jeudi 21 avril 2011

La condition masculine en vedette à CHOI 98,1

Lorsque Lise Bilodeau, présidente de l’Association des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ) me proposa, il y a quelques semaines, de participer à une émission ayant pour thème la condition masculine et la féminisation de notre société, à CHOI 98,1, il m’aurait été impossible de refuser.  Il s’agissait du troisième volet consacré par cette station à cette thématique dont l’intérêt va sans cesse en grandissant.  Dans quelle autre ville que Québec y accorderait-t-on par ailleurs semblable importance et autant de temps d’antenne, soit deux heures et demie ?

Les joies de (re)découvrir Québec...
Évidemment, mes rapports conflictuels avec dame nature allaient faire en sorte que le jour même de la rencontre, soit le 20 avril, une tempête, mêlée de pluie et de verglas, allait s’abattre sur le Québec.  Une consolation : la visibilité, entre Trois-Rivières et Québec, était passable et en roulant prudemment, je me rendis à bon port.  C’est précisément là que les choses se compliquèrent.  J’adore Québec, rien moins que la plus belle ville francophone en Amérique du Nord à mes yeux.  Aussi me demandais-je pourquoi, habité par un tel enthousiasme urbain, je ne m’y rendais pas plus souvent. 

Je n’allais pas tarder à obtenir ma réponse en essayant d’y retrouver mon chemin, devant la signalisation défaillante qui n’arrange pas un déploiement urbain par endroit anarchique.  Je reste persuadé que les urbanistes de cette ville se réveillent la nuit afin d’imaginer des stratagèmes plus noirâtres les uns que les autres afin de compliquer la vie de l’imprudent touriste qui aura eu l’outrecuidance de s’imaginer qu’il pourrait se diriger sans encombre dans cet enchevêtrement d’indications dissimulées ou absentes.  Je précise : délibérément dissimulées ou absentes.

Show tard

Arrivé – enfin - à Radio X avec Lise Bilodeau, je fus présenté à l’animateur de la soirée, Mario Tremblay, et, après une brève rencontre sur le contenu de l’émission, nous étions en ondes. La connivence fut immédiate et, sur un mode décontracté mais alerte, nous avons abordé plusieurs aspects de la condition masculine.  Pour écouter l'émission, cliquez sur cet hyperlien et sélectionner le 20 avril.


L’obsession de Mme Pelchat, du Conseil du statut de la femme, pour la parité homme femme dans le domaine de la construction ne lassait d’intriguer Mario, qui est revenu à la charge à plusieurs reprises sur le sujet.  J’ai émis d’ailleurs l’hypothèse que, pour combler Mme Pelchat et atteindre son objectif farfelu, il faudrait en arriver à instaurer la conscription, comme on faisait jadis pour les hommes en temps de guerre, et contraindre, par exemple la fille aînée de chaque famille, à s’engager dans ce domaine qui rebute visiblement la gent féminine.

La question des droits de pères n’allait pas être passée sous silence, contrairement à la tendance média trop répandue, et Lise devait commenter plusieurs cas exposés par des auditeurs qui avaient connu l’infortune de tomber entre les griffes de policiers venus les arrêter arbitrairement en vertu de la politique d’intervention en violence conjugale. Selon cette procédure, même si c’est l’homme qui demande de l’aide, c’est lui qu’on arrête.  Même sévèrement blessé par sa conjointe, c’est encore lui qu’on arrête.

Certains cas avaient de quoi faire frémir, comme celui de cet homme harcelé par les policiers venus l’arrêter et qui, apparemment, auraient bien voulu lui faire sauter les plombs afin de l’inculper.  Lise devait insister sur le nécessité de ne signer en aucun cas ce qu’on appelle communément un « 810 », un document qui constitue, une fois signé, rien de moins qu’un aveu de culpabilité qui peut empêcher un homme, par exemple un camionneur, de travailler à l’extérieur du pays.  Certains policiers, tout en faisant pression sur l’homme arrêté afin qu’il signe le document, se gardent bien de l’informer de pareilles conséquences sur sa vie professionnelle. 

