jeudi 9 mars 2017

Chroniqueuses et trolls : les battantes et les battues…

Depuis le coming out de Judith Lussier, de Geneviève Pettersen et de Lili Boisvert sur les insultes massives, sexistes et misogynes dont elles se disent victimes, un nouveau mythe féministe est en train de se cristalliser : la culture de l’intimidation infligée spécifiquement aux chroniqueuses et bloggeuses de notre Québec patriarcal, hétérosexiste, hétéronormatif, cis genre et misogyne.

Judith Lussier, toute une inspiration militante...
À quand une fondation Judith Lussier, sur le modèle de celle de Jasmin Roy, avec une campagne de sensibilisation – une autre – intitulée « Je suis Judith » ?  Subventionnée par nos taxes, il va sans dire.
 
Afin de ratisser le plus large possible, ce nouvel éléphant blanc pourrait viser toutes les femmes et jeunes filles victimes d’intimidation sur le web, bien que la cyberintimidation n’atteindrait que 7 % des adolescentes.  La bonne vieille intimidation classique, de type corps à corps… frapperait quant à elle 42 % des garçons.  Mais ce ne sont jamais que des gars, alors…

Toujours en quête de néologismes traduisant une oppression qu’elles imaginent ne viser que les femmes et elles seules, nos militantes ont forgé récemment le concept de mansplaining, désignant les machos qui récusent leurs lamentations, comme l’indique l’une des chroniqueuses « victimes », Lili Boisvert :
« Ce néologisme désigne la façon dont certains hommes s'adressent aux femmes de façon condescendante sur des sujets qui concernent les femmes ou qu'ils ne connaissent pas bien.»  
« La journaliste est peinée d'entendre que ses collègues (Lussier et Pettersen) souhaitent tout abandonner à cause du harcèlement et des propos haineux qu'elles reçoivent. Elle s'est indignée que cette situation n'arrive qu'aux femmes. »
« Cette situation n’arrive qu’aux femmes. »
Dans la catégorie « opinion ridicule du mois », celle-là bat quatre as.  Mme Boisvert aurait grand intérêt à lire les commentaires haineux, méprisants, grossiers et injurieux qui suivent les chroniques de Richard Martineau, par exemple.  Je ne vois pas en quoi ce chroniqueur serait moins maltraité que sa conjointe, Sophie Durocher, qui elle aussi passe régulièrement dans le tordeur.
Lili Boisvert : les femmes, seules victimes...
Durant les deux ans où j’ai été moi-même bloggeur au Huffington Post, j’ai reçu un lot incroyable d’injures et de procès d’intention mesquins, infantiles, venimeux et souvent idiots dont il ne subsiste désormais aucune trace.  Ce média a en effet pour politique de supprimer l’intégralité des commentaires quand ceux-ci dérapent, ce qui arrivait régulièrement.
Rien ne m’a été épargné, y compris des injures sexistes qui ne visaient pas tant mon physique que mon identité d'homme, quand il ne s’agissait pas de mon hétérosexualité.  Être stigmatisé parce qu’on est un homme hétérosexuel, c’est sexiste.  Une troll était allée jusqu’à affirmer par ailleurs que, comme Marc Lépine, j’allais sûrement finir par commettre l’irréparable, et implorait ma famille d’intervenir…  Difficile de trouver une injure aussi basse destinée à une femme.
« Mieux » encore,  les modérateurs avaient la fâcheuse tendance de laisser en ligne des injures les plus viles de mes détractrices (dont celle en lien avec Lépine), tout en supprimant à plusieurs reprises mes réparties qui pouvaient être ironiques, mais jamais grossières, ni injurieuses.
Vous dire alors à quel point je trouve aberrante cette déclaration de Lili Boisvert :
« Les commentaires sexistes sont complètement disproportionnés. Les hommes ne reçoivent pas le même genre de commentaires. Oui, bien sûr, les hommes vont vivre de l’abus en ligne. Mais c’est une question de proportion.»
D’accord, nous ne recevons pas toujours le même genre d’insultes, mais non, ce n’est pas du tout une question de proportion.  Les insultes que nous recevons sont aussi intenses que celles infligées aux bloggeuses. 

Les trolls qui veulent blesser une personnalité publique frapperont là où ça fait le plus mal selon son sexe et dans une même mesure.  Insultez un homme sur son physique ou sa sexualité, il est peu probable qu’il se sente sévèrement atteint, tout au plus agacé.  Attaquez-vous à son intelligence, doutez de sa santé mentale, de son intégrité, traitez-le de salaud, de vendu, de lâche ou d’insignifiant, vous le heurterez davantage.
Qu’il s’agisse d’un facteur culturel ou inné (Je penche pour une interaction des deux.), les femmes sont davantage sensibles aux commentaires visant leur apparence ou leur sexualité.  Et c’est pourquoi les trolls jouent sur ces deux tableaux, parce que ça les blesse davantage.
Les femmes, plus sensibles aux injures ?
Quitte à passer – une fois de plus – pour sexiste ou misogyne, je crois que les femmes ne sont vraiment pas davantage ciblées par les attaques personnelles, mais qu’elles y sont souvent plus sensibles.  C’est sans doute une des raisons principales pour lesquelles elles sont moins nombreuses à se présenter en politique, domaine où la confrontation est un style de vie.
Djemila Benhabib : elle ne démissionne pas, elle...
Bien sûr, il existe – heureusement - des femmes qui ont la couenne dure, des battantes, des bagarreuses qui peuvent en prendre et en donner.  Qu’il suffise de nommer les Sophie Durocher, Denise Bombardier ou Lysiane Gagnon de notre sphère médiatique pour se convaincre de cette réalité.  Et que dire de Djemila Benhabib, descendue en flammes par le Conseil de presse et victime d’une hypocrite poursuite bâillon ?  A-t-elle baissé les bras, la mine déconfite, comme Lussier et Pettersen ?
Ces âmes chagrines, trop sensibles pour le métier confrontant de chroniqueuse, préfèrent se plaindre publiquement, pousser des tyroliennes idéologiques et des hymnes à la victimisation sexiste et misogyne qui ne les viseraient qu’elles et elles seules.  Parce qu’elles sont des femmes…
Quiconque évolue dans la sphère publique, qu’elle soit politique, sociale ou médiatique, s’expose à la controverse et aux coups bas.  Ça fait partie du jeu et en fera toujours partie.  Il n’en tient qu’aux femmes qui envisagent ce parcours de la combattante de décider si elles s’avouent battues ou se décident battantes. 

