lundi 17 octobre 2011

Armande Côté a-t-elle commis un meurtre légal ?

Armande Côté, veuve joyeuse ?
La Cour suprême du Canada a tranché : malgré une preuve accablante, elle conclut que les droits d’Armande Côté ont été bafoués lors de son arrestation à l’occasion du meurtre de son mari, André Hogue, abattu dans le gazébo attenant à la maison du couple, à Pierreville.  La veuve n’aura donc pas à subir de procès et se trouve désormais libre comme l’air.

La Cour reproche aux représentants de l’ordre d’avoir effectué une fouille illégale de la maison, sous le prétexte d’une mesure de routine pour assurer la sécurité des lieux, d’avoir violé systématiquement le droit de Côté de garder le silence, de n’avoir informé cette dernière de son droit à un avocat que cinq heures après sa détention, de ne l’avoir prévenue qu’elle était un témoin important qu’après que les policiers aient affirmé sous serment croire à une tentative de meurtre, d’avoir commis des violations « systématiques et délibérées » de ses droits constitutionnels, d’avoir induit en erreur un officier de justice afin d’obtenir des mandats de perquisition, d’avoir manqué de franchise en vue de minimiser la gravité de leurs actes et d’avoir recueilli une preuve en violation de la Charte des droits et libertés.  Quel palmarès !

L'une des filles de la victime.
Bref, à part les avoir reconnus coupables du meurtre de la victime, rien ne leur a été épargné, ce qui a inspiré cette déclaration à Stéphanie Hogue, fille de l’homme abattu, citée dans le Journal de Montréal du 15 octobre : « Mon père en étant assassiné comme il l’a été, son premier droit selon la Charte, c’est le droit à la vie, et ça n’a pas été respecté.  Et au-delà de tout ça, la personne s’en sort. »  En effet, dans ce cas-ci, les droits de la victime ont de toute évidence été rétrogradés au profit de ceux de l’accusée.  « C’est le procès des policiers qu’ils ont fait, ajoutait la jeune femme, ce n’est pas le procès d’Armande Côté qu’ils ont fait. »  Sa sœur, Marie-Claude, a renchéri : « Ils ont fait leur travail.  Ce ne sont pas les policiers qui ont tué mon père. »

La question

Robert Poëti, chroniqueur et ancien policier, pose dans la même édition du Journal cette question cruciale : « Du point de vue juridique, je suis en accord avec la gravité des actes reprochés aux policiers, mais j’ai une seule question : ces agissements policiers sont-ils plus graves que les agissements d’une personne soupçonnée d’enlever la vie à un autre être humain ? »  La Cour suprême, dans une décision opposant une seule voix à huit autres, déterminantes, a statué que oui. 

À cette question, j’ajouterais celle-ci, déjà posée dans la chronique exhaustive que j’avais consacrée à l’affaire Côté en août dernier : « Il serait judicieux de se demander si, Charte des droits et libertés ou pas, un verdict d’acquittement aurait pu être prononcé dans un cas similaire, mais où l’accusé aurait été un homme, et la victime, une femme. » 

André Hogue, véritable victime
Devant les propos insidieux tenus à l’époque du meurtre par les trois sœurs de l’accusée, à l’effet qu’Armande Côté aurait été victime de violence psychologique, allégations aussitôt démenties par les filles et les deux sœurs de la victime, j’avais ajouté : « Quant à la déshonorante inversion des rôles de victime et d’agresseur, inutile de dire que les médias ne s’en seraient jamais faits les complices. Lorsqu’en plus de mourir par une main criminelle, un homme voit sa mémoire souillée publiquement, c’est comme si on l’assassinait deux fois. Quand de surcroît son agresseur, quel qu’il soit, reste impuni, c’est à se demander ce que vaut la vie humaine, aux yeux de notre système, quand elle n’est « que » masculine… »

Une féministe souille la mémoire de la victime

Les filles et les deux sœurs d’André Hogue ont toujours soutenu que cet homme était foncièrement bon et inoffensif, voire même victime de sa générosité envers Armande Côté.  Aujourd’hui, Marie-Claude et Stéphanie Hogue se sentent isolées, abandonnées par le système judiciaire.  Comme si elles n’étaient pas suffisamment éprouvées, Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale a jugé opportun de tourner le fer dans la plaie en tenant ces propos abjects, toujours cités dans la même édition du Journal : « Ce qui amène une femme à tuer son conjoint, c’est toute l’impuissance qu’elle vit. » Réalise-t-elle qu’elle reconnaît implicitement Armande Côté comme l’auteure du meurtre ? 

