dimanche 31 mars 2013

Quand l'establishment féministe se veut... constructif.

C'est avec une maladresse touchante, devenue au fil des ans sa marque de commerce, d'une présidente colorée à l'autre, que le Conseil du statut de la femme (CSF) est sorti récemment de sa quiétude pour sensibiliser gouvernement et population sur la tragédie vécue par les femmes sur les chantiers de construction.  Asseyez-vous et veillez à disposer d'une boîte de kleenex non loin de vous afin de vous prémunir contre l'assaut de chiffres désolants qui va suivre.

À gauche, Julie Miville-Dechêne, du CSF.
Selon le CSF, le secteur de la construction serait le plus traditionnellement masculin, avec un taux de 98,7 % d'hommes qui cultiveraient, nous informe-t-on, des valeurs de virilité - oh, le vilain mot - à l'ombre desquelles la femme serait perçue comme une menace.  Comment ne pas ressentir jusque dans nos os tout ce que ces propos évoquent du tentaculaire complot patriarcal qui, inlassablement, guette les femmes, tel le renard tapis aux alentours du poulailler ?

Comme il fallait s'en douter, les femmes assez téméraires pour s'aventurer dans cette chasse-gardée masculine sont nécessairement victimes de discrimination, de harcèlement et d'intimidation, au point où 60 % d'entre elles quitteraient le domaine cinq ans après leur arrivée sur ce terrain miné par les comportements grossiers et misogynes de leurs collègues masculins.  C'est après avoir rencontré... une dizaine de travailleuses (sic !) mais lu bon nombre d'études, que les enquêteuses du CSF en sont arrivées à ce constat accablant.  

Un esprit mal tourné - pourquoi pas le mien ? - pourrait se demander comment on peut en arriver à d'aussi sombres conclusions à partir d'un échantillonnage aussi mince, mais le CSF n'a pas pour habitude de s'enfarger dans les fleurs du tapis quand vient le temps de positions et de chiffres aussi dramatiques qu'himalayens.  

Pas de danger que le manque d'intérêt, comme dans le cas des hommes pour l'enseignement ou la profession d'infirmier, puisse être évoqué comme explication de la sous-représentation féminine dans le domaine de la construction.  Ce n'est pas vrai (...) qu'elles ne sont pas intéressées, affirme Julie Miville-Dechêne, présidente du CSF, c'est qu'elles se confrontent à des barrières dès l'embauche.  Bien sûr...

JMD ne va pas jusqu'à nier l'évidence de la force physique moins développée des femmes  comme facteur désavantageant, mais relativise d'une manière plus que douteuse cette tendance pourtant flagrante : Il est vrai que les hommes sont plus forts, mais il y a des femmes fortes et des hommes maigrelets, il faut briser ces stéréotypes.  Le mot est lâché !


Femmes et hommes : mêmes possibilités ?
Ayant travaillé huit ans dans une usine, je me rappelle des confidences du directeur des ressources humaines à l'effet d'une tentative louable d'intégration de personnel féminin.  Après quelques essais, il fallut se rendre à l'évidence : les candidates n'avaient ni la force physique, et encore moins l'endurance nécessaires à transporter les briques et à supporter la chaleur torride des fours qui devaient les cuire.  Certaines avaient même perdu connaissance dès leur première journée de travail.  Par contre, d'autres femmes avaient démontré des compétences certaines comme mécaniciennes, dans la mesure où la force physique n'était pas requise.  

Ceci dit, le Québec serait la pire province au Canada quant à la représentation féminine en construction, avec 1,3 % d'effectifs, en comparaison de 5,9 % en Alberta.  Cette comparaison a de quoi faire sourire, quand on songe au portrait souvent réducteur que nous entretenons des résidents de cette province, dont la population masculine, souvent présentée comme une congrégation de machos finis, devrait donc représenter le pire obstacle à l'intégration des femmes, en comparaison de nos hommes roses québécois.  Ce constat ne semble pas avoir effleuré l'esprit de la présidente du CSF.

Toujours une société distincte...

Parlant d'hommes roses, saviez vous que le Québec est la province qui regroupe le plus d'hommes occupant la profession d'infirmier, avec presque 10 % des effectifs ?  Se pourrait-il que cette surreprésentation masculine, jointe à la sous-représentation féminine en construction, soit attribuable à un profil ethnique, culturel, le nôtre, davantage latin,  interrelationnel et tourné - pour le meilleur et pour le pire - vers ce qu'on appelle un peu niaisement les valeurs féminines ?

