samedi 26 octobre 2013

Sommes-nous hostiles aux hommes en détresse ?

La nouvelle n'a pas fait grand tapage en mai dernier et, mis à part Radio-Canada - qui ne s'est jamais donné pour mandat la reconnaissance de la condition masculine - , aucun média n'en a parlé.  C'est le genre d'événement qui n'impressionne pas en soi, mais qui devient révélateur par la tendance lourde qu'il trahit.  

En effet, l'ouverture prévue d'un centre d'aide aux hommes en détresse sur le campus de l'université Simon Fraser, à Vancouver, a suscité la plus vive réprobation de la part du centre de femmes et même d'étudiants des deux sexes du même établissement, qui souhaitaient que le projet soit purement et simplement abandonné.  Comment expliquer pareille attitude ? 


Université Simon Fraser
 Ces militants prétendaient que les hommes disposent de nombreuses ressources pour leur venir en aide...  Le centre de femmes affirmait même dans son site web que le reste de la collectivité demeurait de toute façon un grand centre pour hommes.  Première nouvelle.  La Colombie-Britannique serait-elle en avance sur le Québec, où les soins de santé et de services sociaux restent obstinément onze fois moins subventionnés que ceux des femmes ?  Il est permis d'en douter.

Alors qu'est-ce qui pouvait bien susciter une aussi vive indignation chez ces âmes chevaleresques ?  Une quête inlassable de vérité ?  Une volonté implacable de dénoncer un privilège indu ?  La nécessité de mettre en lumière le peu de ressources offertes aux femmes (sic !) ?  Le danger d'accueillir des hommes perturbés - et donc nécessairement violents - sur le campus universitaire ? 

La mort d'un frère


C'est à la suite de la mort de son frère que l'instigateur du projet, s'étant alors buté au manque de ressources pour les hommes en détresse psychologique, a eu l'idée de ce centre.  Après la présentation de son projet, une subvention de 30 000 $ lui a été accordée par l'université pour sa mise en place.  Il n'en fallait pas moins pour qu'une vive opposition au futur centre se fasse sentir, dès le lendemain de son annonce.  Bonsoir sollicitude...


Durant l'émission Médium large, au cours de laquelle l'animatrice Catherine Perrin accueillait Michel Dorais, sociologue en sexualité et professeur en service social à l'université Laval, très favorable au projet, les appréhensions des opposants ont été analysées en compagnie de la journaliste Évelyne Charuest.


Certains étudiants des deux sexes, à l'instar du centre de femmes, avaient fait valoir dans une vidéo de plus de cinq minutes qu'il avait fallu dix ans de consultations avant que ledit centre de femmes voie le jour.  Comment justifier alors qu'un centre pour hommes, sans programme bien défini, soit aussi rapidement favorisé et financé ?  Un élément de réponse pourrait bien être qu'un tel centre aurait dû voir le jour depuis longtemps, et que l'heure n'est plus aux tergiversations, afin de rattraper un retard évident.
 

Michel Dorais, sociologue
Les appréhensions de voir s'implanter un boys club, agrémenté de tables de pool et de consoles vidéo, avaient été aussitôt évoquées.  Le penchant pour les jeux serait-il la principale préoccupation de la gent masculine, aux yeux des opposants ?  Ah, ce toxique parfum de misandrie...

La crainte pour la sécurité des étudiantes, en bonne partie à l'origine de la création du centre de femmes, a également été exprimée.  Des hommes en détresse représentent-ils un danger si on leur vient en aide ?  Privé d'assistance, ils deviendraient alors inoffensifs ? Et moi qui croyait le contraire...  Au fait, y avait-il un tel centre en 2007 à l'université Virginia Tech, au moment où Cho Seung-hui y a abattu 32 étudiants avant de mettre fin à ses jours ?

L'initiative du centre pour hommes, qui a toujours l'aval de l'université Simon Fraser, dont il faut saluer la détermination et le courage politique, dispose d'un an pour présenter un programme valable qui démontre qu'il n'a rien d'un projet de havre pour adolescents masculins attardés et oisifs. 


Une tendance plus vaste


Une lectrice m'avait déjà fait part de l'expérience de son ex-conjoint, alors qu'ils vivaient ensemble avec leurs deux enfants.  L'homme, en détresse psychologique profonde, avait tenté d'obtenir de l'aide de la part de son CLSC, en pure perte.  Est-ce parce que le personnel intervenant, en majorité féminin, se montre moins bien outillé, malgré sa bonne volonté, pour intervenir auprès des hommes ?  La question se pose.   


