samedi 5 mai 2012

Le projet de société des « camarades » de CLASSE

Voilà 12 semaines déjà que s’éternise le boycott étudiant contre la hausse des frais de scolarité.  Et l’on peut même ajouter qu’il s’envenime, à en juger par la nouvelle émeute survenue à Victoriaville, où le parti libéral du Québec tient présentement son conseil général.  Conscient que le déroulement de pareil événement à Montréal aurait une fois de plus transformé la métropole du Québec en poudrière, Jean Charest a préféré une ville en région, comme si pareille manœuvre allait passer inaperçue et que le déroulement du conseil ne serait en rien perturbé.   Pensée magique, quand tu nous tiens…

Line Beauchamp,
ministre de l'Éducation du Québec
Alors que les probabilités de voir leur semestre compromis se dessinent à l’horizon, les étudiants contestataires, qui ne représentent que 25 % des leurs, ne baissent en aucun cas leur garde, bien au contraire.  Le gouvernement, dans ce dossier précis, a habilement manœuvré, contrairement à sa prévisible habitude.  Il a démontré une bonne foi apparente par la contre-proposition de la ministre Line Beauchamp de répartir la hausse de 1625 $ des droits de scolarité sur sept ans, au lieu de cinq, et de bonifier le système de prêts et bourses pour venir en aide aux moins bien nantis.  

De leur côté, les associations universitaire et collégiale, la FEUQ et la FECQ, s’en tiennent au gel des frais de scolarité, mais ouvrent timidement la porte à une hausse inférieure à celle annoncé.  « Évidemment, il va falloir que ce soit quelque chose de notable » a cependant prévenu la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.

La faction la plus radicale du mouvement étudiant, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) se distance – à nouveau – de ses collègues en allant jusqu’à « proposer » la gratuité scolaire  par la mise en place d’une taxe sur le capital des institutions financières.  Ainsi, croit Gabriel Nadeau-Dubois (GNB), il serait possible d’atteindre cet objectif dès 2016 en imposant une taxe cumulative de 0,14 % par année pendant cinq ans, sans que le contribuable n’ait à verser un sou.  Si sur le papier, cette proposition semble défendable, elle ne tient pas compte des lois du marché, ni de la situation économique actuelle.

La taxe sur le capital des entreprises représentait plus ou moins 1,9 G $ en revenus vers 2006. De ce total, 737 M $, soit près de 40 %, ont été payés par des sociétés financières, dont le capital se voyait imposé à un taux de 1,05 %.  La taxe provinciale sur le capital des entreprises autres que les institutions financières ne dépassait cependant pas 0,525 %.

La taxe sur le capital des entreprises, instaurée en 1947 sous Maurice Duplessis, a été réduite peu à peu depuis 2007 par l’actuel gouvernement avant  de disparaître en 2011.  Il ne s’agit pas là d’une décision unilatérale, loin de là, puisque tous les partis politiques ainsi que certaines centrales syndicales avaient proposé sa diminution ou son abolition, alléguant que cette mesure constituait un frein à l’investissement et à la productivité, particulièrement pour le secteur manufacturier qui allait entrer en crise à partir de 2008. 
Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE.
Qu’il soit question de gel ou de gratuité, faut-il rappeler à nos étudiants que nos universités, sous financées, soit par insuffisance de fonds publics, soit par une gestion plus que déficiente de certaines d’entre elles (dont l’UQÀM),  risquent de devenir non concurrentielles, et les diplômes qu’elles décernent, aussi crédibles que de l’argent de monopoly.  Même la proposition initiale de la ministre de l’Éducation, appliquée sur cinq ans, n’aurait pas délogé le Québec de son statut d’État aux frais de scolarité universitaires les moins élevés en Amérique du Nord.

« Une contestation beaucoup plus large »

Le controversé leader étudiant de la CLASSE a démontré, lors de son discours « historique » à saveur marxiste du 7 avril dernier, tenu au Monument national, que le boycott contre la hausse n’était pour lui qu’un prétexte en vue d’une lutte plus vaste remettant en cause les fondements mêmes du système politique et économique, nécessairement corrompu, selon lui : «  Les gens qui veulent augmenter les frais de scolarité, les gens qui ont décidé d'imposer une taxe santé, les gens qui ont mis sur pied le Plan Nord, les gens qui ont mis à pied les travailleurs et les travailleuses d'Aveos, les gens qui tentent de mettre à pied les travailleurs et les travailleuses de Rio Tinto Alcan à Alma, les gens qui tentent d'empêcher les travailleurs et les travailleuses de Couche-Tard de se syndiquer, tous ces gens-là sont les mêmes. 