Cette percée masculine est d'autant plus impressionnante qu'en 1970, le Québec se classait bon dernier quant au nombre d'infirmiers.  Aucun Conseil du statut de l'homme, pas plus que de politique de discrimination positive n'a été nécessaire pour opérer cette transformation radicale.  Chapeau les gars !


Le Québec, bon premier pour les infirmiers.
Les hommes seraient par ailleurs davantage attirés par les soins critiques et la santé mentale, avec des pourcentages respectifs de 13 % et de 20 %.  Ils resteraient aussi fidèles à leur profession que les femmes : parmi ceux qui ont obtenu leur permis d'exercice au Québec depuis 1990, 84 % exercent toujours leur métier.

Malgré cela, le gouvernement envisagerait des avenues en vue d'attirer davantage d'hommes dans la profession d'infirmier, le tout se faisant sans tenir de propos alarmistes ni gronder les établissements hospitaliers qui pratiqueraient de la discrimination à l'embauche.  L'intérêt moindre des hommes pour cette profession est perçu, à juste titre, comme la principale raison de leur plus faible représentation.

Dans cette perspective, on peut s'interroger sur la pertinence du quota minimal de 3 % de femmes par entreprise en construction que veut imposer le Conseil du statut de la femme, quitte à menacer de ne pas octroyer de contrat gouvernemental à tout soumissionnaire qui ne rencontrerait pas ce standard.  

Loin de favoriser l'intégration des femmes, une telle mesure contribuera à les marginaliser et à les présenter comme des êtres sans colonne vertébrale nécessitant protection, un portrait qui ne pourra que favoriser le mépris envers elles sur les chantiers de construction.  Le CSF réalise-t-il à quel point son attitude s'avère encore plus misogyne que celles qu'il entend dénoncer ?

dimanche 24 mars 2013

Printemps des pères, automne des féministes ?

Il n'en est pas question dans nos médias québécois, comme c'est le cas pour la plupart des événements en lien avec la condition masculine, mais le Printemps des pères connaît en France un intérêt certain, au fur et à mesure que des pères excédés par l'injustice des lois familiales françaises recourent à des moyens spectaculaires pour arriver à sensibiliser l'opinion publique.  

Nicolas Moréno, père à grue.
L'incident de ces pères, privés de contact avec leurs enfants, juchés au sommet de grues en février dernier a été l'amorce d'un mouvement qui a connu un retentissement international, n'en déplaise à nos médias obnubilés par une rectitude politique digne du Conseil du statut de la femme.  De tels faits d'armes ne sont pas sans évoquer le geste d'éclat d'un certain Andy Srougi qui avait bloqué en 2005 le pont Jacques-Cartier, afin de dénoncer les mêmes iniquités vécues par nombre de pères québécois.  

On comprend que semblables événements viennent perturber la quiétude des féministes radicales françaises, aussi soucieuses que nos activistes québécoises de préserver des privilèges étatiques, tant légaux que monétaires, si chèrement acquis au prix de luttes héroïques.  La simple perspective d'entrevoir des hommes opprimés demeure contraire à l'ordre sociétal qu'elle ont voulu imposer.  Pour l'instant, ces militantes bourdonnent fébrilement comme des guêpes surprises dans leur nid par quelques bonnes dégelées d'insecticide.  Comment faire taire ces hommes, empêcheurs de tourner en rond (tourner en rond reste l'une des  activités préférées des féministes étatiques) ?  Que faire pour éteindre l'incendie médiatique que ces béotiens viennent d'allumer ?

Vers un nouveau complot patriarcal...

Parmi les présumés whistle blowers de ce nouveau complot patriarcal n'existant que dans leurs esprits surchauffés, mentionnons Patrick Jean, ce documentariste persuadé qu'il ne pourra retourner au Québec, après avoir abusé de la confiance de masculinistes québécois, sans s'exposer aux représailles d'une milice armée !  Toujours en proie aux mêmes lubies, Jean affirmait récemment que les associations masculinistes misogynes préparaient des actions coup de poing dans toute la France ce jeudi 21 mars. Elles avaient selon lui planifié d’escalader grues et monuments pour alerter les médias et pour véhiculer des idées réactionnaires à caractère homophobe, misogyne et raciste.  À Paris, leur projet aurait été, toujours selon ce douteux informateur, de monter sur la Tour Eiffel pour y déplier une banderole. 