Au Québec, les organismes de soutien aux personnes en détresse se répartissent en 2800 groupes pour les femmes et... moins de 80 pour les hommes. Le peu de ressources dévolues à la gent masculine sont réservées aux hommes violents, comme si la violence demeurait le seul problème masculin.  Il aura donc fallu que l'homme en question, désespéré, devienne lui-même violent, au point de menacer la sécurité de sa famille, pour qu'enfin il reçoive de l'aide, bien sûr un peu tard.  Commentaire de ma lectrice : « Fallait-il que mon homme se rende au bout du rouleau avant de recevoir de l'aide ? »

Ce cas n'est pas isolé.  Il peut se voir reproduit à grande échelle.  À quoi sert de taper sur les doigts des hommes en leur reprochant de ne pas consulter quand les ressources font défaut ? Tous n'ont pas les moyens de s'offrir les services d'un psychologue.  Alors, que faire avec ces laissés pour compte ?  Est-ce parce que les hommes ne consultent pas qu'il n'y a pas de ressources pour eux, ou est-ce plutôt parce qu'ils n'y a pas de ressources pour eux qu'ils ne consultent pas ?  Il serait grand temps de mettre un terme à notre hypocrisie collective et de répondre à cette question.

Notre société n'est pas encore prête à reconnaître la détresse masculine, malgré le fait que les hommes représentent quatre victimes de suicide sur cinq.  Le discours sur un présumé patriarcat qui favoriserait outrageusement les hommes n'aide en rien à reconnaître la nécessité de leur venir en aide, ni à admettre la pénurie de ressources qui devraient leur être offertes.  

La détresse masculine, problème fabriqué ?
Je signalais dans ma dernière chronique qu'une quinzaine d'instances féministes d'État de premier plan sont même allées jusqu'à parler d'un problème fabriqué, au lendemain du dépôt du Rapport Rondeau en 2004 qui identifiait les failles criantes de notre système de santé et de services sociaux envers les hommes.

Compte tenu du poids politique de ces groupes dont font partie l'incontournable Fédération des femmes du Québec, le Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, la Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté au Québec et la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées au Québec, pour ne nommer que ces organismes, il serait surprenant que notre actuel gouvernement, le parti québécois, par tradition inféodé aux diktats féministes ne voyant la détresse que chez les femmes, corrige de sitôt la situation.  

Peut-être qu'en tant que collectivité, nous ne sommes pas davantage conscient du problème de la détresse masculine que notre gouvernement, qui n'agira que lorsqu'il sentira une volonté populaire suffisamment forte pour sortir de son indolence.  D'où ma question en titre, que je réitère : sommes-nous hostiles aux hommes en difficultés ?  La réponse à cette interrogation pourrait être bien pire encore que l'interrogation elle-même : peut-être sommes-nous tout simplement indifférents.

dimanche 20 octobre 2013

Multiculturalisme : le réveil des féministes non « professionnelles »...

Vous souvenez-vous du temps des sections fumeurs et non-fumeurs dans les restos ?  On semblait naïvement croire que la fumée secondaire s'arrêterait immédiatement à la frontière des non-fumeurs, leur garantissant une atmosphère aussi saine que s'il n'y avait pas de fumeurs dans l'établissement.  

Janette Bertrand
C'est un peu l'image qui me vient à l'esprit quand j'entends des adeptes inclusifs assujettis au concept de laïcité ouverte, persuadés que l'on peut faire cohabiter avec nous dans un même espace démocratique des représentants d'une religion aux us et coutumes trop souvent moyenâgeux, incluant hijab, niqab, burqa, génocide d'agneaux le jour de l'Aïd-el-Kébir, égorgement d'animaux vivants pour assurer la « qualité » halal de l'alimentation, jeûne imposé au mépris de la santé les jours de ramadan, multiplication des lieux de prière dans l'espace institutionnel, volonté de conversion des « infidèles » qui ne partagent pas leurs croyances, et j'en passe.  

