dimanche 22 décembre 2013

Fausses accusations : quelle présomption d'innocence ? (2)

Tel que promis dans ma dernière chronique, qui relatait la triste histoire de Simon, victime du harcèlement de son ex-conjointe, mais aussi du système policier et judiciaire de sa localité, j'enchaîne avec la quête d'informations de celui qui a fait connaître cette saga au public par le biais d'un article fort détaillé dans la magazine pour hommes Summum.

Jean-François Guay
Ce journaliste pigiste, Jean-François Guay, est certainement le premier, à ma connaissance, à aborder et à dénoncer, dans un média autre que social, l'enfer policier et judiciaire que vivent de trop nombreux hommes au Québec, une société distincte où, paraît-il, l'égalité homme femme reste un devoir d'État.  Mon œil... L'égalité sans réciprocité, avantageant toujours la même partie au détriment de l'autre n'est rien de plus que fumisterie et imposture.

Les constats de cet homme téméraire lui vaudront certainement, si tel n'est pas déjà le cas, de se voir accoler les épithètes de masculiniste, d'antiféministe, de misogyne et de quelques autres politesses inhérentes au lexique d'idéologues pour qui toute dénonciation de comportements féminins haineux ou déviants ne peut être attribuable qu'à un refus patriarcal d'admettre l'inexorable marche des femmes vers l'égalité, par définition toujours essentiellement tournée vers le bien.  La réalité peut s'avérer aux antipodes de ces nobles ambitions...

Un bref rappel

C'est par l'intermédiaire de Simon (nom fictif), le héros involontaire du récit de Guay, que j'ai fait la connaissance de ce dernier.  Les réflexions et constats des deux hommes sont venus valider des perceptions que j'avais moi-même formulées à plusieurs reprises dans mon blog.  J'y ai déjà relaté plusieurs cas au moins aussi dramatiques et injustes vécus par des hommes, leurs nouvelles conjointes et leurs enfants.  

Il suffit d'une conjointe ou d'une ex-conjointe mal intentionnée pour mettre le feu aux poudres et attirer sur un homme sans reproches les foudres d'un système sacralisant la parole de son accusatrice et niant à sa victime tout droit à la présomption d'innocence.  Car c'est cette tragique réalité, véritable accroc à la Justice de notre État de droit, que ce récit, comme bien d'autres histoires vécues, révèle : la suppression de la présomption d'innocence dans le cas où la partie accusatrice est féminine et la partie accusée, masculine.

Cet état de fait aura valu à Simon 405 jours d'enfer pendant lesquel il sera tour à tour faussement accusé de violence conjugale, arrêté à deux reprises - sans compter plusieurs autres tentatives d'arrestation -, acculé à la dépression au point d'attenter à sa vie, pour enfin se voir refuser tout recours judiciaire contre sa malveillante ex-conjointe, une fois innocenté et lourdement endetté par des procédures judiciaires stériles.

Il est impossible au Québec de traduire en justice au criminel une ex-conjointe qui a porté de fausses accusations.  Ceci est d'ailleurs vrai pour toute femme, conjointe ou pas, portant de fausses accusations contre un homme, le délit de méfait public, pourtant inscrit au Code criminel canadien, ne s'appliquant pas pour elles, gracieuseté de notre omnipotent féminisme d'État.  Cette impunité ouvre la porte à de nombreux abus encombrant notre système judiciaire déjà engorgé.

Une politique inspirée d'une imposture...


Quel pouvoir discrétionnaire ?
C'est si inusité de voir un journaliste aller au fond des choses sur un sujet aussi explosif !  Jean-François Guay a recueilli les propos de Bruno Blouin, sergent-détective retraité du SPVM, qui lui a expliqué que l'arrestation est automatique, dès qu'une plainte pour violence conjugale est déposée.  « C'est une politique ministérielle, nous n'avons pas de pouvoir discrétionnaire », a-t-il précisé.  

M Blouin fait ici allusion à la politique d'intervention en violence conjugale, instaurée au milieu des années 80 alors que Mme Pauline Marois occupait les fonctions de ministre à la Condition féminine.  Cette politique a été élaborée à la suite d'une présumée statistique fédérale prétendant qu'une femme sur dix, mariée ou en union de fait, était chroniquement battue par son conjoint au Canada.  Linda McCleod, l'une des deux responsables de cette statistique inventée, devait admettre en 1994 que celle-ci n'avait aucun fondement scientifique.  Le Québec devait pourtant s'en inspirer.  Et continue de le faire...

En 1984, la population de la belle province avoisinait les six millions de résidents.  Des fonctionnaires sans grande rigueur scientifique se dirent alors que, la moitié féminine du Québec représentant environ trois millions de personnes, une femme sur dix, chroniquement battue, mariée ou en union de fait, devait équivaloir à 300 000 résidentes, pour faire un chiffre rond.  Le hic, c'est que ce chiffre himalayen inclut tout autant le bébé de sexe féminin que la religieuse nonagénaire n'ayant jamais connu les plaisirs des sens...  L'imposture est flagrante.

Un excellent article de L'Express offre un éclairage additionnel sur la fabrication de cette statistique :  « Durant vingt-quatre ans, les "300 000" deviennent le leitmotiv des mouvements féministes québécois, jusqu'à ce que l'Institut de la statistique du Québec publie une enquête digne de ce nom, en 2004, qui ne compte plus que 14 209 femmes se disant victimes de violences conjugales. Quant aux 52 Québécoises assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint, les chiffres publiés par la Sécurité publique du Québec en 2000-2001 donnent 14 femmes et 7 hommes assassinés par leur conjoint. »

Guay relate de son côté que Denis Laroche, statisticien particulièrement honni des féministes d'État, avait dès le début soupçonné l'imposture des 300 000 femmes battues : « J'ai dérangé beaucoup de personnes dans divers ministères dans ma quête de réponses.  Des représentantes du Conseil du statut de la femme ont fait pression sur moi pour que je laisse tomber. »  Vous dire mon étonnement...

C'est pourtant en raison de cette fumisterie, dénoncée avec rigueur par L'après-rupture dans l'essai intitulé judicieusement 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ?, que les policiers sont toujours tenus d'arrêter et de détenir un homme sur simple dénonciation.  M Blouin a confié à Jean-François Guay que le cas de Simon n'était pas rare, et même qu'il était inévitable.  

Denis Laroche
La crainte de représailles pèse pour beaucoup dans le maintien de cette procédure inquisitoriale : « Personne ne veut se retrouver avec une plainte en déontologie ou une plainte au Barreau, a précisé M Blouin.  On ne court pas de risque et des poursuites sont alors entamées à titre préventif dans des dossiers où il n'y a qu'apparence de violence conjugale. »  Eh oui, vous avez bien lu : des poursuites à titre préventif...

Jean-François Guay enchaîne : « Si la présumée victime est déterminée à vouloir nuire à l'ex-conjoint, le système lui ouvre toute grande la porte pour mener sa vendetta, et ce, en toute impunité. »  Bien sûr, pas d'accusation de méfait public dans le cas de la manipulatrice...

D'autres voix s'élèvent  

Me André Blanchette, avocat criminaliste interrogé par Guay, abonde dans ce sens : « Le traitement accordé aux hommes, lors du processus judiciaire, est souvent plus lourd quand on pense notamment à l'arrestation, à la détention et à l'imposition des conditions de remise en liberté.  Il faut malheureusement souvent attendre l'audition du procès avant que les parties ne se retrouvent à armes égales et que justice ne soit enfin rendue. »  

Ces délais peuvent atteindre parfois plus d'un an après la mise en accusation.  Imaginez l'horreur et l'angoisse de l'attente pour un homme qui n'a rien à se reprocher, comme Simon.  Yves Nantel, travailleur social et bénévole au Service d'aide aux conjoints (SAC) depuis 1989, n'hésite pas à parler de profilage de genre, devant le nombre quotidien d'appels de détresse d'hommes soudainement aux prises avec des accusations au criminel.  Certains évoquent même le suicide. 