Nous imputant à nous, infâmes masculinistes québécois, une part de responsabilité dans ce déferlement de revendications, le cinéaste prétend observer notre influence pernicieuse en territoire français depuis qu’il a tourné au Québec La Domination masculine, sorti en 2009, pathétique long-métrage féministe pour lequel il s’est infiltré dans les milieux qualifiés par lui de masculinistes à Montréal. 

Patrick Jean
Finalement, l'action des pères rebelles aura été des plus pacifistes, bien que subversive, avec pour but avoué de demander au gouvern​ement français de réagir concrètement et rapidement à ce problème de société, des pères divorcés privés de leurs enfants.  Ces militants auront mené une action symbolique au Puy-en-Velay, en affichant plusieurs banderoles au sommet d'une grue du chantier du musée Crozatier, pour s'inscrire concrètement dans le mouvement national intitulé Le printemps des pères.  On constate sans peine toute la dangerosité terroriste d'une telle association coup de poing...
 
Ce collectif ayant pour dénomination Un parent de trop, qui rassemble une vingtaine de membres, a déjà été reçu le 6 mars dernier par la présidente du tribunal du Puy-en-Velay et participera prochainement à la marche des pères, une action nationale organisée à Paris le 9 juin prochain.  Vite, M Jean courrez vous cacher sous votre lit, en récitant votre chapelet, le cul à l'air, de crainte qu'un vilain masculiniste ne vienne vous y traquer, armé d'une kalachnikov... 


L'imposture du féminisme universitaire


J'ai déjà dénoncé le féminisme universitaire, si déviant qu'il est impossible, dans nos universités québécoises, de discuter de condition masculine autrement qu'à travers le prisme déformant de l'habituelle ritournelle d'un mouvement d'extrême droite, frustré des percées légitimes des femmes et désireux de les ramener à l'âge des cavernes, à mâcher des peaux d'animaux et à faire la lessive avec une planche au coin d'une rivière.  Mes seuls contacts avec un universitaire français, Romain Carnac, basé à l'université de Rennes, ne m'ont pas convaincu que la situation était plus reluisante en France, mais je reste ouvert à un point de vue différent.  Ce doctorant tient des thèses aussi réactionnaires à la nécessaire reconnaissance de la condition masculine qu'un certain Francis Dupuis-Déry, directeur du Groupe interdisciplinaire d'observation de l'antiféminisme, à l'UQÀM.  C'est tout dire.  

Une doctorante en sociologie à l'Institut universitaire européen, Aurélie Fillod-Chabaud (AFC), n'a pas donné sa place, au chapitre de la désinformation et de la négation d'une problématique pourtant évidente.  Comme c'est l'habitude chez les féministes militantes, quand une réalité leur déplait, qu'il s'agisse de violence féminine, de fausses accusations, du syndrome d'aliénation parentale, de parité homme femme en violence conjugale, la négation de l'évidence la plus manifeste est de mise.  Vous l'aurez deviné, c'est le drame des pères privés de leurs enfants - et des enfants privés de leur père - qui se voit à son tour nié avec la plus consternante mauvaise foi.  

Aurélie Fillod-Chabaud
Dès le début de son article, AFC biaise le propos : Dès lors, plutôt que de nous demander pourquoi les pères n'ont pas la garde de leurs enfants après le divorce, demandons-nous s'ils la réclament.  À cette question, on pourrait répliquer sans hésiter par une autre : Pourquoi ne la demandent-ils pas ?  Le premier quidam venu sait très bien que le père part perdant devant la mère devant la justice et devra, pour conserver le contact avec ses enfants, livrer une lutte acharnée, onéreuse, éprouvante émotionnellement, sans aucune garantie de succès, les juges entretenant un préjugé favorable envers les mères. Est-il possible qu'une chercheuse universitaire vive à ce point dans une tour d'ivoire sans avoir constaté pareille évidence ?  Semblable ignorance - délibérée - est impardonnable. 