Non contente d’avoir jugé la victime, la « militante » en remet : « La violence psychologique blesse autant, sinon plus que la violence physique.  Elle reste dans la tête et elle ne s’oublie pas. »  Bravo, Mme Villeneuve, vous venez d’illustrer votre propos en faisant preuve de la plus cruelle violence psychologique envers les filles de la vraie victime.  Je demeure persuadé que, comme vous l’affirmez, elle restera dans leur tête et qu’elles ne vous oublieront pas !  Maintenant, des excuses publiques à ces femmes bouleversées seraient la moindre des courtoisies.

Syndrome de la femme battue : l’idiotie utile

Côté, lors de son arrestation.
Marie-Claude Hogue déclarait le 26 juillet 2006 : « On n’a jamais connu de violence quand il (son père) vivait avec notre mère. Et moi, je ne crois pas que cette femme (Armande) soit atteinte du syndrome de la femme battue. »  Argument très populaire dans la défense de femmes accusées du meurtre de leur conjoint, le syndrome de la femme battue ne repose sur aucune base scientifique, comme le constate le psychologue Yvon Dallaire dans son essai intitulé La violence faite aux hommes .[1]

Robert Sheaffer, un chercheur cité par l’auteur, identifie quinze failles qui invalident le syndrome de la femme battue, concocté par Lenore E Walker, animatrice et auteure[2].  Parmi celles-ci, Sheffer mentionne que cette thèse s’appuie sur des mythes féministes acceptés sans conditions ni questionnements et sur un échantillonnage peu représentatif, qu’elle expose des données chiffrées contradictoires, ne repose que sur des recherches favorables à cette vision tout en ignorant celles qui la contredisent, part du principe qu’une femme ne peut mentir (eh oui !), présente des anecdotes comme des faits scientifiques et des conclusions qui ne s’appuient sur aucunes réelles statistiques.   Pour couronner le tout, le harcèlement verbal, l’humiliation psychologique et la critique, dans un contexte de violence conjugale demeurent des prérogatives exclusivement masculines, malgré la pléthore d’enquêtes qui établissent la parité.

Yvon Dallaire,
psychologue et auteur
Sheaffer, déplore que le syndrome soit accepté par les associations de psychiatres, de psychologues et par d’autres spécialistes en relations d’aide.  On pourrait ajouter policiers et juristes.  Dallaire explique : « Ce sont les éléments de ce syndrome que les intervenants pro-féministes utilisent pour décrire les réactions psychologiques de la femme battue et tenter de démontrer la responsabilité exclusive de l’homme dans la genèse de la violence conjugale.  À noter que l’équivalent, le syndrome de l’homme battu, n’existe pas dans les manuels de psychiatrie ou de psychopathologie, malgré la réalité de ce phénomène. »[3]

Devant la tournure des événements qui font d’Armande Côté une femme dorénavant libre, bien que même les rares personnes à la défendre, ses trois sœurs comme Nathalie Villeneuve, aient reconnu implicitement sa culpabilité, il est permis de se demander dans quelle mesure, de façon directe ou indirecte, cette lubie féministe qu’est le syndrome de la femme battue n’a pas pesé dans la balance déréglée de la justice devant la décision ahurissante de la Cour suprême.

Il semble clair que, comme le mentionnait Stéphanie Hogue, les droits de son père, la victime, aient pesé beaucoup moins lourd que ceux de l’accusée.  Pour ajouter l’injure à l’infamie, en vertu d’une idéologie déviante, des êtres sans scrupule, ni éthique, comme les Nathalie Villeneuve et autres féministes misandres de ce monde, se permettent de condamner un homme lâchement assassiné.  Alors qu’Armande Côté, bien vivante, aura évité son procès, André Hogue, décédé, aura subi le sien.  Dans son cas, la peine de mort aura précédé le verdict de culpabilité.


[1] Yvon Dallaire, La violence faite aux hommes : une réalité taboue et complexe, Éditions Option santé, Québec, 2002, 63 p.
[2] Lenore E Walker, The Battered Woman, Harper Colophon Books, New York, 1979.
[3] Yvon Dallaire, La violence faite aux hommes : une réalité taboue et complexe, Éditions Option santé, Québec, 2002, p. 39.

