lundi 28 février 2011

Recherche médicale : nous prend-t-on pour des im-Becels ?

Patricia Paquin
Ce n’est sans doute pas assez de savoir qu’au Québec, les soins de santé et de services sociaux pour femmes sont onze fois plus financés que ceux pour hommes ni que, grâce au nouveau concept d’analyse différenciée des problématiques selon le sexe, contenu dans la plus récent plan d’action du gouvernement québécois sur l’« égalité » homme femme, l’écart continuera de se creuser.  Encore fallait-il que la Fondation des maladies du cœur du Québec enfonce le clou – de cercueil – avec une campagne ayant pour thème Femmes de cœur.  Ce triste moment de sollicitude à sens unique, commandité par Becel, a été orchestré par Cartier communications.  Faut-il préciser que les hommes sont de facto – à nouveau - exclus ?  Sans doute n’ont-ils pas assez de cœur.

L’animatrice Patricia Paquin est la porte-parole de « l’événement ».  La publicité, éloquente, ne passe pas inaperçue.  On y apprend que cette année, plus de femmes mourront d’une maladie cardiovasculaire que de tout autre maladie au Canada.   Mme Paquin renchérit : Prenez un moment pour penser aux femmes que vous aimez et imaginez que vous pourriez contribuer à sauver une seule d’entre elles.  Suivent ensuite des instructions pour se rendre sur le site de la campagne afin d’organiser un souper à la santé de celles que vous aimez.  N’invitez surtout pas de gars, vous auriez l’air d’avoir de bonnes manières !


Cette campagne discriminatoire implique sournoisement que seules les femmes méritent la considération afin de préserver leur santé.  Je n’ai rien contre le fait qu’une initiative semblable soit mise sur pied, bien au contraire, à condition qu’autre autre d’importance égale soit consacrée aux hommes.  Dans le cas présent, les hommes, la Fédération des maladie du cœur et Becel s’essuient avec !  Es-ce par ignorance ?

Improbable puisque, selon des chiffres provenant de ladite fondation même, les maladies cardiovasculaires étaient responsables de 30 % de tous les décès au Canada en 2006, soit 30 %, chez les hommes, et 31 % chez les femmes.  Voilà un triste exemple où la parité homme femme est atteinte.  Bien sûr on souhaiterait un contexte plus constructif.  Il nous reste à conclure que, aux yeux de la Fondation des maladies du cœur, à risque égal, les femmes méritent qu’on s’occupe d’elles et les hommes, pas du tout.

À quand le ruban bleu ?

Cet incident regrettable me fait penser à un parti pris similaire, concernant cette fois le cancer du sein, le plus meurtrier chez la femme.  Tout le monde connaît le ruban rose que l’on retrouve dans les épiceries, notamment sur les bouteilles de vin, initiative de la Fondation du cancer du sein du Québec.  Encore là, je n’ai rien contre le fait qu’une telle campagne existe, ni contre la nécessité que des fonds soient consacrés à la recherche en vue d’enrayer cette terrible maladie.  Pour y être opposé, il faudrait être sans cœur. 

Là où – à nouveau – la bât blesse, c’est qu’il n’existe aucune initiative correspondante afin d’enrayer le cancer de la prostate, de loin le plus meurtrier chez les hommes.  À quand une Fédération du cancer de la prostate du Québec, et la présence d’un ruban bleu sur les bouteilles de vin ?  Une telle initiative est-elle si impensable dans un État sans Conseil du statut de l’homme, sans Secrétariat à la condition masculine, sans ministère de la Condition masculine ?  Faudrait-il en arriver à s’encombrer de structures aussi inutiles et coûteuses que leurs contreparties féminines pour qu’enfin, les hommes soient considérés comme des être humains à part entière méritant la sollicitude et le respect ?

Il n’y a pas que les rubans roses.  On apprenait, en octobre 2010, que, grâce à un partenariat privilégié avec Ultramar, la Fédération du cancer du sein avait pu récolter 1,5 millions en six ans, dont 235 505 $, cette année là.  Pour la sixième année consécutive, un cent par litre d’essence Suprême vendu en octobre avait été recueilli.  Faut-il le répéter, il n’est pas question ici de décrier pareille initiative.  Mon questionnement demeure : comment se fait-il qu’aucune initiative comparable ne soit mise en oeuvre pour le cancer de la prostate ? 

Si ce n’est pas par compassion, l’État devrait considérer l’économie de coûts sociaux que la recherche, associée à la prévention, pourrait permettre.  Trop compliqué, sans doute.  Pourtant, nos – très nombreux – bureaucrates en santé et services sociaux devraient y penser.  Selon des données de 2010 de la Société canadienne du cancer, alors que 23 200 femmes recevront un diagnostic de cancer du sein et que 5 300 en mourront, ces sont 24 600 hommes qui recevront un diagnostic de cancer de la prostate et 4 300 qui en décèderont.  Je souligne encore ici qu’hommes et femmes sont égaux devant la maladie.  Pourquoi ne le sont-ils toujours pas devant la recherche ?