« On fait arrêter des pères le vendredi à 17 h, pour qu'ils passent le week-end en dedans, affirme l'intervenant.  Ils perdent ainsi leur droit d'accès aux enfants ou carrément leur accès au domicile familial. »  Rappelez vous la citation de George Dupuy, auteur de Coupable d'être un homme, mentionnée dans ma chronique précédente : « (...) aujourd'hui, sur simple dénonciation ou allégation auprès de la police, une femme peut priver son conjoint de son logement et de ses enfants. »  Il écrivait cette phrase en 2000.  Elle est toujours d'actualité en 2013.

Manon Monastesse
Tandis que des défenseurs de la condition masculine comme Lise Bilodeau, présidente de l'Action des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ) et Jean-Claude Boucher, président de L'après-rupture, dénoncent avec vigueur l'injustice légalisée subie par les hommes et la violence des femmes qui utilisent à des fins malveillantes le système actuel, on ne sera pas surpris d'apprendre que Manon Monastesse, directrice de la Fédération des ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec, refusant toute entrevue au journaliste de Summum, n'a pas hésité, sans même connaître les tenants et aboutissants de l'histoire de Simon, à mettre en doute sa version.  

Simon ne s'avoue pas battu...

Simon compte bien faire pression auprès de son député afin de défendre le dossier des fausses allégations, des injustices qu'elles entraînent, et de l'impunité offerte à celles qui les profèrent.  Un labeur de longue haleine l'attend sans doute, en vue d'un dénouement incertain.  

Il faut néanmoins l'encourager : si lui et des gens comme lui restent passifs, on peut être assuré que rien ne bougera dans un dossier aussi marqué par l'injustice sociale et par le sexisme envers les hommes.  En aucun cas une telle situation, favorisée par le lâche silence de médias complices, ne doit perdurer indéfiniment dans l'isolement des prisons et des cours de justice.

dimanche 15 décembre 2013

Fausses accusations : quelle présomption d'innocence ? (1)

La présomption d'innocence existe-t-elle toujours au Québec quand un homme se voit faussement accusé par son ex-conjointe de violence conjugale ou d'abus sur ses enfants ?  Devrions-nous désormais parler de violence post-conjugale, celle-ci étant favorisée, quand elle n'est pas fortement encouragée, par nos corps policiers et notre magistrature ?  Le récit que je vais vous relater pourrait appuyer l'instauration de ce nouveau concept.  Il s'agit de l'histoire de Simon, mais de - trop - nombreux hommes se reconnaîtront certainement dans les faits qui suivent.

Un livre de référence essentiel.
Pour mettre ce récit en perspective, je citerai un passage tiré d'un ouvrage qui gagnerait à être mis entre les mains de tout magistrat, policier, intervenant social ou féministe du Québec et d'ailleurs en Occident.  Il s'agit du livre intitulé Coupable d'être un homme, de Georges Dupuy, victime de fausses allégations, mais plus encore du système policier et judiciaire qui, comme le titre de son essai l'indique, l'a jugé coupable sur simple profilage de genre.  Cet auteur s'exprimait ainsi en 2000 :

« La violence conjugale est un sujet aussi important que complexe.  Des femmes, comme des hommes, en ont été victimes et le sont d'ailleurs encore.  Cependant, ce sont les femmes qui se sont organisées pour lutter contre la violence , avec un succès grandissant dont on peut se réjouir. Sauf que ce succès a conduit à une aberration : aujourd'hui, sur simple dénonciation ou allégation auprès de la police, une femme peut priver son conjoint de son logement et de ses enfants.  C'est aussi facile que cela et aucune autre preuve qu'une déclaration n'est exigée.  Pour cette simple raison que, a priori, la femme est une victime et l'homme, un bourreau. »

Bien que le récit qui suit décrive davantage un cas de harcèlement judiciaire après rupture, il prouve que, pour ce qui est de la sacralisation de la parole de la plaignante et du pouvoir de celle-ci sur son ex conjoint, les propos de Georges Dupuy restent malheureusement autant d'actualité en 2013 qu'ils l'étaient 13 ans plus tôt.

Simon m'écrit.

J'affirme souvent, et maintiens, que les médias sont indignes du rôle de dénonciateurs d'injustice dont ils se targuent.  C'est également à cause de leur silence, voire de leur lâcheté, si des iniquités aussi grossières que celles dénoncées par Georges Dupuy et d'autres victimes de harcèlement judiciaire perdurent.  Car il est impossible que les journalistes ne sachent pas que de telles exactions, à caractère aussi inquisitorial, puissent se produire.  

Heureusement, il existe quelques rares exceptions à ce tableau monochrome et mortifère d'inaction médiatique.  Le magazine Summum, sous la plume du journaliste pigiste Jean-François Guay, devait relater une sinistre affaire retraçant les mésaventures de Simon (nom fictif) avec son ex-conjointe, le corps policier de sa localité et le système qui y tient lieu de Justice.

Seul contre le système judiciaire, par Jean-François Guay.
Un beau matin, j'ai reçu un courriel dudit Simon, avec en pièce jointe l'article de Summum, m'enjoignant de faire connaître à mon tour sa triste histoire.  Afin de valider son identité, je communiquais avec le journaliste, qui me confirma ses dires.  C'est en me fondant tout autant sur les propos de Simon que sur ceux du journaliste, généreux de ses informations, et sur son article détaillé que j'ai rédigé le texte qui suit.

405 jours en enfer...

C'est en mars 2012 que la vie de Simon, qui vient de se séparer, bascule, alors qu'une voix impersonnelle lui annonce au téléphone qu'il est en état d'arrestation selon l'article 264.3 du Code criminel pour harcèlement envers Sophie (nom fictif), son ex-conjointe.  L'accusation est fausse, bien sûr, mais notre homme n'en est pas moins déjà traité en criminel par la sergente-détective du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui l'apostrophe.

Simon filait jusqu'ici des jours paisibles, vivant avec deux de ses trois enfants, des filles âgées respectivement de 12 et 14 ans, et nouvellement en couple avec une femme nettement plus compatible avec lui que son ex-conjointe.  Est-ce là justement le motif des fausses allégations de cette dernière ?  Ou est-ce le fait que Simon venait de décider d'officialiser légalement la garde des enfants, voulue et demandée par elles ?  Ce dernier événement allait déclencher le début des hostilités. 

Non contente de le faire arrêter, l'ex-conjointe de Simon lui dispute la garde des enfants.  Considéré par notre justice comme coupable jusqu'à preuve du contraire, notre homme, traité en criminel potentiel, sera tenu d'observer des conditions strictes dont celle de ne pas se trouver à moins de 50 mètres de sa « victime » et à moins de 200 mètres de son domicile.  Celle-ci tentera de le faire arrêter plus de six fois en presque huit mois !  « J'ai failli mettre un terme à mes jours, devant tant de pression », m'a confié Simon, la gorge nouée.

Son ex-conjointe n'hésite pas à l'accuser de harcèlement et de violence conjugale, depuis qu'elle l'a soi-disant laissé (alors que c'est le contraire), en plus d'affirmer qu'elle craint pour son existence même et pour la sécurité des enfants, bien que Simon s'occupe d'eux à temps plein.  