18 commentaires:

Pierre Vachon a dit…

Toujours le même discours féministe victimaire qui diabolisent les hommes blancs hétérosexuel. Bon débarras Judith Lussier et cie et sa gang de misandres.
Encore un très bon texte cher olivier!

Bill Meeh a dit…

Excellent texte. Bonne vision des choses. Une chose : Gamil Gharbi alias Marc Lépine.

Prof Solitaire a dit…

Magnifique, cher collègue. Un de tes meilleurs et dans ton cas, ce n'est pas peu dire! Je suis un admirateur fini de Durocher et Benhabib moi aussi, tu as bien fait de les citer en exemple! Bravo! :-)

Anonyme a dit…

T.es qu'un trou de cul vendu. Tu connias rien et parle de tout. osti de con. Ta femme est une pute et ton fils un proxénète en devenir, si j'en en juge par tes textes.T.es qu'une grosse merde.
Fuck you| Ferme ta tyeule osti de cave!

Anonyme

Olivier Kaestlé a dit…

Merci de démontrer la pertinence de mon propos par la stupidité des vôtres...

Olivier Kaestlé a dit…

Je crois qu'il faut aussi souligner le travail et la militance des femmes de mérite. La bassesse des autres n'en devient que plus évidente, bien que de la prouver ne soit pas la raison première de ma reconnaissance.

Fran Ozimer a dit…

ANONYME pourquoi tu n'as pas utilisé ton vrai nom pour débiter ce genre d'insultes? En ce qui me concerne, les commentaires anonymes ne valent absolument rien.

Anonyme a dit…

Excellent billet M. Kaestle, J’apprécie énormément votre écriture et vos sujets. Ce que je trouve drôle, c’est que ses même femmes on varloper Sophie Grégoire Trudeau par ce qu’elle a souligné les bon hommes qui on contribuer à la sécurité et confort dans sa vie.

Laissons ses féministes vivre dans leur monde de néologisme (ou de Jezebel) !

Merci,

Et merci à anonyme 17:08, je suis très fière de ne pas avoir des gens dans ma vie comme vous.

FreeHappyBob

Alain a dit…

Olivier, vous nous prouvez à tous que vous êtes un grand parmi les grands communicateurs. Et mieux vous communiquerez la vérité sur ces sujets sensibles, plus vous aurez de détracteurs qui savent que votre discours est juste et qui voudront vous imposer la sourdine, sinon le silence.

Merci!

Yvon Dallaire a dit…

Bonjour Olivier,
Si tu veux un bel exemple d'insultes massives, sexistes, misandres et misogynes qui ont été faites à mon endroit parce que j'ai osé dénoncer les préjugés envers les hommes et faire l'éloge de la masculinité, je t'invite à lire ce préambule que tu trouveras à http://www.yvondallaire.com/pdf/Preambule_homme_et_fier.pdf. Et moi qui ne visait que l'harmonisation des relations homme - femme...

Prof Solitaire a dit…

Quoi? Un homme reçoit des commentaires injurieux sur le web? Pincez-moi, je crois rêver! Je croyais que ça n'arrivait qu'aux femmes! ;-)

C'est moi ou ce(tte) cornichon(ne) ne voit pas du tout l'extraordinaire ironie de laisser un tel commentaire après ce billet-ci? ;-)

sd a dit…

@anonyme du 9 mars, 17:08

On dirait qu'Olivier a dit une vérité qui te dérange... ;-)

Sur une petite note hors-sujet, j'ai repéré grâce au site Wayback Machine alias the Internet Archive, cet ancien billet d'Olivier qui était sur le Huffington Post avec quelques commentaires. http://web.archive.org/web/20141230185310/http://quebec.huffingtonpost.ca/olivier-kaestle/conte--on-a-arrete-le-pere-noel-_b_6380232.html

Outre the Wayback Machine, il y a aussi Archive.is pour vérifier s'il y a quelques copies archivés de vos anciens blogues.

Olivier Kaestlé a dit…

Merci pour le tuyau ! ;-)

Olivier Kaestlé a dit…

Mieux vaut laisser la cornichonne mariner... ;-)

Olivier Kaestlé a dit…

Le lien n'a pas fonctionné, mais j'imagine sans peine ce qu'a dû subir " l'homme a abattre " du Québec. ;-)

Olivier Kaestlé a dit…

Mon anti fan club va sans doute en augmentant...

Olivier Kaestlé a dit…

;-)

Olivier Kaestlé a dit…

Merci de vos participations, FreeHappyBob.