samedi 17 mars 2012

Le féminisme universitaire, ou l’antihominisme démasqué

Université du Québec à Montréal (UQÀM)
Ceux et celles qui s’intéressent à la condition masculine et la reconnaissent comme une entité aussi évidente qu’incontournable auront compris à quelle publication le titre de cette chronique fait allusion.  Pour les autres, je précise qu’il s’agit d’un essai rétrograde et dépassé dès sa parution intitulé Le mouvement masculiniste au Québec. L’antiféminisme démasqué, ouvrage collectif dirigé par Francis Dupuis-Déri et Mélissa Blais, chercheurs à l’UQÀM, qui abrite l’institut de recherche et d’études féministes.  Si je m’arrête – momentanément - à cet ouvrage, en soi peu digne d’intérêt, c’est qu’il demeure représentatif de nombre d’idées fausses et de demies vérités chères à plusieurs idéologues universitaires que la situation des hommes gène, irrite, et perturbe par les problématiques qu’elle comporte et soulève et par les remises en question sociales qu’elle suscite inévitablement.

Le réflexe conditionné chez ces prétendus « révolutionnaires » subventionnés reste bien connu et prévisible : quiconque a le malheur d’évoquer ne serait-ce que l’expression « condition masculine » – qui n’existe pas, selon eux, les hommes n’éprouvant pas de problèmes – se voit automatiquement catalogué masculiniste ou antiféministe.  Ces intellectuels féministes nous « apprennent » que le masculinisme et l’antiféminisme représentent une tendance lourde et menaçante générée par des béotiens d’extrême droite n’aspirant qu’à remettre les femmes « à leur place » dans la sphère privée.  L'action malfaisante de ces êtres bourrus s’inscrit dans le contexte général de la thèse du complot patriarcal et de ses multiples avatars: le plafond de verre des postes de direction, l’inéquité salariale, le syndrome de la femme battue, la double journée de travail, l’hypersexualisation tentaculaire (qui menace désormais autant les femmes mûres que les adolescentes) et la discrimination envers les blondes, parmi d’autres idées fixes. 

La reconnaissance des différences fondamentales entre hommes et femmes s’inscrit également dans la perspective de sombres desseins visant le retour à des rôles sociaux figés desquels, toujours selon ces idéologues, les « masculinistes » estiment que les femmes et les hommes n’auraient jamais dû s’éloigner.  La riposte préconisée par les « scientifiques » féministes : la négation desdites différences, attribuables au concept de conditionnement social.  Bref, comme l’estimait Simone de Beauvoir, on ne naît pas femme, on le devient.  Même chose pour les hommes.  Ce postulat naïf résume la déconcertante candeur des gender studies, qui nient les évidentes différences entre les femmes et les hommes, sauf quand celles-ci présentent l’humanité sous l’angle de mâles prédateurs, et de victimes féminines.  Béhaviorisme à la carte, donc.

De la partie au tout

Tout mouvement se retrouve 
aux prises avec des extrémistes.
Il n’existe aucun mouvement social, si légitime soit-il, qui ne comporte sa cohorte d’extrémistes.  Les musulmans modérés se voient souvent ostracisés à cause des islamistes et de leur attachement fanatique à la charia, des syndicalistes humanistes paient pour les exactions de fiers à bras corporatistes, des féministes égalitaires qui reconnaissent les problématiques masculines font les frais des féministes radicales et de leur haine maladive et vindicative envers les hommes.  Des homosexuels sont injustement identifiés à la faction extrémiste des militant-e-s gays et lesbiennes qui soutient les féministes misandres dans leur opposition à la garde partagée. 

De la même façon, les hommes et les femmes qui dénoncent les injustices vécues par la gent masculine se voient assimilés à une mouvance radicale qui existe véritablement, pour le plus grand bonheur d’intellectuels à pensée unique, trop heureux de discréditer le tout en l’assimilant à la partie.  C’est ainsi que les défenseurs de la cause des hommes se voient régulièrement présentés comme des primates rétrogrades repus de rituels virils ancestraux, aspirant à une existence tribale, allergiques à toute modernité et célébrant la Saint-Marc Lépine chaque 6 décembre, quand ils ne risquent pas à tout moment de se constituer en milice armée ayant le documentariste belge Patric Jean pour cible privilégiée.  Précisons que M Jean considère les « masculinistes » paranoïaques…