Palais de justice de Montréal.
Cette femme déséquilibrée aura l'audace, en plein palais de justice de Montréal, d'établir un contact non sollicité avec Simon en se penchant sur lui afin de lui remettre des documents, devant son avocate, estomaquée, qui le tire vers elle, afin d'éviter toute ambiguïté qui ne manquerait pas de lui être préjudiciable, malgré l'évidente responsabilité de son ex.  Comment croire cette dernière, qui se dit menacée par Simon ?   

Malgré la pléthore de courriels qui démontre clairement qu'elle n'avait pas fait le deuil de leur relation, Sophie accuse son ex-conjoint de jalousie et de ne pas supporter la rupture, d'où sa violence... fictive.  Mais il semble que ces éléments de preuve flagrants n'aient pas été retenus lors d'une enquête qui semblait davantage à charge qu'à décharge.  Simon n'est pas le premier faussement accusé à me faire ce constat.

Pour tout arranger, l'ex conjointe profite du fait que Simon stationne malencontreusement son auto en deçà de la limite des 200 mètres qui lui est imposée, afin d'éviter à sa fille un chantier routier lors d'une rare visite à sa mère.  Sophie saute sur l'occasion d'appeler la police et de lui signaler ce « crime », non sans mentionner qu'elle craignait pour sa sécurité et celle de ses enfants. 

Simon recevra un appel de la charmante détective qui l'avait apostrophé une première fois, l'informant qu'il sera arrêté et détenu pour son crime, sans lui donner l'occasion de fournir sa propre version des faits.  Pas de doute, Simon est coupable d'être un homme.  Il sera finalement arrêté, mais pas incarcéré, la policière commençant - enfin - à douter de la parole de son accusatrice.  Après avoir inutilement semé l'émoi parmi les enfants de notre homme, elle se verra dans l'obligation, dépitée, d'admettre que la plainte de Sophie est sans motif.

« Tous les policiers que j'ai consultés m'ont dit qu'on n'arrête pas un parent à 135 mètres au lieu de 200, avec ses enfants, ce qu'était le but visé par mon ex », de me confier Simon.  

Je profite de l'occasion pour préciser qu'il s'agit d'une autre plainte qui a été recensée par le ministère de la Sécurité publique avec celles qui totalisent le pourcentage faramineux de 80 % de présumées victimes féminines de violence conjugale.  Ce même ministère tente chaque année de nous faire passer toutes ces femmes pour des victimes d'infractions validées par un verdict de culpabilité.  

Afin de lui nuire davantage, Sophie va jusqu'à s'approcher de Simon suffisamment près pour le prendre en photo et le dénoncer ensuite pour avoir soi-disant violé la limite de 200 mètres qui lui était imposée.  Heureusement, des témoins parviennent à convaincre les autorités, toujours aussi peu empressées d'établir la véracité des faits, que Simon n'a rien à se reprocher, sans pour autant que Sophie ne soit rappelée à l'ordre.

Notre homme, victime du système.
Craquant sous le poids de cette violence post-conjugale, policière et juridique, notre homme s'effondre et doit être hospitalisé 24 heures pour traiter un choc nerveux et lui éviter la dépression.  Il n'est pas au bout de ses peines, puisque les procédures dureront en tout 405 jours.  Quatre-cent-cinq jours, plus d'une année, à vivre avec cette épée de Damoclès, dans la crainte d'une détention arbitraire et injustifiable !   ... Et des frais judiciaires qui dépasseront les 50 000 $.

Les conjointes ne peuvent être poursuivies pour méfait public...

Lassé de ce harcèlement haineux, car c'est bien lui, et non Sophie, qui en est victime, Simon décide de porter plainte.  Lui non plus n'est pas le premier à me dire qu'aucun policier ne fait grand effort pour faire cheminer le dossier.  À force d'insistance, la plainte se rend sur le bureau d'une procureure de la Couronne... qui oubliera de la traiter.  Aucune femme au Québec ne peut être poursuivie pour méfait public dans un contexte de conflit conjugal, c'est une loi tacite.

Rappelons que Sophie aura tenté huit fois de faire arrêter sans motif son ex-conjoint sans être le moins du monde inquiétée.  S'il ne s'agit pas là d'une immunité diplomatique en béton, qu'est-ce que c'est ?  Dans ma prochaine chronique, je mettrai à profit le travail de Jean-François Guay, un véritable journaliste qui est allé au fond des choses afin de tenter d'expliquer les raisons pour lesquelles Simon a pu être victime d'un tel harcèlement judiciaire sans pour autant obtenir réparation.  « Quand je vois maintenant un policier dans la rue, je me sens traqué », m'a confié Simon.  Qui ne se sentirait pas ainsi dans pareilles circonstances ? 

Je répète donc la question que je posais au début de cette chronique : la présomption d'innocence existe-t-elle toujours au Québec quand un homme se voit faussement accusé par son ex-conjointe de violence conjugale ou d'abus sur ses enfants ?  Vous avez désormais des éléments de réponse...

Pour lire la deuxième des deux chroniques consacrées à la négation de la présomption d'innocence, cliquez ici. 

samedi 7 décembre 2013

Violence familiale : un cas type de men bashing

Du 25 novembre, journée de lutte à la violence faite aux femmes, au 6 décembre, commémoration de la tuerie de Polytechnique, s'est déroulé la neuvaine féministe de dénonciation de la violence faite aux femmes, vite transformée en campagne de dénigrement systématique envers les hommes.  S'agit-il d'un signe des temps, il semble que cette propagande s'est faite sur un ton légèrement plus bas cette année, comme si elle passait moins bien, l'esprit critique populaire se développant lentement mais sûrement au fil des ans.  

Mais il y a toujours des dérives...

Toujours le même visage de la violence conjugale...
L'une d'elles nous est venue d'Isabelle Maréchal, chroniqueuse au Journal de Montréal, et avait pour titre L'amour qui tue.   Vous l'aurez deviné, Mme Maréchal aura distribué les rôles selon la tradition féministe victimaire : celui des victimes est allé aux femmes, et celui des prédateurs, bien sûr, aux hommes.  Impossible de penser différemment.  D'ailleurs, tout discours qui ne respecte pas ces paramètres bien définis et si confortables pour un esprit peu investigateur irrite Mme Maréchal.

À ce propos, elle écrit : « Pourquoi, dès qu'il est question d'un père qui a tué ses enfants par « vengeance » contre sa conjointe, faut-il s'empresser de citer les noms des mères infanticides ? »  

Parce que ces noms correspondent à des personnes de sexe féminin qui ont tué leur enfant.  Ils contribuent à donner un visage « humain » à la violence au féminin et à briser un tabou ainsi qu'un stéréotype.  

Au fait, le terme infanticide désigne spécifiquement le meurtre du nouveau-né.  Dans la majorité des cas, c'est la mère qui tue.  Selon Statistique Canada, « Il y a infanticide lorsqu’une femme cause volontairement la mort de son nouveau-né (nourrisson de moins de un an), si l’on croit que son esprit est alors déséquilibré en raison des effets de l’accouchement ou de la lactation.»  Soulignons que la cruauté, l'insensibilité ou la démence ne sont pas envisagées ici, malgré les dépêches qui nous parviennent des quatre coins du monde.

Plus étonnant encore, il n'existe aucun moyen de connaître la proportion d'hommes et des femmes coupables d'infanticides ou de meurtres d'enfants chez Statistique Canada.  Ayant constaté ce vide, j'ai directement adressé à cet organisme une demande d'information dans ce sens.  On m'a répondu ceci : 

« Vous trouverez dans le tableau CANSIM 252-0051 des statistiques des crimes fondés sur l'affaire par infractions détaillées, incluant des données sur l’infanticide. (...) Les données de ce tableau ne sont toutefois pas disponibles par sexe de l’accusé.