Un équilibre à rétablir

Il y a sept ans, le rapport Rondeau révélait des lacunes sérieuses dans la prestation des soins de santé et des services sociaux envers les hommes.  On connaît – pas assez – la suite.  La FFQ et quinze autres instances féministes devaient faire tabletter ce document en en condamnant les conclusions dans un mémoire intitulé Comment fabriquer un problème.  Ces dames ne manquaient pas de culot, mais à coup sûr, de compassion, cette qualité soi-disant si féminine. 

Gilles Rondeau
Les faits relevés plus haut sont pourtant éloquents; pas besoin de fabriquer de problèmes, ils sont là.  Ajoutez à cela des réalités peu connues, qui conditionnent à la baisse la qualité de vie, à l’effet que le nombre de chômeurs, d’assistés sociaux et d’itinérants reste plus élevé chez les hommes que chez les femmes.  Quoi, vous ne saviez pas ? 

Onze fois plus de budget pour les femmes que pour les hommes, à même nos taxes, et des problématiques d’importance comparable.  Chez un gouvernement pour qui l’expression parité homme femme est devenue un mantra, il semble pourtant qu’il y ait loin de la coupe aux lèvres quand il s’agit de prendre les hommes en considération.  À quand un parti politique avec dans son programme un rééquilibrage dans l’octroi des ressources en santé et services sociaux qui tienne autant compte des hommes que des femmes ?  Il s’agit pourtant là d’un enjeu élémentaire d’équité et de respect.  Ça aussi, c’est une question de lucidité…

vendredi 25 février 2011

Féminisme radical : la négation de la condition masculine

Si je nous disais que la faune et la flore évoluent, mais qu’aucun danger environnemental ne les guette, que les autos roulent, mais qu’aucun bris mécanique ne les menace, que les ordinateurs sont performants, et qu’aucun virus ne les corrompra, me trouveriez-vous sensé, en pleine possession de mes facultés mentales ? 

Eh bien, c’est un « raisonnement » aussi absurde dont tentent de nous persuader depuis des années les féministes radicales de toutes nationalités quand elles affirment que la condition masculine n’existe pas.  Les hommes vivent, respirent, pensent, créent, aiment, travaillent, mais leur réalité même relève de la plus pure invention !   Même au bout d’une bouteille de whisky, je ne pourrais me persuader de pareille aberration.  Je ne tenterai cependant pas l’expérience.  Comment se fait-il qu’à jeun, les radicales aient déjà les facultés aussi affaiblies ?

Le fer de lance de leur argumentaire est – très – simple : les hommes n’ont pas de problèmes, donc, aucune problématique ne résulte de cette absence et, par conséquent, il ne peut y avoir de condition masculine.  Enfantin, n’est-ce pas ?  Précisément, ridicule, même.  D’ailleurs, quand je voudrai donner une définition de sophisme à mon garçon, j’utiliserai cet exemple probant. 

La désinformation érigée en idéologie

Les garçons représentent aussi notre avenir...
La désinformation obstinée reste l’arme première par laquelle les féministes radicales tentent de museler toute velléité de reconnaissance de la condition masculine et les tentatives de rectifier les injustices dont les groupes de pères, en tête de liste, se disent victimes.  À cette problématique – car c’en est bien une – vient s’ajouter celle du décrochage des garçons.  Plutôt que de remettre en question un système inefficace décrié de toute part, il est de bon ton de rendre les garçons eux-mêmes responsables de son échec auprès d’eux, de s’en prendre aux « stéréotypes sexistes » ne visant que les femmes et de stigmatiser les pères absents.  On oublie facilement que plus d’un couple sur deux se sépare et que, de ce nombre, ceux qui ont des enfants voient la garde de ceux-ci attribuée dans 80 % des cas à la mère.

Riposte féministe : seul un infime pourcentage de couples vont en cour pour des problèmes de garde, donc les pères se satisfont de leur fin de semaine sur deux.  Si les médias pouvaient, pour une fois, effectuer un sondage demandant à la population si elle pense sérieusement que les pères ont des chances égales aux mères d’obtenir la garde de leurs enfants, je parierais qu’ils obtiendraient une nette majorité de réponses négatives.  Plus d’un père sait déjà que les dés sont pipés, que la bataille, plus qu’incertaine, s’annonce longue, coûteuse et trop souvent vaine.  Ils s’abstiennent et se résignent bien plus qu’ils n’acceptent, point à la ligne.

Tandis que, par ailleurs, les soins de santé et de services sociaux pour hommes sont onze fois moins financés au Québec que ceux des femmes, l’écart ne fera que se creuser, par la magie de ce nouveau concept appelé analyse différenciée, mentionné dans le dernier plan d’action gouvernemental pour l’« égalité » entre les hommes et les femmes.


Comment croire à l’hypocrisie d’un gouvernement, quand il parade avec ce concept d’une reconnaissance, « équitable » mais en fait cosmétique, des hommes et des femmes au sein de notre système de santé alors que le rapport Rondeau, qui faisait état de ses lacunes criantes envers les hommes, a été tabletté à la suite des pressions déplorables de la FFQ et de quinze autres instances et regroupements féministes ?  Des défenseurs de la condition masculine présents à la récente commission de consultation factice du gouvernement québécois sur l’égalité homme femme ont été à même de constater le mépris qui y était affiché envers les hommes et les garçons du Québec.