C’est curieux, mais j’ai le plus grand mal à retrouver ce profil réducteur chez les figures dominantes du mouvement hoministe que sont le psychologue et auteur Yvon Dallaire, injsutement traité de pédophile, le documentariste Serge Ferrand, whistle blower des injustices vécues par les pères divorcés (une thématique qui enrage littéralement les féministes radicales), tout comme chez Lise Bilodeau, « traîtresse » à la cause des femmes, puisqu’elle soutient elle aussi ces hommes « indignes ».  Je ne constate pas davantage de misogynie ou de volonté d’opprimer les femmes chez Patrick Guillot, véritable chercheur sur les sexismes autant envers les hommes qu’envers les femmes, et auteur de l’indispensable essai intitulé La misandrie.  La dangerosité sociale d’un Jean Gabard, spécialiste en éducation reconnu et régulièrement invité à donner des conférences m’échappe totalement.  Mais la vérité elle-même peut devenir dangereuse.

L’égalité, prétexte au corporatisme

La parité ministérielle du gouvernement québécois.
L’arrivée des femmes sur le marché du travail menacerait donc les hommes dans leur identité propre et les « masculinistes » ne sauraient l’accepter, poursuivent les idéologues féministes radicaux.  Jamais la thèse de la discrimination positive, favorisant les femmes de la maternelle à l’université, discrimination étendue ensuite à la fonction publique, maintenant aux conseils d’administration de sociétés d’État, voire au conseil des ministres, aux médias et aux entreprises privées soucieuses de redorer leur blason corporatif, ne sont avancées comme hypothèses susceptibles d’expliquer une levée de boucliers de militants qui aspirent à une véritable égalité homme femme, non discriminatoire, aussi respectueuse que réciproque. 

Jusqu’ici, le féminisme radical n’aura réussi qu’à faire la preuve de sa volonté d’instaurer, de maintenir et d’obtenir toujours davantage de privilèges pour les femmes, mais surtout, surtout, pour ses organisations, en accusant les hommes de ne pas vouloir renoncer à leurs avantages (il faudra me dire en quoi ils consistent en 2012).  Dans cette perspective expansionniste, Marc Lépine aura autant contribué à l’essor corporatiste du lobby féministe que le mensonge des 300 000 femmes, mariées ou en union de fait, chroniquement battues au Québec, État qui regroupe les hommes les plus inoffensifs en Amérique du Nord.

Non, ce n’est pas la faute des femmes !

Rapport Rondeau : tabletté !
Ce sont les mêmes oracles qui se plaisent à dire que les « masculinistes » rendent les femmes responsables de tous leurs problèmes, allant jusqu’à leur attribuer le taux de suicide endémique chez les hommes. Cette vision malhonnête balaie sous le tapis les enjeux véritables des causes de suicide qui pourraient faire l’objet d’études sérieuses dont on peut légitimement présumer qu’elle ne seront par abordées par certaines instances à l’UQÀM.  S’il est vrai qu’un suicide masculin sur deux a lieu dans un contexte de rupture, il serait à peu près temps de se questionner sur l’impact judiciaire du divorce quand on sait que de 65 à 80 % des ruptures sont initiées par la conjointe, que la garde des enfants, en cas de litige, est accordée à la mère dans 80 % des cas, et que 95 % des payeurs de pensions, parfois exorbitantes, restent les hommes. 

J’ai recueilli plusieurs témoignage d’hommes divorcés, parfois ceux de leur nouvelle conjointe.  Dans tous les cas, la responsabilité de l’ancienne conjointe n’a été mentionnée qu’en lien avec un système judiciaire préjudiciable aux hommes et avec des corps policiers aveuglément assujettis à une arbitraire et dogmatique politique d’intervention en violence conjugale qui stigmatise les hommes, même quand ils sont victimes de blessures sévères.  L’attitude d’intervenants sociaux, dont la DPJ notamment, a souvent plus que laissé à désirer. 

Quant à la pauvreté des ressources offertes aux hommes, autre facteur à considérer dans la problématique suicidaire, elle est quantifiable et le rapport Rondeau, qui dénonçait cette réalité dès 2004, a été tabletté à la suite de la levée de boucliers de la FFQ et d’une quinzaine d’instances féministes dont, bien sûr, l’Institut de recherche et d’études féministes de l’UQÀM et la chaire d’étude Claire-Bonenfant, de l’université Laval.  Ce dernier geste, ignoble, explique mieux que tout autre analyse que les militants de la cause des hommes ont raison de dénoncer la sécheresse de cœur et la nuisance cupide du féminisme d’État

Les hoministes, exclus des universités ?

