dimanche 8 juillet 2012

Les malheurs d’Amir…

Sans doute en proie à un irrépressible accès d’optimisme que lui seul pourrait expliquer, Amir Khadir affirme que Québec solidaire est prêt pour les prochaines élections, que le député de Mercier espère sans doute les plus proches possible. «Je pense que la plupart des gens vont être heureux d'avoir une équipe de 5, 10, 15 députés, que sais-je, de Québec solidaire à l'Assemblée nationale (…)», de s’exclamer le seul représentant de son parti, élu avec une très mince majorité, faut-il le rappeler, en 2008.  Khadir rêve-t-il en couleurs ? 

Amir Khadir : une autre page d'histoire...
On pourrait le supposer, devant les piètres performances de Québec solidaire aux deux dernières élections complémentaires tenues dans Argenteuil, où son parti a trouvé le moyen de se voir devancé par le parti vert (sic !), finissant avec 2,70 % des votes, tandis qu’il se faisait coiffer au poteau par la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ), loin derrière ce parti en perte de vitesse, avec à peine 5,9 % du vote.  Il n’y a pas de quoi pavoiser devant de tels résultats, pour un politicien aux yeux de qui tous les prétextes sont bons pour attirer sur lui les feux des projecteurs. 

Parlez-en en bien, parlez-en en mal…

… Semble devenue la devise du député de Mercier.  Après avoir ouvertement prôné la désobéissance civile, pourvu qu’elle soit pacifiste, comme s’il n’existait aucun extrémiste ou sociopathe susceptible de détourner de façon hasardeuse le sens de tels propos, M Khadir devait trouver le moyen de se faire menotter, le 5 juin dernier, et d’affirmer ensuite avoir agi comme les figures historiques que l’on sait.  Le maire Labeaume devait persifler notre héros populaire improvisé en affirmant s’être senti rassuré d'apprendre que Khadir n’ait pas été emprisonné, ne serait-ce que cinq minutes : il se serait alors sans doute identifié à Nelson Mandela. 

L’attitude irresponsable du député de Mercier n’est pas sans évoquer celle de Gabriel Nadeau-Dubois, Amir junior, et de la CLASSE, qui organisent des manifestations illégales, donc sans en communiquer le parcours  aux autorités, et qui jouent ensuite les bonnes âmes attristées devant les dérapages occasionnés par les prévisibles casseurs qui profitent de l’occasion pour se livrer à des actes de violence et de vandalisme évitables. « Que voulez-vous, c’est pas notre faute… »  Ben non, voyons donc, pauvres petits…

Alors qu’Amir Khadir n’hésite pas à « braver » ostensiblement les lois qu’il pourrait contribuer à changer de façon légale et démocratique – trop peu spectaculaire, apparemment – il s’empresse d’interpeller nos tribunaux, quand ces mêmes lois font son affaire.  Ainsi, se disant victime d’intimidation  de la part du Journal de Québec et du Journal de Montréal, qui avaient fait leur une avec une curieuse illustration - trouvée par la police, investiguant sur sa fille, dans la cuisine du député - inspirée d’une peinture de Delacroix montrant Khadir triomphant d’un Jean Charest décédé, notre justicier devait annoncer avec fracas, ce 12 juin, qu’il songeait à porter plainte contre Québécor, propriétaire des journaux incriminés.  Depuis, aucune nouvelle, mais Khadir aura – encore – fait la manchette.

Une - autre - cible de Khadir :
Pierre-Karl Péladeau.
Voyant sans doute dans cet événement une nouvelle théorie du complot, L’élu a déclaré avoir constaté dans le traitement de la nouvelle une manoeuvre de l'empire de presse de Pierre Karl Péladeau pour l'intimider et le discréditer, ainsi que Québec solidaire. Ses rivaux politiques étant présentés selon lui par des plumes « relativement favorables », il devait se dire victime d’un traitement différent, allant jusqu’à affirmer que Québec solidaire serait présenté «comme les méchants [...] le bras armé d'une révolution».  Question quiz, posée par plusieurs, commentateurs comme simples citoyens : Est-il normal, pour un homme politique aussi en vue, de laisser traîner dans sa cuisine une affiche faisant preuve d’un manque aussi flagrant de discernement ?  M Khadir pourrait-il reconnaître ne serait-ce qu’une faute de goût, au lieu de s’improviser à nouveau la victime sans reproche de ses adversaires politiques ?

