mercredi 14 octobre 2015

Lectures LGBT : sensibilisation à la diversité ou prosélytisme « homonormatif »?

Avant d’aller plus loin dans ce billet, et pour être certain de nous entendre sur le sens des mots, une définition s’impose.  Selon Wikipédia, le prosélytisme désigne l'attitude de ceux qui cherchent à « susciter l'adhésion » d'un public, public susceptible de devenir alors, pour tout ou partie, des « prosélytes », c'est-à-dire de nouveaux adhérents à leur foi. Par extension, le prosélytisme désigne le « zèle » déployé en vue de rallier des personnes à une doctrine.
 

Ainsi, par exemple, lorsque la féministe radicale T-Grace Atkinson affirme le plus naturellement du monde que le féminisme est la théorie, et le lesbianisme, la pratique, elle considère que le mouvement dont elle se réclame véhicule un prosélytisme ayant pour but de soustraire les femmes à l’infamante hétérosexualité, fer de lance de l’écrasante domination masculine.  

Atkinson n’est pas un phénomène isolé : Andrea Dworkin, Susan Griffin, Martha Selly et Robin Morgan * constituent des cas identiques parmi de nombreux autres qui ont inspiré les fameuses études de genre, démystifiées il y a quelques années en Norvège par Harald Eia.

Rappelons que les études de genre, malgré l’avalanche d’expérimentations scientifiques qui les disqualifient, véhiculent le principe voulant que les identités et orientations sexuelles masculine comme féminine sont des constructions sociales et n’ont rien à voir avec la biologie.  Malgré le caractère manifestement absurde de cette doctrine, elle a été admise en France, notamment, où elle est enseignée de façon plus ou moins officieuse dès le primaire, malgré les molles dénégations de l’Éducation nationale française.  

Charlotte Pudlowky, lucide
Par contre, affirme Charlotte Pudlowsky, journaliste à Slate.fr, « la déconstruction du genre, qui s’inscrit dans l’étude du genre (...) va avec la promotion de l’égalité, et existe dans l’Education nationale. »  Ah, tiens...

Elle ajoute : « Il est difficile de savoir quel est le nombre des enseignants qui déconstruisent le genre, spontanément ou de façon militante. Mais ils dépassent bien sûr les 600 classes pilotes qui testent actuellement l’ABCD égalité, depuis la maternelle au CM2. » Prosélytisme, quand tu nous tiens...

Pourquoi je vous écris ça ? 

Parce que ces initiatives feutrées, niant la réalité biologique d’une orientation populaire spontanément et majoritairement hétérosexuelle, semblent insidieusement favoriser, sous le couvert de  la nécessaire tolérance envers l’homosexualité, la promotion de cette orientation sexuelle comme modèle sexuel valorisé, tout en se montrant hypocritement hétérophobe.   

À cet égard, ce slogan, parmi d’autres, rabâché par le lobby LGBT lors des manifs pour le « mariage pour tous » en France est plus qu’évocateur de cette tendance : « Mieux vaut une paire de mères qu’un père de merde. »  Au banc des accusés se retrouve donc, on l'aura compris, l’infâme homme blanc, « cisgenre » et « hétéronormatif ».  Comme par hasard, c'est ce même lobby qui pousse sur le prosélytisme homophile en milieu scolaire... 

Jacques Pétrin, idéologue
En écho à ce qui se passe dans l'Hexagone, un nommé Jacques Pétrin (Ça ne s’invente pas !) retraité homosexuel autoproclamé et père de famille, a répertorié des suggestions de lecture qui, appuyées par la Centrale de syndicats du Québec, pro-féministe s’il faut le préciser, seront proposées aux centres de la petite enfance et dans les écoles primaires.  

 Eh oui, on va faire comme en France !  Voici quelques titres, qui ne laissent rien à l’imagination : Papa porte une robe, La fille qui voulait être un garçon, Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ? La princesse qui n’aimait pas les princes.  Cute, non ? 

Comme chez de nombreux « pédagogues » féministes français, la phobie de l’hétérosexualité comme modèle sexuel dominant transpire du propos de M Pétrin, qui croit lutter contre les stéréotypes : « Si on veut être en mesure de développer cette ouverture à la diversité, il faut briser le mythe de l’hétérosexisme dès le plus bas âge. Si on ne prend pas les enfants en CPE, ils prennent déjà le moule et perpétuent le mythe, notamment que les petits gars qui aiment le rose sont des tapettes »  

S'il a raison de condamner le mépris envers les jeunes homosexuels, le militant emploie un mot malheureux : hétérosexisme !  « Homophobe », ça ne ferait pas tout aussi bien votre affaire, M Pétrin, un terme clair et précis qui ne donnerait pas l'impression de stigmatiser la communauté, hélas majoritaire, hétérosexuelle ?  Faut-il qu'en luttant contre des stéréotypes, vous « innoviez » en en forgeant de nouveaux ?