Le spectre de l’extrême droite

Sarah Palin, l'égérie du Tea Party
Heureusement qu’il y a le Tea Party, encore plus rétrograde que les républicains de George W Bush, comme si une telle dérive était encore possible.  Avec ces hurluberlus, auxquels il faut ajouter le noyau dur, originaire du Reform Party, qui encombre le gouvernement de Stephen Harper, les radicales renouvellent et augmentent leur stock d’épouvantails ennemis du féminisme de sagesse, d’équité, de tolérance et de justice sociale dont elles aiment tant se réclamer. 

Ainsi, toute revendication masculine visant à redresser les injustices dont sont victimes les hommes et les garçons se voit assimilée à une volonté de retourner à un passé patriarcal médiéval et oppresseur pour les femmes et à la crainte de voir ces dernières s’affirmer par leur seules compétences.  En fait, ce sont bien davantage les excès de la discrimination positive, toujours à la hausse, en vigueur dans la fonction publique et dans le secteur privé, et non la progression – très timide - des femmes dans les disciplines non traditionnelles, qui préoccupent à juste titre. 

L’a-t-on assez – et même trop – entendu, le refrain d’un antiféminisme soi-disant démasqué, pour emprunter une expression chère à de présumés chercheurs de l’UQÀM ?  Comme si les tenants de la condition masculine se cachaient sournoisement pour détester entre eux les féministes radicales, leurs déviances, leur impact néfaste sur le tissus social et le coût financier atterrant pour le contribuable de leurs actions, au mieux inutiles ou ridicules, au pire, dommageables.  Soupçonne-t-on ceux que l’on traite avec mépris de masculinistes d’enfoncer des épingles dans des poupées vaudoues à l’effigie de Christiane Pelchat, d’Alexa Conradi ou d’Anne France Goldwater ?  Il y a beaucoup mieux à faire, et plus urgent, à visage découvert, en prime.

Car les défenseurs de la condition masculine doivent affronter les mensonges d’un féminisme d’État omnipotent, un véritable État dans l’État, loin d’un état de grâce pour eux.  Ils doivent également lutter contre les analyses souvent biaisées d’un féminisme universitaire sur financé, même en période d’austérité budgétaire. Mentionnons au passage le Chaire d’étude Claire-Bonenfant, de l’université Laval, l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQÀM, sans compter les universités où, sans qu’il n’y ait d’instance semblable, des personnes clés octroient des budgets de recherche féministe.  Ces femmes peuvent elles-mêmes créer des études faussées qui auront toute apparence de légitimité afin de discréditer toute revendication des groupes de pères, notamment, leur cible favorite.

Dirigeants ou dirigeables ? 

Les hommes et les femmes qui les soutiennent dans leurs revendications pour une vraie égalité entre les sexes, impliquant nécessairement la réciprocité, ne l’auront pas facile dans les années qui viennent.  Seule la bataille de l’opinion publique pourra faire reculer ce totalitarisme désuet qu’est devenu le féminisme radical.  Contraints de tenir compte de leur électorat, nos dirigeants – ou dirigeables – n’auront alors d’autre alternative que de fermer le robinet aux subventions.  Car toute la mobilisation du féminisme dominant ne tient qu’à un seul objectif : le fric, et comment en soutirer davantage en éliminant du chemin ces fâcheux irritants : les hommes et les garçons.

jeudi 24 février 2011

Legault et Bouchard : Le retour des sauveurs…

Avez-vous remarqué la tendance naturelle que l’on entretient, tant en politique québécoise que canadienne, à recourir aux plans B pour changer une donne qui ne fait pas l’affaire.   Steven Harper, insatisfait de son statut minoritaire, a interrompu son mandat précédent pour lancer, malgré une loi contraire amenée par son propre parti, une campagne électorale qui ne l’aura rendu que moins minoritaire.  Dans le même laps de temps, Jean Charest, faisait de même et devenait maigrement majoritaire.  Quand les règles ne les avantagent pas, quoi de plus naturel pour ces gens bien intentionnés que de les changer.  Il en va des partis comme de tendances plus lourdes.

Dessins : Serge Ferrand

Aussi, la montée d’une droite économique, posée en alternative aux vieux partis, devenus interchangeables, rivalise avec une gauche anémique, Khadir ou pas, mais n’est parvenu à se cristalliser, au fil des ans, ni avec l’ADQ de Mario Dumont, et nous passerons sous silence le bref intermède du manifeste des Lucides.  On peut toutefois reculer pour mieux sauter.