J'ai souvent manifesté ma perplexité devant l'étonnante discrétion des féministes quant à la mentalité - véritablement - patriarcale, misogyne et rétrograde qui caractérise aussi étroitement l'islam politique.  Quand on voit à quel vitesse ces dames peuvent se mobiliser pour dénoncer une pub de bière affichant des « pitounes » ou un panneau annonçant un club de danseuses nues le long d'une autoroute, il y a de quoi s'interroger sur leur sens des priorités.  Et que dire de leur lutte à l'hypersexualisation, quand une étude de l'UQAM a déjà révèlé que nos jeunes filles sont pratiquement plus raisonnables que leurs mères ?

Avant le débat sur la charte des valeurs québécoises, il y avait de quoi penser que seule Djemila Benhabib, féministe autoproclamée, menait une lutte acharnée contre l'islamisation progressive de notre société.  Il aura fallu le temps, et les circonstances propices avant qu'enfin, d'autres consœurs sortent de leur anonymat et « brisent le silence », selon l'expression consacrée, pour appuyer son combat, derrière la matriarche Janette Bertrand.  Mieux vaut tard que jamais.  À mon avis, ces militantes n'auraient pas dû se surnommer les Janette, mais bien les Djemila.  

Pas des « professionnelles »...

Devant la totale déroute de la Fédération des femmes du Québec, investie, par Québec solidaire interposé, par Présence musulmane et par le Conseil islamique canadien, et devant le recul du Conseil du statut de la femme, sous l'égide de sa nouvelle présidente, quant à l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique, il fallait bien que quelques militantes véritables sauvent enfin ce qui pouvait rester de l'honneur féministe.  Si tant est que l'entreprise soit encore possible...

Bien sûr, à la suite de l'initiative du PQ, Louise Beaudoin, ancien pilier de ce parti, et quelques autres ont décidé de fonder Pour le droit des femmes, en rupture de banc avec la FFQ, dont elles n'ont pas hésité à dénoncer les positions rétrogrades.  L'événement n'a pas fait autant de bruit que la récente sortie des Janette, et pour cause.  Le public, lassé de subventionner des structures plus inutiles, douteuses et onéreuses les unes que les autres, se demande peut-être s'il ne se verra pas présenter une nouvelle facture, en plus de celle de la fédération jadis emblématique du mouvement féministe.

Louise Beaudouin
À ce propos, le mouvement féministe du Québec dans son ensemble, probablement le plus prospère au Canada, se démarque à nouveau par sa discrétion au moment où le débat sur la Charte des valeurs québécoises et, avouons-le, sur la musulmane voilée, fait rage.  Comment interpréter ce silence de la part de ce mouvement devenu si corporatiste au fil des ans ?  


Est-il toujours représentatif des intérêts légitimes des femmes, ou ne se consacre-t-il désormais qu'à sa propre expansion, en quémandant - et en obtenant souvent - de l'État des subsides de plus en plus élevés.  Quitte à monnayer son silence, au cas où les libéraux anti-charte, partisans du statu quo, reprendraient prochainement le pouvoir.  Si le PQ le conserve, bien sûr, ces professionnelles du lobby ne se seront jamais opposées ouvertement.  Pas de doute, le silence est... d'or.

La plus sombre page de leur histoire...

On ne peut douter de la capacité du mouvement féministe québécois à se mobiliser.  La dernière fois qu'il l'a démontré, c'est dans un contexte qui est loin de lui faire honneur.  Le rapport de Gilles Rondeau et de son équipe intitulé Les hommes : s'ouvrir à leurs réalités et répondre à leurs besoins, n'était pas déposé en 2004 que l'année suivante, 16 instances féministes de premier plan se mobilisaient et cosignaient un document tout simplement infamant au titre plus qu'évocateur : Comment fabriquer un problème.

Étaient niés, dans cette pseudo analyse, la réalité, démontrée dans le rapport, du besoin urgent de se pencher sur la condition masculine et sur l'accessibilité des soins de santé et de services sociaux des hommes, onze fois moins financés que ceux des femmes.  Faut-il rappeler que les hommes devancent désormais les femmes parmi les chômeurs, les assistés sociaux, les itinérants, bien sûr parmi les suicidés, et ne disposent de pratiquement aucun refuge pour eux et leurs enfants quand leur conjointe pète les plombs et les menace aussi bien physiquement que moralement ?  

Ces manques criants sont parfois dénoncés par des intervenants sociaux dans les médias, mais restent lettre morte.  L'initiative condamnable de ces féministes, redoutant que l'on finance moins leurs organismes au profit des besoins légitimes de la gent masculine, n'est pas étrangère à cet état de fait.  Mine de rien, sans qu'on le réalise, le rapport Rondeau a été tabletté. 