Yvon Dallaire
Je n’en reviens pas de constater à quel point le discours féministe radical et misandre est devenu omniprésent dans les universités, sans que le grand public le sache ou le réalise.  L’indifférence de ce dernier à ce propos vieillot et répétitif demeure la meilleure sauvegarde de celles et de ceux qui le tiennent.  Je me demande quel accueil peut recevoir un étudiant de maîtrise ou de doctorat si d’aventure il manifeste l’audace de présenter un projet de mémoire critiquant le féminisme d’État dans une perspective dénonciatrice à l’université Laval ou à l’UQÀM, devant laquelle Yvon Dallaire peut à peine déambuler sans déclencher une émeute. 

Le féminisme ne s’est-il pas toujours présenté comme l’un des plus fiers défenseurs de la démocratie et de la liberté d’expression ?  Il y a de quoi se poser des questions quand il cherche, en démonisant les militants de la cause des hommes, à les faire taire par le discrédit tout en prétendant que les « masculinistes » ont envahi l’espace médiatique.  Il s’agit là d’une affirmation très éloignée de la réalité, quand on considère l’espace occupé par les féministes radicales à longueur d’année, notamment entre le 25 novembre et le 6 décembre ou chaque 8 mars.

Quant aux études sincères et honnêtes sur la condition masculine, elles se font, universités ou pas.   De plus en plus d’ouvrages livresques de qualité lui sont consacrés et certains, comme Homme et fier de l’être, d’Yvon Dallaire, deviennent même des best-sellers.  Je doute que les parutions de M Dupuis-Déri cartonnent aussi fort.  Le jour viendra où le discours novateur de cette littérature ne pourra plus rester ignoré, ni dénaturé.  Déjà, il se démocratise au plus grand nombre.  Et c’est bien là ce qui inquiète…

12 commentaires:

Anonyme a dit…

Bravo Olivier ! Quel talent vous avez mon ami ! Surtout, surtout, ne cessez pas, ! Merci a vous, et a tous ceux qui prennent la parole pour nous, merci du fond du coeur.

Robert

Olivier Kaestlé a dit…

Merci à vous, Robert. Vos encouragements me touchent beaucoup et je suis sûr qu'ils se rendront également à ceux et celles qui mènent les mêmes luttes. Merci encore.

Patrick Guillot a dit…

Je souscris évidemment à votre analyse de cette stigmatisation, tout en pensant qu'elle sera d'autant plus utile aux stigmatisés qu'ils en prendront leur part de responsabilité.

Je déplore en effet que l'expression des hommes discriminés se limite souvent à des protestations, dénonciations et réponses de type émotionnel à l'adversaire; et se préoccupe très peu de proposer des solutions aux dysfonctionnements de la société. Sauf méconnaissance de ma part, je ne vois dans le monde francophone qu'une association qui se soit dotée d'un programme complet de revendications.

Dès lors, quoi de plus facile pour l'adversaire que de nous prêter des pensées et des projets cachés, tous aussi douteux les uns que les autres ? Et comment le démentir efficacement, si nous n'avons pas à lui opposer une mise en forme rationnelle et organisée de nos projets réels ?

Ceci pour faire avancer le schmilblick...

Olivier Kaestlé a dit…

Et dire qu'on nous prête de noirs complots, ourdis souterrainement, entre "masculinistes" vociférants et les autres, comme vous ou Yvon Dallaire, plus "softs" et d'autant plus inquiétants. C'est du moins l'opinion de Patric Jean, comme vous le savez sûrement, qui n'hésite pas à voir en tout militant de la condition masculine un paranoïaque fini. La cerise sur le sunday demeure le fantasme terroriste d'une milice armée québécoise qui fourbirait ses armes dans la perspective de sa venue au Québec. Pas de danger que nos journalistes ne dénoncent ou démontrent, par des questions un tant soit peu articulées, l'incurie d'un tel propos.

En attendant, vous avez bien raison de souligner le manque de cohésion d'un mouvement qui, pourtant, existe. Si mon texte et votre intervention concourent à faire avancer la nécessité d'une prise de conscience à cet effet de quelques pas, nous n'aurons pas perdu notre temps. Mais je vous avoue que je trouve parfois que le chemin est long, et les pèlerins, peu solidaires, en comparaison de leurs adversaires. Je me demande si nous dépasserons un jour l'équivalent de leur mai 68.