Une nouvelle vedette de cette droite montante, partisan d’un grand ménage étatique, François Legault, vient de réveiller notre goût ancestral pour les figures paternelles, malgré la tendance de notre société vers le matriarcat et le féminisme radical et les prétentions de l’intéressé à se réclamer d’une gauche pragmatique.  La plate-forme de la CAQ, tant attendue, regorge d’énoncés approximatifs, manifestant une volonté politique de réforme étatique, mais pas trop radicale.  Beaucoup de bruit pour pas grand chose. Les orientations générales s’apparentent tellement au programme de l’ADQ que l’on voit mal, si Legault surmonte sa tendance actuelle à la valse-hésitation, comment, advenant le cas où sa coalition voulait passer à l’action, il pourrait éviter un partenariat plus ou moins consenti avec le parti fondé par Mario Dumont. 

Assisterons-nous à une fusion comme celle de l’Alliance canadienne de Harper avec les conservateurs de Peter McKay ?  Devant l’expérience et le poids politique de Legault, Gérard Deltell, devrait probablement, à l’instar de McKay, se contenter de jouer les second violons.  Y consentirait-il ?  Et les membres de l’ADQ, qui viennent de lui accorder un vote de confiance massif à 97 %, accepteraient-ils ce changement de donne ? 

De son côté, Lucien Bouchard, est devenu l’artisan du plan B des tenants – et potentiels futurs exploitants – des gaz de schiste dans leur volonté de persuader la population de la nécessité d’exploiter ce riche potentiel économique et ce, bien entendu, en respectant des normes de sécurité optimales.  Compte tenu de l’impopularité du projet, du gouvernement qui le pilote, du triste sort réservé au porte-parole précédent, André Caillé, il faudra que Lucien déploie tous son pouvoir de négociateur et son charisme de curé Labelle à la voix profonde et sépulcrale pour parvenir à ses – à leurs – fins.

S’il existe une tendance marquée au Québec, c’est cette étrange dualité opposant un cynisme de plus en plus marqué envers la politique, et une candeur bon enfant dès qu’une personnalité politique un tant soit peu persuasive affiche des idées « nouvelles » qui mettront un terme au marasme.  Or notre bon peuple demeure électoralement bipolaire : selon l’humeur du moment, il peut monter au pinacle le sauveur potentiel qu’il jettera ensuite dans le premier container venu.  Demandez à Mario Dumont.  Parlant de sauveur, il en est un qui avait jadis fait le saut du fédéral au provincial et qui était alors perçu comme le futur bienfaiteur du Québec.  Un certain Jean Charest, bâtisseur autoproclamé, vous connaissez ?  Et « Je me souviens », vous vous rappelez ?

lundi 21 février 2011

Affaire Maunick : la balourdise, c'est du harcèlement sexuel ?

Jacques Maunick
De toutes les formes d’abus de pouvoir en milieu de travail, le harcèlement sexuel reste à coup sûr le plus litigieux et le plus lourd de conséquences pour celui qui, à tort ou à raison, s’en voit accusé.  Nous vivons en effet dans une société où la violence faite aux femmes demeure encore moins tolérée que celle infligée aux enfants et où, malgré les sévices sexuels imposés aux garçons révélés chaque semaine, la gent féminine se voit considérée comme seule victime de pareils outrages. 

Tout comme l’économie, une intolérance féroce à ce type de harcèlement s’est mondialisée et peut frapper tout accusé, coupable ou innocent, vivant dans une société dotée d’un féminisme d’État fort, qu’il réside au Québec, en France, en Belgique, en Grande-Bretagne, en Suède ou en Australie.  Le cas exposé aujourd’hui s’est déroulé dans la République de Maurice, un État de l’Océan Indien, situé au sud-est de l’Afrique, et a eu pour théâtre, au sens propre comme figuré, la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), la société nationale de radio et de télévision.

Qui s’excuse s’accuse

République de Maurice
La saga débute le 1er février 2004, quand une journaliste de la MBC, Valérie Kallee, dépose une plainte à la police de Curepipe (sic !) contre le directeur de la radio, Jacques Maunick.  Chaque fois qu’il la croise, affirme-t-elle, il lui caresse les cheveux et les mains.  Ce manège durerait depuis trois mois.  Elle affirmera cependant quelques jours plus tard que pareil incident ne se serait produit qu’une fois.  Elle ajoutera que, lors d’une soirée, son directeur l’aurait invitée à plusieurs reprises à danser, sans succès, et lui aurait proposé de la déposer à la fin de l’occasion.  Harcèlement, vraiment, ou balourdise ?

Enfin, Maunick aurait téléphoné à Kallee à plusieurs reprises à son domicile et sur son portable pour prendre un verre.  Les enquêteurs en charge du dossier révéleront plus tard que, après avoir passé au crible tous les appels téléphoniques de l’accusé, non seulement ils n’avaient pas trouvé de preuve que celui-ci avait appelé Kallee « tous les jours » depuis trois mois, mais qu’un seul appel aurait été effectué sur le portable de la journaliste à partir de la MBC.  Que faut-il déduire ?

