dimanche 9 juin 2013

Discrimination misandre : gare à « l'action positive » !

Je n'ai jamais été particulièrement impressionné par la pensée positive ni par sa proche parente, la pensée magique.  Comment croire que l'on puisse programmer son subconscient, comme un magnétoscope, pour sélectionner le rêve que l'on veut se voir réaliser en imprimant dans notre esprit le sketch répété de son accomplissement ?  À ce compte-là, je préfère le vieil adage voulant que la plus petite action vaille mieux que la plus grande intention.  Pourrais-je alors parler d'action positive ?  Apparemment non, le gouvernement et l'Office québécois de la langue française en ont décidé autrement en s'appropriant cette expression.

Coup d'oeil sur une mystification

Féminisme d'État et action... positive ?
Au fond, qu'est-ce qu'une expression aussi vague qu' « action positive » peut bien vouloir dire ?  Parlons-nous de bénévolat, de civisme, d'initiatives en vue d'améliorer notre environnement, nos habitudes de vie, ou notre façon d'envisager notre prochain ?  Que nenni !

Voici la définition précise que notre gouvernement, poussé par un féminisme d'État omniprésent, vient de donner à cette expression sans éclat, qui peut inclure tant de sens possibles et aucun :« Ensemble cohérent de mesures prises pour éliminer la discrimination subie par un groupe de personnes et remédier aux inégalités de fait en leur accordant temporairement certains avantages préférentiels, notamment en matière de recrutement. »

Vous l'avez compris, « action positive » est le résultat d'une opération cosmétique maladroite et cousue de fil blanc visant à nous faire avaler le concept de « discrimination positive »,  celui-là même qui fait que, « temporairement », les hommes hétérosexuels et de souche disparaissent peu à peu de la fonction publique provinciale au profit des femmes, des autochtones, des communautés culturelles et des personnes handicapées.  Nul doute que ces gens aient droit à leur place dans la société, mais faut-il qu'elle se taille au détriment des intérêts légitimes d'un groupe jadis dominant, mais devenu lui-même minoritaire ?

La définition confirme les publics-cibles traditionnels de la discrimination positive : «  Les principaux groupes visés par l'action positive sont les femmes, les minorités visibles et les personnes handicapées. »  Rappelons que les femmes dépassent maintenant les 60 % des effectifs de la fonction publique québécoise, même si les programmes dits d'action positive les favorisant demeurent toujours en vigueur.  Les hommes occupaient 42,9 % des emplois de la fonction publique provinciale en 2009, année où seulement 36,9 % d’hommes ont été embauchés. Y aura-t-il un jour un pilote dans l'avion pour corriger le tir de cette situation flagrante de dérapage et d'iniquité ?

Au plan fédéral, c'est depuis 1983 que les programmes de discrimination positive existent.  Ce n'est pourtant que récemment que notre gouvernement aux vues si éclairantes vient de réaliser la contradiction évidente de cette expression : «  Les expressions discrimination positive et discrimination à rebours n'ont pas été retenues même si on les trouve dans certains textes spécialisés, car elles sont inappropriées. Dans la langue courante, le mot discrimination a une connotation négative d'emblée; il désigne le fait de séparer un groupe social des autres en le traitant plus mal. La discrimination est contraire à l'égalité, qu'elle soit positive ou négative. »

Le désavantage de naître garçon 

Quel avenir pour les garçons ?
De cet énoncé, je retiens «  séparer un groupe social des autres en le traitant plus mal  ».  Ils l'ont écrit, maintenant, quand donc vont-ils le comprendre ?  Car enfin dès la naissance, le garçon québécois - ou occidental - part perdant si l'on compare le sort qui l'attend à celui des filles qui ont désormais leur journée internationale, le 11 octobre, confirmant par là qu'elles représentent le futur de l'humanité.  

Il évoluera dans un environnement scolaire où les figures masculines disparaissent peu à peu, par crainte des fausses allégations, au profit d'une surreprésentation d'enseignantes.  Il s'ennuiera dans un contexte d'apprentissage statique et exempt de compétition favorisant l'apprentissage des filles.  Il découvrira dès le secondaire les programmes de discrimination positive, oh pardon, d'action positive, exclusivement destinés à ses consœurs, comme Les filles et les sciences, un duo électrisant, dont il se verra exclu, si par malheur il veut y participer. 