« C’est les mêmes personnes, avec les mêmes intérêts, les mêmes groupes, les mêmes partis politiques, les mêmes instituts économiques. Ces gens-là, c'est une seule élite, une élite gloutonne, une élite vulgaire, une élite corrompue, une élite qui ne voit l'éducation que comme un investissement dans du capital humain, qui ne voit un arbre que comme une feuille de papier et qui ne voit un enfant que comme un futur employé. 

« Ces gens-là ont des intérêts convergents, un projet politique convergent, et c'est contre eux que l'on doit se battre, pas seulement contre le gouvernement libéral. Et je peux vous transmettre le souhait, je crois, le plus cher des étudiants et des étudiantes qui sont en grève au Québec: c'est que notre grève serve de tremplin à une contestation beaucoup plus large, beaucoup plus profonde, beaucoup plus radicale de la direction que prend le Québec depuis les dernières années. »

Jean Charest, premier ministre du Québec.
Et poète, avec ça ! Pensez-vous que pareil leader soit disposé à régler le conflit en mettant de l’eau dans son vin dans un esprit « associatif » (sans jeu de mots) en vue d’un compromis ?  Et que l’accessibilité aux hautes études demeure son principal souci ?

Qui est un petit con ?

« Petit con », c’est le qualificatif peu subtil dont GNB a gratifié Laurent Proulx, cet étudiant qui a obtenu une injonction l’autorisant à suivre ses cours malgré la « grève ».  La CLASSE, qui a multiplié déclarations fracassantes et actions « musclées » depuis le début du boycott se voit de plus en plus dénoncée comme l’empêcheur de tourner en rond sans lequel le conflit aurait une chance de trouver une issue civilisée permettant aux parties en cause de délimiter un terrain d’entente et de sauver la face. 

En « proposant » la gratuité scolaire, sachant très bien que le gouvernement ne voudra jamais la concéder, GND et sa CLASSE, en voulant pousser Jean Charest dans ses derniers retranchements, n’auront réussi qu’à se peinturer dans un coin.  Si notre premier ministre s’est déjà montré capable de s’entêter jusqu’au coma cérébral contre la tenue d’une commission d’enquête sur la construction malgré un grogne populaire massive, que croyez-vous qu’il fera alors que l’appui populaire au parti libéral dans ce conflit vient de passer de 59 % en mars dernier, à 68 % en ce moment ?

Les liens idéologiques et financiers qui unissent la CLASSE au milieu syndical ne représentent un mystère pour personne, pas plus que les affinités électives de ce dernier avec le parti québécois, qui s’inscrivent dans une tradition politique de plus de 40 ans.  Comment se surprendre de voir la chef du PQ, Pauline Marois, plus opportuniste que jamais, promettre non seulement qu’une fois élue, elle supprimerait la hausse, mais qu’en plus, elle rembourserait les frais de scolarité du présent semestre ?  Voilà une façon on ne peut plus maladroite de joindre l’irresponsabilité à la démagogie, tout en trahissant un bien piètre flair politique et stratégique.  Résultat : Mme Marois se voit à nouveau devancée par Jean Charest dans les intentions de vote, malgré sa remontée spectaculaire des précédentes semaines.

Pauline Marois, chef de l'Opposition.
En effet, malgré ou plutôt à cause de leur malhabile tentative de renversement, cousue de fil blanc, Mme Marois, les associations étudiantes et les centrales syndicales auraient voulu donner une chance de survie à l’actuel gouvernement lors de prochaines élections qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement.  Des crédibilités étudiantes et syndicales amochées, des perspectives compromises pour le PQ de reprendre le pouvoir, le risque d’un semestre perdu, des frais considérables en maintien de la paix, des actes de violence et de vandalisme évitables, une paix sociale menacée, des injonctions non respectées, et toujours pas de solution en vue, voilà le triste bilan de cette « contestation beaucoup plus large ». 

Pathétique et ridicule vaudeville où l’intérêt supérieur des étudiants n’aura été qu’un prétexte.

12 commentaires:

J-C Bopucher a dit…

La statégie de la go-gauche est simple à expliquer et facile à comprenre: taxer les riches et les entreprises pour donner plus de services, plus de subventions, plus de bonbons aux enfants gâtés....et surtout taire le fait que les riches peuvent partir (ils le font) et que les entreprises peuvent fermer leurs portes et partir vers de cieux plus cléments (elles le font)

Olivier Kaestlé a dit…

En plein ce qui rend le raisonnement de GND sur la taxe sur le capital des entreprises utopique. Depuis que les barrières tarifaires ont été supprimées, du début des accords du GATT en 1947 jusqu'à l'ALÉNA, sous Mulroney, c'est si facile pour les multinationales de relocaliser, quand elles ne remplacent pas des travailleurs par des machines. Rien n'est plus aveuglant que l'évidence, semble-t-il.