Elle enchaîne avec cette autre question : (...) demandons-nous si la justice aux affaires familiales est à l'origine de la rupture du lien parental.  Excellent questionnement, cette fois.  Oui, en quoi la perspective probable d'une pension alimentaire, parfois à vie, la facilité avec laquelle une femme peut exiger et obtenir le remboursement de frais additionnels, et la garantie presque béton pour la mère de conserver la garde de ses enfants peuvent bien favoriser la rupture d'un lien parental ?  Franchement, je ne vois pas...

Se fermant les yeux devant semblable évidence, AFC poursuit sur sa lancée, commentant le fait que 70 % des mères ont la résidence de leurs enfants : (...) ce pourcentage n'est en aucun cas lié à un jugement arbitraire du juge mais bien à un accord des deux parents.  Vous connaissez l'expression Mieux vaut un mauvais arrangement qu'un bon procès ?  Elle connaît ici son heure de gloire, mais bien sûr, aux yeux d'idéologues comme cette doctorante, tout va bien, madame la marquise...

Connaissant les réserves et les appréhensions légitimes des hommes à entreprendre des procédures judiciaires quand la bataille s'annonce ardue, sinon perdue d'avance, que vaut la prochaine affirmation d'AFC : (...) seuls 2% des divorces et 6% de séparations se soldent par un désaccord sur la résidence des enfants, obligeant le juge à statuer selon l'intérêt de l'enfant.  Ces prétentions deviennent biodégradables...

S'ensuit un nouveau questionnement, particulièrement tendancieux : Comment un catégorie statistique si infime peut-elle être surreprésentée à ce point par des associations (de pères NDA) ?  Cette question me paraît aussi pertinente que de remettre en question la nécessité de secourir les victimes de viol sous prétexte qu'elles ne représentent qu'une minorité.  AFC réalise-t-elle l'aberration de son propos ?

Une véritable enquête devient incontournable

Les motifs de la non-judiciarisation de causes possibles de revendications paternelles légitimes ne peuvent être connues puis qu’aucune étude n'existe sur la question.  Il faudrait impérativement effectuer une vaste enquête statistique sur le sujet, selon le modèle des enquêtes sociales générales de Statistique Canada, qui ont permis d'établir la réciprocité en violence conjugale, au grand dam de nos féministes canadiennes, qui préfèrent les chiffres mensongers du ministère de la Sécurité publique, faisant obstinément passer des signalements pour des infractions.  Une étude objective, effectuée par des spécialistes chevronnés, permettrait de recueillir l'opinion des pères, loin de toute interférence indue. 

Je terminerai cette chronique avec la conclusion de l'article émaillé de non-sens et de fausses affirmations d'AFC.  Après s'être demandé pourquoi, selon elle, pères et mères s'entendent pour que, aussi bien avant qu'après la désunion du couple, les mères restent les principales garantes des enfants, la doctorante lance cette affirmation hasardeuse : Plutôt que de s'engager vers une remise en cause profonde de l'ordre sexué, le pouvoir de la grue semble s'accommoder de celui déjà en place.

Pour le plaisir d'argumenter, je remplacerais, dans cette phrase lapidaire, pouvoir de la grue par pouvoir du féminisme d'État.  Devant le penchant marqué par les idéologues du même tonneau qu'AFC pour le statu quo juridique, ne serait-il par plus pertinent de reformuler ainsi la conclusion de son texte : Plutôt que de s'engager vers une remise en cause profonde de l'ordre sexué, le pouvoir du féminisme d'État semble s'accommoder de celui déjà en place.

Pas mal plus exact, non ?

dimanche 10 mars 2013

Les regroupements féministes représentent-ils encore les femmes ?

Voilà la question que posait à ses auditeurs Mario Tremblay ce vendredi 8 mars, journée internationale des femmes, dans le cadre de son émission Show Tard, sur les ondes de CHOI-FM 98,1.  J'y étais invité, en compagnie de ma complice, Lise Bilodeau, présidente fondatrice de l'Action des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ) et de Maryse Belley, femme d'affaires, mère de famille et militante politique engagée dans la défense de la condition masculine.   

Mario Tremblay, animateur.
Malgré les efforts louables de Mario en vue d'inviter une représentante féministe, aucune n'a jugé pertinent d'accepter.  C'est avec un émoi très relatif que l'animateur devait par ailleurs nous apprendre que CHOI-FM n'était pas particulièrement apprécié par la Fédération des femmes du Québec (FFQ) qui a placé ce média sur sa rose liste noire.  Sans les approuver, on peut comprendre que cet organisme déphasé ne puisse tolérer des remises en question fondamentales, pourtant devenues incontournables étant donné les sommes colossales que le mouvement féministe coûte au contribuable.  L'organisme l'Après-Rupture, reconnu pour sa rigueur en matière de chiffres, a déjà avancé celui de 600 M $ par an. A-t-on le droit de poser des questions, à ce prix-là ?