La Mauritius Broadcasting Corporation
La jeune femme avait pourtant déclaré lors d’une réunion d’équipe, la semaine précédant le dépôt de sa plainte, que la situation était devenue insupportable.  Elle avait également adressé une lettre de doléances à la direction de la station qui tentera de trouver une solution à la satisfaction de la journaliste; celle-ci ne voudra cependant rien entendre.  Au lendemain de sa déposition, quatre témoins confirment les déclarations de Kallee à l’effet que, après qu’elle eut exprimé ses griefs contre Jacques Maunick, ce dernier ait répondu : Je reconnais mes torts.  Je reconnais avoir été un peu trop loin.  Je vous présente mes plus plates excuses.  Comme le dit le proverbe : qui s’excuse s’accuse.  Peut-on pour autant conclure à des aveux de harcèlement ?  Les témoins reconnaissent que les excuses ne concernaient que les invitations à prendre un verre.

Quand les panthères roses s’en mêlent…

Poste de police de Curepipe
Alors que deux pétitions, l’une soutenant Kallee, l’autre, appuyant Maunick, circulent à la MBC, ce dernier est inculpé, le 6 février, par la magistrate Asha Devi Ramano sous la section 254 du Code pénal mauricien, mais se voit libéré sous caution, avec ordre de ne pas quitter le pays.  Il a été mis en congé la veille avec solde.  Lors de sa comparution, sa femme, des membres de la rédaction de la MBC et un ex-président du conseil d’administration sont présents pour le soutenir.  À ce stade, les tentatives de la direction de limiter les dégâts en proposant des alternatives à la plaignante resteront vaines, une attitude qui suggérera à l’avocat de l’accusé, Yvan Collendavelloo, l’hypothèse d’un complot de la part de la journaliste et d’autres employés en vue d’empêcher Jacques Maunick de voir son contrat renouvelé.

On pourrait croire que la situation de notre homme, très médiatisée de surcroît, ne saurait être pire.  C’est sans compter le précieux concours du MLF local, pour qui la parole féminine est sacrée et la présomption d’innocence appliquée à un homme, un fâcheux irritant qui empêche le libre exercice de la justice, la leur, à tout le moins. 

Se sentant investies d’une mission divine, ces féministes radicales adressent un communiqué à la police et à la MBC.  Elles y affirment que la station a laissé la situation subie par Kallee dégénérer, un motif de consternation, on s’en doute, pour le mouvement des femmes.  Mieux encore, elles avancent que le bureau du premier ministre, en échange du contrôle serré qu’il exerce sur le contenu politique de la station d’État, pourrait bien fermer les yeux sur le comportement du directeur de la radio, par complaisance, favorisant ainsi l’impunité du harceleur.  Elles ont bien écrit harceleur, harasser, dans le texte original anglais.  Pas de doute possible, avant même la tenue d’un premier procès, Jacques Maunick se voit condamné par le MLF.  Êtes-vous surpris ?  Moi non plus.

Tout ça… pourquoi ?

Malgré une preuve filiforme, les démêlés judiciaires de Jacques Maunick dureront six ans et demi.  L’affaire sera entendue plus d’une vingtaine de fois !  C’est finalement le 24 mai 2010 que le magistrat Jean-Michel Ah-Sen acquitte Jacques Maunick au tribunal de Curepipe.  Le juriste accorde le bénéfice du doute à l’accusé devant les contradictions qu’il dit avoir constatées dans la déposition de Valérie Kallee. 

L'instrument du mal...
Pourquoi aura-t-il fallu aussi longtemps avant de trancher ?  En effet, de trois mois de harcèlement allégué où Maunick aurait pris les mains et caressé les cheveux de Kallee, on est vite passé à un seul incident du genre.  Des coups de fil incessants, on n’en retrace très tôt que bien peu.  Les invitations répétées à danser lors d’une même soirée, si elles sont survenues, peuvent relever de la maladresse, voire de la balourdise, mais de là à porter plainte pour harcèlement…  Que reste-t-il alors, qui puisse justifier pareille chasse à l’homme pendant si longtemps ?

Prenons note cependant que Maunick a présenté des excuses à son accusatrice pour avoir insisté auprès d’elle pour qu’elle prenne un verre avec lui.  Le directeur n’était donc pas sans reproche envers la journaliste.  Dans une telle éventualité, il s’agissait d’un litige qui aurait dû se régler à l’interne par un rappel à l’ordre de la direction, éventuellement par une sanction disciplinaire, dans le cas où un contact physique non désiré serait survenu, afin d’envoyer un message clair de tolérance zéro envers de telles attitudes.  

Curepipe
La judiciarisation de ce genre de situation ne devrait toutefois survenir que dans le cas où une direction resterait inactive, ce qui n’a pas été le cas ici, ou pour sanctionner des affronts sérieux.  Qu’aura donc gagné Valérie Kallee avec pareil entêtement ?  La Justice mauricienne n’avait-elle pas d’autres priorités ?  Le MLF devait-il proclamer pareille intolérance ?   Près d’un an après le verdict, on cherche encore des réponses…

mercredi 16 février 2011

Et si un homme chantait « Dans la peau » ?

Marie Carmen
Certains et certaines d’entre vous, habitués à ma chronique (eh oui, ça existe), avez sans doute remarqué chez moi une propension naturelle à chercher la petite bête, le défaut de la cuirasse, la fausse note dans la symphonie.  Afin de ne pas vous décevoir, je récidive aujourd’hui avec un sujet léger, mais évocateur d’une tendance aux deux poids, deux mesures selon le sexe, un phénomène si courant, dans notre société dite progressiste, qu’on pourrait ne plus y faire attention.  Autopsie d’une chanson populaire.


