samedi 21 septembre 2013

CSF : de l'intolérance de Julie Miville-Dechêne à l'incohérence de Françoise David...

Moins présente dans les médias que jadis son collègue Amir Khadir, Françoise David affiche tout de même régulièrement comme lui sa « tolérance » envers les symboles religieux islamistes.  J'ai bien écrit islamistes et non musulmans, puisque nul part dans le Coran est-il précisé que les femmes doivent s'affubler d'un hijab, et encore moins d'une burqa ou d'un niqab, bien que la « modestie » de ces dernières y soit fortement « encouragée ».  

Françoise David, féministe ?
Au-delà des symboles, Mme David s'est déjà prononcée en faveur de pratiques intégristes, en appuyant la perspective de cours prénataux réservés exclusivement aux femmes musulmanes. Vive l'ouverture sur l'autre quand il s'agit des femmes, et la ségrégation sexiste pour les hommes, mais il est vrai que Mme David est une féministe radicale, pour qui l'incohérence n'est pas un obstacle aux prises de position discutables. 

J'ai déjà exposé dans une chronique récente les liens incestueux existant entre le parti politique de Mme David, Québec solidaire (QS), et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) qui, à mon sens, aurait dû préserver son indépendance de tout parti politique, comme les événements des dernières années allaient le démontrer.

Quand QS le fait, c'est bien...

J'expliquais ainsi, dans ma chronique du 25 août dernier, l'ingérence idéologique de Québec solidaire au sein de la FFQ : 

« On se souviendra des positions pour le moins incohérentes de la FFQ, désormais assujettie à Québec solidaire (QS), un parti politique flirtant avec des groupuscules d'extrême gauche, dont le parti communiste du Québec, qui inscrit automatiquement ses membres à QS, et les Palestiniens et Juifs unis (PAJU), qui préconisent l'embargo économique en vue de l'éradication d'Israël, ambitieux et utopique programme, mais bon.  Quand on sait que Françoise David, leader de QS, a déjà été présidente de la FFQ et que l'actuelle présidente de cet organisme, Alexa Conradi, a déjà été présidente de QS, il ne faut se surprendre de rien.

« À commencer par l'opposition de la FFQ, en 2009, sous les pressions de Conseil islamique canadien et de Présence musulmane, à l'interdiction des signes religieux visibles dans la fonction publique que la militante anti-islamiste, Djemila Benhabib devait dénoncer avec une légitime sévérité.

« Cette dénonciation énergique ne devait pas empêcher la FFQ de revenir très vite à la charge avec la proposition pour le moins déplacée d'autoriser les gardiennes musulmanes en milieu familial de se présenter au travail attifées d'un voile intégral, sans égard à l'impact psychologique qu'un tel accoutrement pourrait forcément susciter chez des enfants en bas âge, possiblement traumatisés par l'approche de femmes masquées et sinistrement vêtues de noir. »


Quand le PQ le fait, c'est mal...

Compte tenu de ces hauts faits pour le moins déplorables témoignant de la mainmise de Québec solidaire et de ses accointances pro ou tolérantes à l'islam radical sur la FFQ, il y avait de quoi se rebiffer, à défaut de s'étonner, devant les récentes déclarations de Françoise David dénonçant l'ingérence présumée du PQ au sein de Conseil du statut de la Femme (CSF) qui, avant l'arrivée de son actuelle présidente, Julie Miville-Dechêne, et du parti de Pauline Marois au pouvoir, s'était clairement prononcé en faveur de l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique.

Julie Miville-Dechêne, tolérante ?
Comme la position du  CSF était sans ambiguïté, au temps où le parti libéral, frileux à l'idée de trancher la question, occupait le pouvoir, comment se fait-il maintenant qu'appuyée par Françoise David,  Julie Miville-Dechêne  trouve le moyen de ne voir que mainmise gouvernementale dans les quatre récentes nominations par la ministre de la Condition féminine,  Agnès Maltais, au prétexte que les femmes retenues soient favorables à l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique prescrite dans la Charte sur les valeurs québécoises du PQ ?  

N'est-il pas normal, même si le choix fait l'affaire de la ministre, de sélectionner des candidates en fonction des valeurs dites historiques défendues par l'organisme, peu importe le parti au pouvoir ?  Si le CSF s'était nettement positionné, avant l'arrivée de l'actuelle présidente, en faveur de l'interdiction, pourquoi devrait-il reconsidérer son point de vue en fonction des états d'âme, désormais théâtraux et outranciers, de cette dernière ?

Fin mars 2011, la présidente du CSF d'alors, Christiane Pelchat, avait été on ne peut plus limpide : « Quand on dit que l’État est laïc, ça veut dire que l’État ne peut pas paraître associé à la religion. Et toutes les religions, pas seulement la religion catholique. Ces fonctionnaires qui représentent l’État ne peuvent pas porter de signe religieux ». Cette position, et bien d'autres sur la laïcité, étaient défendues dans le document Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Compte tenu de ce contexte, assistons-nous vraiment à une ingérence gouvernementale contraignante ou à l'insubordination d'une présidente dogmatique, intolérante aux positions assumées et officielles de l'organisme dont elle a la responsabilité, quitte à désavouer publiquement sa ministre et ce, au nom du respect de la différence ?  

