samedi 28 mars 2015

Julius Grey, justicier, à la défense d’une hijab Barbie…

La démocratie et le droit à la différence de l’Autre doivent beaucoup à Me Julius Grey, qui s’est si admirablement démarqué en 2006 pour avoir défendu bec et ongle le droit d’un gamin sikh de pouvoir porter son kirpan en classe secondaire.  Quand on sait que, pour certains fervents représentants de cette religion, le kirpan demeure aussi nécessaire à leur salut que la tente à oxygène à l’asthmatique chronique, on peut mesurer à sa juste valeur toute l’étendue de l’inestimable contribution de ce justicier, aussi intègre que désintéressé.  

Julius Grey, justicier...
C’est certainement en bonne partie grâce à ce louable précédent si le kirpan est désormais accepté depuis 2014 dans les ambassades fédérales et les missions à l’étranger en attendant, sans doute, de se voir admis dans les contrôles aéroportuaires ou dans les établissements carcéraux.  Qu'importe si au Penjab, État majoritairement sikh, 80 % de ses jeunes représentants ont même renoncé au turban !

C’est également dans une importante mesure grâce à l’habileté de cet éminent juriste que le Québec doit de se voir bouleversé de salutaires questionnements sur les accommodements religieux, garantis par nos chartes des droits et libertés, tant fédérale que provinciale.  Où en serait l’état de notre évolution sociétale sans des êtres d’exception aussi épris de justice et d’équité ?

Scalpe-t-on les autochtones ?

Dans son laborieux cheminement, si douloureusement semé d’embuches, Julius Grey vient de relever un nouveau défi en se portant à la défense de Rania El-Alloul, déplorablement victime d’une juge indéniablement islamophobe, qui a osé exiger que la musulmane retire son hijab avant de comparaitre devant elle.  Pourquoi ne pas légaliser la pratique du scalp, tant qu'on y est ?  Devant le refus militant de l’interpelée de s’exécuter, la magistrate avait refusé d’entendre sa cause.

La juge Eliana Marengo réalise-t-elle tout le préjudice qu’elle a fait subir à cet être fragile, démuni, presque éteint, doté d’une identité si chancelante qu’elle se raccroche si désespérément à un morceau de tissus ?  « Je ne vais donc pas vous entendre si vous portez un foulard sur votre tête, avait eu le culot de déclarer la magistrate, comme je ne permettrais pas à une personne de comparaître devant moi si elle portait un chapeau ou des lunettes de soleil ou tout autre vêtement qui n'est pas convenable lors d'une audience du tribunal. » 
Imaginez, rabaisser le hijab au rang de chapeau ou de lunettes de soleil !  Ne même pas le trouver convenable !  N’est-ce pas là joindre l’insolence à l’intolérance, je vous demande un peu !
Un désintéressement des plus totaux…
Rania El-Alloul, victime.
À ceux qui oseraient soupçonner chez Me Grey quelque velléité de cupidité à partir d’une cause bancale, voire insipide, l’incorruptible avocat rétorque :

« Je n’ai pas fait une étude approfondie de la possibilité d'obtenir des dommages de quelqu'un. Tout ce que je pourrais dire, c'est que le but de cette procédure n'est pas l'obtention de dommages, pas plus que de faire démissionner la juge. Le but est d'établir un principe une fois pour toutes : que tout le monde est bienvenu devant les cours de justice. »
Vous voyez, il ne vise pas l’obtention de dommages, puisqu’il l’affirme !  Après tout, comment douter de la parole d’un représentant de notre Justice, presque philanthropique ?
L’admirable générosité des Québécois…
Un irrépressible sentiment de fierté m’envahit souvent devant l’incommensurable générosité des Québécois, tout comme devant leur inégalable lucidité, au regard des situations qui les touchent au plus profond de leurs entrailles.  Au plan de l’altruisme et de la clairvoyance, peu de peuples leur ressemblent.
La preuve en est que, puisque Rania El-Alloul s’adressait au tribunal pour récupérer sa voiture, saisie par la Société de l’assurance automobile du Québec, un mouvement de solidarité en sa faveur a permis de récolter 50 000 $ pour que la femme voilée puisse s’acheter une nouvelle auto !
Quand je vois ça, j’en ai les larmes aux yeux…
La musulmane, très digne, a refusé l’argent, mais les organisateurs de la campagne ont émis la possibilité d’utiliser « une partie de ce montant » pour financer des actions en justice.
Vous voulez parier que des esprits retors accuseront Julius Grey de vouloir s’enrichir en manipulant des esprits simples ?  Est-il Allah possible..

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Le 52 000$ fut remis au NCCM, alias CAIR - lié aux Frères Musulmans, pour les procédures judiciaires.

Le NCCM a publié un communiqué de presse remerciant Grey d'avoir pris la cause.

Donc, j'imagine que Grey est payé pour cette bonne oeuvre. Ils sont deux avocats dans le dossier.

Si on regarde les honoraires de Grey, 52 000$ va couvrir quelque 80 heures de travail. Et l'avocat Bouchard doit aussi être payé...

Ça va coûter très cher. Qui va financer tout ça?

Olivier Kaestlé a dit…

Merci de ces précisions. Il semble bien que vous ayez raison d'établir des liens entre le NCCM et les Frères musulmans.
http://pointdebasculecanada.ca/nccm-cair-canada-demande-au-gouvernement-quebec-retablir-ponts/