La répétition de tels psychodrames médiatiques devait finir par desservir le représentant de Québec solidaire, puisque Le Devoir, que l’on ne peut soupçonner d’hostilité envers lui, allait publier ce 16 juin un sondage dévastateur plaçant notre homme désormais à l’avant-dernier rang quant à la popularité des personnalités politiques, les plus populaires restant François Legault, de la CAQ et… Line Beauchamp, la ministre démissionnaire de l’Éducation, qui avait renconcé à négocier devant l’intransigeance butée des leaders étudiants, refusant toute hausse, quelle qu’elle soit.  Au final, celui qui, 18 mois plus tôt, trônait en tête des sondages sur la popularité des élus, ne doit qu’à Jean Charest, premier ministre le plus impopulaire de l’histoire récente du Québec, de ne pas occuper la dernière position.  Parlez-moi d’une performance… 

Le brûlot 

Comme si ces problèmes, dont il reste largement l’instigateur, ne suffisaient pas, Amir Khadir et son fan club devaient avaler leur café équitable de travers, à l’annonce du lancement d’un livre particulièrement bien ficelé sur le député de Mercier intitulé Les faces cachées d’Amir Khadir, de Pierre K Malouf, publié aux éditions Accent grave.  Extrêmement bien documenté, avec une abondance de sources citées en bas de pages, cet essai, rédigé dans un style souvent caustique et mordant, mais non dépourvu d’humour, allait tracer un portrait sans complaisance du seul élu de Québec solidaire.   

Un livre incontournable sur
un politicien controversé.
Il faut croire que ce bouquin dérange, puisque son éditeur, Daniel Laprès, devait déclarer dans sa page Facebook que des libraires étaient victimes d’intimidation, et que certains commis, militants de Québec solidaire, n’hésitaient pas à prétendre faussement se trouver en rupture de stock, afin de dissuader les clients d’acheter.  Étonnant sens de la démocratie chez ces militants d’un renouveau politique.

Les prises de position de Khadir, dénonçant ce qu’il appelle l’apartheid israélien envers le peuple palestinien, quand il n’existe aucun apartheid en Israël, ce qui ne veut pas dire que cet État soit sans reproche, devaient servir à établir un parallèle douteux avec ce que le député de Mercier n’a pas hésité à qualifier d’apartheid envers les premières nations, pratiqué par Québec, rien de moins !  Les positions  antisionistes de Khadir se voulant la raison première d’un boycott des produits israéliens par une organisation vaguement fanatisée appelée PAJU (Palestiniens et Juifs unis), sympathisants de Québec solidaire, allaient atteindre un sommet d’imbécillité, fin 2010, quand ces militants se mirent en tête de manifester devant une boutique appelée « Le marcheur », dont le principal crime, à leurs yeux, était de consacrer 2 % de son inventaire à des chaussures israéliennes !

Comme ils refusaient de remplacer ces produits par de nouveaux, provenant d’autres pays, les propriétaires de ce commerce ont dû subir de l’intimidation légale pendant plusieurs mois.  Chaque fin de semaine, des « militants », dont le père de Khadir, rattaché au Parti communiste du Québec, sont venus distribuer des tracts et « sensibiliser » les clients sur la « nécessité » de ne pas acheter des produits en provenance d’Israël.  L’oisiveté est la mère de tous les vices.

La cote de popularité de Khadir commença à piquer du nez quand il s’afficha devant les médias avec les drôles du PAJU, endossant publiquement leurs risibles récriminations.   Après une douche écossaise médiatique, le député devait opter pour un profil bas, non sans continuer, selon Pierre K Malouf, à tirer les ficelles à distance de ces manifestations ineptes, malgré des déclarations contraires de Françoise David, co-leader de Québec solidaire, à l’effet que son collègue avait reconnu son erreur… 

Une affaire de famille ? 

