samedi 8 décembre 2012

Agnès Maltais se fiche de Movembre parce que féministe ?

C'est malheureusement la question qu'il faut se poser à la suite d'une lettre mise en ligne sur Facebook par Guy Boivin, porte-parole du tiers-parti politique Équipe autonomiste, dont le programme consacre son quatrième article à la défense de la condition masculine.  Faut-il souligner que cette réalité sans cesse balayée sous le tapis a bien besoin de se voir reconnue au Québec, où hommes et garçons sont devenus, au fil des ans et sous l'égide du féminisme d'État, des citoyens de second plan ?  Voici la missive en question, adressée à nulle autre que la première ministre du Québec, Pauline Marois :

Agnès Maltais
Bonjour madame Marois!

Il me fallait, sans faute, vous aviser de certaines dérogations du moins d'une de vos ministres. En effet, j'ai appris, par les coulisses, que madame Agnès Maltais aurait éconduit le groupe Movembre en leur répliquant: «Qu'elle n'avait rien contre eux car elle est elle-même lesbienne, mais  que féministe, elle ne donnerait sûrement pas suite à une de leur demande.» Vous n'êtes pas sans savoir que le groupe Movembre est un groupe de défense des droits des hommes et qu'Équipe autonomiste a encouragé la promotion de la Journée internationale des hommes, le 19 novembre dernier.

Ce n'est que du ouï-dire mais je tenais à vous demander de rappeler à vos ministres qu'ils sont là pour représenter tout le monde et pas seulement certains groupes au détriment d'autres. Donc il vous faut défendre les droits des femmes comme ceux des hommes malgré l'incitation actuelle inverse, vu des organismes comme le Conseil du statut de la femme, le ministère de la Condition féminine, défrayés aussi par les hommes; les droits des entrepreneurs versus ceux des écologistes, etc. Je me surprends moi-même de ces histoires mais je demeure confiant en votre bon jugement et que vous saurez rappeler à l'ordre nos élus.

Espérant le tout à votre entière satisfaction, je vous adresse, madame Marois, mes salutations sincères.

Guy Boivin

Des clarifications s'imposent.

Guy Boivin se montre prudent dans son approche en évitant d'accuser sans réserve une ministre selon ce qu'il convient lui-même d'appeler des ouï-dire. Par contre, il aurait certainement été préférable, à moins que la démarche ait été tentée sans être rendue publique, que le porte-parole d'ÉA demande d'abord à Mme Maltais de clarifier son point de vue sur le litige invoqué avant de s'adresser à la première ministre du Québec.  Même devant un refus de la ministre du Travail de s'expliquer, M Boivin aurait alors été tout à fait légitimé d'interpeller Pauline Marois et de lui demander d'intervenir afin de reconnaître la légitimité évidente et essentielle d'une initiative comme Movembre, quitte à remettre l'une des ses ministres à sa place.

Lesbianisme et Movembre, quel rapport ?


Si Mme Maltais s'est vraiment exprimée envers des représentants de Movembre comme on l'a rapporté à M Boivin, il y a de quoi se poser d'urgentes questions sur ses motivations comme sur son argumentaire.  Les unes comme l'autre ne pècheraient pas alors par excès de pertinence...

Mme Maltais, indisposée par le soutien 
de James Bond, macho par excellence,
 à Movembre ?

En quoi, par exemple, le fait d'être lesbienne devrait-il inciter Mme Maltais à n'avoir rien contre Movembre, ni rien pour, apparemment ?  Où serait donc le rapport entre son orientation sexuelle et le cancer de la prostate ?  Les hommes aux prises avec des problèmes de santé ou de détresse émotionnelle représenteraient-ils par ailleurs à ses yeux une minorité opprimée, au même titre que les personnes homosexuelles ?   

Elle n'aurait pas tort du tout, mais l'homosexualité peut-elle de son point de vue se comparer à la maladie physique ou mentale ?  Les gays et les lesbiennes devraient-ils être envisagés comme des gens qu'il faille guérir de leur déviance ?  N'est-ce pas contre ces perceptions que le mouvement de défense des homosexuels lutte depuis des années ?  L'homosexualité, vécue par une minorité,  est une réalité que rien ne peut changer.  La maladie, physique ou mentale, doit être soignée, éradiquée, dans la mesure du possible.


 Franchement, Mme Maltais, si vous avez tenu de tels propos, il faudrait clarifier vos positions, car vous ne viendriez pas de vous mettre les pieds dans les plats - une habitude, au sein de votre parti - qu'envers Movembre, mais aussi envers une communauté à laquelle vous appartenez et dont vous vous réclamez.    Faites-vous partie -  vous aussi - du club des mal cités ?

Pour en revenir à Movembre, il est difficile de concevoir, alors qu'il est de plus en plus reconnu, chiffres gouvernementaux à l'appui, que les soins de santé et de services sociaux demeurent onze fois plus subventionnés pour les femmes que pour les hommes, qu'une ministre, fut-elle péquiste, refuse de soutenir une cause aussi louable vouée à la santé des hommes.  Si Mme Maltais reconnaît implicitement, en les comparant à des lesbiennes, que les hommes en difficulté constituent une minorité opprimée, pourquoi ne pas faire preuve envers eux de la même générosité et du même humanisme qu'elle préconise envers ses semblables ?  La cohérence constitue-t-elle un tel luxe pour elle ?

Non, parce que je suis féministe !