Quelle est leur position sur la Charte des valeurs québécoises ?

Je profite de la présente tribune pour interpeller ces organismes et regroupements, la FFQ mise à part naturellement, afin de connaître leur position sur la Charte des valeurs québécoises.  J'ai beau chercher leur opinion, je ne retrouve autour de moi qu'un assourdissant silence idéologique.  Se peut-il que, comme jadis, ces militantes se demandent si le PQ n'a pas, suivant leur propre expression, fabriqué un problème ?  J'invite également le public à leur écrire et à les interpeller.  Après tout, c'est de l'argent du contribuable que ces instances vivent; elles leur doivent des comptes.

Voici les signataires - hormis la FFQ - du document intitulé Comment fabriquer un problème :

Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine
 

Chaire d’étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes - Université Laval
 

Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail
 

Fédération de ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté au Québec
 

Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées au Québec
 

Institut de recherches et d’études féministes (Université du Québec à Montréal)
 

Le Regroupement de femmes de l’Abitibi-Témiscaminque
 

L’R des Centres de femmes du Québec
 

Relais-Femmes
 

Regroupement provincial des maisons d’hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale
 

Réseau québécois d’action pour la santé des femmes
 

Regroupement Naissance-ReNaissance
 

Regroupement des groupes de femmes de la région 03 (Portneuf-Québec-Charlevoix)
 

Regroupement québécois des CALACS (centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel)
 

Table des groupes des groupes de femmes de la Gaspésie et des Iles
 

Table des groupes de femmes du Bas Saint-Laurent

samedi 12 octobre 2013

L'arnaque légale des pensions alimentaires à vie...

Le Québec, société occidentale, vit comme il se doit dans un État de droit.  Ceci implique que, pour protéger le citoyen de l'État et de ses éventuels abus, la gérance de la vie civile a été confiée avec prévoyance aux tribunaux.  Une question, toute simple, comme ça : à quelle instance le citoyen peut-il s'en remettre pour le protéger des tribunaux et de ses abus ?  Cette question s'impose après la lecture de l'excellent essai de Pierre Grimbert et Lise Bilodeau intitulé De l'amour à la haine, véritable réquisitoire contre ce que les auteurs ont appelé à juste titre l'industrie du divorce.

Un livre subversif et incontournable.
Ce livre incontournable, que tout homme soucieux de connaître ses droits - ou parfois leur absence - devrait lire, dénonce de façon très argumentée et documentée les dangers qui guettent la gent masculine au lendemain d'un divorce.  Nombreux sont ceux et celles qui s'imaginent encore que les pensions alimentaires ne concernent que les enfants.  Erreur.  Au regard de la loi, les ex-conjointes demeurent des enfants qui, trop souvent, ne grandiront jamais.  Et nous parlons d'ex au féminin pour la simple et bonne raison que les hommes représentent 95 % des payeurs de pensions alimentaires, de nous rappeler Grimbert et Bilodeau.

Le mythe de la fatalité du temps partiel féminin

Au Canada, nombre de femmes peuvent se prévaloir d'une pension alimentaire à vie.  Pas étonnant que 80 % des demandes de divorce proviennent de la gent féminine.  Malgré les prétentions de la loi sur le divorce qui présentent ladite pension comme une mesure transitoire obligeant le conjoint le plus fortuné à soutenir le plus vulnérable, le temps que ce dernier reconquière son autonomie, aucune limite de temps pour ce faire n'est fixée.  

Cela signifie en clair que si la conjointe décide, pendant son union, de ne travailler qu'à temps partiel parce qu'elle veut plus de temps pour son épanouissement personnel, un retour aux études ou s'occuper de ses enfants, elle pourra, lors d'un divorce, invoquer la faiblesse de ses revenus pour obtenir une pension alimentaire pour elle, indépendamment de celle qu'elle encaissera pour ses enfants, confiés à leur génitrice dans 80 % des cas.  Pourquoi se tuer au travail dans pareilles circonstances ?  Laissons ce soin à « mon homme », quitte à lui faire faire du temps supplémentaire.  

