samedi 11 février 2012

Fin du mythe de la meurtrière opprimée ?

Vanessa Tremblay
Si certains stéréotypes ont la vie dure, d’autres finissent par subir l’érosion du temps et de l’opinion publique.  C’est du moins la conclusion que l’on peut hasarder devant les verdicts d’une sévérité extrême infligés à des femmes accusées de meurtres au premier degré.  En effet, après Cathy Lachance-Gauthier et Tooba Yahya, c’est au tour de Vanessa Tremblay de mordre la poussière avec la sentence la plus sévère qui soit : la perpétuité, sans espoir de libération avant 25 ans. 

Or, à l’instar de ces autres criminelles, Tremblay avait la « chance » relative de se voir associée à un homme dans le crime.  Tout avocat criminaliste de la défense conviendra, sans doute off the record, que dans un tel contexte, tenter de décharger la responsabilité exclusive du ou des meurtres sur l’homme et laisser croire que l’accusée vivait sous son emprise demeure la meilleure défense.  Mais il y a des limites à tout.

Elle ne savait pas

Le 24 octobre 2009, Cathy Lachance-Gauthier se voit reconnue coupable du meurtre au premier degré de ses trois enfants, dans le contexte particulier d’un pacte de suicide conclu avec son mari, Marc Laliberté.  Bien qu’elle aurait elle-même acheté les médicaments grâce auxquels les gamines ont trouvé la mort empoisonnées, en plus d’avoir écrit et signé de nombreuses missives, conjointement avec son mari, expliquant les motifs de leur décision d’en finir à cause de déboires financiers, Gauthier aura le culot de prétendre ne pas avoir été au courant du fait que son mari avait empoisonné sa progéniture ! 

Cathy Lachance-Gauthier
Le 26 juillet 2011, la Cour d’appel ne s’en laisse pas imposer et maintient les verdicts de culpabilité.  La cause est portée en appel le 23 septembre dernier devant la Cour suprême, le dernier recours.  À moins de se trouver sous l’emprise de puissants psychotropes ou d’une idéologie particulièrement débilitante, on voit mal comment la Saguenéenne pourrait s’en tirer.  Pour que sa défense tienne, il aurait sans doute été préférable que son avocat plaide la thèse d’une femme terrorisée, vivant sous l’oppression écrasante d’un mari violent et à demi-fou.  Mais jouer la carte de l’ignorance s’est avéré une tactique d’une remarquable maladresse, pour ne pas parler de profonde sottise.  À tout hasard, je précise que l’avocat de la fausse victime a pour nom Jean-Claude Beaulieu. 

Quand les larmes ne suffisent plus

Ayant déjà consacré ma dernière chronique à l’affaire Shafia et au rôle de Tooba dans le quadruple meurtre de ses trois filles et de la première épouse de son mari, je ne reviendrai pas sur les détails de cette sordide affaire.  Étant donné le contexte culturel des meurtres, une défense de femme opprimée par un époux tyrannique et fanatisé aurait pu être présentée, mais aurait comporté l’inconvénient de condamner implicitement son mari et peut-être son  fils.  Il fallait donc présenter une défense d’un seul tenant en plaidant non coupable. 

Tooba Yahya
Tooba ayant fait appel, qui sait si la carte de la faible femme vivant sous la menace de finir comme les quatre victimes noyées ne sera pas jouée.  Ce faisant, la seconde épouse de Shafia sacrifierait cependant son mari mais peut-être, et c’est moins évident, son propre fils.  Rappelons que, comme Cathy Gauthier-Lachance, Tooba Yahya a été condamnée pour homicide au premier degré à la perpétuité, sans possibilité de libération avant 25 ans.  À suivre donc.

La dernière en date…

Vanessa Tremblay vient de rejoindre le club peu sélect des accusées qui ont tenté de rendre un complice masculin unique responsable d’un meurtre particulièrement crapuleux, invoquant une oppression terrorisante.  En vain.  Le jury a mis à peine 10 heures à rendre son verdict de culpabilité pour un homicide au premier degré sur la personne de Rémy Allaire, battu à mort, décapité, puis démembré dans un appartement de Victoriaville.  Il s’agit là de l’un des meurtres les plus cruels et les orduriers de l’histoire récente québécoise. 

Quand le client la paie de sa vie...

Patrick Lavoie, souteneur
Au moment des faits,Vanessa Tremblay travaille comme escorte pour Patrick Lavoie, deuxième accusé dont le procès se tiendra subséquemment.  Rémy Allaire est client de Tremblay et la rencontre pour une troisième fois.  Pour des raisons demeurées inexpliquées, Lavoie, au moment des ébats de sa protégée avec Allaire, fait irruption dans la chambre de l’appartement.  La victime sera sévèrement battue, puis poignardée à 15 reprises.  Trois coups seront fatals. 