Si il persévère vers les hautes études, il constatera la mise en place de programmes d'action positive ne visant que l'intégration des filles dans les disciplines non traditionnelles pour elles, alors que rien n'existera pour lui, pas même en médecine, en biologie ou en biochimie, domaines devenus majoritairement féminin.  À ces programmes, s'ajouteront les concours et bourses d'études visant - toujours - l'intégration féminine telles que Chapeau les filles et Excelle Science, dont aucun équivalent n'existe pour les gars.  

Le « drame » des filles

Notre bien-aimé gouvernement s'alarme de la sous représentation de nos filles en sciences et en technologies, apparemment persuadé que cet état de fait ne puisse être attribuable qu'à un contexte de discrimination ancestrale les opprimant. On ne s'étonnera pas trop de voir des chercheurs de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) s'alarmer ostensiblement de ce « drame » tandis que les garçons disparaissent d'à peu près partout, une fois le secondaire passé : 

« La lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes s’est manifestée dans tous les espaces sociaux, dont ceux de l’éducation et de l’emploi. Dans cette lutte, une stratégie déployée par le mouvement féministe et par les pouvoirs publics de nombreux pays fut de favoriser la présence des femmes dans les emplois dits non traditionnels. Malgré les luttes sociales et les interventions publiques visant à ouvrir l’horizon professionnel des femmes, il reste que les ghettos d’emplois sont encore fort présents. »  

Je parie que ces gogos, incapables d'imaginer que les filles ne puissent pas s'intéresser aux sciences en aussi grand nombre que les gars, croient leurs propres lamentations, pendant que les étudiantes universitaires, largement majoritaires au sein de leurs murs, peuvent envisager un statut préférentiel si elles choisissent une carrière dans la fonction publique, avec les atouts qu'un tel cheminement représente en comparaison du secteur privé.  

Tragédie académique ?  Erreur sur le sexe.
On constate tout de suite les désavantages, quand il ne s'agit pas d'obstacles, qui guettent les garçons nés dans un pays occidental.  Qui sait, devant une telle différence de traitement selon le sexe, certains parents préféreront-ils, au résultat d'une échographie leur annonçant la naissance d'un garçon, interrompre la grossesse en espérant que la prochaine leur amène une fille.   Toute une action positive en perspective...

7 commentaires:

Jonathan a dit…

Tout-à-fait d'accord, excellent article. En effet, le terme politique "Discrimination positive" est un oxymore imaginé par le pouvoir et "les élites" pour instiller le doute raisonnable chez le profane, histoire, encore une fois, de régner sur l'esprit fragile grâce à la confusion intellectuelle provoquée.

D'ailleurs, cette notion, qui a été instituée officiellement au nom de l'égalité, s'avère totalement incompatible avec l'égalitarisme, dans la mesure où elle justifie le favoritisme d'état qui fait naître inexorablement des inégalités des chances en fonction de l'appartenance sexuelle ou ethnique. Est-ce souhaitable et tolérable, surtout en période où le chômage sévit comme il ne l'a jamais fait auparavant ? Il va sans dire que non. Mais cela s'inscrit tout-à-fait dans le contexte actuel où la guerre des sexes, qui, au nom d'une oppression masculine fictive introduite dans les esprits, ravage jusqu'aux familles.

L'idéologie gynocentrique fait primer les femmes dans tous les domaines de la société, et fait croire, en filigrane, que les femmes représentent le salut de l'humanité, en se nourrissant bien entendu en partie des manipulations statistiques sexuées. Évidemment, il ne s'agit que de la partie émergée de l'iceberg.

Par ailleurs, il a été dit aussi que cette disposition n'est pas censée durer sur le long terme. Or, elle fait encore partie des mesures gouvernementales, et pour cause, comme chacun de nous le sait sans doute, les médias procèdent quotidiennement au lavage de cerveau sur la masse avec leur propagande féministe sur les quotas des hommes et des femmes dans les domaines politique et économique en utilisant le raccourci intellectuel de sexisme envers les femmes. Lorsqu'une mesure impopulaire et antidémocratique est permanente, elle se délégitime et devient un principe en vigueur d'un système dictatorial.