Anonyme a dit…

Ceux qui ont créé le chaos viendront en sauveur. Le reste, n'est que de l’opportunisme électoral. Ou bedon, le communisme est mort, vive la démocratie rouge.

Olivier Kaestlé a dit…

Eh oui, la gauche radicale nous avait déjà habitués à la notion d'agresseur-victime, voilà qu'elle nous envoie les saboteurs-sauveurs. Succès plus que mitigé, cependant, une majorité parmi le bon peuple n'est pas dupe.

Quant à nos dirigeants, ce sont eux qui tirent les marrons du feu, puisqu'apparemment, la hausse sera appliquée de toute façon. Un résultat bien différent de celui de 2005. Assistons-nous à un virage qui pourrait affaiblir le pouvoir des mollahs de gauche ? À suivre.

Anonyme a dit…

Vos propos sont vraiment choquants, tant dans le blog que dans la partie commentaires.

Le gouvernement libéral broie la jeunesse québécoise. Tandis que des accusations sont portées contre Beauchamp de collusion avec la mafia (oui, ce fameux invité dont la ministre prétendait ignorer l'existence). Tandis que Charest réfute les droits démocratiques en imposant: lois baillons, mesures impopulaires sur différents dossiers chauds par le passé, sanctions, censure. La démagogie se retrouve bien plus du côté du gouvernement que de l'opposition ou encore des grèvistes.
Une chose est certaine. Quand une manifestation perdure, que le chaos s'instaure, l'ordre, la rectitude et la fermeté tend a satisfaire le peuple... en ce sens, les libéraux ont très bien compris Le Prince en provoquant un chaos sociétal par une hausse indécente des frais de scolarité des étudiants.
En tant que citoyen, il est irresponsable de tenir des propos stigmatisant la gauche. Tôt ou tard, vous serez vous-même démuni, vous serez vous-même face à un enfant qui souhaitera étudier. Que lui direz-vous? Que les plus riches d'entre nous sont trop avares pour assumer leur juste part?
J'oubliais, on donne l'argent public à ces riches.. souvent industriels étrangers pour s'installer chez nous et nous voler nos ressources. Voilà ce que les démagos du gouvernement libéral nous font assumer.
Avez-vous seulement déjà mis les pieds dans une banque alimentaire où certains de mes étudiants se procurent leur nourriture?
Écoutez les propos de G.A. Lepage qui sont très éclairants à ce sujet. Redescendez de votre nuange avec vos histoires de gauche/droite. On parle de problèmes concrèts. D'accès à l'éducation qui a un impact immédiat sur l'espérance et la qualité de vie. Ce lien épidémiologique a déjà été établi depuis longtmeps.
Alors épargnez-moi vos fadaises sur les mouvements étudiants et sur le PQ.

Anonyme a dit…

Un peu moins de bibabobu SVP. Hier à RDI, un recteur je crois, pas sûr, a dit qu'un recteur doit gagner trois fois plus qu'un enseignant. Alors, nous savons qu'un recteur gagne en moyenne 300 000/année à se décroter les narines avec un crayon qui sert très rarement. Donc cela veut dire qu'un enseignant à l'université gagne 100 000/année. Je ne crois pas cela soit le cas. P.S. Il y a un recteur, je ne me souviens plus de quelle université, qui gagne 500 000/année. Et oublions pas les gros bonus d'improduction et d'imperformance et les COLOSSALES primes de départ. Et n'oublions pas les milliers de magouilles à l'intérieur des universités. J'en ai vu une méchante gang lorsque j'étais à l'UQTR et dans le comité étudiant hors campus. Les universités et cégeps ne sont pas de la pègre ? SVP, ne m'empêchez pas de mourir de rire. Serge

Olivier Kaestlé a dit…

@ Anonyme. Je ne souscris pas à votre vision manichéenne du conflit étudiant : bons militants contre méchant gouvernement. Bien sûr, et je le souligne dans ma chronique, sans développer autant que vous, la mauvaise gestion des universités fait partie du problème de leur financement.

Mais les avantages éhontés dont se dotent ceux et celles qui les dirigent, choquent davantage par leur cupidité et leur manque d'éthique qu'elles ne contribuent à naufrager financièrement ces établissement dont le déficit atteindrait 375 M $, aux dernières nouvelles.

De la magouille, il y en a dans les deux camps, tant du côté de nos élus, dirigeants comme opposition, que de celui des militants, étudiants manipulés et centrales syndicales manipulatrices. Au moins, je concède aux étudiants la candeur de leur âge et en tiens la majorité pour honnête.

Le plus triste, c'est de constater, au terme de la présumée entente de samedi, à laquelle ont participé des représentants syndicaux, que les étudiants n'auront eu, dans cette saga, aucun véritable allié.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Serge Rassurez-vous, je n'ai pas l'intention de me mêler de votre droit de vivre ou de mourir; ça vous regarde. Les étudiants des cégeps et des universités, de la pègre ? Je me demande bien où vous m'avez vu risquer pareille analogie. Pour le reste, voyez mon commentaire précédent.