C’est en 1989 que Marie Carmen envahissait la scène musicale avec la chanson et le vidéo clip intitulés Dans la peau.  Refrain accrocheur, rythme syncopé, voix mordante, animale, interprète sémillante, aux mouvements de panthère, ce morceau avait tout pour devenir un hit et imposer l’artiste.  Une part de son succès venait sans contredit du caractère affirmatif, très assumé, de cette amazone érogène, conquérante, déterminée à assiéger l’homme de ses désirs et à assouvir ses fantasmes les plus téméraires.  Que de chemin parcouru depuis les Miladys minaudant Sugar Town !

Peut-être lui ?
Plus de vingt ans plus tard, j’écoutais Dans la peau à la radio.  Était-ce le fait de ne pas être distrait, pourquoi pas séduit, par la sensualité de l’interprète à l’écran ?  Ou le fait de savoir depuis le temps que la passion dévorante est rarement vécue avec sérénité, pour le sujet comme pour l’objet de cet état d’âme extrême ?  Toujours est-il que la succession haletante des vers de ce classique du genre finit par me donner, comme il y était répété, « des frissons dans le dos ».  Une question s’imposa aussitôt à moi : et si un homme chantait ça ?  À la base de mes spéculations, j’ai retranscrit la chanson, en la masculinisant, bien sûr, mais en ne changeant rien d’autre.  Voyez ce que ça donne :

Dans la peau
(Marie Carmen / Styve Tracy)
Paroles originales :
http://www.lyricsmania.com/dans_la_peau_lyrics_marie_carmen.html

Tu peux toujours me tourner le dos
J’attendrai, j'ai tout le temps qu'il faut

Maintenant que je t'ai dans la peau
J'ai le droit d'avoir le dernier mot 


Tout doux, je t'aurai
Partout je te suivrai
Comme un loup affamé
Je te fais prisonnière 


Dans la peau oh oh oh
Je te promets des frissons dans la peau 

Oh oh oh dans la peau
Je te donnerai ce que j'ai de plus beau 



J'ai tatoué mon nom a ton dos
Je ferai de toi l'amoureuse la plus chaude 

Maintenant que je t'ai dans la peau
Je serai le seul qu'il te faut 


Partout je te suivrai, j'm’en fous, je t'aurai 

Comme un loup affamé
Je te fais prisonnière 



Dans la peau oh oh oh
Je te promets des frissons dans le dos 

Oh oh oh dans la peau
Je te donnerai ce que j'ai de plus beau 


Dans la peau oh oh oh
Je te promets des frissons dans le dos 

Oh oh oh dans la peau
J'ai tatoué ton nom, j'ai tatoué ton nom

Barbara Streisand
Remarquez, l’exercice aurait été pire avec Woman In Love, chantée par Barbara Streisand, mais restons francophones.  Mesdames, aimeriez-vous vous sentir le centre – ou la proie - de pareilles assiduités ou ne vous sentiriez-vous pas plutôt enclines à vous inscrire à des cours d’autodéfense ?  Imaginez-vous Mario Pelchat, Corneille ou mieux (façon de parler), Herbert Léonard, poussant une ritournelle aussi sulfureuse, pour ne pas dire combative ?  Nos amies les féministes militantes ne trouveraient-elles pas dans chaque vers une incitation à la violence faite aux femmes, aux agressions sexuelles ?  Poser la question…

Gare à la rectitude politique !

Les garçons agressés, toujours oubliés
Bien qu’il ne se passe pas une semaine sans que les garçons, enfants comme adolescents, ne fassent la manchette non pas comme agresseurs, mais bien en tant que victimes d’agressions sexuelles, les femmes restent pratiquement considérées comme les seules cibles de ce fléau.  Quarante ans de « sensibilisation », statistiques biaisées à l’appui démonisant l’homme, ne contribueraient possiblement pas à faire d’une version masculine de Dans la peau un numéro un au palmarès.  Il est même à se demander si une chanson du même tonneau, avec une interprète féminine, pourrait aujourd’hui voir le jour, pas tant par respect pour les hommes que parce que leur reconnaître un quelconque pouvoir d’inspirer pareille passion passerait pour déplacé.  En publicité, comme dans nos téléromans et télé séries, nous vivons à l’ère du faire valoir de service, insipide et dénué du plus élémentaire pouvoir de séduction.

Rêvons en couleurs et imaginons que des bonnes fées, pétries des meilleures intentions, s’indigneraient du caractère soi-disant agressant de la chanson envers les hommes.  Faudrait-il aller jusqu’à la dénoncer ou pire, la bannir ?  Il s’agirait là d’une alternative bien dogmatique.  Dans la peau représentait en 1989 un signe des temps, reflet d’une époque où des artistes féminines affichaient le droit des femmes de vivre à fond leur sensualité sans complexes.