Il semble que, à l'instar de l'ancienne ministre de la condition féminine, Christine St-Pierre, qui avait envoyé paître son organisme, le CSF, en endossant la position déplorable de la FFQ s'opposant à l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique, JMD se soit elle aussi trompée d’allégeance.  Elle aurait été davantage à sa place à la FFQ.  

Faux problème

On constate tout de suite le faux problème que tente de créer de toute pièce, elle aussi, Françoise David en imaginant un psychodrame d'indépendance menacée au CSF, qui lui a compris le danger sociétal de la montée de l'islam politique.  Mme David, apparemment, ne semble pas redouter l'impact de cette idéologie rétrograde et haineuse sur l'autonomie des femmes du Québec, qu'elles soient musulmanes ou de souche.  

Compte tenu de la mainmise de Québec solidaire sur la FFQ, on ne peut que constater l'incohérence flagrante de l'ancienne présidente de cet organisme, qu'elle continue manifestement d'orienter.  Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais.

La rançon de la « tolérance ».
Dans cette perspective, on ne peut que sourire à cette déclaration de la députée de Gouin : « C'est digne des manœuvres des conservateurs de Harper qui ne tolèrent aucune opinion divergente et sont prêts à tout pour arriver à leurs fins.  Pourquoi le gouvernement veut-il empêcher le Conseil du statut de la femme de faire des études sur les impacts qu'aura la Charte péquiste sur les femmes de minorités religieuses (ce que la ministre Maltais devait plus tard démentir NDA) ?  Le gouvernement aurait-il peur de confronter son projet aux faits ? »

Stephen Harper, de son côté, aurait-il des leçons à recevoir d'une politicienne qui téléguide, soutenue ou manœuvrée par des idéologues rétrogrades, les positions d'un organisme dont elle a quitté l'avant-scène, et d'une présidente qui joue les victimes en désavouant publiquement sa ministre et les positions officielles de l'organisme qu'elle doit représenter et défendre ?  Nous assistons, au choix ébahis ou amusés, à une démonstration publique d'incohérence et de manipulation d'opinion ourdies par deux féministes militantes ayant pignon sur rue.  

Se rendent-elles compte que leurs sparages sont loin de faire l'unanimité ?  Ou auraient-elles, suivant l'expression même de Mme David, « peur de confronter leurs projets au faits » ?...

8 commentaires:

Anonyme a dit…

"nul part dans le Coran est-il précisé que les femmes doivent s'affubler d'un hijab"

Désolé mais je suis pas trop d'accord là :
"«Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront dêtre offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.». (59)
Sourate al-Ahzab. (Les Coalisés) [33"

Anonyme a dit…

Sinon pour le niqab et la burka je suis d'accord avec vous ce n'est écrit nulle part dans le Coran, mais dire que le voile n'est pas obligatoire est un mensonge de la part de ceux qui colportent l'information.

Après il y a celles qui exagèrent : jilbab, niqab ou burka mais c'est une autre histoire, fondamentaliste entre autre.

Le problème est que malheureusement on assimile très souvent les femmes voilées à la soumission, il suffit de voir autour de soi pour voir que hormis l'accoutremenent les femmes voilées se sentent autant femmes que les autres dans la société

Olivier Kaestlé a dit…

Après vérification, vous avez raison pour les « grandes voiles », encore que dans mon édition du Coran, il soit question de mantes, qu'on peut associer au hijab, de façon approximative.

Pour ce qui est de votre perception de la liberté des femmes voilées, elle pourrait grandement varier selon le pays. En Iran, on estime à 150 000 le nombre de femmes emprisonnées parce que leur tenue serait inconvenante aux yeux de la police des mœurs étatique, du moins sous le dictateur précédent.

Les femmes d'Égypte, excisées à 95 %, celles d'Arabie saoudite, qui ne peuvent conduire une auto, et celles d'Afghanistan ou d'Algérie, patrie de la militante anti-islamiste Djemila Benhabib, sont-elles aussi décontractées envers le hijab que celles que vous connaissez ? Je garde mes doutes...

Anonyme a dit…

Salut les Mecs! les religions me fascinent depuis longtemps et je suis amusé par vos commentaires sur la situation des femmes voilées: l'un qui porte un regard complaisant et l'autre alarmiste:
et, tout deux font bin du bon sens!Voilà ce que j'appelle la magie des archétypes; Or, étant moi-même un catholique nouvel-âge, je suis charmé par votre sens d'altruisme pour ressentir ce que je vive ces femmes et ces enfantes. Vous êtes tout deux dans la bonne direction!Benjamin de Bromont.

Alain a dit…

Et le féminisme n'est-il pas une religion d'État?

Olivier Kaestlé a dit…

C'est la religion, sans hommes ni Dieu, qui a pris la relève du catholicisme, à l'ombre de la révolution tranquille, avec des similitudes dogmatiques, intolérantes et aliénantes qui n'ont rien à lui envier.

Anonyme a dit…

Le féminisme d'état se rapproche plus de la mythologie (les amazones et les sirènes)ou au mieux du tantrisme originel (les femmes étaient hautement vénérées). Or, si on se fît à l'histoire, cette dictature féministe est là pour rester encore longtemps, car elle est en réaction au "paternaliste" qui sevit toujours dans plusieurs sphères: business, construction, etc.. B.B.

Anonyme a dit…

Pourtant je n'ai jamais entendu une ou un féministe s'offusquer qu'il n'y ai aucune femme dans les effectifs du Grand Orient (franc maçonnerie)