samedi 22 septembre 2012

Roger Moore, victime de violence conjugale pendant 15 ans !

Roger Moore, dans le rôle qui l'a rendu célèbre.
Si, parmi les vedettes de mon enfance, je devais désigner ma favorite, ce serait immanquablement Roger Moore, dans le rôle de Simon Templar, qui allait lui faire connaître la renommée mondiale, bien avant qu’il ne troque le smoking du Saint contre celui de 007.   La force tranquille, l’ironie persifleuse, l’élégance des grands félins et la décontraction insolente du héros dans les situations les plus improbables l’avaient propulsé à la première place de mon panthéon enfantin.  Si le personnage de Templar doit beaucoup au naturel de Sir Roger, la réalité vécue par ce dernier lors de ses deux premiers mariages n’avait aucun rapport avec la désinvolture frondeuse du héros des années 60 qui, bien que galant et courtois avec les dames en détresse, pouvait remettre à leur place criminelles tentaculaires, manipulatrices aguerries et héritières hystériques avec la même nonchalance qu’un joueur de cricket au milieu d’une partie par temps clair. 

Live and let dry…

Roger Moore et Doorn van Steyn.
Preuve qu’on n’est jamais trop jeune pour commettre l’impensable, c’est à 19 ans que Roger Moore allait convoler en premières noces avec la patineuse sur glace Doorn van Steyn, de six ans son aînée, en 1946, une époque qui reste à ce jour l’une des pires de son existence.  Il s’agit là de l’une parmi plusieurs confidences troublantes que le comédien de 84 ans devait dévoiler ce 14 septembre à l’animateur Piers Morgan, dans le cadre de l’émission Morgan’s Life Stories.  Moore révèle que les épisodes de violence qu’il a subis étaient monnaie courante, affirmant qu’il a conservé des cicatrices de cette époque tumultueuse.  Sa conjointe le frappait, le griffait, allant un jour jusqu’à lui taillader la main par une morsure sévère, en plus de l’avoir frappé une fois avec une théière. 

Lors de l’épisode de la main blessée, la patineuse était allée jusqu’à s’en prendre au médecin qui soignait l’acteur.  « Ce fut un changement, devait déclarer Moore, pince sans rire, normalement, c’est moi qu’elle frappait », avant d’ajouter : « Elle me griffait.  Ma mère était toujours pétrifiée quand je rentrais à la maison de voir que j’avais toujours plus de cicatrices. »

La violence psychologique était également au rendez-vous.  Comme si leurs problèmes monétaires ne suffisaient pas, van Steyn lui tenait des propos décourageants : «  Tu ne seras jamais un acteur.  Tu as l’air trop faible.  Ta mâchoire est trop grosse, et ta bouche, trop petite. »  L'intuition artistique et esthétique n'était pas le fort de Mme van Steyn...

Quatre trente sous pour une piastre

L’être humain a souvent la fâcheuse habitude de tomber plusieurs fois amoureux de son pire ennemi avant de comprendre la nécessité de réévaluer ses standards et priorités.  M Moore n’a pas fait exception à la règle.  Sitôt débarrassé de van Steyn, notre homme devait tomber sous la coupe de l’actrice Dorothy Squires, de 12 ans son aînée, en 1953.  Aspirant sans doute à une vie conjugale paisible, il devait tomber sur le même type d’épouse déchaînée.  Leur union, marquée de nouveaux épisodes de violence subis par l’acteur, allait durer huit ans.  Cette fois, c’est avec sa propre guitare que le futur James Bond devait se voir attaqué, la recevant de plein fouet sur la tête.  Moore concède cependant qu’il avait été infidèle.

Roger Moore et Dorothy Squires.
C’est d’ailleurs avec sa nouvelle flamme, qui allait devenir sa troisième épouse, l’actrice italienne Luisa Mattioli, que Moore a été découvert.  « Elle a jeté une brique à travers ma fenêtre, m’a agrippé par la chemise à travers la vitre et s’est coupé aux bras par le fait même.  La police est arrivée et ils ont dit : « Madame, vous saignez. »  Et elle a dit : « C’est mon cœur qui saigne. »  Admettant volontiers qu’il était égoïste, Moore ne joue pas à l’innocente victime sans défense : « Je n’ai jamais dit que j’étais gentil. » 

Squires allait pendant sept ans refuser le divorce à Moore, faisant des deux premiers de ses trois enfants des rejetons nés hors mariage, en Grande-Bretagne…  Mais ce ne fut pas tout : l’épouse délaissée entama une poursuite judiciaire en restitution de droits conjugaux.  Pour des raisons connues de lui seul, un juge trouva normal d’ordonner à Roger Moore de revenir à son ex conjointe, mais ce dernier fit la sourde oreille.  Il y a de quoi se demander comment pareil verdict puisse avoir été rendu…  Squires tenta enfin de publier une autobiographie dévastatrice, mais Moore et sa nouvelle conjointe obtinrent une injonction en interdisant la parution. 