« De plus, le tableau CANSIM 252-0053 présente de l’information sur le nombre de causes et d'accusations aux tribunaux de juridiction criminelle pour adultes. Les données de ce tableau sont disponibles par sexe et groupe d’âge de l’accusé. Toutefois, les données ne sont pas disponibles spécifiquement pour l’infanticide et le meurtre d’enfants. »
 

Meurtres d'enfants : une énigme statistique...
À défaut, donc, de savoir leur pourcentage, il faut connaître les noms de ces meurtrières - Oui, « meurtrier » se féminise. - à cause de bien-pensants trop nombreux pour qui la violence doit rester un phénomène essentiellement masculin, malgré l'abondance de documentation qui démontre la responsabilité féminine.

Mme Maréchal poursuit, toujours indignée contre la progression populaire d'un discernement nuancé sur le phénomène de la violence familiale : « Pourquoi, chaque fois qu'il est question de violence conjugale, y a-t-il quelqu'un qui croit bon de rappeler que les hommes aussi en sont victimes ?  Que les femmes ne sont pas les seules à  " manger des claques " ? » 

Parce qu'il est nécessaire de rappeler que les hommes aussi en sont victimes et que les femmes ne sont pas les seules à  « manger des claques ».  La réponse n'était-elle pas contenue dans la question ?  Dénoncer là encore le tabou de la femme violente et de l'homme victime, ça ne contribuerait pas à aider les unes comme les autres à briser leur isolement et à surmonter leur problème ?  

Il est curieux de constater que, pendant qu'il est impossible de connaître le pourcentage de mères meurtrières chez Statistique Canada, il devient facile de savoir le pourcentage de femmes victimes de meurtres entre conjoints.  De méchantes langues pourraient conclure que, tandis que les femmes demeurent majoritaires dans ce domaine peu enviable, on peut alors divulguer sans gêne cette statistique.  Voilà qui cadre avec un certain discours dominant.

Or le fait que les femmes soient les premières victimes de meurtres entre conjoints ne signifie pas qu'elles soient majoritaires dans toutes les catégories de violence conjugale.  Il m'arrive parfois de trouver que je me répète quand j'écris que le ministère de la Sécurité publique induit le public en erreur en présentant des signalements de violence conjugale comme des infractions validées par un verdict de culpabilité par l'affirmation trompeuse que 80 % des « victimes » seraient des femmes. 

Remarquez, même Statistique Canada reproduit le même pourcentage faussé dans son Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondée sur l'affaire, - à ne pas confondre avec ses enquêtes sociales générales, nettement plus fiables - qui s'appuie exclusivement sur les signalements aux corps policiers, sans tenir compte du fait qu'une accusation peut être non fondée, ni de celui que les hommes n'osent pas dénoncer. 

Des individus comme Mme Maréchal me persuadent qu'il faut continuer à cogner sur le même clou jusqu'à ce qu'une majorité réalise qu'on ne leur dit pas la vérité avec des énoncés tels que celui-ci : « On a beau nier le problème (Sic !), les chiffres parlent d'eux-mêmes (Vraiment ?) : en 2012, 80 % des victimes de violence conjugale étaient des femmes. » 

Et Mme Maréchal d'insinuer que le peu - selon elle - de victimes masculines ne subirait pas de violence physique : « Si 20 % d'hommes subissent la violence verbale ou psychologique de leur conjointe, dans les faits, 93 % des meurtres conjugaux sont commis par des hommes. » 

Eh oui, la violence faite aux hommes existe...
Mme Maréchal ignore vraisemblablement les enquêtes statistiques sur la violence familiale de Statistique Canada de 1999, 2004 et 2009.  Dès l'enquête de 1999, Statistique Canada, tout en reconnaissant que les femmes subissaient la violence la plus sévère, incluant passage à tabac, tentative d'étranglement et agression sexuelle, affirmait : « Les hommes qui ont parlé de violence de la part d'un ex-partenaire étaient plus susceptibles que les femmes de dire qu'ils avaient été giflés, qu'on leur avait donné des coups de pied, qu'on les avait mordus ou qu'on leur avait donné des coups de poing, ou encore qu'on leur avait lancé quelque chose. » 

Cette perception est confirmée par les enquêtes sociales générales sur la victimisation de 2004 et 2009 : « Une proportion similaire de Canadiennes (6,4 %) et de Canadiens (6 %) déclarent avoir été victimes de violence physique ou sexuelle infligée par un partenaire actuel ou ancien entre 2004 et 2009. Les femmes rapportent cependant une violence plus grave et plus souvent répétitive.1 »

Non, il n'est pas question ici que de violence verbale ou psychologique subie par les hommes, réalité que Mme Maréchal connaîtrait si seulement elle avait la décence de se documenter correctement sur les sujets qu'elle traite avant de se tirer dans le pied.

D'où vient cette statistique ?

Mais il ne s'agit pas là de la pire fausseté de la chronique de Mme Maréchal.  La voici : « Une femme sur quatre au Québec est victime de violence dans son couple.  Ce n'est pas un problème de société.  C'est bien pire, c'est un fléau immense, dont on n'ose parler que quelques jours par année. »  Rengainez viter vos mouchoirs...

La statistique invoquée par Mme Maréchal, dont elle ne cite pas la source, proviendrait de l'enquête sociale générale de Statistique Canada de 1993, citée dans ce lien par une intervenante de la DPJ, un chiffre qui n'a jamais été reconfirmé par le suite par les études similaires qui ont suivi en 1999, en 2004, ni en 2009, et pour cause.  Dans le documentaire sur la violence féminine intitulé Pied de biche, de Robert Favreau et Rachel Verdon, le statisticien Denis Laroche explique (vers 3 min 33) que des groupes féministes avaient été associés à la confection de l'enquête de 1993, ce qui en avait considérablement faussé la démarche scientifique.  

En clair, la statistique citée par Mme Maréchal ne vaut rien.  Précisons que, toujours à cause des mêmes idéologues, les hommes ont été exclus des statistiques sur la violence conjugale.  Il faudra attendre 1999 pour qu'enfin ils soient considérés comme victimes par Statistique Canada.

Mme Maréchal continue par ailleurs de n'attribuer qu'aux femmes des comportements également ressentis par les hommes victimes de violence conjugale : « C'est donc difficile pour une femme de témoigner de la violence qu'elle a subie. »  Imaginez alors pour un homme !

Quand on sait l'accueil réservé aux hommes qui osent porter plainte pour violence conjugale, traités de « moumounes » et d'autres politesses par des policiers qui leur disent de « mettre leurs culottes », on se demande si la chroniqueuse réside bien sur la planète terre.  Dans plusieurs cas, quand l'homme appelle au secours, c'est lui qu'on arrête en vertu de la politique d'intervention en violence conjugale, une injustice méticuleusement dissimulée par nos médias.

Un ouvrage pour déniaiser nos journalistes...
Mme Maréchal renchérit : « Pour elle (la femme victime), c'est un constat d'échec qui laisse des bleus au corps, mais aussi au cœur.  C'est devoir avouer qu'elle s'est trompée, qu'elle a aimé le mauvais "gars".»

Si seulement Mme Maréchal pouvaient sortir de ses ornières idéologiques et s'informer enfin sur un sujet aussi sensible que le violence conjugale, en dehors des diktats féministes.  Je lui recommande la lecture de L'homme battu, de Sophie Torrent, un essai très éclairant dans lequel elle constaterait que des hommes vivent des réalités similaires à celles qu'elle décrit.

