mardi 1 novembre 2011

Le 25 novembre, à l’ombre de l’affaire Shafia…

Maisons d'hébergement : 
sur financées, sous fréquentées, 
selon le vérificateur général.
Vous le savez certainement, à moins d’avoir vécu les dernières années dans un placard, le 25 novembre est la Journée de l’élimination de la violence faite aux femmes.  Pour les hommes, ça peut continuer !  Comme chaque année, je me conditionne à subir les statistiques dopées du ministère de la Sécurité publique, entre autres, qui tentera une fois de plus de faire passer des signalements de violence conjugale pour des agressions sanctionnées, afin de mieux dissimuler le fait que près de 70 % des arrestations survenues dans la cadre de sa douteuse politique d’intervention en violence conjugale soient infondées. 

Questions sans réponses... 

Encore une fois, les maisons d’hébergement clameront qu’elles sont sous-financées, bien que le vérificateur général du Québec ait tiré le cordon d’alarme dès 2008 en prévenant l’État que ces établissements sont sur financés, sous fréquentés, et qu’ils ont vu leur budget doubler en cinq ans sans nécessité, passant de 30 M $ à 60 M $.   Malgré cela, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale a l’inénarrable culot de tenir une campagne de « sensibilisation » sur la violence faite aux femmes, qui s’étend sur « 12 jours d’action » et qui sollicite une contribution financière minimale de 20 $ par individu et de 100 $ par groupe.  Vous avez bien lu.  Voilà qui s’appelle joindre la cupidité à l’indécence ! 

Amir Khadir
Je me suis par ailleurs demandé si les récents développements du procès Shafia allaient – enfin – alimenter la réflexion – au point mort – sur la violence faite aux femmes dans le contexte particulier de l’intégrisme religieux.  Au lieu de démoniser nos dangereux « mâles » québécois, que les trois dernières enquêtes sociale générales (ESG) de Statistique Canada ont dépeint comme les hommes les plus pacifiques au Canada, va-t-on enfin se pencher sur les attitudes – vraiment – patriarcales des islamistes ?  J’ai posé les questions suivantes à M Amir Khadir et à Mme François David, de Québec solidaire, de même qu’à Mme Alexa Conradi, présidente de la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) :

Françoise David
« Les quatre femmes assassinées dans un contexte de crime d'honneur, et celles qui pourraient suivre, si nous restons aussi mollement tolérants, allez-vous en parler le 25 novembre, journée de l'élimination de la violence faite aux femmes ? Allez-vous dénoncer cet intégrisme meurtrier pour les femmes ? Ou allez-vous encore laisser braire nos militantes à grands coups de statistiques dopées démonisant nos hommes québécois, selon Statistique Canada les plus inoffensifs au Canada ? Ah, cette racaille de mâle québécois blanc et hétérosexuel !  Le temps serait venu pour vous, et, dans l'intérêt réel et légitime des femmes du Québec, d'un réveil salutaire ! »

Alexa Conradi
Réponse de trois intéressés : « …. »  Québec solidaire s’était pourtant 
déjà 
montré plus expansif, quand son attaché politique m’avait écrit pour protester poliment contre ma suspicion devant la tolérance déplacée d’Amir Khadir envers certaines organisations et pratiques islamistes, attitude également caractéristique de la FFQ.  Mme David, ancienne présidente de cet organisme désuet, n’était pas restée de glace non plus, de son côté, quand Sylvain Bouchard, animateur du FM 93 de Québec, avait lancé, il y a quelques années, un concours enjoignant les étudiants du secondaire à arracher la page qui lui était consacrée dans un livre scolaire.  Apparemment, l’atteinte à l’image personnelle de ces redresseurs de torts sélectifs compte bien davantage que le sort des femmes aux prises avec des brutes intégristes.