C'était d'ailleurs le point de vue exprimé par la presque totalité des auditeurs ayant participé aux sessions de ligne ouverte, pour qui les regroupements féministes, bien qu'ayant joué un rôle marquant et indispensable à une certaine époque, sont devenus obsolètes, répétitifs et hostiles, pour ne pas dire haineux, envers les hommes, tout comme envers les femmes qui ne vivent pas selon leurs dogmes.  À cet égard, plusieurs participants ont constaté à quel point il était difficile pour une femme, désireuse de rester à la maison afin de s'occuper de ses enfants, de ne pas se voir ostracisée par les féministes militantes, qui ne la perçoivent que comme une victime vivant sous la férule d'un mâle dominant.

Vous avez dit création d'un ministère de la condition féminine ?...

Parmi les nombreux sujets abordés pendant cette soirée où invités comme participants se sont montrés pour le moins volubiles, la rencontre dite historique du Collectif du 8 mars, orchestrée par la FFQ et réunissant plusieurs organisations syndicales, avec la première ministre du Québec, Pauline Marois, flanquée de sa ministre de la Condition féminine, Agnès Maltais, a alimenté le débat.  

Lise Bilodeau, invitée.
Sans égard à la capacité de payer du contribuable le plus taxé en Amérique du Nord, ni au fait que le Québec reste le cinquième État le plus endetté au monde, le collectif a revendiqué l'instauration d'une loi cadre sur la conciliation travail-famille, alors que notre province demeure celle qui offre les programmes sociaux les plus généreux au Canada, notamment au chapitre de congés parentaux, des centres à la petite enfance et, bientôt, de la maternelle à quatre ans.  

Il faudrait de plus bonifier les rentes des femmes qui ne toucheraient - chiffres à vérifier, quand on connaît qui les propage - que 65 % des revenus des hommes une fois à la retraite.  Pensez-vous que l'on tienne compte ici des hommes qui vivent aussi la pauvreté, quand on sait maintenant, statistiques québécoises à l'appui, que 9,7 % d'entre eux souffrent de ce fléau, en comparaison de 9,0 % des femmes ?  Eh oui, la pauvreté se conjugue désormais d'abord au masculin, ce qui vient confirmer les chiffres d'Emploi et Solidarité sociale du Québec, à l'effet que la gent masculine est devenue majoritaire chez les assistés sociaux, les chômeurs, et représentent 90 % des itinérants.  

Les perspectives d'avenir des hommes demeurent incertaines, alors qu'ils disparaissent peu à peu de nos universités et de la fonction publique, sous l'impact de programmes de discrimination positives toujours en vigueur dans ce secteur, bien que les femmes représentent plus de 60 % des fonctionnaires.

Mais la meilleure parmi les revendications du Collectif demeure la création d'un ministère de la Condition féminine.  Il a fallu que je me pince et que j'aille voir la date du communiqué contenant cette information : 7 mars 2013, pourtant.  Le premier ministère de la Condition féminine fut créé, comme tout le monde devrait le savoir, avec le premier gouvernement péquiste, élu en 1976, et avait alors pour ministre responsable nulle autre que Lise Payette, figure emblématique de ce que le féminisme peut receler de plus misandre.  

La pauvreté, désormais d'abord masculine.
Alors que le Conseil du statut de la femme étend ses tentacules dans tous les ministères et influence pour le pire les politiques en santé et en services sociaux, en Éducation et en droit familial, et que le plan d'action gouvernemental triennal intitulé Pour que l'égalité de droit devienne égalité de fait, prône déjà l'analyse différenciée selon le sexe - nécessairement défavorable aux hommes - le Collectif concède que le gouvernement a mieux compris que cette mesure (la création d'un ministère de la Condition féminine, NDA) pourrait donner des moyens à l'État de mieux intégrer une analyse qui tient compte des discriminations  systématiques à l'endroit des femmes dans l'adoption de l'ensemble de leurs politiques.  