Toujours en phase avec un discours féministe usé marqué par le repli sur soi, elle conclue : « Il faut que les femmes trouvent la force de s'en sortir pour elles et leurs enfants.  Car l'amour ne doit ni menacer ni tuer.  »  C'est aussi vrai pour les hommes et les enfants qui doivent quitter la maison parce que maman a sauté sa coche et qui se retrouvent sans ressources alors que ces dernières abondent pour les mères et les enfants en pareille situation.  

Mais on anticipe alors sans problème la réaction que pourrait avoir Mme Maréchal : « Pourquoi chaque fois qu'il est question de mères et d'enfants menacés par un homme, y a-t-il quelqu'un qui croit bon de rappeler que des pères et leurs enfants aussi doivent être aidés ? »  Parce que c'est évident.  Et qu'il est urgent d'agir, en dehors de toute déviance idéologique.

mercredi 27 novembre 2013

Quand la FFQ commet exactement ce qu'elle condamne...

Ce 25 novembre, journée internationale de lutte contre la violence faite aux femmes, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) a dénoncé ce qu'elle considère comme étant la banalisation de la violence faite aux femmes.  Au premier rang des accusés de cette problématique sociale, ainsi décrétée par ces militantes : les « masculinistes » qui tournent en dérision ses propos, quand il ne la poursuivraient pas ou ne la menaceraient pas de poursuites.

Alexa Conradi, présidente, et ses acolytes.
Comme ces militantes refusent d'identifier leurs tortionnaires, « pour ne pas leur faire de publicité », disent-elles, impossible de vérifier cette information, ni par conséquent de la valider. « Des antiféministes ont tenté d'avoir une injonction contre une campagne du gouvernement sur les agressions sexuelles parce qu'ils jugeaient que les statistiques étaient fausses. Et ça a des impacts », a déclaré Louise Riendeau du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.  Le public commencerait-il à remettre en cause certains diktats par l'exercice d'un nouvel esprit critique ?

Bien que Mme Riendeau ne précise pas de quelle campagne il s'agit, il y a de fortes probabilités qu'il soit question de celle qui avait inondé les médias en 2008. Vous vous souvenez peut-être de cette pub nous montrant une jeune femme qui affirmait sans sourciller qu’« au Québec, une femme sur trois sera la victime d’une agression sexuelle au cours de sa vie ».

Commanditée par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec
 au coût de 1,3 M $, cette affirmation troublante était présentée comme une donnée officielle de Statistique Canada.  Jean-Pierre Gagnon, de l'Après-Rupture, allait plutôt démontrer à l'animateur Michel Gauthier, le 30 avril 2008, que ce chiffre himalayen provenait en fait d'un sondage de perceptions mené par Isos Reid auprès de 803 répondants.  Une information que la ministre titulaire de l'époque, Christine St-Pierre, devait, plus qu'embarrassée, confirmer  à l'animateur Sylvain Bouchard, du FM 93.

Est-il possible qu'une ancienne journaliste de Radio-Canada ne puisse faire la différence entre un sondage subjectif et une statistique scientifique ?  Comment ne pas parler de duperie et de dopage statistique en pareilles circonstances ?  Comment expliquer qu'après avoir menti délibérément au peuple québécois, et avoir été publiquement confondue pour l'avoir fait, Mme St-Pierre soit restée en poste.  Des ministres ont été « démissionnés » pour moins que ça.


La violence ne vise que les femmes, naturellement...

À l'appui de ses doléances, la FFQ invoque la cyberintimidation, affirmant que 73 % des victimes seraient des femmes.  Dans les faits, selon l'Institut de la Statisitque du Québec, à peine 7 % des filles et 4 % des garçons ont affirmé en être victime.  Le phénomène deviendrait-il soudainement dévastateur chez les femmes adultes ?  Plus qu'improbable.  Peut-on parler d'un problème aussi endémique que le prétendent les médias ?  Plus qu'improbable encore.

Concédons tout de même que la gent féminine reste la première cible de ce type d'agression, même si les garçons demeurent, et de loin, les premières victimes d'intimidation en général.  En effet, sur 63 200 élèves interrogés, 42 % des garçons ont déclaré avoir été intimidés à l'école ou sur le chemin menant de l'école à la maison, en comparaison de 29 % des filles.  Cette statistique intéresse-t-elle seulement ces militantes ?  Plus qu'improbable.

La statistique présumée de la FFQ, dont la source n'est pas mentionnée, ajoutée à un incident isolé où des lesbiennes ont été « agressées » par un groupe d'hommes - en fait insultées par eux - et le drame - plus sérieux, cette fois - d'une femme battue à mort par son conjoint, les poussent à déclarer que la violence faite aux femmes est un problème de société majeure.  Pas de doute, tout geste de violence envers une personne, peu importe le sexe, l'âge, la nationalité ou la religion, reste inadmissible et condamnable.
Les garçons, vraies premières victimes d'intimidation.
L'ennui cependant, alors qu'elles parlent de banalisation, réside dans leur entêtement à ne voir que dans les femmes les seules victimes de la violence, la gent masculine se voyant réduite au rôle ingrat d'éternel tortionnaire. S'il ne s'agit pas là de banalisation de la violence faite aux hommes, de quoi s'agit-il ?  Après tout, ces derniers ne constituent-ils pas plus de 72 % des victimes d'homicides au pays, selon Statistique Canada ?  Pas de sondage de perception ici...

« On ne peut plus parler de la spécificité de la violence envers les femmes sans se faire rappeler qu'il faut aussi des services pour les hommes», a candidement affirmé  Diane Matte, de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES), comme s'il s'agissait là de propos blasphématoires.  Voilà une militante particulièrement douée pour se tirer dans le pied…  S'agirait-il d'auto-violence ?

Des chiffres présentés sans perspectives


Le ministère de la sécurité publique affirme dans son tout dernier rapport de 2012, sorti à temps pour le 25 novembre, que, sur 19 731 présumées victimes de violence conjugale, « les données policières montrent que les femmes sont majoritaires parmi les victimes d’infractions commises dans un contexte conjugal (80 %), leur nombre s’établissant à 15 790 comparativement à 3 941 pour les hommes.»


Ce que ce ministère omet, année après année, de nous préciser, c'est que ces pourcentages concernent des signalements, et non des infractions validées par un verdict de culpabilité.  Certains signalements sont fondés, d'autres pas.  La difficulté que les hommes éprouvent à dénoncer diminue également d'autant leur représentativité réelle parmi les victimes.  


Certains braves ayant osé se plaindre à la police ont déclaré avoir été tournés en ridicule, quand ils n'étaient pas eux-mêmes arrêtés, en vertu du protocole d'intervention en violence conjugale.   Cette procédure, pratiquement inconnue du grand public, ne laisse aucun pouvoir discrétionnaire aux policiers.  Quand un litige survient entre un homme et une femme, on arrête l'homme automatiquement.  La loi, c'est la loi.


Des hommes injustement arrêtés à répétition.
Certains hommes sont ainsi incarcérés à répétition, par des policiers dont ils connaissent tous les prénoms, qui s'excusent de les cueillir à leur domicile avant de les coffrer pour la nuit ou le week-end.  Il s'agit là d'une aberration courante dont les médias ne font jamais mention.  Les hommes aux prises avec cette situation dégradante l'endurent le plus souvent pour rester auprès de leurs enfants ou par dépendance affective.
Le ministère de la Sécurité publique émet toutefois un constat étonnant, compte tenu de la perspective discutable de ses interprétations statistiques : « Il est important de souligner que, depuis dix ans, ce taux (de violence faite aux hommes) a augmenté de 36 % tandis que le taux de victimes  féminines a crû de 4 %. »  En clair, ce chiffre signifie que le nombre officiel de victimes masculines de violence conjugale a cru neuf fois plus vite au cours de la dernière décennie que celui des victimes féminines.  Une violence davantage commise ou admise ?