Dans le cas présent, la misandrie est sans cesse justifiée et passée sous silence sous couvert de lutte contre le machisme. Mais comment peut-on raisonnablement affirmer qu'une société est machiste lorsqu'elle est axée sur la préférence féminine permanente et qu'elle permet à tous les mouvements féministes de dire et de faire n'importe quoi quel que soit le contexte (l'exemple FEMEN n'étant que le dernier en date et certainement le plus frappant) et en dépit des lois et de la justice, prétendument démocratiques ? Non, il faut être sérieux et réaliste. Tout cela pour vous confirmer à quel point la mascarade est énorme et que vous faites bien de souligner ce point.

Olivier Kaestlé a dit…

Merci à vous, Jonathan, pour la contribution de votre commentaire à ce blog. Très pertinent.

Anonyme a dit…

Et malheureusement, nous ne pouvons absolument rien contre cette discrimination positive puisqu'elle est constitutionalisée
L'article 15 de la chartre des droits stipule qu'on ne peut discriminer en vertu de la race, du sexe, de la religion etc.. mais aha!


"15 (2) Le paragraphe (1) n’a pas pour effet d’interdire les lois, programmes ou activités destinés à améliorer la situation d’individus ou de groupes défavorisés, notamment du fait de leur race, de leur origine nationale ou ethnique, de leur couleur, de leur religion, de leur sexe, de leur âge ou de leurs déficiences mentales ou physiques. (84)"
Ca ne prend pas un diplôme en génie aérospatial pour comprendre qu'un boeing 767 de discrimination pourrait passer dans le trou que cet article ouvre.
A quand le programme "d'action positive" stipulant que seules les musulmanes voilées auront accès aux emplois de la fonction publique? Et pendant qu'on y est, un même programme mais pour les déficients mentaux?
L'article 15-1 tue, ni plus ni moins, toute prétention humaniste de non-discrimination de notre chartre.
Nous sommes une nation d'hypocrites. Nous nous gargarisons de nos beaux principes, de notre démocratie et de notre égalité mais on prend bien soin de s'ouvrir une porte légale pour ne pas les respecter quand ca nous chante.
A vomir.

Malthus

Anonyme a dit…

Addendum intéressant s'il s'avère véridique.
En 1981, tandis qu'un comité regroupant toutes les sphères influente de la société (religieuse, philosophique, morale, féministe, politique, scientifique et autres...( tentaient de concevoir- et se devait d'accoucher unanimement - d'une chartre des droits et des libertés- une institution parmi toutes s'opposait corps et âme ;a ce que la "liberté sexuelle" ou "l'orientation sexuelle" figure au palmarès de ce qui serait appelé à devenir nos droits fondamentaux.
A la 23ieme heure, cependant, une entente aurait été convenue entre l'église catholique romaine (violemment opposée aux gais et lesbiennes, jugés "contre-nature") et ledit lobby gai/lesbienne.
"Laissez-nous vivre et acceptez de contre-signer nos droits et nous VOUS laisserons vivre et contre-signerons votre droit à la discrimination! (pas de femme ever dans l'église!)"
L'article 15-2 de notre chartre des droit ( article permettant la discrimination "positive" selon le sexe, la foi, l'âge etc...) ne serait, donc, pas tant l'usufruit des féministes que celui des catholiques romains ayant cruellement besoin d'un atout légal pour ne jamais avoir à accepter une femme prêtre dans leur ordre.
Ah! Sainte Église, comme tu nous donne encore. Des femmes partout... sauf chez vous.
Comme ils doivent se marrer au Vatican!

Malthus

Anonyme a dit…

@Malthus

Ca commence sérieusement à se retourner contre eux, beaucoup de féministes se demandent pourquoi il n y a pas de femme pape dans l'Eglise.

L'arroseur arrosé

Anonyme a dit…

La pensé positive, tout comme prêché par les jovialistes, ne sont rien d'autres que du brainwashe à répétition. Et ce sont eux qui se remplissent les poches en vendant leurs livres et en donnant des conférences à la con.
La peuve: Même si je voudrais devenir le président des US, quelles sont mes chances ? Ou de me marier avec Claudia Scheiffer ? De la bullshit tout simplement qui nous amènes loin de la réalité et qui aliène le monde. Serge

Olivier Kaestlé a dit…

Il y aura toujours des gogos pour se faire prendre dans les filets des fumistes qui recourent à cette supercherie.