Anonyme a dit…

Personnellement, je trouve que tout le tort se trouve chez ce gouvernement. Jean Charest, cet enchanteur pourrissant, arrogant, absent de la crise sinon pour cracher son mépris avec un humour de monocle.
Une Line Beauchamps qui joue depuis le début à la victime, drapée des haillons de la femme battue, refusant pour ce prétexte de mettre tout le monde à table pour régler le problème.
Résultat, une situation pourrie par un gouvernement du même qualificatif.
Je ne sais pas trop ce que faisait les syndicats dans les négociations. Il n'en demeure pas moins des acteurs sociaux important, quoi qu'on semble en penser ici. N'oublions pas les récents gâchis du néolibéralisme. A mon avis, la force de notre société procède de l'équilibre des forces. -La faiblesse des pères, leurs absences forcés, au Québec comme en Occident, ne réside-t-elle pas justement dans ce déséquilibre des forces? -Al.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Al À mon sens, les torts sont dans les deux camps, tout aussi intransigeants et butés l'un que l'autre.

La différence, c'est que Charest et Beauchamp ont été nettement plus habiles et stratégiques que les leaders étudiants et, plus particulièrement, celui de la CLASSE, qui n'a cessé de jeter de l'huile sur le feu et de faire dévier les revendications étudiantes vers une "contestation plus large" que celle visant les droits de scolarité.

Son refus obstiné de condamner la violence, même si il est clair qu'elle provenait de casseurs, et que la majorité des étudiants étaient pacifiques, n'a en rien amélioré le portrait.

Bien sûr, on peut accuser la ministre d'avoir sauté sur ce prétexte pour refuser de rencontrer les autres leaders, mais GND et son groupe ont manqué de finesse et de jugement pour se faire avoir aussi facilement.

Quant aux "coachs" des centrales syndicales qui l'ont conseillé, à l'opportuniste Marois et à l'intégriste Khadir, ils ont également contribué à l'impasse présente dont on ne voit plus la fin. Zéro partout.

Alain a dit…

«En Afrique, on dit que ça prend tout un village pour élever un enfant. À Montréal, c'est vraiment difficile. Tu te sens seul, c'est une maudite job!» disait Boucar Diouf, dans une entrevue.
Le métier de parent s'apprend à la dure, à chaque jour, alors qu'on est confronté à des situations les plus diverses et qu'on tente de régler au meilleur de ses connaissances et de ses compétences, souvent avec les conseils qu'on demande auprès de gens de confiance.

Lorsqu'un parent obtempère à chaque fois que son enfant fait la crise dans le magasin parce qu'il veut son jouet, son bonbon, ou que-sais-je encore, ce parent faillit à son devoir d'éducation : celui d'encadrer son enfant et de lui montrer qu'il existe des limites. L'enfant persiste à crier et, lorsqu'il a gain de cause, il apprend que de crier tout le temps pour avoir ce qu'il veut est la solution à tous ses désirs.

Et lorsque le parent tente de résister, l'enfant crie plus fort et plus longtemps. S'il obtient encore ce qu'il veut, il se convainc de facto que la recette est parfaite.

Lorsqu'un parent n'a jamais su dire non à son enfant, peut-on conclure qu'il a bien préparé son enfant à affronter la réalité de la vie en société, pour sa vie d'adulte?

Cet enfant, rendu au collège ou à l'université, a appris que tout lui est dû parce qu'il a su obtenir ce qu'il voulait en criant plus fort, plus longtemps. Lorsqu'il se rend compte que la recette ne marche plus, que lui reste-t-il comme option? Se met-il à tout casser ou explore-t-il d'autres avenues?

Les étudiants ont perdu ma sympathie à partir du moment où leurs leaders n'ont plus été en mesure de contrer la violence de leurs manifestants et où ils tiennent à tout prix à ce que le gouvernement abdique son autorité, comme l'a fait son parent au magasin.

On reconnaît aussi, dans les réactions à ce conflit, les parents qui ont abdiqué leur pouvoir face à leurs enfants, au magasin : ils demandent au gouvernement de maintenir le gel des droits de scolarité, demande qu'ils accompagnent d'autres pistes de solution pour masquer la capitulation.

Olivier Kaestlé a dit…

Bref, la logique du tout avoir et rien payer. Quand troquerons-nous notre ridicule charte des droits et libertés pour une charte des droits et responsabilités ? Je me demande si le Québec est prêt pour une telle option à en juger par la désobéissance civile qui trouve encore le moyen de s'intensifier ces jours-ci.