samedi 3 mars 2012

8 mars : le féminisme d’État ?... Plus facultatif que jamais !

Des féministes d'État d'âme...
Cette année encore, des représentantes du Collectif 8 mars, bouleversées, comme il se doit, ont rencontré, le 23 février dernier, Christine St-Pierre, l’inérarrable ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.  Après les indignés de Wall Street et de Montréal, ce fut à leur tour de brandir leurs « légitimes » revendications d’une main, en prenant soin, bien sûr, d’agiter un mouchoir humide de l’autre.  « Les femmes ont toutes les raisons de s’indigner », pleurent-elles maintenant. Depuis le temps que ce cirque annuel perdure, je crois que je ne m’y ferai jamais.  Si nous avions des médias dignes de ce nom, de tels accès publics de manipulation, indignes de femmes ayant le respect de soi et se tenant debout, auraient déjà subi les foudres de plus d’un commentateur.  Cette année encore, ces derniers laisseront courir, de crainte de passer pour sexiste, misogyne, ou antiféministe.

La soupe chaude

Il est bien certain, et ces « militantes » le savent, que les femmes ont fait des progrès considérables depuis la fondation de la Fédération des femmes du Québec en 1966, et c’est bien là leur principal problème.  En effet, comment justifier leurs substantielles subventions, sans prétendre contre toute logique que les femmes n’ont pas vraiment avancé depuis cette époque héroïque ?

La vérité, la pire ennemie de ces idéologues, c’est qu’au Québec les femmes sont devenues les citoyennes de première classe, bénéficiant dès l’enfance d’un système scolaire adapté à leurs besoins d’apprentissage, ensuite de programmes universitaires de discrimination positive et de bourses d’études en disciplines non traditionnelles, d’organismes d’intégration à l’emploi, de politiques d’embauche privilégiée dans la fonction publique, dans les médias et, maintenant, dans les conseils d’administration de société d’État.  Et que dire de la parité au conseil des Ministres ?  Il n’est pas jusqu’au secteur privé, soucieux de présenter une image de bon citoyen corporatif, qui met de l'avant l’embauche et la nomination de femmes à des postes de direction.

Même Julie Miville-Déchêne
sent la soupe chaude...
Comment ces féministes d’État d’âme peuvent-elles continuer à nier, de surcroît, que les soins de santé et de services sociaux demeurent bon an mal an onze fois plus financés que ceux les hommes et qu’une justice familialiste mercantile en fait les principales bénéficiaires de pensions alimentaires, parfois à vie, et les détentrices privilégiées de la garde des enfants ?  

Julie Miville-Déchêne, la nouvelle présidente du Conseil du statut de la  femme a commencé à se rendre compte, au cours d’une tournée de consultation populaire, que son organisme, comme le féminisme militant, a de plus en plus mauvaise presse :  Tous ou presque, que ce soit parmi les groupes d’aide aux femmes et de défense de leurs droits ou les simples citoyens, sont conscients que notre discours (ou notre vocabulaire) ne passe plus, surtout chez les jeunes : la notion de patriarcat est jugée dépassée et réductrice, et beaucoup ne se reconnaissent pas dans ce qu’ils perçoivent comme un discours de victimisation des femmes. Même le terme féminisme est devenu péjoratif, car il est vu comme un synonyme de radicalisme, alors que dans le dictionnaire, être féministe veut simplement dire être en quête d’égalité entre les sexes. Le Conseil avait déjà eu l’occasion de se rendre compte de cette réalité, mais cela ne la rend pas moins dérangeante et nous force à un examen de conscience. » 

Faites-vous à l’idée, Madame, votre « examen de conscience » arrive trop tard.  Quand même une présidente du CSF se rend compte du déclin annoncé du féminisme d’État, c’est que le moment de sa chute inéluctable approche véritablement.

Un site s’intéressant à la condition masculine, Homme d’aujourd’hui, a minutieusement décortiqué les « revendications » du Collectif, piloté par la Fédération des femmes du Québec, ayant pour thème « Le féminisme ?... plus actuel que jamais ! », dans un texte fort instructif et documenté.  Difficile, après la lecture de ce document, qui déboulonne une à une les prétentions de la FFQ, de ne pas comprendre la manipulation victimaire de ces féministes.  Je reprendrai ici certaines des données présentées par Homme d’aujourd’hui, commentées par mes soins. 