Selon Vanessa Tremblay, c’est Lavoie qui a porté les coups tandis qu’elle l’enjoignait d’arrêter.  Deux co-détenues ont toutefois présenté des versions tout à fait différentes.  La première, Lori-Ann Day, a affirmé que Tremblay lui avait avoué avoir tué elle-même sa victime, la poignardant à mort, non sans lui avoir coupé le pénis et participé au démembrement.  « Elle a dit qu’elle a joui en voyant le sang gicler », a témoigné la confidente, avant d’ajouter : « Elle se vantait d’être une psychopathe. »  

La seconde co-détenue, Josée Chouinard, a renchéri : « Dès qu’elle sortirait de prison, elle tuerait une autre personne. »  Bien sûr, il s’agit là des propos de femmes dont la crédibilité n’est pas sans tache.  Selon le psychologue expert, Hubert Van Gijseghem, Tremblay ne saurait être une psychopathe.  Encore heureux…  Apparemment, le jury composé de sept femmes et de cinq hommes a décidé qu’elle était au moins meurtrière au premier degré.  Au moment d’écrire ces lignes, on ne sait si la cause sera portée en appel.

Un signe des temps ?

Malgré les propos alarmistes de certains groupes de pression, la criminalité sous toutes ses formes serait en baisse au pays.  Une seule augmenterait cependant : la criminalité féminine, incluant la violence.  Est-ce parce que davantage de femmes s’y adonnent, ou simplement parce que les autorités sont devenues plus sévères envers les criminelles, refusant de plus en plus le stéréotype de la femme biologiquement tournée vers le bien. 

Rémi Allaire, victime de Vanessa Tremblay
Quoi qu’il en soit, un autre élément d’analyse n’est pas à dédaigner : la femme exonérée par son statut de victime sous influence d’un conjoint écrasant semble en voie d’extinction, comme en témoignent les trois exemples de cette chronique.  Le jour où la forme la plus pernicieuse de violence féminine, tolérée – et par le fait même encouragée – par la Loi, sera enfin punie à sa juste mesure, nous pourrons alors enfin commencer à parler d’une véritable égalité homme femme devant les tribunaux.  Je veux bien sûr parler de la problématique taboue des fausses allégations, qui ruinent des vies d’hommes sans reproche, leur font perdre leur travail, permettent et cautionnent l’aliénation parentale et facilitent l’exclusion des pères de la vie de leurs enfants, tout en privant ceux-ci du concours essentiel de leur parent masculin.  À quand cette indispensable prochaine étape ?

3 commentaires:

Hélène Grenier a dit…

Très bon article comme toujours!

Je pense que la criminalité féminine, incluant la violence n'augmente pas, je pense qu'elle est juste reconnue puisque les femmes sont de plus en plus responsables contrairement aux années 70 où la femmes n'était responsable de rien... même de ses actes.

Olivier Kaestlé a dit…



Selon Marie-Andrée Bertrand, criminologue féministe, mais de bon aloi, aujourd'hui décédée, l'une des premières à admettre la violence conjugale au féminin, il est difficile de départager ce qui appartient au récent de ce qui relève du caché en ce qui a trait à ce phénomène. Un autre mystère à éclaircir que notre aveuglement volontaire sociétal n'a que trop préservé.

Anonyme a dit…

Je suis pas optimiste pour l égalité devant la loi H-F pour l avenir.

Ces cas ne sont que des exception qui masque la regle j ai bien peur.

On as qu a penser a la fille kidnappeuse de bébé qui s en ai tirer avec seulement 2ans, sous l applaudissement des hommes roses et feministe quebecoise et de nos medias de facon unanime...meme que les seul critiques, ca été que c était trop.
Combien un homme qui aurait fait pareil dans les meme circonstances, aurait obtenu?..et la couverture mediatique aurait été tout autre. Il n aurait pas été montré en victime comme la fille, mais bien en monstre.

Et les femmes de 30-50ans qui couche avec des jeune de 13-14 continuent a avoir des sentence de 3mois max a l exception de Ponbriand qui est en appel...et les gens continu a les consideré comme des *stars* ou pauvre victime de sentence trop severe.
Meme si le verdique Ponbriand tiens...elle s en aura mieux tirer qu un homme..surtout au niveau des média et sa vie personnelle/amis/amour/emplois/ect..On a qu a comparer son cas avec celui de GabRoy car c est des cas semblable.

Nos sexologue rose-feministe continue a en parlé a la radio comme de relaton amoureuse sans consequance, sauf positive pour le jeune. Comme a RadioX dernièrement avec l histoire d une femme de 49ans avec un jeune de 14.. Par contre, ce meme sexologue reclame pratiquement la peine de mort ou la castration quand c est un homme dans la meme situation.