Cette statistique ne tient pas compte du fait que les hommes dénoncent peu, ni de la problématique des fausses allégations, impunies dans notre système juridique quand elles sont commises par une femme dans un contexte de violence conjugale ou d'agression sexuelle présumée.   Cherchez autant que vous voudrez dans les médias, vous ne trouverez aucun cas de femme reconnue coupable au criminel d'avoir proféré de fausses accusations, hormis la mythomane qui avait menti en se prétendant victime de violence conjugale de la part d'un Éric Lapointe qu'elle n'avait jamais rencontré.  Absolument aucun.

Mais voilà, le commun des mortels n'est pas une vedette acclamée comme Lapointe qui, victime d'un crime aussi flagrant laissé impuni, aurait pu soulever dans la population une indignation aussi légitime que contagieuse.  Dans ce cas précis, l'enquête policière a été menée avec compétence et l'agresseure, condamnée.  Dammage control obligeait.  Quand des fausses allégations détruisent cependant la vie d'hommes méconnus, soit la presque totalité des victimes, la justice trahit son rôle de redresseur d'injustice. 

Demandez à n'importe quel magistrat ou policier un tant soit peu franc et honnête, et il vous confirmera, probablement à voix très basse et en vous prévenant qu'il ne vous aura rien dit, que la gent féminine bénéficie d'une immunité diplomatique absolue en pareille situation.  Imaginez la porte qu'une attitude aussi irresponsable peut ouvrir aux abus et aux ravages causés sur la réputation d'hommes intègres par des femmes vindicatives ou écervelées.

Que penser du silence apathique des médias ?
Il est clair que ces hommes demeurent les cibles d'une violence banalisée, voire dissimulée, qui passe carrément sous notre écran radar, les médias ne remplissant pas le rôle de défendre le droit du public à l'information dont ils se targuent.  Au lieu de cela, les voilà chaque année, fidèles au poste, à jouer aveuglément le rôle de courroie de transmission du discours des groupes féministes qui prétendent que la violence faite aux femmes serait la seule à sévir et, par conséquent, la seule à se voir banaliser.  

Par cette attitude fermée à la violence faite aux hommes, la FFQ démontre qu'elle est la première à commettre l'injustice qu'elle-même dénonce.  Mais il y a longtemps que le public a compris la vacuité du discours de ce regroupement jadis emblématique, devenu hostile envers les hommes de souche hétérosexuels, mais à genoux devant les organisations islamistes parrainées par Québec solidaire, désormais son véritable maître.  Thérèse Casgrain, qui a fondé cette fédération en 1966, doit bien se retourner dans sa tombe... 

samedi 16 novembre 2013

Affaire Baldwin-Sabourin : cherchez la victime...

Il est difficile de voir une victime en Alec Balwin, acteur talentueux à la carrière bien remplie, mais également réputé pour ses frasques auprès du sexe opposé comme pour son impétuosité allant parfois jusqu'à la violence.  C'est pourtant la perception que révèle le verdict de culpabilité pour harcèlement prononcé par le juge Robert Mandelbaum, de la Cour de Manhattan, contre Geneviève Sabourin, cette actrice québécoise follement éprise, pour ne pas dire obsessivement toquée de l'acteur américain. 

Geneviève Sabourin, dans le triste rôle de sa vie.
Ce dernier, à bout de ressources et de patience en vue d'arriver à faire comprendre à son admiratrice qu'il n'était pas intéressé par ses charmes, si jamais il l'avait déjà été, a dû en venir à la traîner en justice afin de refroidir ses ardeurs mythomanes.  Espérons que cette fois, la dame aura compris le message. 

La sentence, tombée ce 14 novembre, a été sévère : 210 jours de prison, qui viendront s'ajouter aux 30 autres que l'accusée s'est méritée pour outrage aux tribunal, après avoir multiplié les comportements vexatoires et les interruptions intempestives.  Dire qu'elle aurait pu accepter quelques temps plus tôt une entente à l'amiable qui lui aurait évité toute peine de prison...

Il semble que l'hypothèse selon laquelle Geneviève Sabourin ait eu une aventure avec l'acteur américain - ce que ce dernier a toujours nié - l'ait autorisé, dans son délire romanesque, à l'accabler de centaines de messages téléphoniques et de courriels enflammés dans un élan désespéré de rendre réciproque ce qui manifestement ne relevait que d'un sentiment à sens unique.  La folle mais brève idylle s'est-elle réellement déroulée dans les faits ou dans l'imaginaire survolté de Mme Sabourin, nous ne le saurons probablement jamais. 

Quand la bien-pensance s'en mêle...

Quoi qu'il en soit, il s'est trouvé des âmes chagrines pour ne voir dans la comédienne québécoise que la victime d'un infâme don Juan, qui l'aurait ajoutée à sa vaste collection de conquêtes avant de l'abandonner froidement, sans un regard de considération.  À supposer que Baldwin mente et qu'une brève idylle ait bel et bien eu lieu, Sabourin était-elle justifiée d'agir comme elle l'a fait ?  Le fait d'avoir des rapports sexuels avec quelqu'un, autorise-t-il à le poursuivre ensuite de ses assiduités une fois qu'il a mis fin à toute relation ?

Car enfin on parle ici d'une femme qui, en plus d'avoir envoyé des centaines de messages non désirés, s'est présentée à la résidence de l'acteur sans y avoir été invitée, en plus de terroriser sa femme et de l'insulter.  Les messages, dont certains ont été présentés en preuve au procès, témoignent d'une humeur pour le moins instable, alternant les annonces de projets non sollicités de vie à deux et les réactions de dépit larmoyant devant l'indifférence de l'homme de ses rêves.  

Alec Baldwin et son épouse.
Le fait de ne voir en Mme Sabourin que la victime de cette histoire risible et pathétique trahit une misogynie involontaire et une misandrie certaine.  

Misogynie, parce que ces bien-pensants infantilisent par leur attitude la comédienne québécoise, majeure et vaccinée, comme s'il s'était agi d'une gamine de 16 ans, sans expérience de la vie et victime d'un suborneur éphébophile.  Misandre, parce qu'il y a gros à parier que si ce psychodrame avait mis en cause une actrice délinquante, du type de Lindsay Lohan, qui aurait éconduit un ancien amant harcelant et désireux de lui imposer une relation non désirée, ces mêmes gérants d'estrades soutiendraient la vedette féminine.  Dans ce dernier cas, ils auraient raison.