Le mythe de la pauvreté d’abord féminine

La FFQ prétend que le travail des femmes, rémunéré ou non, est constamment dévalué et sous-estimé.  Elle n’a apparemment pas suivi les revendications et les gains des employées de Centres de la petite enfance auprès du gouvernement québécois !  La loi d’accès à l’égalité en emploi dans les organismes publics oblige depuis 2000 leurs gestionnaires à préférer les femmes, à compétences dites égales, sans bien sûr, qu’aucun plafond ne soit prévu.  Résultat : les hommes disparaissent peu à peu de la fonction publique et parapublique, où les femmes sont devenues majoritaires.  Les hommes ont en effet perdu, entre 1980 et 2006, 12 674 postes, et les femmes en ont gagné pendant le même intervalle, 12 290. 

Alexa Conradi, de la FFQ, aussi larmoyante
que ses prédécesseures.
La loi sur l’équité salariale (1996-2001) oblige par ailleurs les employeurs des secteurs privé et public à rémunérer les femmes faisant partie d’une catégorie à forte concentration féminine selon le maximum établi chez une catégorie d’emploi masculine « équivalente ».  La disposition inverse envers hommes ne s’applique pas, naturellement.  Il n’est plus ici question d’égalité, mais de privilège. 

En 2012, la FFQ ose encore affirmer que les femmes occupent en majorité les emplois les plus précaires et demeurent les plus pauvres parmi les pauvres.  Selon le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, les hommes restent bons premiers parmi les chômeurs, dont le nombre s’est accru avec la crise manufacturière qui les a frappés de plein fouet, en plus de demeurer majoritaires parmi les assistés sociaux.  De fait, le taux de chômage féminin est resté inférieur à celui des hommes depuis 1991.  Et que dire de l’itinérance, masculine à 85 % ?  De qui la FFQ se moque-t-elle ? 

Alors que les femmes québécoises sont majoritaires à 60 % dans les universités, la thèse de la pauvreté présentée comme un phénomène d’abord ou exclusivement féminin a du plomb dans l’aile.  Selon le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, le revenu moyen des femmes atteint désormais 86 % de celui des hommes et en représentera sous peu 94 %.

Alors que la FFQ présente le travail à temps partiel comme une fatalité qui s’abat sur les femmes, Statistique Canada exprime un avis singulièrement différent : « La plupart des femmes qui travaillent à temps partiel le font parce qu’elles ne veulent pas d’un emploi à temps plein ou parce que cela convient mieux à leur situation personnelle. En 2009, 27,7 % des femmes travaillant à temps partiel avaient déclaré ne pas vouloir un emploi à temps plein par préférence personnelle et 25,0 % parce qu’elles étaient aux études (…). »

Et la violence faite aux hommes ?

La FFQ affirme également que la violence envers les femmes est trop souvent banalisée et passée sous silence.  C’est vraiment la meilleure, quand on songe au dopage statistique, relayé par des journalistes passifs, dont on nous abreuve, du 25 novembre au 6 décembre, et au-delà.  Et que dire de la violence faite aux hommes, « banalisée et passée sous silence », sans compter les études gouvernementales passées sous silence, elles aussi, établissant la parité homme femme en violence conjugale, que nos médias amorphes ou poltrons continuent de feindre d’ignorer ?  Statistique Canada et l’Institut de la statistique du Québec ne sont probablement pas des sources assez fiables à leurs yeux.

Une réalité vraiment passée sous silence.
Comment le Collectif peut-il accuser l’État de banaliser la violence faite aux femmes, quand le gouvernement québécois a « investi », de 1996 à 2001, 224 086 969 $ dans ce qui est devenu une véritable industrie de la lutte présumée à ce fléau, dont 193 026 942 $ dévolus aux seules maisons d’hébergement pour femmes violentées et 13 694 436, aux services aux conjoints violents.  Rien, on s’en doute, n’est dépensé en maisons d’hébergement pour les hommes violentés et leurs enfants, malgré la hausse alarmante des cas du genre constatés par un nombre grandissant d’intervenants sociaux. 

Les 24 centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) reçoivent quant à eux plusieurs dizaines de millions alloués par quatre ministères.  Aucun financement d’organisme n’existe pour les hommes, malgré le nombre alarmant de cas de mineurs de sexe masculin abusés sexuellement régulièrement relatés par les médias.

Qui a des raisons de s’indigner ?

Et ces dames trouvent encore le moyen de s’indigner ?  Quel culot !  S’il existe une catégorie de citoyens qui a d’excellentes raisons de sortir de ses gonds, c’est bien celle des hommes et des femmes qui les soutiennent.  Comment peut-il en être autrement, surtout chez les pères et les mères de garçons dont l’avenir anticipé dans notre société misandre n’annonce rien de bon. 