Parlant de violence conjugale, je soulevais une interrogation quant aux « statistiques » gouvernementales sur le sujet, où l’on s’entête à faire passer des signalements pour des condamnations.  Je me demandais comment il se faisait, qu’avec une pourcentage himalayen de 82 % de présumées victimes féminines, et à peine 18 % de victimes masculines, on enregistrait par ailleurs, toujours selon les mêmes sources, 69 % de plaintes croisées, donc impliquant aussi bien l’homme que la femme.  Avis aux statisticiens du ministère de la Sécurité publique : il y a une section « commentaires » en bas de ce texte.  Si vous pouviez nous expliquer…

La FFQ, le CSF, ça sert à quoi ?

Parmi les sujets qui hantaient Mario, notre hôte, et, apparemment, les auditeurs qui ont participé à l’émission de vive voix et par courriel, la pertinence de maintenir et de financer la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et le Conseil du statut de la femme (CSF) a occupé un bon temps d’antenne.  Une écrasante majorité de participants et de participantes ont jugé que ces instances ne représentaient plus les femmes, et ont remis en cause la nécessité de les financer ou de les financer autant.  Il est ressorti de nos échanges que ces organismes représentaient davantage les organisations vouées à la condition féminine que les femmes mêmes. 

L'indignation sélective de Mme Pelchat...
Dans cette optique, le silence du CSF devant la suppression pure et simple de la subvention fédérale de la FFQ, représentant 40 % d’un budget total de 650 000 $, nous a d’ailleurs paru inhabituel et éloquent. Il s’agit poutant d’un allié privilégié de longue date.  Rappelons que le premier a été fondé à la demande de la seconde en 1973.  Mario soulignait par ailleurs que Mme Pelchat, toujours silencieuse sur la FFQ, avait cependant claironné son indignation devant le fait que la ministre St-Pierre, à la Condition féminine, avait « détourné » une subvention d’un million $ des tables de concertation des groupes de femmes vers les forums jeunesses pour financer des projets sur l’égalité homme femme.  Sans doute la ministre a-t-elle enfin compris la nécessité de dépoussiérer cette thématique avec un peu de sang frais, loin d’une habituelle rhétorique misérabiliste et victimaire ?

Vers 23h30, notre participation, à Lise et à moi prit fin.  Nous n’avons pas vu le temps passer et, finalement, je ne regrettais pas d’avoir eu à affronter la signalisation défaillante de Québec.

Partir, c’est se perdre un peu…

Québec, une bien belle ville, mais...
Je ne pus m’empêcher de penser à la série Le prisonnier, au moment de repartir après l’émission, dans laquelle le numéro 6, interprété par le regretté Patrick McGoohan, tentait en vain de quitter un village qui s’acharnait par tous les moyens à l’emprisonner.  Allais-je connaître le même sort ?  Heureusement, mon départ fut plus aisé, et je ne vis aucun gros ballon blanc se ruer à mes trousses.  Sans doute était-il assoupi dans son entrepôt sur le coup de minuit ?  Québec a pourtant tout ce qu’il faut pour retenir le touriste sans recourir à pareils subterfuges…

2 commentaires:

Anonyme a dit…

En effet, le doc. 810, pour soit-disant alléger les procédures judiciaires, allège effectivement les procédures du côté criminel, mais les amplifies du côté civil. En avouant avoir commis un acte criminel, qu'il n'a souvent pas fait, le messieur se retrouve avec un dossier criminel. Ce qui permet à madame de le lessiver et de le deposséder de tout. Et les enfant sont que trop souvent dans la dépossession car madame aura convaincue le juge que monsieur a fait des attouchements aux enfants. C'est la MACHINE à broyer les hommes en effet. Tout cela est très bien expliqué dans le livre: "Coupable d'être un homme" du regretté et ami Georges Dupuy. Serge (psychothérapeute). En ce temps de la Pâques, amen. Ou plutôt: Ansi soit-elle.

Olivier Kaestlé a dit…

Eh oui, Serge, c'est bien ce qui est ressorti de notre émission du 20 avril. Je reste toujours ahuri de constater que de telles injustices se répètent en série sans que les médias dits main stream ne daignent s'y intéresser. Des grossières injustices se déroulent sous leur nez mais non, on ne bouge pas. C'est avec un rictus ironique que j'entends certains pontes de l'information défendre ce qu'ils appellent la liberté de presse ou le droit du public à l'information, quand ils ne se prennent pas pour des redresseurs de torts. Quelle ironie involontaire, qui me mène parfois, ainsi que d'autres, au cynisme.