Anonyme a dit…

WOW MONSIEUR OLIVIER VOUS RÉPONDEZ À VOS INTERLOCUTEURS JE POURRAIS VOUS PARTAGER CE QUE JE VIS ET VOUS DEMANDEZ SI VOUS SAVEZ OU JE POURRAIS TROUVER DE L'AIDE????

Olivier Kaestlé a dit…

Si vous avez des problèmes en regard de la justice familiale, je ne saurais assez vous recommander l'ANCQ de Lise Bilodeau : ancq1999@videotron.ca

Si vous voulez m'en dire plus : olivierkaestle@hotmail.com

Malthus a dit…

Il est fascinant de constater qu'un discours on-ne-peut-plus 1960ish fasse maintenant parti des meubles universitaires.
"que ce soit a cause de Dieu, la famille ou la tradition, il y a toujours une bonne raison de s'opposer a l'émancipation des femmes" (directement cité de l'antiféminisme démasqué)
Ouach!
Moi-même, qui fait pourtant parti de la faction antiféministe pure et dure, ne cite jamais Dieu, la tradition ou quelqu'autre ineptie rétrograde du genre, sans jamais O grand jamais m'opposer à l'émancipation féminine, pour clairement et factuellement rejeter les diktats du féminisme actuel.
Que dire, alors, de ces ''chercheurs'' et ''penseurs'' incapables d'utiliser une souris; de cliquer ne fut-ce que durant une minute ou deux de leur carrière, vers des sites, des blogues et des opinions qui n'embaument pas le patchouli ni ne chantent du Gilles Valiquette?
Plus personne ne pense que s'habiller en sale et chanter en joual est ''cool''- pourtant, nous avons cette bande d'universitaires qui ne rejoue ad nauseam cet air vieillot et qui persiste et signe qu'il est au gout du jour.
Ahhhh comme je souhaite un face-à-face en bonne et due forme avec ces hippies parvenus; une rixe télévisée ou le masculiste pourrait opposer, aux yeux de tous, ses arguments cinglants à leur théorie du complot marxiste-féministe, exposer la dope (statistique) avec laquelle ils s'ennivrent journellement et démonter, pièce par pièce le Magical Mystery Tour Bus dans lequel ils nous convoient depuis toutes ces années.
Peut-être est-ce là la solution. Cessez de s'attaquer par papiers interposés et les convoquer à un duel publique- winner takes all.

Olivier Kaestlé a dit…

Je sais de source très sûre que des tentatives ont été faites, sans succès, les militantes faisant apparemment défaut quand vient le temps de telles confrontations d'idées.

Votre pastiche des féministes universitaires radicales m'a bien fait sourire, tant il fait écho à ma perception de ces intellos aux idées surannées, emprisonnés dans le carcan d'une idéologie vermoulue ou les fausses certitudes ont remplacé la réalité constatée à l'aide de critères scientifiques et objectifs. C'est à croire que l'arrogance de ces gens leur tient désormais lieu de compétence.

Le pire, c'est que ces universitaires misandres trouvent le moyen, par la crédibilité surfaite que le public leur accorde, de tisser mensonges par dessus mensonges, étude par-dessus étude, qui se confirment les unes les autres et finissent par faire passer leur auto fiction pour la réalité. Un exemple probant et littéral de tissus de mensonges.

vigo a dit…

Ha la condition masculine trop drôle, bientôt on va nous sortir que les hommes sont des humains et qu'ils ont le droit à la dignité.

Enfin quand les mutilations génitales sur les garçons (bébé/enfant)sont légales ça interroge tout de suite sur la façon dont la société voit et traite le genre masculin, avec un mépris sans limite.

Anonyme a dit…

clap-clap-clap.
propre, direct, incisif et péremptoire (cela dit, la moindre critique du féminisme radical est péremptoire. il suffit de constater le niveau intellectuel des réponses de ces sottes hystériques qui le représentent)
bravo!

Olivier Kaestlé a dit…

Merci du compliment ! ;-)

Pierre Vachon a dit…

Excellent texte encore,criant de véritées!
La seule facon de changer les choses es de s'organiser comme elles l'ont faites et de dénoncer comme elles l'ont faites. Alors on crée un groupe contre les injustices des hommes quand??? Je suis prêt a embarquer dans l'équipe et offrir mon aide,intellectuel,financier,etc. On doit se battre pour nos convictions!
Lise Bilodeau le fait bien ,Olivier Kaestlé aussi,Yvon Dallaire ,Yves Dalpé et sa femme Johanne Côté,Martin Malthus,le prof solitaire etc etc.