Soulignons que davantage de femmes que d'hommes optent pour le travail à temps partiel, une réalité présentée comme une fatalité par les féministes d'État, mais comme un choix personnel par Statistique Canada : « La plupart des femmes qui travaillent à temps partiel le font parce qu’elles ne veulent pas d’un emploi à temps plein ou parce que cela convient mieux à leur situation personnelle. En 2009, 27,7 % des femmes travaillant à temps partiel avaient déclaré ne pas vouloir un emploi à temps plein par préférence personnelle et 25,0 % parce qu’elles étaient aux études (…). »  Ceci explique cela...

L'arrêt Moge

Les auteurs : Pierre Grimbert et Lise Bilodeau.
Les auteurs nous expliquent que les pensions alimentaires à vie ont été instaurées à la suite de l'arrêt Moge, une décision de la Cour suprême du Canada, par conséquent applicable dans toutes les provinces.  Les juges à l'origine de cette trouvaille avaient décrété, contre toute évidence, que la femme d'un couple polonais divorcé, les Moge, avait droit à une pension alimentaire pour avoir été une mère au foyer à temps plein, malgré le fait qu'elle avait travaillé tout le temps de son union à raison de six heures par jour.  

À la suite de son divorce, la même dame avait refusé un emploi à temps plein dans son champ de compétence.  Malgré ce fait établi, l'ex-conjoint a été obligé de continuer à lui verser une pension alimentaire.  Imaginez-vous notre gouvernement fédéral, apprenant qu'un chômeur ait refusé un emploi, continuer à lui verser ses prestations ?  Il semble que le deux poids, deux mesures ait force de loi - de plus d'une façon - quand le bien-être - social - d'une femme est en jeu.

Parlant de bien-être social, le même livre nous apprend que, même divorcée depuis des années, une prestataire de la sécurité du revenu peut réclamer une pension alimentaire à son ancien partenaire de vie.  Les fonctionnaires de l'Aide sociale se feront une joie de lui payer des avocats afin de soutirer à son ex un montant récurent pour aussi longtemps que Madame restera prestataire, et ce jusqu'à son trépas, si nécessaire. 

Parlant de mort, même une fois décédé, un ex-conjoint peut se voir contraint de payer, par voie de succession, jusqu'à douze mois de pension alimentaire à son ex conjointe.  Je m'étonne encore qu'il ne soit toujours pas possible de monnayer à cette fin le don forcé d'organes, et pourquoi pas, même du vivant du pauvre homme, s'il ne peut s'acquitter de ses versements.

Les auteurs font le constat suivant : « En 1992 (date de l'arrêt Moge NDA), la population active était constituée d'à peu près de 40 % de femmes et il nous apparaît étrange d'appliquer des raisonnements comme si 95 % des femmes demeuraient à la maison.  La notion de pension alimentaire à vie est encore appliquée implicitement dans le fait que des jugements ne comportent pas de date de fin.  La Cour suprême explique qu'elle veut envoyer le message que le mariage n'est pas un institution à prendre à la légère mais... à quel prix. »

Madame est servie !

Bilodeau et Grimbert nous livrent des cas pour le moins pathétiques qui feraient la une de tous les quotidiens si des femmes en étaient les victimes.  Mais il ne s'agit que d'hommes, alors... Je souligne que Lise Bilodeau reste toujours présidente de l'Action des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ) et cumule aujourd'hui près de 15 ans d'expérience dans la connaissance de la loi sur le divorce et le soutien envers des hommes et des femmes, la plupart du temps leur nouvelle conjointe, victimes de la judiciarisation des divorces.    

L'ANCQ, active depuis 1999.
Je reproduis textuellement les cas incroyables en question, au cas où on m'accuserait de les avoir inventés sous l'influence de quelque psychotrope.  J'y ai ajouté mes commentaires, en gras.  Voici les cas :

« (...) R nous écrit : " Je suis séparé depuis 7 ans et mon ex a acquis, lors de la séparation, la maison, les meubles et une pension de 400 $ par mois.  Depuis deux ans et demi, elle habite avec un autre homme, elle a un travail, elle a deux revenus de loyers provenant de la maison que je lui ai laissée, et je dois encore lui payer une pension de 400 $. » Il serait plus facile de tuer un vampire que d'annuler une pension.  Dans ce cas précis, le vampire se porte on ne peut mieux... 