Le calme après les tempêtes

Roger Moore et Luisa Mattioli.
Moore s’est exprimé d’autant plus librement que ses deux premières femmes sont aujourd’hui décédées.  Il demeure étrangement discret sur sa troisième épouse, Mme Mattioli, une femme réputée explosive et décrite par leur fils Geoffrey comme « contrôlante ».  Moore devait la quitter en 1996 pour sa conjointe actuelle, la Suédoise Christina Tholstrup.  Leur relation serait paisible, affirme le comédien.  Espérons-le…

Briser le silence…

De Tina Turner, victime de son conjoint Ike, à Rihanna, nombreuses sont les vedettes féminines à avoir brisé le silence, selon l’expression consacrée, en rendant publique les sévices qu’elles disent avoir subi.  À ce jour, il était pratiquement impossible de trouver d’exemples analogues chez les hommes.  Le public serait pourtant surpris d’apprendre que les comédiens Burt Lancaster et John Wayne, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne dégagent pas l’image d’éternelles victimes, aient pu subir de la violence conjugale.  On pourrait en dire autant de Roger Moore, à cette différence près que lui a décidé de se donner le droit de parole.

Dans une chronique parue dans The Independent le 13 septembre, Ally Fog affirme que c’est par le biais de rapports de police, de poursuites judiciaires et de spéculations médiatiques que l’on apprend que des vedettes masculines peuvent subir de la violence conjugale.  Il cite le cas de Whitney Huston, qui avait avoué que c’était elle, et non son conjoint, Bobby Brown, qui faisait preuve de violence physique dans le couple.  Humphrey Bogart a été poignardé dans le dos avec un couteau de boucher par sa femme, Mayo Methot, vers 1938. 

Roger Moore et sa conjointe actuelle,
Christina Tholstrup.
Au temps de Lancaster, Wayne et Bogart, bien sûr, il n’était pas question de dénoncer pareils épisodes sans risque de passer pour une mauviette.  Le préjugé voulant qu’une femme ne pouvait frapper sans une bonne raison, se voir attaquée, par exemple, n’avait sans doute pas attendu la venue du féminisme militant pour avoir droit de cité. 

C’est dans cette optique que les confidences de Sir Roger Moore prennent une importance considérable.  Qu’un tel homme, identifié à l’un des personnages les plus « machos » de la culture occidentale, admette, contre toute attente, avoir été maltraité par ses deux épouses, peut avoir un effet d’entraînement, exactement comme ont eu, au Québec, les dénonciations de Nathalie Simard, abusée pendant toute son enfance par son imprésario, Guy Cloutier.  L’attitude de Moore rend tangible la perspective selon laquelle un homme peut admettre avoir subi de la violence sans être moins respectable pour autant, ni bourreau, ni minable.  Simplement un homme, qui se tient debout en dénonçant un fléau qui dépasse sa seule personne, en toute dignité.

7 commentaires:

Bisbille sang-un a dit…

Pour avoir l'effet d'entrainement comparable à celui de la sortie publique de Nathalie Simard, il faut que la nouvelle paraisse dans les médias de masse qui sont au Québec sous le contrôle total de puissants intérêts qui eux, plus souvent qu'autrement, se contentent de faire la promotion de la déviance et de la médiocrité. Merci d'avoir partagé cette information importante qu'il suffit désormais de faire tourner sur les médias sociaux afin de sensibiliser le plus grand nombre possible de nos concitoyens.

Pour ma part, je tente le tout pour le tout en interpellant le nouveau ministre de la justice, M. Bertrand St-Arnaud, au sujet de l'infâme politique d'intervention en matière de violence conjugale qui autorise les arrestations sans mandats, les mesures arbitraires y compris la détention, et les moqueries de procès présidés par de petits juges fripons.

Cette politique adoptée à la sauvette sans la moindre discussion sur la base d'un grossier mensonge ( http://is.gd/bR0cg9 ) se moque des principes élémentaires de justice car elle autorise la mise en accusation sur la base d'une simple déclaration sans la moindre preuve à l'appui de cette dernière. Les policiers ont l'ordre de ne jamais effectuer d'enquête qui exposerait le méfait public sanctionné par l'art 140 du code criminel. Il s'agit d'un flagrant abus de pouvoir de la part des policiers que la cour a déjà sanctionné dans le passé notamment dans le jugement rendu en 1999 en faveur d'Alain André, jugement validé jusqu'en cour suprême : " Est fautif pour le substitut du Procureur général, de porter des accusations criminelles en se fondant uniquement sur les seules déclarations de la plaignante " dans André c Québec (Procureur général), [1999] R.R.A. 886 (C. S.)