Système scolaire déficient, délibérément aveugle sur les causes du décrochage des garçons, de peur d’indisposer le CSF qui en attribue la responsabilité aux pères absents et aux stéréotypes sociaux, hautes études compromises par le découragement occasionné par une école déphasée, obstacles à l’embauche résultant de politiques généralisées de discrimination positive favorisant toujours les femmes, absence de ressources pour hommes en difficultés, désinformation féministe démonisant les hommes et niant toute malveillance chez les femmes, publicités, téléromans et télé séries misandres présentant obstinément les hommes comme des êtres stupides, médiocres, poltrons, irresponsables et infantiles en comparaison de femmes parées de toutes les vertus, voilà autant de raisons de s’indigner.

Rendez-vous au 19 novembre !
Il serait grand temps de communiquer notre indignation dès à présent, particulièrement en prévision du 19 novembre prochain, journée internationale de l'homme, qui devrait devenir un rendez-vous annuel afin d’exposer des problématiques… plus actuelles que jamais.   

11 commentaires:

josick a dit…

Le garçon invisible
"Il est triste de constater que les hommes victimes et leurs porte-parole risquent gros en s'opposant au statu quo et qu'ils subissent de fortes pressions pour rester tranquilles.
N'est-il pas paradoxal que les pressions exercées sur eux ne font que reproduire, à un niveau social, les mêmes modèles de silence, de déni, et de tentative de banalisation qu'ils ont subis aux mains de leurs agresseurs?"

josick a dit…

On peut aussi lire cet affreux bouquin Génération détritus

Josick (contact : enfer2 chez free.fr)

Olivier Kaestlé a dit…

Indispensable document, ce "garçon invisible", qui m'avait inspiré ce texte :
http://olivierkaestle.blogspot.com/2009/11/on-cogne-aussi-les-garcon.html

Je vous en cite la conclusion, qui rejoint votre citation :

Les conclusions des auteurs sont sévères. En refusant de reconnaître l’ampleur de la violence vécue par nos garçons, notre société, qui les enferme de surcroît dans des stéréotypes autant culturels que relationnels, les prive d’une « vie émotionnelle riche et les ampute de portions entières de leur être essentiel ». L’étude insiste sur la nécessité d’amener les garçons à s’exprimer sur leur vécu dans leurs mots, et ajoute que ces jeunes font tout autant partie de la solution à leurs problèmes que les parents, professeurs, psychologues, travailleurs sociaux, intervenants divers et citoyens dits « ordinaires », capables d’ouverture et d’empathie. Nous avons beaucoup à perdre en transformant, par notre indifférence, de futurs adultes en presto ambulants. Heureusement, les cas de dérive extrême restent marginaux, mais il est permis de se demander si, avec une attitude sociétale plus préventive et réceptive envers nos garçons, 14 jeunes femmes n’auraient pas eu la chance de vieillir…

Alain a dit…

Bonjour Olivier,

Votre texte m'inspire deux constats qu'il convient d'exposer ici pour réflaxion générale.

Vous démontrez que la définition du dictionnaire du mot féminisme ne cadre plus avec la réalité. le disctionnaire se veut un instrument reflétant le vocabulaire qui s'emploie dans une société. Il est claire qu'un tel outil est en constant ajustement. À moins qu'il ne soit contrôlé, comme l'ÉTat, par les hordes féministes, la définition du mot aura tendance à changer pour adopter celle véhiculée par les générations montantes.

Par ailleurs, la plupart de ces jeunes sont issus de familles monoparentales à 80% sous direction féminines (je ne l'invente pas, ce sont des statistiques de not tribunaux qui accordent la garde à 80% à maman). C'est donc qu'il y a nombre de jeunes qui n'ont jamais sente de domination que celles de leur mère car ces dernières ont fait évacuer le^père de la famille par les bons soins de nos "justes" tribunaux.

Quand on pense qu'un cours d'"Analyse féministe du droit" fait partie du cursus du baccalauréat en droit de la plupart des universités, on peut conclure que la justice déteint vers une couleur...

Merci

Olivier Kaestlé a dit…

...Le rose, comme de (dé)raison. Je ne devrais pas être surpris, mais je n'en reviens tout de meme pas d'apprendre qu'il existe un cours d'analyse féministe de droit.

Cette réalité fait écho à celle des nombreux secteurs de la fonction publique où le fait d'être femme, féministe, ou de souscrire à une grille d'analyse féministe demeure un prérequis incontournable. Pas étonnant que les hommes disparaissent peu à peu de la fonction publique.

Pas surprenant non plus que, emprisonnés par une telle grille d'analyse, magistrats, mais aussi intervenants sociaux, faut-il nommer la DPJ, prennent si fréquemment des décisions qui ne tiennent compte ni des enfants, encore moins du père, mais qui privilégient la mère, même parfois la plus incompétente.