Des citoyennes qui voient clair

Heureusement, nombreux sont ceux et celles pour qui la responsabilité individuelle de ses actes reste un critère d'analyse prédominant dans cette triste affaire.  Voici le témoignage d'une internaute, laissée sur le site de Radio-Canada, avant le prononcé du verdict : 

« Même s'il y avait effectivement eu une liaison entre ces deux personnes - ce que nous ne saurons jamais et qui ne nous regarde pas - ce harcèlement n'a pas sa raison d'être. On ne poursuit pas ainsi une personne qui ne veut plus vous voir, on ne lui fait pas de menaces, on ne va pas chez lui sans y être invité. Le comportement de Mme Sabourin est pour le moins inapproprié: même son attitude en cours, qui lui vaut ces 30 jours de prison, n'a pas de justification. Si elle est condamnée à l'issue de son procès, le juge va surement lui suggérer de consulter. »

Une autre lectrice s'est exprimée ainsi, sur le site du Journal de Montréal, à l'annonce du verdict :

Consulter pourrait s'avérer un sage conseil à prodiguer.
« Le chef d'accusation était le harcèlement et le fait d'avoir eu ou pas une relation amoureuse avec le monsieur n'avait rien à voir avec le motif de la poursuite; rien dans la loi n'autorise le harcèlement envers une autre personne; c'est ça que la dame n'a pas compris. Entendu aux nouvelles que madame sera interdite de séjour aux USA à sa sortie de prison; elle ne pourra donc pas travailler aux États-Unis. Avec sa sentence elle écope d'un casier judiciaire au criminel, alors qu'elle aurait pu s'éviter d'en avoir un, si elle avait accepté une entente. Elle a refusé toute entente, elle préférait aller en procès et ce même contre l'avis de ses avocats. Elle fait pitié… »

Un tel événement oblige à réviser nos perceptions en vue de les dépoussiérer de stéréotypes tenaces.  Il arrive parfois que la victime d'un délit arbore des allures de hooligan tandis que son agresseur ressemble à une douce colombe.  S'il y a une leçon à retenir de la saga Baldwin-Sabourin, c'est bien qu'il faut juger d'une situation selon les actes, et non l'allure des protagonistes.  Si Geneviève Sabourin a été une victime dans toute cette histoire, c'est incontestablement d'elle-même.  Et d'elle-même seulement.

samedi 9 novembre 2013

Et si les médias nous cachaient une « occidentalophobie » ?

Peut-il exister spectacle plus désolant, plus consternant, plus révoltant que celui d'une femme enceinte craignant pour sa vie et pour celle de son enfant à naître ?  Quel citoyen responsable digne de ce nom songerait à approuver quiconque s'en prendrait à elle ?  Comment pourrait-on voir en cette jeune femme autre chose qu'une victime potentielle de la méchanceté, de la bassesse, voire de la violence ?

Myriam Bousksou
Il existe bel et bien une citoyenne qui correspond à ce signalement qui vous arracherait des soubresauts de compassion.  Elle s'appelle Myriam Bousksou,  a 26 ans, et réside dans la région métropolitaine.  Elle affirme avoir hésité récemment à mettre le nez dehors.  La raison ?  Cette musulmane, arrivée au Québec à l'âge de 14 ans, a décidé depuis un an de porter le voile islamique.  Pourquoi à ce moment là, et pas il y a trois, cinq ou dix ans ?  Elle ne donne aucune précision.  Toujours est-il que cette décision, dans le contexte de tensions socio-religieuses actuelles, serait à l'origine de ses déboires présumés.  Mauvais timing, sans doute.

Elle se dit victime d'islamophobie et d'attitudes hostiles :  « Mes parents étaient contre (le port du voile).  Ma mère m'a dit que je ne trouverais pas d'emploi.  Mon mari respecte mon choix.  Personne ne m'a forcée à le porter ni à l'enlever. »  À cette affirmation faudrait-il ajouter, si cette future mère suscite autant d'hostilité qu'elle le prétend, que son entêtement à porter le voile pourrait mettre en danger la sécurité de son bébé.   J'ai bien dit si.  Alors pourquoi prendre des risques inutiles pour un morceau de tissus si elle se sent autant menacée ?  

De mauvaises langues pourraient insinuer que, à la suite de l'élection du parti québécois, et compte tenu du fait que ce parti avait la ferme intention de poser des balises strictes en matière de signes religieux, cette femme, qui est présentée dans l'article du Journal de Montréal qui lui est consacré comme une « guerrière », a pu décider de manifester son opposition au projet gouvernemental par ce symbole ostentatoire.  Compte tenu de l'appui populaire audit projet, peut-elle s'étonner si son geste suscite un malaise ?

Comme plusieurs militantes comme elle obsédées par leur hijab, cette Montréalaise d'origine algérienne se définit comme « féministe » et « insoumise » mais trouve normal d'afficher le vêtement par excellence faisant la promotion de l'asservissement des femmes aux mâles islamistes.  Comment prendre au sérieux une présumée féministe qui, par son exemple déplorable, contribue à enfoncer davantage dans leur servitude des femmes opprimées en pays islamistes par le « linceul ensanglanté » qu'est le voile islamique ?

En Iran, en Arabie saoudite, en Afghanistan, comme dans son Algérie natale, le refus de porter le hijab peut entraîner pour une femme l'emprisonnement ou les sévices corporels allant jusqu'à la défiguration et à la mort.  Plus près de nous, Aqsa Parvez a été tuée en Ontario par son père et par son frère parce qu'elle refusait de le porter.  Mme Bousksou et ses consœurs peuvent-elles mentionner un seul cas d'une femme assassinée parce qu'elle tenait coûte que coûte à porter son hijab ?

Une - autre - hijab Barbie ?

Le Collectif québécois contre l'islamophobie (CQCI), affirmait dans le même article avoir reçu 117 plaintes depuis le 15 septembre.  Bien qu'aucune mention ne soit faite d'un lien quelconque entre cet organisme controversé et Mme Bousksou, on le retrouve parmi les « amis » de cette dernière sur sa page Facebook.

Dalila Awada
Rappelons que le CQCI a comme porte-parole Adil Charkaoui, bien connu des milieux de lutte anti-terroriste, et Salam Elmenyawi, nul autre que le président du Conseil musulman de Montréal, regroupant une quarantaine de mosquées et d'organismes musulmans qui, en 2004, avait fait pression sur le gouvernement du Québec afin de le persuader d'autoriser les tribunaux islamiques dans notre belle province. 

Ce manque de clarté journalistique n'est pas sans rappeler celui de Guy A Lepage qui n'avait présenté Dalila Awada que comme une étudiante en sociologie, née au Québec de parents originaires du Liban.  C'est par l'entremise des médias sociaux, plus enclins à la transparence, que l'on devait apprendre que cette musulmane était en fait une militante de Québec solidaire, membre du comité femmes immigrantes de la FFQ, et qu'elle entretenait, par cousine interposée, en l'occurrence Leila Bdeir, des liens avec Présence musulmane, organisation favorable aux tribunaux islamiques.

Les yeux grands fermés

Tandis que le Québec devrait s’apitoyer sur l'islamophobie qui guette selon ses dires Mme  Bousksou, il y a lieu de se demander si la même rectitude politique qui pousse les médias à dénoncer des violences qui pourraient survenir, les incite également à taire celles qui sont commises par des membres de la communauté même qu'ils défendent.  

Récemment, deux femmes voilées s'en sont prises physiquement à un Juif hassidique qui a eu le malheur de leur demander ce qu'elles pensaient de l'interdiction du port du voile.  Il aura fallu un média alternatif pour que ce fait divers nous soit communiqué, comme la précision que la police a rejeté la plainte de la victime. 

Dominic Parker
Mais il y a bien pire.  La tolérance médiatique québécoise envers les gestes violents et criminels commis par des musulmans est devenue telle que le meurtre crapuleux d'un père de deux enfants, Dominic Parker, poignardé à plusieurs reprises en septembre dernier par un fanatique musulman dans un café ontarien n'a été relevé dans aucun média québécois, hormis le Huffington Post Québec, sous la plume de... votre humble serviteur.  

J'ai beau ne plus entretenir de grandes illusions sur les mythes urbains que sont devenus le droit du public à l'information et la quête inlassable de la vérité, il me semble que les ficelles d'un parti pris médiatique dangereusement tolérant envers l'islam politique sont devenus par trop apparentes.  