Guide pratique de survie pour le 25 novembre

Denis Laroche, chercheur à l’Institut de la statistique du Québec, également source d’urticaire pour le lobby féministe, puisqu’il compile également les signalements des hommes victimes de violence conjugale, déclarait, dans l’excellent documentaire intitulé  Pied de biche (vers 3 min 33),  de Rachel Verdon et Robert Favreau, que l’année 1993 avait vu Statistique Canada investi par les groupes de femmes.  Résultat : les hommes ont été écartés des signalements en violence conjugale, avec le résultat que leurs contreparties féminines sont apparues comme les seules victimes de ce fléau ! 

Pied de biche, controversé mais essentiel...
C’est cette même année, que l’on « apprenait » qu’une femme sur trois de plus de 16 ans avait été victime d’une agression sexuelle, selon des paramètres extensibles qui dépassaient largement la définition que donne le code criminel de ce délit.  La même ESG prétendait qu’à peine 2 % des allégations d’agressions sexuelles étaient fausses.  Michel St-Yves,   psychologue judiciaire à la SQ, auteur et professeur à l’université de Montréal, affirmait cependant dès le 20 décembre 2004 dans Le Soleil que ce pourcentage oscillait en fait entre 30 et 40 %.  Et il s’agissait de chiffres conservateurs…

Ce n’est pas avant 1999 que Statistique Canada recensait enfin les signalements d’hommes agressés par leur conjointe.  Tout l’historique de violence conjugale qui affectait les hommes avant cette année restera à jamais lettre morte.  En 2005, Statistique Canada brisait le silence en révélant que 546 000 hommes étaient victimes de violence conjugale au pays.  Ces chiffres n’empêchaient pas cependant que, force physique « aidant », la violence physique la plus lourde restait subie par les femmes.

Un éclairage différent

Une autre pierre allait être jetée dans le jardin de l’angélisme féministe avec  l’enquête psychosociale du Saguenay-Lac-Saint-Jean, réalisée en 2000 par la Direction de la santé publique.  Selon ce document, 5,4 % des hommes qui ont vécu avec une partenaire au cours de l’année précédant l’enquête avaient subi de la violence physique, en comparaison de 2,4 % de femmes pour la même période.  Il s’agit de plus du double de victimes masculines.  Ce n’est pas tout : 1,3 % des hommes avaient subi de la violence physique sévère, contre 0,8 % des femmes, tandis que, au chapitre de la violence psychologique et des agressions verbales, 35,8 % en avaient vécu, soit 1,5% de plus que les femmes dans la même situation.  Pour compléter le tableau, 5,4 % des hommes avaient   subi de la violence physique mineure, en comparaison de 2,4 % de femmes.

Affaire Shafia : vers une prise de conscience ?
« Le contraste pourrait indiquer que les hommes demeurent plus longtemps que les femmes dans une union marquée par la violence conjugale », affirmait encore Denis Laroche dans Le Quotidien du 25 janvier 2009.  L’enquête du statisticien révèle que 3,9 % d’hommes ont rapporté au moins un événement de violence physique au cours des cinq dernières années en comparaison de 2,9 % de femmes, ce qui représente 70 200 hommes et 52 600 femmes, respectivement. 

Ces chiffres ont de quoi surprendre par leur contraste d’avec les données  artificiellement gonflées que nous propagent chaque année groupes de femmes et ministère de la Sécurité publique, avec le mol assentiment de médias débranchés.  C’est pourquoi il faut les communiquer le plus possible et faire échec au dopage statistique qui relève du lavage de cerveau auxquels nous sommes exposés depuis trop longtemps.  Peut-être pourrons-nous alors nous intéresser d'un peu plus près aux réels dangers que représentent pour les femmes les us et coutumes émanant d’une culture rétrograde en vif conflit avec nos valeurs profondes.  Il ne faudrait surtout pas commettre l’erreur d’attendre, comme le préconisent certains oracles populaires, que l’intégrisme religieux devienne « galopant », avant de réagir…

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