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Les femmes ont des complices puissants en les autorités et le servile système judiciaire au profit d'une société matriarcale.

Christian Bergevin

Olivier Kaestlé a dit…

Ce que cette dérive judiciaire pour le moins spectaculaire tend à prouver avec éloquence...

Anonyme a dit…

La « Justice de malfaçon » a encore une fois relaxé une criminelle.
Nous sommes actuellement plus de 2 millions de personnes à savoir que la « Justice » est devenue le bras armé du fémini$me. C’est une honte !

Ce n’est pas la première fois que ces fémini$te$ ne sont pas condamnées malgré le fait qu’elles ont, sans scrupule et sans état d’âme, assassiné les conjoints !
Dans quel monde vivons-nous ?

Olivier Kaestlé a dit…

C'est la première fois que je constate pareille errance judiciaire au Québec. L'arrêt Croft, qui aurait pu permettre de faire prévaloir la gravité du crime sur la maladresse des policiers, semble avoir été balayé du revers de la main. Certains y verront un frein à l'éventuel avènement d'un État policier (qui dans les cas de fausses allégations, existe déjà), mais je crois quant à moi qu'un dangereux précédent vient d'être créé.

adordoi a dit…

Très bien écrit.
Les dossiers s'accumulent. Tic tac tic tac….
Mais le pire, le plus abject, le plus pervers dans cette histoire, ce n'est pas le meurtre en lui-même, c'est l'ensemble des personnes qui font tout pour profaner une personne déjà morte, que ce soit la justice (a tous les niveaux que ce soit), les médias et bien sur nos fameuses et irremplaçable féministes qui ne ratent jamais un moment de cracher leurs venins.

Olivier Kaestlé a dit…

D'autant plus d'accord avec vous, Adordoi, que j'ai envoyé une missive à Mme Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement des maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale :

Bonjour, Mme VIlleneuve.

J'ai pris connaissance de vos propos concernant l'affaire Armande Côté dans le Journal de Montréal et franchement, je ne vous en félicite pas.

Ce n'est pas suffisant que les deux filles de la vraie victime, en l'occurrence André Hogue, doivent faire le deuil de leur père, mort dans les circonstances les plus tragiques qui puissent se concevoir. Ce n'est pas assez qu'elles doivent admettre que sa meurtrière probable s'en tire impunément.

Il faut en prime que vous jetiez de l'huile sur le feu en insinuant qu'Armande Côté était victime de violence psychologique, quand les deux soeurs ont répété que leur père était un homme doux et paisible.

Comment pouvez-vous vous montrer asservie par une idéologie aussi déviante au point de formuler des accusations aussi abjectes sans preuves ? Non seulement une accusée évite-t-elle un procès - et probablement un verdict de culpabilité - mérité, mais vous avez l'étourderie, pour ne pas dire l'inhumanité, de tourmenter les enfants de la victime. Avez-vous un coeur, Madame, ou le credo du syndrome de la femme battue, thèse qui ne repose sur aucun fondement scientifique, en a-t-il pris la place ?

Vous avez souillé la mémoire d'un honnête homme sur la place publique, c'est sur la place publique que vous devez présenter des excuses. Et le plus tôt sera le mieux.

Olivier Kaestlé

Anonyme a dit…

Votre missive reflète tout à fait mon indignation, au moment de la lecture du commentaire de Nathalie Villeneuve dans le journal de Montréal. Elle est soit écervelée, dénuée de toute compassion humaine ou simplement féministe radicale aveuglée ... ou bien les trois a la fois je crois à la fin! Je commence en avoir marre de toute cette merde (lire: système de justice de république de banane), comment ces juges peuvent-ils dormir la nuit avec de tels raisonnements ?

Olivier Kaestlé a dit…

Moi aussi, j'en arrive à croire que ces gens constituent la clientèle principale des pharmaciens... Mais une telle hypothèse suppose une conscience, et je doute de plus en plus qu'ils en soient dotés.

Quant à Mme Villeneuve, elle n'est que le reflet d'une tendance lourde et misandre qui dispose d'une puissant droit de parole auprès de l'État. Comme avec l'Église du temps jadis, il faudra séparer le féminisme radical du gouvernement. Si vous voulez communiquer votre indignation, comme je l'ai fait, à Mme VIlleneuve, voici son adresse de courriel : info@maisons-femmes.qc.ca