Clint Eastwood
À notre époque où une version « épurée » du mot nigger de Tom Sawyer, de Mark Twain, vient de paraître aux États-Unis et où l’on songe à mettre Tintin au Congo à l’index pour racisme en Belgique, il ne faudrait pas en rajouter au nom de la rectitude politique.  Ces œuvres étaient représentatives de la société du temps où elles furent créées.  Autant bannir les films de Sergio Leone parce que Clint Eastwood y mâchouille son sempiternel cigarillo.  Ces longs-métrages pourraient cependant finir par connaître pareil sort à cause de leur fort indice de testostérone ou parce que le regard assuré et frondeur d’Eastwood représenterait, aux yeux de certaines, une menace à l’identité féminine.  Faudrait-il que son nom devienne personne afin de les rassurer ? 

Qui osera ?

Éric Lapointe
N’empêche que je n’ai toujours pas de réponse à ma question : et si un homme interprétait Dans la peau ?  Un débutant verrait peut-être sa première chanson devenir la dernière.  Seul un interprète populaire mais atypique pourrait faire passer la pilule. Un Éric Lapointe délinquant ?  Les Trois Accords, spécialistes de l’autodérision ?  Des rappeurs ?  Comment réagiraient nos féministes ?  À part une marche aux dix ans et une gaffe médiatique occasionnelle, la FFQ reste muette.  Après un début de présidence fracassant, le Conseil du statut de la femme évite judicieusement de laisser sortir Christiane Pelchat en plein jour.  Sans doute le Conseil émettrait-il un nouvel avis dénonçant l’antiféminisme de la chanson, associée à une mouvance d’extrême droite incarnée par le Tea Party.  En attendant, le défi lancé aux interprètes masculins de tenter cette chanson mériterait d’être relevé, tant pour ses qualités intrinsèques que pour le pied de nez à la rectitude politique.  Alors, qui osera ?

mardi 15 février 2011

L'après Saint-Valentin, selon Serge Ferrand

La tendance à l'humour décapant est, je crois, inscrite dans le code génétique de l'individu atteint dont il conditionne les réflexes même les plus involontaires.  Serge Ferrand ne fait pas exception à la règle.   C'est délibérément toutefois qu'il m'a fait parvenir une nouvelle caricature de sa griffe si ludiquement sardonique. Il m'écrivait que c'était trop tentant.  Moi aussi, je trouve trop tentant de garder pour moi ce petit bijou.  Je le  partagerai donc avec vous en vous souhaitant cependant une après Saint-Valentin plus gratifiante que celle du protagoniste...

Vous n'avez qu'à cliquer sur l'image et à savourer.

Une version inédite du massacre de la Saint-Valentin ?

À voir également, de Serge Ferrand :

lundi 14 février 2011

Bonne Saint-Valentin, de Serge Ferrand !

J’aimerais pouvoir dire que je n’avais pas oublié la Saint-Valentin cette année, mais ce serait mentir.  J’ai au moins l’excuse du célibat engagé.  Un envoi inopiné m’a fait souvenir de cette fête du chocolat et des soupers au resto : celui d’une caricature savoureuse signée Serge Ferrand, que ce dernier a eu l’amabilité de me faire parvenir.  Je vous l’adresse donc, en souhaitant qu’elle saura pimenter vos tête à têtes.  Vous n’avez qu’à cliquer sur l’illustration ci bas.


Serge Ferrand

Serge Ferrand
Réalisateur polyvalent, Serge Ferrand, qui a également travaillé comme journaliste, chroniqueur et animateur, est surtout resté dans les mémoires pour son documentaire choc intitulé La machine à broyer des hommes, réquisitoire sans complaisance contre la justice familialiste québécoise et le harcèlement judiciaire qu’elle inflige aux pères de famille au lendemain d’une rupture.  En voici un extrait :

Ferrand s’est également démarqué comme bédéiste, d’abord avec la série des Histoires dingues de l’oncle Barney et les courts récits ayant pour titre Larsène Lupin.  C’est cependant sa série au titre provocant, les vaginocrates, sur les dérives grandissantes du deux poids, deux mesures que notre société affiche à l’avantage des femmes, qui restera le plus étroitement lié à son nom. En voici quelques extraits.

C'est donc en remisant exceptionnellement mon penchant de prédateur textuel pour l'hyperconceptualisation et l'hyporomantisme et que je m'associe à Serge Ferrand pour vous souhaiter à tous et à toutes une heureuse Saint-Valentin !

vendredi 11 février 2011

Foire du livre de Bruxelles : prendre une femme par la main…

Quand un lecteur m’a fait part de la dernière trouvaille de la foire du livre de Bruxelles, j’ai à peine sourcillé.  L’événement s’était donné pour thème Le monde appartient aux femmes.  Dans une société conditionnée, comme le Québec, par un féminisme d’État fort, il s’agit là d’un accès de démagogie pro femmes parmi tant d’autres.  S’il fallait répondre par une chronique à chacun, il me faudrait engager une équipe de rédacteurs et encore, ils ne suffiraient pas à la tâche.  Lorsque j’ai vu cependant la couverture, injurieuse à souhait envers les hommes, du fascicule de promotion de l’événement, l’affaire, aurait dit Sherlock Holmes, « misogyne » confirmé, a commencé à m’intéresser.  L’attitude des personnes à l’origine de l’événement illustre on ne peut mieux une dérive qui vise aussi bien les femmes que les hommes : une démagogie infantilisante associée à une misandrie idiote. 