Cette « politique », qui n'est pas une loi, contrevient à de nombreuses dispositions du code criminel et, en raison de sa mise en œuvre, d'innombrables cas de flagrantes injustices brisèrent la vie d'autant de pères de familles, soit le groupe spécifiquement ciblé par ces abus institutionnels. En voici un exemple qui n'a rien de particulier tant ces abus sont devenus communs en semblable matière http://is.gd/Iljq84 & http://is.gd/1Qdjg5

Reste à voir si les bottines vont suivre les babines car Pauline appuyait fort sur le mot intégrité dans ses premières sorties publiques après l'élection du 4 septembre dernier. J'invite vos lecteurs à faire la même chose. Il est encore permis de rêver, non ?

Olivier Kaestlé a dit…

Oui, Bisbille, il faut rêver, et merci pour ce survol détaillé et documenté de cette néfaste politique d'intervention en violence conjugale, toujours à sens unique et faisant fi de la présomption d'innocence.

Anonyme a dit…

Moi aussi j'ai été « battu » par ma femme !
Vers les derniers moments, elle s'est avancée vers moi, menaçante... avec un grand couteau de boucher. Elle voulait me le planter dans le ventre ! Nous n'étions pas d'accord sur un sujet... et pourtant on ne se disputait pas... mais elle buvait plus de 4 litres de vin par jour ! Cela se passait vers la fin 1993, en Belgique.
Aujourd'hui elle est toujours vivante. Elle est le « Dieu » de mes 5 enfants que je ne vois plus depuis plus de 18 ans !
Bravo aux hommes d'oser franchir le seuil de la honte !

Anonyme a dit…

@ Bisbille sang-un... Desole de vous decevoir, mais je crois bien que cette politique decoule du PQ, dans les annees 90, et de plus, la castafiore a ete tres militante en ce qui a attrait a la mise en place du Pratimoine Familial et de toutes les injustices qui en decoulent, alors ce n'est pas pres de changer je dirais....je suis encore sidere que des gens aient pu voter pour ce parti que l'ont ne reconnait plus, celui qui jadis, etait la fierte d'une tres grande majorite de Quebecois, soit le parti de Rene Levesque, le seul homme politique , a mes yeux, pour qui un gars ordinaire comme moi, ca voulait dire une personne a part entiere a ses yeux. Quand tu as des arguments genre: pour contrer le decrochage scolaire, on vous propose la maternelle a 4 ans (c'est quoi le rapport entre les deux, je vous demande ?), quand on simplifie genre: ceux qui gagnent plus de 130,000.$ par annee, sont capable "d'un tit effort supplementaire", c'est ca un premier ministre ?? la castafiore devrait tous nous foutre la paix, retourner dans son moulinsart, et s'occuper des ses chaudrons, ca elle semble savoir comment ca marche ! enfin, pas si sur de ca a la fin !

Anonyme a dit…

J'ai rarement connu de femmes non violentes. De la giffle facile lorsqu'offensée ou frustrée aux attaques ballistiques avec différents objets, peu de femmes savent résister à leurs pulsions violentes. Un tel contrôle ne fait tout simplement pas parti de leur éducation. Bien au contraire, la violence au féminin est souvent banalisée, particulièrement lorsque juxtaposée à la violence masculine comme si, par magie, le fait qu'un homme puisse engendrer plus de dégats absolvait les femmes de tout blâme ou responsabilité face à leur propre violence.
Pour ma part, sur les 15 compagnes qui ont partagé ma vie, une seule ne s'est jamais adonnée à un quelconque acte violent. Sinon, au mieux c'était la giffle (souvent en public) au pire, on essayait de m'enfoncer une cigarette allumée dans l'oeil ou me flanquait un coup de pied aux testicules.
J'ai donc adopté une politique de tolérance zéro envers la violence au féminin et enjoint tous les hommes à en faire autant: à la première giffle; au moindre assaut foutez moi ca à la porte et passez à un autre appel.
Vous valez mieux que ça!

Malthus

Olivier Kaestlé a dit…

Eh bien, Malthus, vous avez vécu pire que 007 ! Au moins le fait que vous ayez connu autant de compagnes indique que vous n'êtes pas resté aussi longtemps avec chacune que Sir Roger. Je me demande comment on peut endurer pareils traitements aussi longtemps.

Pour le reste, vous avez tout à fait raison : si dès le début d'une relation, vous etes agressé, que ce soit physiquement ou psychologiquement, donnez à madame son quatre pour cent. Les choses pourraient sinon aller en empirant.

Anonyme a dit…

Je comprend beaucoup mieux pourquoi, dans un film de Moore qui joue le rôle d'un chef d'escouade anti-terroriste, a dit: Nous n'allons pas libéré les femmes d'abord, mais les hommes. Ça va faire changement des femmes qui se sauvaient avec les enfants en chaloupe, alors que les hommes s'en allaient joués de la harpe sous-marine avec les hippocampes, 20 000 lieux sous les mers. Dans le film, il dit aussi qu'il avait marié une femme et que la mère de celle-ci était venu habiter dans la maison conjugale, et que cette dernière avait un cararactère exécrable et apocalyptique. Serge