À l’instar de l’Éducation nationale française,  Michel Dorais, professeur à l’école de travail social à l’Université Laval, conteste à son tour toute influence des études ou de la théorie des genres : « Mais ça n’existe pas, la théorie des genres. On n’enseigne pas aux enfants à choisir leur sexe ni même leur orientation sexuelle. »   

Non, M Dorais, pas encore, mais la frontière entre l’enseignement d’une nécessaire tolérance envers la communauté LGBT, et la promotion d’une orientation sexuelle qui ne toucherait que trois pour cent de la population est loin d’être clairement établie.  

Mais honte à nous, citoyens ignares et rétrogrades, si nous questionnons ces nouveaux dogmes éducatifs : « Les gens qui s’opposent au respect de la diversité humaine, qu’ils soient racistes, sexistes ou homophobes, ils ont droit à leur opinion, » affirme M Dorais. Mais la société québécoise et canadienne a fait, par ses lois et ses Chartes, d’autres choix ».  

Michel Dorais, autre idéologue
Apparemment M Dorais ne lit  pas les journaux et ignore tout des réticences populaires croissantes touchant précisément ces chartes qu’il semble imaginer endossées par une majorité.  Les idéologues tout azimuts ont cette curieuse tendance à prendre leurs rêves pour des réalités…

Comme dans les cas des inclusifs qui condamnent toute critique de l’islam politique en criant « islamophobie, racisme, xénophobie » et j’en passe, M Dorais et ses semblables n’hésitent pas à voir des « sexistes » et des « homophobes » en quiconque considère normal de douter de la pertinence des questions sur la diversité sexuelle, par ailleurs légitimes en soi, abordées si tôt chez les enfants qui fréquentent les CPE ou les écoles primaires.   

Par ce chantage à la culpabilisation, ces idéologues trahissent un fanatisme doucereux et chloroformant qu’ils opposent à tout véritable débat sur les valeurs dites de tolérance qu’ils prétendent véhiculer. 


[*] « Tous les hommes sont des violeurs, et rien d'autre. » - Marilyn French, The Women 's Room
« La relation hétérosexuelle est l'expression la plus pure, la plus formalisée du mépris pour le corps de la femme. » - Andrea Dworkin, The Rape Atrocity and the Boy Next Door
« Si le violeur professionnel doit être distingué du mâle hétérosexuel dominant moyen, cette différence ne peut être qu'essentiellement quantitative. » - Susan Griffin, Rape : The All-American Crime
« Les rapports hétérosexuels sont antiféministes. » - T-Grace Atkinson, Amazon Odyssey
« Quand une femme orgasme dans les bras d'un homme, elle collabore avec le système patriarcal, elle érotise sa propre oppression. » - Sheila Jeffrys, professeure
« L'homme moyen, y compris l'étudiant de gauche moyen, veut un objet sexuel passif, une ménagère et une infirmière pour enfants qui nettoie ce qu'il salit, pendant qu'il joue à l'homme d'affaires important ou à Che Guevara : cet homme est mon oppresseur et mon ennemi. » - Martha Selly, poétesse.
« J'affirme qu'il y a viol chaque fois que la relation sexuelle n'a pas été entreprise par la femme, à partir de son désir et dans un contexte de sincère affection. » - Robin Morgan, Theory and Practice : Pornography and Rape

9 commentaires:

Martin Malthus a dit…

Ma première pensée lucide m'est venue en 3ième année. Et quand je dis "lucide", je veux dire "adulte", raisonnée, logiquement sensible. J'avais déjà fait ma première communion, comme tout bon petit garçon catholique, et maintenant c'était le temps de ma confirmation. Ma prof nous annonça la chose en nous disant "vous êtes maintenant assez vieux pour faire un choix, une confirmation, consentante."
J'avais 8 ans. J'étais un gosse. Mes grands plaisirs dans la vie étaient de mâcher de la gomme, jouer une bonne partie de ballon-chasseur et de me rouler par terre devant un épisode de l'île de Gilligan. J'étais à des lustres de ma puberté. Le sexe ne m'intéressait pas et la religion encore moins. Mais on me disait que j'étais assez vieux pour faire un choix religieux "éclairé" en troisième année du primaire.
Alors j'ai ri. En pleine classe. Tandis que tous les autres élèves hôchaient gravement de la tête, j'ai ri. À pleine gorge. Je ne possédais pas les mots pour expliquer mon refus total de ce que mon prof venait juste de dire. Je n'avais pas encore assez de maturité intellectuelle pour exprimer clairement le pourquoi du comment ce que venait juste de prononcer ma prof était d,un ridicule consommé; qu'un enfant de 8 ans *n'a pas la maturité intellectuelle* pour faire des choix religieux "éclairés". Que tout ça c'était de la merde, de la propagande, de l'endoctrinement.
Je n'avais pas les mots. Mais j'avais la pulsion. Alors j'ai ri. Ri comme je ne m'étais jamais foutu de la face de quelqu'un *dans sa face*! Je l'ai pointée du doigt et ai éclaté de rire. Un rire spontané et tonitruant qui a fait tourner toutes les têtes et m'aura valu une détention et un coup de fil aux parents (et une bonne gifle pour me rappeler à l'ordre) mais le mal était fait. J'avais eu ma première pensée adulte.
"Je suis trop jeune pour ça"
Si je ne fais aucunement confiance à nos imbéciles en charge du discours qu'on enfournera dans les jeunes têtes de nos élèves, j'ai encore confiance en l'enfant-voulant-devenir-adulte et à sa capacité de sentir la bullshit quand on essaie de la lui servir comme un ragoût.

Olivier Kaestlé a dit…

Oui, mais vous aviez déjà un esprit critique qui vous différenciait de vos collègues. J' étais dans le même bateau, d'où un nombre record de punitions de la part de mon premier groupe de femmes, les Filles de Jésus...

freehappybob a dit…

Apres me faire dire pendant les 40 dernières années que les garçons=méchants, filles=bon, et pour suivre la pensée des idéologues de votre article, je me présente depuis plusieurs années comme un être asexuelle au lieu d'un être hétérosexuelle.
Comme ça je ne me fais pas culpabiliser d’être un homme sexiste/homophobe. Mais, qu’an même drôle de voir la réaction des gens autour de moi et qui cherche d’une façon à te faire sentir coupable de quelque chose sans pour autant être discriminatoire face à ton as-sexualisation !
C’est quand même triste de dire aux hommes et aux femmes que ce n’est pas biologique d’être attirer envers un et l’autre et que ses la faute du system ! Franchement.
Long vie aux hommes libres et heureux !

Olivier Kaestlé a dit…

Il devient ahurissant de constater que, malgré une avalanche de preuves scientifiques, et le fait évident que les hommes et les femmes sont conçus pour s'attirer mutuellement, un lobby néfaste et malfaisant arrive à imposer des vues aussi grotesques et déshumanisées.

Michel Comeau a dit…

Ces idéologues souffrent définitivement tou(te)s du syndrome de la projection...

Changement de propos, vous avez une bonne anecdote sur l'école et l'endoctrinement, Monsieur Malthus. Ça me rappelle une de mes épisodes de 4ème année, alors que je quittais hâtivement mes cours sur ordonnance de mon professeur, pour aller chez le psy, parce que j'avais une propension à être dans la lune, plutôt qu'être dans la classe...

Michel Comeau a dit…

Et oui ! C'est ahurissant de constater que même face à l'évidence, et qu'à défaut de preuve, on puisse avoir assez de front pour maintenir le cap vers la fausseté. Il est d'autant plus surprenant de constater que ces actes ne soient pas punissables au sens de la Loi...

Olivier Kaestlé a dit…

... D'autant plus que ce sont nos jeunes que nous allons hypothéquer avec ces sottises.

Yvon Dallaire a dit…

D’après le Dr Louann Brizandine , neuropsychiatre et auteur du livre Les secrets du cerveau féminin : « Le gros bon sens nous dit que le cerveau unisexe n’existe pas. »

Interrogé fin 2011 sur la querelle autour de la « théorie du genre », Boris Cyrulnik répond : « Je pense que le “genre” est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas. »

Le psychologue français Dr Yann Carrière précise que :
« La théorie du genre est une théorie fascisante qui a pris le pouvoir au niveau mondial lors d’une réunion de l’ONU en 1995 à Pékin en faisant signer par des étrangers qui ne connaissaient pas la signification du mot gender quelque chose qui pouvait ressembler à d’autres façons de parler des hommes et des femmes, mais qui référait à un mouvement idéologique et politique confus qui a derrière lui des implications radicales . »

J'ai recencé d'autres réactions du genre ainsi que des propos incroyables écrits par les théoriciens du genre dans la réédition de mon livre Homme et toujours fier de l'être chez Québec-Livres : http://www.optionsante.com/yd_livres.php?livre=47.

Olivier Kaestlé a dit…

Merci pour ces pistes d'exploration, Yvon.