que la situation va s’améliorer.  J’ai dit « intéressées», car seule la peur de voir l’État dépenser pour venir en aide aux hommes inquiète ces douteuses porte-parole : moins de fric pour elles.

Un père et son fils.
Je dénonce votre généralisation abusive à propos de «  certains groupes d’hommes qui tiennent un discours machiste, voire dégradant à l’égard des femmes. »  Je suis moi-même en contact soutenu avec plusieurs intervenants en condition masculine, surtout des groupes de défense des droits – bafoués – des pères, des deux côtés de l’Atlantique, et la nette majorité tient un discours revendicateur, certes, mais posé, argumenté et documenté. Ces hommes ne veulent que justice, ce à quoi un féminisme d’État déshumanisé, soutenu par une justice familialiste rapace, s’oppose.

Bien sûr, ces pères doivent à l’occasion corriger le tir de gaffeurs au discours hostile, voire haineux envers les femmes, mais ce sont toujours ces derniers, l’exception, que des groupes de femmes tentent de nous faire prendre pour le tout.  Certains drames vécus par les pères et ex-conjoints sont à pleurer.  Je relate quelques-uns de ces cas dans mon blog, http://olivierkaestle.blogspot.com/.  Je vous engage à en prendre connaissance.  Vous comprendrez peut-être mieux les enjeux et les conséquences de ce que vous défendez.

Vendredi, le 18 février 2011 : Le Nouvelliste n'a jamais publié ma réplique au texte de M Landry.

2 commentaires:

Malthus a dit…

Les hommes qui font l'apologie du féminisme malgré tous ses excès évidents et perpétuent la sempiternelle image de victimisation sont nommés "manginas" par les anglophones, "utérommes" chez nous.
Je comprends certainement votre désir de les engager dans un échange ou un débat mais c'est une perte de temps, tout comme essayer de raisonner avec une féministe. Ils ont raison. Point.
Débattre avec ces gens c'est comme s'engueuler avec sa télévision. On peut crier, argumenter, exposer faits et études sérieuses, comparer chiffres, plaidoyer l'Humanisme et citer sa jurisprudence: à la fin, rien de nos efforts ne changera quoi que ce soit au programme qui se déroule sous nos yeux.
L'exposition est un comportement plus sain et certainement plus productif. Il dit une connerie? On la "debunk" sans jamais l'engager personnellement puis on passe à un autre appel.
La vie est trop courte pour débattre avec des murs.

Olivier Kaestlé a dit…

Le but de ma démarche n'est pas de convaincre cet "utéromme", comme vous l'appelez, mais comme cet individu a pris une position publique dans une quotidien à fort tirage (aussi surprenant que ça paraisse, Le Nouvelliste a le plus fort taux de pénétration per capita au Canada), j'ai jugé cette fois à propos de me servir de son propos pour développer le mien et faire contre-poids au sien.

Il faut admettre que ce discours rosâtre soit en nette régression sur la place publique, mais il trouve encore trop de preneurs. L'État, ses ministères incluant santé, Éducation et justice ont beau toujours se trouver sous la coupe du féminisme radical, celui-ci est en déclin dans l'opinion publique.

J'ai également voulu voir si il y aura des réactions autres que la mienne ou en rapport avec elle, si bien sûr ma lettre est publiée. Pour avoir à de nombreuses reprises pris position sur plusieurs sujets d'actualité dans presque tous les quotidiens du Québec, c'est la première fois que j'interpelle un auteur que je désapprouve. La dynamique pourrait être différente. À suivre, donc.