Les représentants du Collectif souffriraient-ils d'Alzheimer idéologique pour revendiquer si âprement... ce qu'ils ont déjà obtenu ?

Féminisme haineux et maccarthisme militant

Louise Langevin, chercheuse.
Un autre sujet d'importance qui n'a pas manqué de stimuler invités comme participants, a été la tentative aussi maladroite que sournoise de Louise Langevin, chercheuse à la chaire d'étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes, à l'université Laval, de vouloir de criminaliser les sites dits masculinistes et antiféministes. Si seulement le code criminel pouvait inclure le sexe parmi les groupes ciblés par les propos dits haineux ou diffamatoires, au même titre que les gays, lesbiennes ou les communautés ethniques, Mme Langevin n'en dormirait que mieux.  

Mme Langevin ne semble pas comprendre que les hommes représentent également un sexe, et que les modifications demandées par elle pourraient tout aussi bien s'appliquer à ses consœurs militantes.  Comment ne pas constater la haine psychotique des hommes chez les Femens, ces féministes ukrainiennes qui affichent sur leur site une femme aux seins nus - bonsoir, lutte à l'hypersexualisation - brandissant dans une main des testicules d'homme tranchés et dans l'autre une faucille ensanglantée ?

Il est clair qu'il existe des extrémistes dans tous les camps, hoministes comme féministes, mais il est évident que, en se servant d'auteurs misogynes ou hostiles à toutes les féministes, Mme Langevin tente de museler ceux qui déconstruisent le discours féministe dominant, celui du CSF et de la FFQ, notamment, et qui le font honnêtement, chiffres et études crédibles à l'appui, en dénoncant tromperies, volonté de pouvoir, cupidité et haine des hommes entretenue par ces organisations vermoulues et marquées par un gâtisme idéologique certain.

À la demande de Mario, j'ai lu en ondes quelques perles de misandrie féministe.  Après ça, je ne vois pas comment Mme Langevin et ses acolytes pourraient encore ne voir la haine que d'un seul côté.  Voici quelques échantillons...

La haine ne serait que masculiniste ?
J'estime que la haine envers les hommes est un acte politique honorable et valable, en cela que les opprimées ont droit à la haine de classe – contre la classe qui les opprime. 
 Merle Morgan, éditrice du MS Magazine (le Magazine Melle)

Je veux voir un homme battu jusqu’a ce qu’il soit une pulpe sanglante, avec un soulier à talon haut enfoncé dans la gorge, comme un cochon avec une pomme dans la bouche. 
Andrea Dworkin, auteure de Ice and Fire 
 

Les hommes qui sont injustement accusés du viol peuvent parfois profiter de l'expérience.
Catherine Comin, Université Vassar, doyenne auxiliaire des étudiants
 

Tout rapport sexuel, même la sexualité consensuelle dans un mariage, est un acte de violence perpétrée par un homme contre une femme.
Catherine MacKinnon


Les femmes ont leurs défauts; les hommes n’en ont que deux : tout ce qu’ils disent et tout ce qu’ils font.
Graffiti féministe populaire
 

Je soutiens que le viol existe toutes les fois ou il y des rapports sexuels, lorsque ceux-ci ne sont pas initiés par la femme à partir de ses véritables affections et désirs.
Robin Morgan


En guise de conclusion...

Cette chronique ne pouvait présenter un compte-rendu exhaustif des nombreux commentaires et sujets d'intérêt abordés et développés au cours de deux heures et demie de temps d'antenne.  Aussi ai-je privilégié les deux points ci-haut, qui m'ont paru se démarquer plus particulièrement.  Après tant d'élans de verbomotricité - les miens, peut-être plus irrépressibles que ceux de mes complices, n'est-ce pas, Mario ? - une question demeure : la journée de la femme a-t-elle toujours sa place ?

Maryse Belley, invitée.
Maryse Belley a offert une réponse à laquelle nous nous sommes tous ralliés : si au lieu de gémir sur le sort des femmes québécoises, les féministes pouvaient en vanter les mérites, souligner leurs victoires légitimes, manifester une volonté de partenariat avec les hommes, la journée de la femme pourrait enfin trouver un sens unificateur, au lieu d'entretenir une stérile guerre des sexes.  Dans une telle optique, il y aura toujours lieu de souhaiter une belle journée à toutes les femmes de bonne volonté et à ceux qui les aiment !