vendredi 2 juin 2017

Accord de libre-échange Canada-UE : conclu grâce aux larmes d’une ministre ?

De passage à Montréal, Paul Magnette, ministre président de Wallonie, a menacé de bloquer à nouveau l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne si certaines exigences qui avaient fait consensus lors de sa signature en octobre dernier n’étaient pas respectées.

Paul Magnette, trouble-fête...
Voilà qui pourrait bien déclencher une nouvelle crise de larmes chez l’actuelle ministre fédérale des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui avait candidement avoué au Globe and Mail en février dernier avoir préféré pleurer devant les médias plutôt que de claquer la porte, en octobre 2016, afin de culpabiliser les Wallons qui bloquaient l’accord de libre échange alors qu'elle était ministre du Commerce. 

Le journal Le Soir relate ainsi l’événement : «L’émotion affichée par la ministre canadienne du Commerce – aujourd’hui ministre des Affaires étrangères – Chrystia Freeland à la sortie d’une réunion avec le gouvernement wallon en octobre 2016 était une technique de négociations pour mettre la pression sur les Européens et obtenir rapidement un accord dans le dossier du partenariat de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta). C’est ce que rapporte le journal canadien Globe and Mail. »
Wikipédia résume également cet incident : « En octobre 2016, elle décide de quitter la réunion et, au bord des larmes devant les caméras, déclare l'échec des négociations. Elle révélera quelques mois plus tard que c'était un calcul afin de culpabiliser les Wallons2. »
La manipulation avouée a alors porté fruit, comme le souligne Le Soir : « Moins d’une semaine après, un accord global sur le Ceta était annoncé et le traité pouvait être signé – trois jours plus tard que prévu – par le Premier ministre canadien Justin Trudeau à Bruxelles. »
Et la ministre de pavoiser : «  J’ai eu tous les Européens qui m’appelaient pendant les 24 heures suivantes disant : ’s’il vous plaît ne rentrez pas chez vous. Nous sommes désolés. Vous avez tellement raison. Nous allons y arriver’. Et à la fin, c’est ce qu’ils ont fait. »
Les nouvelles valeurs féminines en politique ?
Un tel événement a de quoi jeter par terre !   Imaginez Jean-Chrétien, au cours des interminables différends commerciaux l'opposant à l’administration Bush sur le bois d’œuvre canadien, sortant d’une rencontre avec son homologue américain et déclarant, pleurant à chaude larme : « C’est fini, j’ai trop de peine, nous n’arriverons à aucun résultat.  Je quitte Washington, na ! »
Telle un bébé gâté auquel on refuse un jouet, Mme Freeland s’est livrée à  une crise infantile pour que tous les tontons européens de sa grande famille politique se réunissent autour d’elle afin de la réconforter et de la câliner en lui disant : « Mais non, ma chérie, on va te les donner, tes bonbons, cesse de pleurer, petite choupette.  Tu es tellement plus jolie quand tu nous fais de belles risettes, ma poupoune… »
Cet épisode consternant en dit long sur le pouvoir de culpabilisation de la gent féminine en politique.  Impossible d'imaginer un homme d'État, si puissant soit-il, opérer un tel revirement de situation rien qu'en pleurant.  Au Québec, même avec une menteuse finie comme Alice Paquet, le Regroupement québécois des calacs est allé soutirer la part du lion d’une subvention de 26 M $ non prévue au budget du Secrétariat à la condition féminine.  Imaginez...
Dites-le avec des larmes…
Chrystia Freeland, manipulatrice
Me semblait que les valeurs féminines en politique étaient marquées au coin de la tendresse, de la complicité, de l’empathie, de l’ouverture sur l’autre, de la recherche d’harmonie et du respect de ses interlocuteurs.
Mme Freeland a plutôt trahi des comportements hypocrites, opportunistes, manipulateurs et culpabilisants dont elle a eu en plus le culot de se vanter.  Elle a sciemment dupé ses interlocuteurs avec une absence totale d’éthique et de scrupules dignes d'une perverse narcissique et non d’une ministre en mission sur la scène politique internationale.
Et rebelote !
Bien des larmes ont coulé sous les ponts, cependant.  À propos du traité de libre-échange, Paul Magnette a rouvert le jeu, sur les ondes de RDI :
« On pourrait ne pas le ratifier (l'accord). Nous avons indiqué clairement que tant que nous n’avons pas l’avis de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) - ça mettra un an et demi, peut-être deux ans - nous n’allons pas le ratifier. Et, quand nous aurons l’avis, nous verrons à la lumière de cet avis, si la Cour nous a donné raison ou pas. »
Mme Freeland, où êtes-vous ?  Vite, dégainez votre mouchoir !  Eh non, dommage, vous n’êtes plus ministre du Commerce…

3 commentaires:

Prof Solitaire a dit…

C'est tout simplement renversant... quelle manipulatrice éhontée...

Merci d'attirer notre attention là-dessus!

Anonyme a dit…

Justin a choisi ses ministres en fonction de ce qu'ils ont entre les deux cuisses (parité). En conséquence, aucune compétence pour tenir tête à l'administration Trump.

La Freeland a choisi deux gars, adultes dans la jeune trentaine, pour la conseiller. Tout un scénario se dessine et les larmes n'auront aucun effet sur l'incomparable Wilbur Ross. Elle le sait.

Je lisais ce matin que l'industrie de l'automobile allemande veut se soustraire à certaines provisions de l'Accord Climatique. Tenez-vous bien, les pays se retireront l'un après l'autre suite au retrait sensé de Trump.

Anonyme a dit…

J'aimerais pouvoir dire que je suis embarrassé, mais je suis habitué à ce point du PLC.