« Un de nos membres, un professeur retraité, nous informait, lors d'une conversation au cours de nos visites en régions, qu'au moment où il a pris sa retraite, sa femme vivait maritalement avec un nouveau conjoint.  Toutefois, celui-ci mourut et elle hérita d'une bonne fortune.  Notre membre - à la retraite, ne l'oublions pas - décida de demander l'annulation de la pension alimentaire afin de pouvoir vivre décemment de son fonds de retraite.  Il perdit en Cour.  On lui affirma que son ex-épouse n'avait pas à se défaire de ses richesses pour vivre.  Notre membre continue donc de payer une pension alimentaire à sa femme, qui est veuve, mais pas de lui. »  Et il devra payer jusqu'à ce que la mort le sépare de ses obligations... ou douze mois après son trépas.

« (...) un homme a raconté que son ex-femme s'était mutilée au poignet pour être certaine de ne pas devoir travailler et ainsi recevoir une pension alimentaire; et elle lui en avait fait part.  Elle aimait l'injurier et elle lui assura qu'elle irait pisser sur sa tombe !  Très valorisant, n'est-ce pas ? »  Imaginez les conséquences si les fonctionnaires de l'assurance-emploi découvraient une telle fraude de la part d'un chômeur...  Mais là, c'est une ex-conjointe.  L'État ne paie pas, il n'a pas à s'en mêler.

« Un autre de nos membres, qui est vendeur d'assurances, a actuellement 78 ans.  Il paie une pension depuis 35 ans à son ex-femme et à son fils décédé...  Il ne peut prendre sa retraite, car on ne veut pas annuler la pension alimentaire. »  Comment admettre pareille aberration ?  Il faudra un jour juger les juges.

« Il ne reste que 300 $ par mois pour vivre à un de nos membres, et à sa retraite dans la région de l'Estrie !  C'est moins que ce que l'aide sociale donne.  Mais Madame ne veut pas lâcher le morceau.  La Cour a même mentionné dans le jugement que Monsieur avait décidé de faire partie de notre association pour intimider et rendre dépressive son ex-femme. »  Et si c'était ce Monsieur, qui pourrait avoir de bons motifs d'être dépressif ? 

Histoire d'O

J'ai gardé le « meilleur » pour la fin.  La monstruosité de l'appareil juridique est illustrée avec ce cas dans toute son inhumanité et toute sa laideur.  

« Un de nos membres, que nous appellerons O, et qui a élevé seul ses deux enfants, a été traîné neuf fois en Cour par son ex-épouse.  La pension alimentaire était pour elle un dû inaliénable.  Elle n'avait pas la garde de ses enfants.  Chaque requête impliquait des honoraires à verser, contrairement à Madame qui bénéficiait de l'aide juridique.  Il a déboursé au total 81 000 $ en honoraires d'avocats et de comptables.  Ce calvaire a duré 25 ans.  Son ex-épouse disait qu'elle avait une tendinite et qu'elle ne pouvait donc pas travailler.  Pourtant, des photos la montraient sortant des bars de danse à trois heures du matin.  Et la preuve démontra qu'elle faisait entre 20 et 30 heures de bénévolat par semaine.

Des hommes se tuent au travail pour payer leur ex...
« Ces dernières années, O a été diagnostiqué cardiaque et a été victime de deux infarctus : conséquence d'un travail trop dur pour se donner un train de vie décent.  Il a tenté d'interrompre les versements de la pension.  En Cour, on a retenu la tendinite de Madame, mais on a ignoré les crises cardiaques de O.  Dernièrement, il a obtenu une date de cessation de cette pension.   Cette fois, le juge a exigé de Madame un peu de bonne volonté et elle a accepté pour une modique... somme globale supplémentaire de 35 000 $.   Malgré cela, elle aurait tout de même voulu que la pension continue ! »

Un tel récit a de quoi glacer le sang et jette une lumière crue sur la bassesse et le sexisme de notre Justice envers les hommes.

Vous avez dit autonomie ?

Tous ces cas illustrent on ne peut mieux la dérive d'un féminisme d'État juridique qui, de la nécessaire valorisation de l'autonomie des femmes, est passé à la revendication de leur dépendance au revenu de l'ex-conjoint, trop souvent promu au rang de guichet automatique, parfois même à vie.  Bien sûr, tous les cas mentionnés plus hauts ne sont pas représentatifs d'une majorité, mais ils surviennent beaucoup trop souvent pour qu'on puisse plus longtemps les passer sous silence.  