Alain a dit…

Olivier,

Voici un lien qu'il vous faut suivre: le plan du cours dont je vous ai parlé, pour l'Université Laval.

https://capsuleweb.ulaval.ca/pls/etprod7/bwckctlg.p_disp_course_detail?cat_term_in=201001&subj_code_in=DRT&crse_numb_in=2107

Et autres cours semblables:

http://www.fss.ulaval.ca/universitefeministedete/

http://cedref.revues.org/278

http://www.programmes.uqam.ca/4014

http://www.usherbrooke.ca/archives-web/sifdf/base_de_connaissance/guides-theorie.html

Quel écrasant patriarcat, n'est-ce pas?

frenchdad a dit…

Le gros problème de ce féminisme d’État, c'est qu'il rend misogyne ceux qui le combattent et rose ceux qui le subissent.

Je fais parti des premiers et j'ai quitté le Québec avant de devenir rose comme un flamand.

J'ai sauvé un premier fils des griffes de cet hydre féministe castrateur aux lois et avocates misandres (sortes de moudjahidines en pantalon) mais deux autres sont encore prisonniers du système et d'une mère aliénante que le système judiciaire cajole.

Il n'y a pas d'espoir dans cette province pour les garçons, en dépit de ce que vous pensez Olivier. Il n'y aura pas de perestroïka parce que l'existant arrose d'argent bien trop de décideurs. L'industrie du divorce rend service à l'économie comme la malbouffe rend service à l'industrie pharmaceutique.

pour le moment tu as le droit d,appeler les dimanche matins seulement.

les enfants ont des activités, je ne remets pas ces rv manqués.

les enfants répondront au téléphone les dimanches entre 8 et 9 am... en dehors de ces heures personne ne repondra.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Alain Mon coeur se serre devant l'oppression patriarcale dénoncée dans la présentation du cours :

"À partir d'un cadre théorique féministe, ce cours vise à analyser les théories qui remettent en question la neutralité et l'objectivité de la norme juridique face aux femmes et les solutions proposées pour atteindre une véritable égalité entre les sexes. Différents thèmes en droit touchant les femmes seront abordés."

Est-il possible que des professeurs d'université arrivent à se persuader de la pertinence d'une telle fumisterie ? Il y a effectivement lieu de questionner l'objectivité et la neutralité de la norme juridique, mais il faut être sérieusement déconnecté de la réalité judiciaire, tant familiale, civile que criminelle pour souscrire à pareille approche. Pathétique...

Olivier Kaestlé a dit…

@ Frenchdad Bien vrai que l'éclatement des familles sert des visées économiques, pas seulement judiciaires. Un couple divorce : deux frigos, deux autos, deux logements, deux télés, deux laveuses, deux sécheuses, etc.

"You may say I'm dreamer, but I'm not the only one" chantait ce vieux John, même s'il se définissait comme féministe. Si je considérais tout fichu pour les hommes et les garçons du Québec, je cesserais ce blog et en commencerais un gastronomique dans lequel je partagerais mes recettes.

Voyez-vous, je continue quand même, car je suis - peut-être naïvement - persuadé que tout extrémisme contient en lui les germes de sa perte, comme l'histoire nous l'a toujours enseigné.

Et bien que certains présumés penseurs croient que nous avons atteint l'ère post historique, je crois toujours que l'histoire est un perpétuel recommencement.

toyer a dit…

Les hommes dominent quoi dans un une province comme le Québec?
A quand le point de rupture car les oppresseurs qui jouent les opprimés ça commence sérieusement a me chauffé.

Olivier Kaestlé a dit…

Votre indignation, comme la mienne d'ailleurs, devient de plus en plus contagieuse, surtout en période de crise budgétaire. Je suis souvent étonné d'entendre M et Mme Tout le monde tenir des raisonnements tout à fait compatibles avec les nôtres et se demander pourquoi l'État finance aussi massivement des initiatives miiltantes aussi douteuses.

Je crois que nous suscitons une inquiétude grandissante chez les féministes étatiques jalouses de leurs privilèges. Figurez-vous qu'il existe une groupe universitaire, interdisciplinaire, s'il vous plait, sur l'antiféminisme, comme en témoigne l'extrait de l'article mis en lien plus bas. Son sigle ? Le GIRAF ! Il ne suffit plus d'avoir le bras long, il faut aussi mettre le cou à contribution.

"Stéphanie Mayer est l’une des conférencières. Elle possède une maîtrise en science politique et effectue des recherches sur le féminisme dans les médias de masse. Elle vient présenter les résultats d’une recherche qu’elle a faite en partenariat avec le professeur responsable du Groupe interdisciplinaire de recherches sur l'antiféminisme (GIRAF) de l'Institut de recherches et d'études féministes (IREF), Francis Dupuis-Déri."

http://cowansville.enregion.ca/index.asp?s=detail_actualite&ID=9619