Lise Payette, première ministre de
la condition féminine du Québec.
Le motif qui aurait par ailleurs été invoqué par Mme Maltais pour se dissocier de Movembre a de quoi faire sourciller :  elle ne peut épouser cette cause, vouée à la reconnaissance des problèmes de santé masculins, dont le cancer de la prostate, parce qu'elle est féministe.  Bref, quand on se réclame du féminisme, on se doit de se montrer insensible envers les hommes au point de faire preuve de la plus totale inhumanité envers ceux d'entre eux qui souffrent !  Étonnante façon d'envisager l'engagement envers la collectivité, quand on en repousse la moité en fonction de son sexe.  Ceci, évidemment, si Mme Maltais a été citée correctement.

Parce qu'elle est féministe, et que Movembre se voit de plus en plus associé à la Journée internationale des hommes - certains diront récupéré par les masculinistes - , faut-il également conclure que Mme Maltais refuse de reconnaître l'apport essentiel de ces derniers à leur collectivité ?  Une telle position ne serait pas surprenante de la part d'un membre d'un parti politique reconnu pour son caractère soi-disant progressiste parce que féministe, mais dans les faits sexiste envers les hommes.  

Le premier ministère de la condition féminine n'a-t-il pas été instauré sous le premier mandat du parti québécois avec, à sa tête, Lise Payette, dont la misandrie presque pathologique n'est plus à démontrer ?  N'est-ce pas sous le PQ qu'a été mise en place l'inquisitoriale politique d'intervention en violence conjugale qui fait que, chaque année, près de 10 000 hommes sont arbitrairement arrêtés sur simple dénonciation de leur conjointe, puis relâchés, après un séjour de 24 heures en cellule ?  Ces arrestations injustifiées ne surviennent-elles pas à la suite de signalements métamorphosés chaque année, par la malhonnêteté du ministère de la Sécurité publique, en agressions sanctionnées par un verdict ?  


N'est-ce pas sous Pauline Marois, alors ministre de la Condition féminine, que le désormais célèbre mensonge à l'effet que 300 000 femmes étaient chroniquement battues au Québec a été commercialisé, dans les courant des années 80 ?  Et que dire de Louise Harel, qui proclamait, alors qu'elle était elle aussi ministre de la Condition féminine, que les hommes étaient trop souvent mauvais payeurs de pensions, avant de se faire remettre à sa place par Georges Dupuy auteur de Coupable d'être un homme, qui révélait la statistique à l'effet que 90 % des pensions parvenaient sans problème aux ex-conjointes ?


L'heure juste, s'il vous plaît!


Pauline Marois, première ministre du Québec.
Comme nous ne pourrons jamais compter sur les médias pour clarifier les déclarations de Mme Maltais, dans l'éventualité où ils en auraient été informés, c'est à nous, citoyens et citoyennes du Québec engagés dans la nécessaire reconnaissance de la condition masculine, de demander des comptes à la ministre péquiste.  Agnès Maltais détient une page Facebook.  Ensemble, nous devons lui demander si elle a bel et bien éconduit la délégation de Movembre sans lui accorder son soutien et, dans l'affirmative ou le refus de Mme Maltais de s'expliquer, lui manifester notre plus vive réprobation avant de dénoncer ses positions à la première ministre du Québec, également présente dans Facebook .  

C'est l'accumulation de semblables gestes citoyens qui finira par éroder l'indifférence étatique envers les hommes et les garçons du Québec et par faire progresser notre société vers une véritable égalité homme femme incluant, cette fois, le principe de réciprocité, en dehors des stéréotypes réducteurs.   

4 commentaires:

Olivier Kaestlé a dit…

J'ai tenté d'envoyer un message à Mme Maltais, lui demandant de clarifier ses positions. Voici ce qu'on m'a répondu :

La remise a échoué pour ces destinataires ou listes de distribution :

amaltais-tasc@assnat.qc.ca
Votre message n'a pas été remis en raison des stratégies de sécurité. Microsoft Exchange ne tentera plus de remettre ce message pour vous. Fournissez le texte de diagnostic suivant à votre administrateur système.

________________________________
Envoyé par Microsoft Exchange Server 2007

Parlez-moi d'une ministre ouverte à l'opinion publique...

Olivier Kaestlé a dit…

Cette autre adresse semble fonctionner :
ministre@mess.gouv.qc.ca

Anonyme a dit…

Encore un bel exemple de cette dissonance cognitive qui semble maintenant être la norme de la réaction féministe.
Honnêtement Olivier, à force d'observer la paranoia, l'adhésion aux théories du complot (ce méchant patriarcat international), ce complexe de persécution, toute la dissonance cognitive qui émane des lèvres féministes; ce manque d'empathie total pour tout ce qui n'est pas féminin (manque d'empathie qui n'est pas sans rappeler celui du psychopathe) et les discours à la sémantique hystérique dont on nous abreuve à la moindre opposition (vous êtes anti-femme!)- j'en viens à considérer le féminisme comme une forme de maladie mentale plutôt qu'une pensée saine et valide.
Peut-être devrions-nous calquer notre réponse à celles de nos bonnes professeures mais, au lieu de bourrer nos garcons de Ritalin, peut-être devrions-nous sérieusement songer à bourrer nos femmes d'anti-psychotiques et de puissants calmants histoire que notre société retrouve un semblant de sérénité?
We can't argue with crazy but we can sure treat it...

Malthus

Olivier Kaestlé a dit…

Pas de doute que plusieurs femmes et un grand nombre de féministes, parmi lesquelles une forte majorité de féministes d'État, corresponde au portrait que vous tracez à la fin de votre commentaire.

Pour le reste, je suis 100 % d'accord avec vous. Moi qui travaille en santé mentale, je rêve du jour où un département complet sera enfin mis à la disposition, dans nos hôpitaux, de ces personnes déphasées en vue, non pas de les réhabiliter - mission impossible - mais d'atténuer ou de retarder les effets indésirables de leur maladie. Je crois que l'on aura trouvé un remède à l'Alzheimer avant de guérir le féminisme d'État.