Leur évocation démontre à quel point, au lendemain d'un divorce, les hommes se retrouvent avec la menace d'obligations à vie, et les femmes, avec l'opportunité de privilèges inaliénables.  Et dire que nos féministes nous serinent toujours le refrain des privilèges patriarcaux !  Tant et aussi longtemps que l'État québécois n'aura pas redressé la barre en vue de la conquête d'une indispensable autonomie financière, reposant sur une véritable prise en charge individuelle, notre système familial, qui se nourrit des injustices qu'il favorise, aura fait la preuve de l'échec du féminisme étatique.  

On ne peut que constater, derrière les hymnes à l'égalité homme femme de ce dernier, l'évidence d'une fraude aux conséquences incalculables.

samedi 5 octobre 2013

« Féminisme » islamique : quand le masque tombe, le hijab reste...

Trouveriez-vous normal de voir des Juifs se montrer favorables au nazisme en arborant fièrement la croix gammée ?  Ou de voir des Afro-américains se promener travestis de draps blancs en appui au Ku-Klux-Klan ?  Ne ressentiriez-vous pas un vague malaise, pour ne pas dire un profond sentiment d'incompréhension devant semblables incohérences, devant pareil mépris de soi ?  

Dalila Awada, juste une étudiante en sociologie ?
C'est exactement ce que j'éprouve devant le spectacle ahurissant de femmes déambulant dans l'espace public affublées du voile islamique.  Même en région, nommément à Trois-Rivières, on en voit de plus en plus.  Bien sûr, je sympathise avec celles qui se voient contraintes par un conjoint rétrograde à porter pareil oripeau, mais je reste perplexe devant les autres, celles qui prétendent le revêtir par choix et qui vont même jusqu'à en revendiquer âprement le port.

Vous avez dit féminisme... islamique ?

Le concept même de féminisme islamique, chez les musulmanes les plus militantes qui prétendent vouloir affirmer au grand jour leur identité religieuse, y compris dans la fonction publique, me semble une contradiction dans les termes, au même titre que l'expression « discrimination positive », aimablement remplacée par notre gouvernement par « action positive ».  Cette nouveauté a - également - le mérite relatif de dissimuler une pratique incongrue sous une dénomination qui pourrait frauduleusement la faire passer pour de l'engagement social.

C'est à ces prétendues féministes islamiques que l'on doit d'avoir vu la Fédération des femmes du Québec infiltrée par Présence Musulmane - favorable à Tarik Ramadan et à son moratoire (sic !) sur la lapidation - et par le Conseil islamique canadien - militant des tribunaux islamiques en Ontario - en vue de faire fléchir ce regroupement féministe, jadis emblématique, en faveur de la laïcité dite ouverte et de l'opposition à l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique.  Le tout, bien sûr, par l'intermédiaire de Québec solidaire, tenant désormais sous sa férule la FFQ, au cas où il faudrait le rappeler.

C'est également devant la commission Bouchard-Taylor, au moment où la présidente de la FFQ de l'époque, Michèle Asselin, déclarait que le hijab ne contrevenait pas vraiment à l'égalité homme femme, qu'une délégation de « féministes » islamiques avait attiré l'attention d'un participant, Denis Gaumont, retraité de l'UQÀM.

Tarik Ramadan : double discours.
Il relate ainsi leur intervention : « Structurées et bien documentées, ces jeunes femmes ont ébloui les commissaires. Elles ont défendu avec aplomb le port du voile, le respect de l'époux, la charia appliquée à la famille, la bonté d'Allah, leur auto-exclusion si nécessaire. Un travail bien fait. Classique. Au point que messieurs les commissaires ont remercié mielleusement ces émissaires, de toute évidence en service commandé et bien escortées. Pour en rajouter une couche, les commissaires les ont explicitement félicitées pour la qualité de leur «féminisme» à la sauce musulmane! »

À souligner, au crayon rouge, que ces prétendues féministes, en se déclarant favorables à « la charia appliquée à la famille », trahissent on ne peut plus clairement leur adhésion aux tribunaux islamiques.  Que les deux commissaires se soient prosternés avec leur obséquiosité ordinaire devant semblables représentantes de l'islam politique ne surprendra personne, mais n'est-il pas inquiétant de constater qu'ils ne sont pas les seuls ?