Le monde appartient aux femmes

Si j’étais une femme, ce slogan me donnerait de l’urticaire.  Avez-vous déjà remarqué la différence de traitement, en information sportive, selon que, dans une même discipline, les hommes réussissent mieux que les femmes et la situation inverse ?  Quand les hommes se démarquent, on en parle une fois; on n’allonge pas la sauce.  Quand c’est le tour des femmes, l’événement fait la manchette une semaine.  Je trouve cette condescendance méprisante envers nos consoeurs.  Elle revient à dire : il est si exceptionnel que les femmes se distinguent de leurs confrères, que ça mérite de sabrer le champagne.  Si j’avais pour nom Marie-Paule, je n’aurais pas le cœur à célébrer…

Dans le contexte particulier de la foire du livre de Bruxelles, le slogan retenu peut aisément se voir interprété de la sorte : après des siècles où les hommes, ces béotiens illettrés, ont dominé la littérature, les femmes, enfin, émergent de leur coma neurovégétatif et écrivent.  Pas trop tôt !  Comme hymne à la compétence littéraire féminine, avouez qu’il y a plus convaincant.

Dépendantes de la discrimination « positive » ?

Le diable est dans les détails et, comme c’est un très bon avocat, pourquoi ne pas faire appel à ses services ?  Après tout, un juriste rentable, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue !  Une telle promotion de la femme comme d’une marchandise qui autrement ne se vendrait pas, reste symptomatique d’une société qui, à force de surprotéger la gent féminine, parvient à la faire passer pour incompétente. 

Cette attitude n’est pas sans évoquer la discrimination « positive » qui caractérise toute société dotée d’un féminisme d’État omnipotent.  Après une scolarité passée dans des lieux d’apprentissage adaptés à leurs besoins, des études dans des universités où déjà, la discrimination positive et des programmes les favorisant sont en vigueur, les femmes arrivent sur un marché du travail de plus en plus conditionné par cette tendance au passe-droit.  Certaines sont même mal à l’aise d’obtenir une promotion qui, dans plusieurs cas, aurait dû échoir à un collègue plus expérimenté mais dont la principale tare est d’être du mauvais sexe.

Yves Duteil
Le message social envoyé par la discrimination « positive » est le suivant : par leurs propres moyens, les femmes sont incapables de réussir aussi bien que les hommes.  Il faut donc les pistonner par des mesures artificielles, quitte à abaisser les critères, comme dans les corps policiers ou l’armée, pour ne nommer que ces secteurs d’emploi.

Devant un tel panorama de soutien infantilisant de l’État envers la gent féminine, il ne reste plus qu’à demander à Yves Duteil de composer Prendre une femme par la main…

Pour que les femmes se sentent égales…

…Avilissons les hommes.  Telle semble l’attitude à l’origine de la conception du fascicule réalisée pour l'occasion par la Société nationale des chemins de fer belge (SNCB).  Cette dérive illustre bien la tendance lourde de toute société dite « progressiste » où les concepteurs de publicités, de films, de télé séries et de téléromans, s’en donnent à cœur joie pour faire passer les hommes pour des êtres arriérés, frustes, incompétents, malpropres, paresseux, égoïstes, fourbes, hypocrites, mesquins, niais, irresponsables, et j’en passe. 

La couverture du fascicule présente Adam, Eve et le serpent.  La paix, Adam, je lis, claironne Eve.  Elle quoi ? demande un Adam visiblement étranger à toute activité intellectuelle.  Elle lit, explique un serpent impavide.  Au dos du même torchon, Eve en rajoute : Va-t-en, Adam, j’écris.  Prends le train.  Et lis, d’ajouter le serpent à Adam qui, la valise à la main, semble toujours aussi stupide.

Qui n’a pas croisé le chemin de personnes douteuses, hommes ou femmes, dont le principal mode relationnel est d’abaisser son prochain pour compenser son sentiment d’infériorité ?  Cette position est d’autant plus condamnable et répréhensible qu’en Belgique, comme ailleurs, les garçons ne lisent pas assez.  Les faire passer pour des crétins n’est certainement pas un incitatif à en faire davantage.

Meilleure chance l’an prochain !

Il semble que, aux yeux de tels individus (prendre ici ce mot adressé aux deux sexes), soit le comité organisateur comme la SNCB, survaloriser les femmes ne puisse se faire sans déconsidérer les hommes.  Malheureusement, tant par le premier procédé que par le second, ces personnes trahissent au fond leur piètre estime pour la gent féminine.  Quand on admire vraiment les mérites d’une catégorie de personnes, on ne se sent pas obligé d’en avilir une autre.  Un peu plus d’inspiration serait la bienvenue l’an prochain… Et de respect !