Reste l'espoir que le peuple québécois sache faire la part des choses entre les informations que les médias officiels lui divulguent et celles qu'ils leur taisent.  Dans cette perspective, les médias sociaux, malgré certaines maladresses, demeurent peut-être bien le dernier rempart d'une information libre et sans complaisance indue. 

samedi 26 octobre 2013

Sommes-nous hostiles aux hommes en détresse ?

La nouvelle n'a pas fait grand tapage en mai dernier et, mis à part Radio-Canada - qui ne s'est jamais donné pour mandat la reconnaissance de la condition masculine - , aucun média n'en a parlé.  C'est le genre d'événement qui n'impressionne pas en soi, mais qui devient révélateur par la tendance lourde qu'il trahit.  

En effet, l'ouverture prévue d'un centre d'aide aux hommes en détresse sur le campus de l'université Simon Fraser, à Vancouver, a suscité la plus vive réprobation de la part du centre de femmes et même d'étudiants des deux sexes du même établissement, qui souhaitaient que le projet soit purement et simplement abandonné.  Comment expliquer pareille attitude ? 


Université Simon Fraser
 Ces militants prétendaient que les hommes disposent de nombreuses ressources pour leur venir en aide...  Le centre de femmes affirmait même dans son site web que le reste de la collectivité demeurait de toute façon un grand centre pour hommes.  Première nouvelle.  La Colombie-Britannique serait-elle en avance sur le Québec, où les soins de santé et de services sociaux restent obstinément onze fois moins subventionnés que ceux des femmes ?  Il est permis d'en douter.

Alors qu'est-ce qui pouvait bien susciter une aussi vive indignation chez ces âmes chevaleresques ?  Une quête inlassable de vérité ?  Une volonté implacable de dénoncer un privilège indu ?  La nécessité de mettre en lumière le peu de ressources offertes aux femmes (sic !) ?  Le danger d'accueillir des hommes perturbés - et donc nécessairement violents - sur le campus universitaire ? 

La mort d'un frère


C'est à la suite de la mort de son frère que l'instigateur du projet, s'étant alors buté au manque de ressources pour les hommes en détresse psychologique, a eu l'idée de ce centre.  Après la présentation de son projet, une subvention de 30 000 $ lui a été accordée par l'université pour sa mise en place.  Il n'en fallait pas moins pour qu'une vive opposition au futur centre se fasse sentir, dès le lendemain de son annonce.  Bonsoir sollicitude...


Durant l'émission Médium large, au cours de laquelle l'animatrice Catherine Perrin accueillait Michel Dorais, sociologue en sexualité et professeur en service social à l'université Laval, très favorable au projet, les appréhensions des opposants ont été analysées en compagnie de la journaliste Évelyne Charuest.


Certains étudiants des deux sexes, à l'instar du centre de femmes, avaient fait valoir dans une vidéo de plus de cinq minutes qu'il avait fallu dix ans de consultations avant que ledit centre de femmes voie le jour.  Comment justifier alors qu'un centre pour hommes, sans programme bien défini, soit aussi rapidement favorisé et financé ?  Un élément de réponse pourrait bien être qu'un tel centre aurait dû voir le jour depuis longtemps, et que l'heure n'est plus aux tergiversations, afin de rattraper un retard évident.
 

Michel Dorais, sociologue
Les appréhensions de voir s'implanter un boys club, agrémenté de tables de pool et de consoles vidéo, avaient été aussitôt évoquées.  Le penchant pour les jeux serait-il la principale préoccupation de la gent masculine, aux yeux des opposants ?  Ah, ce toxique parfum de misandrie...

La crainte pour la sécurité des étudiantes, en bonne partie à l'origine de la création du centre de femmes, a également été exprimée.  Des hommes en détresse représentent-ils un danger si on leur vient en aide ?  Privé d'assistance, ils deviendraient alors inoffensifs ? Et moi qui croyait le contraire...  Au fait, y avait-il un tel centre en 2007 à l'université Virginia Tech, au moment où Cho Seung-hui y a abattu 32 étudiants avant de mettre fin à ses jours ?

L'initiative du centre pour hommes, qui a toujours l'aval de l'université Simon Fraser, dont il faut saluer la détermination et le courage politique, dispose d'un an pour présenter un programme valable qui démontre qu'il n'a rien d'un projet de havre pour adolescents masculins attardés et oisifs. 


Une tendance plus vaste


Une lectrice m'avait déjà fait part de l'expérience de son ex-conjoint, alors qu'ils vivaient ensemble avec leurs deux enfants.  L'homme, en détresse psychologique profonde, avait tenté d'obtenir de l'aide de la part de son CLSC, en pure perte.  Est-ce parce que le personnel intervenant, en majorité féminin, se montre moins bien outillé, malgré sa bonne volonté, pour intervenir auprès des hommes ?  La question se pose.   


Au Québec, les organismes de soutien aux personnes en détresse se répartissent en 2800 groupes pour les femmes et... moins de 80 pour les hommes. Le peu de ressources dévolues à la gent masculine sont réservées aux hommes violents, comme si la violence demeurait le seul problème masculin.  Il aura donc fallu que l'homme en question, désespéré, devienne lui-même violent, au point de menacer la sécurité de sa famille, pour qu'enfin il reçoive de l'aide, bien sûr un peu tard.  Commentaire de ma lectrice : « Fallait-il que mon homme se rende au bout du rouleau avant de recevoir de l'aide ? »

Ce cas n'est pas isolé.  Il peut se voir reproduit à grande échelle.  À quoi sert de taper sur les doigts des hommes en leur reprochant de ne pas consulter quand les ressources font défaut ? Tous n'ont pas les moyens de s'offrir les services d'un psychologue.  Alors, que faire avec ces laissés pour compte ?  Est-ce parce que les hommes ne consultent pas qu'il n'y a pas de ressources pour eux, ou est-ce plutôt parce qu'ils n'y a pas de ressources pour eux qu'ils ne consultent pas ?  Il serait grand temps de mettre un terme à notre hypocrisie collective et de répondre à cette question.

Notre société n'est pas encore prête à reconnaître la détresse masculine, malgré le fait que les hommes représentent quatre victimes de suicide sur cinq.  Le discours sur un présumé patriarcat qui favoriserait outrageusement les hommes n'aide en rien à reconnaître la nécessité de leur venir en aide, ni à admettre la pénurie de ressources qui devraient leur être offertes.  

La détresse masculine, problème fabriqué ?
Je signalais dans ma dernière chronique qu'une quinzaine d'instances féministes d'État de premier plan sont même allées jusqu'à parler d'un problème fabriqué, au lendemain du dépôt du Rapport Rondeau en 2004 qui identifiait les failles criantes de notre système de santé et de services sociaux envers les hommes.

Compte tenu du poids politique de ces groupes dont font partie l'incontournable Fédération des femmes du Québec, le Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, la Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté au Québec et la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées au Québec, pour ne nommer que ces organismes, il serait surprenant que notre actuel gouvernement, le parti québécois, par tradition inféodé aux diktats féministes ne voyant la détresse que chez les femmes, corrige de sitôt la situation.  

Peut-être qu'en tant que collectivité, nous ne sommes pas davantage conscient du problème de la détresse masculine que notre gouvernement, qui n'agira que lorsqu'il sentira une volonté populaire suffisamment forte pour sortir de son indolence.  D'où ma question en titre, que je réitère : sommes-nous hostiles aux hommes en difficultés ?  La réponse à cette interrogation pourrait être bien pire encore que l'interrogation elle-même : peut-être sommes-nous tout simplement indifférents.