Existe-t-il un syndrome familial prédisposant à la désobéissance civile dans la famille Khadir ?  En plus du père, rattaché au parti communiste du Québec, prompt à intimider un honnête commerçant, la fille du député de Mercier, Yalda, s’est vu arrêtée, le 7 juin dernier, et accusée d’avoir été co-responsable du blocage du pont Jacques-Cartier, d’avoir causé pour 50 000 $ de dommages à l’université de Montréal, 15 000 $, au bureau de l’ex-ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, en plus d’avoir agressé un policier et une photographe de presse.  Commentant cette arrestation, la mère et la grand-mère n’ont vu en cette pauvre enfant qu’une victime d’un système oppresseur.

Yalda Machouf-Khadir
Elahél Machouf, grand-mère, devait déclarer :  «Elles ont été arrêtées pour rien, ces enfants-là sont innocents! J'ai vu les scènes en Iran, c'est injuste, je suis enragée ».  Pas de doute. Elle devait encore aller plus loin en comparant les Québécois qui lancent des roches aux policiers aux enfants palestiniens qui agissaient ainsi lors de l'Intifada. Appelée à préciser cette déclaration, la grand-mère devait ensuite affirmer qu'elle ne faisait pas de comparaison.  Sans doute comme Amir, qui ne se comparait ni à Gandhi, ni à Martin Luther King…  Allez donc inculquer à une gamine le sens du respect civique avec pareilles attitudes.

Il n’est pas jusqu’à la sœur d’Amir Khadir, Saïdeh, à avoir fait parler d’elle, récemment,  pour avoir plagié un blogueur dans un récent article de L’actualité médicale, plaçant cette publication dans l’embarras.  La notion de propriété intellectuelle lui semblait apparemment aussi abstraite que le respect des biens publics à sa nièce.  Selon le blogueur, cité dans La Presse du 8 juillet dernier, «Elle m'a dit qu'elle était désolée, qu'elle ignorait les règles journalistiques, et qu'elle n'avait pas pris le temps de reformuler les passages de mon texte qu'elle avait repris», raconte le blogueur qui a accepté les excuses de la Dre Khadir même si son geste le laisse tout de même perplexe. «La propriété intellectuelle, ce n'est pas juste en journalisme, observe-t-il. Cela existe en médecine aussi.»

Cette nouvelle gaffe familiale n’a rien pour rehausser l’image de Khadir, bien qu’il ne doive en aucun cas se voir tenu responsable des actes et déclarations de son père, de sa femme, de sa belle-mère ou de sa sœur.  Quant à sa fille, Yalda, elle est majeure et vaccinée, mais quelqu’un a bien dû lui inculquer des principes de vie, je suppose ?  Le moins qu’on puisse dire, cependant, c’est que cet atypique tableau de famille comporte pour dénominateur commun le non respect des lois et usages civils, et la banalisation de dérives flagrantes.  Il pourrait également démontrer que l'étrange comportement du député de Mercier va bien au-delà de sa personnalité propre, et pourrait bien impliquer une dimension aussi idéologique, culturelle que familiale.

Il est plus qu’improbable qu’Amir Khadir et Québec solidaire prennent le pouvoir.  Cela ne veut pas dire que, dans le contexte de bouleversement que le Québec traverse en ce moment, le député de Mercier ne dispose pas d’un pouvoir d’influence néfaste.  Heureusement, le vent tourne, et il semble que le public commence à voir plus clair dans le personnage…

2 commentaires:

Anonyme a dit…

"Parcequ'un révolutionnaire... c'est fidèle"- Robert Charlebois

Olivier Kaestlé a dit…

Reste à savoir à qui Amir Khadir est fidèle, au sein de son peuple d'adoption et, surtout, à quelles valeurs, idéologiques ou humanistes.