Des idiots utiles à Djemila

C'est au nom des nobles principes que sont « le refus du racisme, des stigmatisations, de toutes les formes de domination et d'inégalité quelles qu'elles soient » qu'une centaine d'intellectuels se sont sentis obligés de s'opposer à la charte de valeurs québécoises du ministre Drainville, en brandissant la Déclaration universelle des droits de l'homme votée en 1948 par l'Assemblée générale des Nations unies, qui reconnaît la liberté « de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé ».  

Voilà une - autre - définition qui gagnerait à être revue et corrigée à la lumière de l'échec du multiculturalisme en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, ou en Espagne, pour ne nommer que ces pays occidentaux, déroute ayant pour dénominateur commun la montée de l'islam politique, une évidence qui ne semble pas émouvoir outre mesure ces intellectuels épris d'un Disneyworld multiculturel utopiste.

« Cette démarche (la charte NDA) nourrit le fantasme d'une définition non conflictuelle de la collectivité québécoise », écrivaient-ils.  Et moi qui croyait que c'était justement le multiculturalisme qui nourrissait cette illusion...
 
Djemila Benhabib : lucidité.
Concernant cet autre mirage, le féminisme islamique, Djemila Benhabib publiait récemment dans Facebook le statut suivant : « Quelques mots au sujet du féminisme islamique - Celles qui portent le voile islamique et se revendiquent du féminisme véhiculent une énorme aberration. Puisque ces dernières ne remettent nullement en cause les dogmes religieux en matière d'héritage, de mariage, de divorce, de garde des enfants, d'autorité parentale, de liberté et d'orientation sexuelles, de témoignage devant un tribunal, ou d'accessibilité à certaines fonctions ou professions. Ce concept sert tout simplement de paravent à l'islam politique pour mettre en difficulté, voire discréditer, l'universalité des droits des femmes. Cette entreprise vise uniquement à liquider les acquis des femmes et isoler les luttes des femmes musulmanes des luttes des femmes dans le monde. Durant les quatre-vingts dernières années, les femmes ne se sont pas émancipées en s'appuyant sur les dogmes religieux, mais en prenant leur distance avec le religieux. Sans surprise, les droits des femmes ont pris leur envol une fois la distinction entre les pouvoirs temporels et spirituel a été établie. En ce sens, la laïcité est une condition nécessaire à l'égalité entre les femmes et les hommes. »

Les hijab Barbies

Parlant de Djemila Benhabib, je m'en voudrais de passer sous silence sa participation, claire, documentée et articulée, à l'émission Tout le monde en parle le 29 septembre dernier, mais si je mentionne l'événement, c'est surtout à cause de son interlocutrice de la soirée, Dalila Awada.

Cette jeune femme, a été simplement présentée par Guy A Lepage comme une étudiante en sociologie à l'UQÀM, née au Québec de parents originaires du Liban.  C'est par l'entremise des médias sociaux, encore une fois plus vifs que les médias traditionnels ou que les recherchistes de l'animateur, que l'on devait apprendre que cette musulmane était en fait une militante de Québec solidaire, membre du comité femmes immigrantes de la FFQ, et qu'elle entretenait, par cousine interposée, en l'occurence Leila Bdeir, des liens avec Présence musulmane, organisation mentionnée plus haut dans ce texte, favorable aux tribunaux islamiques et entièrement dévouée à Tarik Ramadan, petit-fils de Hassan el-Banna, fondateur des frères musulmans, organisation islamiste la plus rétrograde qu'il puisse se concevoir.

Dalila Awada et Leila Bdeir.
Dalila Awada reste à ce jour l'incarnation la plus représentative de l'ambassadrice islamique, douce, jolie, séduisante, mais mandatée afin de nous faire gober une double discours analogue à celui de Ramadan.  Tout en admettant que le hijab peut être utilisé à des fins répressives dans les pays islamistes, elle affirme qu'un telle orientation n'est pas près de survenir au Québec, si civilisé.  Et on accusera ensuite les régions de vivre repliées sur elles-mêmes !

À notre époque de mondialisation économique, politique et médiatique, on voit mal comment le Québec, dans un contexte planétaire où l'islam politique gagne sans cesse du terrain devant l'indolence occidentale, resterait le dernier petit village à résister encore à l'envahisseur.  Sans doute détenons-nous une potion magique qui saura nous en préserver ?  Au fait, ai-je bien dit « envahisseur »...