samedi 18 mai 2013

La justice citoyenne peut-elle (aussi) bafouer le présomption d'innocence ?

Le Journal de Québec publiait récemment une nouvelle à l'effet qu'un citoyen de Québec, outré par les lenteurs de nos tribunaux - paraît-il les moins rapides au pays - avait décidé d'afficher une description très sommaire d'un présumé pédophile, résident de son quartier de l'arrondissement de Charlesbourg, afin de protéger d'éventuelles victimes.  Si le but recherché est noble, la tactique, elle, implique de nombreux questionnements.  

Va-t-on en arriver à une justice populaire ?
Pas de doute que la justice québécoise, édentée, pensent plusieurs, trop encline à « comprendre » les agresseurs et à les acheminer sur la voie d'une réhabilitation souvent hypothétique - en plus de se voir limitée par un manque chronique d'espace carcéral - ne récolte que ce qu'elle sème, avec pour résultat des gestes de justice citoyenne posés par des individus aux yeux desquels les institutions ont perdu toute crédibilité, si tant est qu'elles en ont jamais eu. 

Des sentences bonbons, des avis d'experts rémunérés par qui en a les moyens, des libérations après seulement un sixième de la sentence, des procès qui avortent malgré une preuve accablante, mais recueillie illégalement par les policiers maladroits, des gens irréprochables précipitamment inculpés à la suite d'enquêtes bâclées, des accusatrices malintentionnées ou mythomanes qui détruisent impunément les vies d'hommes sans reproche et qui ne seront même pas sermonnées et encore moins accusées de méfait public, voilà autant de facteurs qui rendent le métier de magistrat en droit criminel particulièrement odieux aux yeux du citoyen dont le désir légitime de justice ne se voit que trop rarement assouvi.

Des incidents récent, comme le cas de Guy Turcotte, désormais libre après l'assassinat sauvage de ses deux enfants, demeure un sommet d'errance judiciaire qui n'a pas fini de susciter l'indignation.  Si cette homme est réellement non criminellement responsable de son geste, peut-on sérieusement envisager de le libérer ?  Bien que représentant « un risque important pour la sécurité du public », l'ancien cardiologue vient pourtant de se voir retourné à la vie civile, sans que ses libérateurs ne démontrent une grande inquiétude quant à savoir si le public ne pourrait pas représenter un risque important pour sa sécurité à lui.  Vingt-quatre sorties publiques n'auraient pas entraîné d'incidents fâcheux qui pourraient étayer cette éventualité.  Vous dire ma surprise...

« Ici dans votre secteur vie (sic !) un pédophile »

Ainsi était annoncée, accompagnée du prénom et de la première lettre du patronyme du présumé criminel, en plus du nom de sa rue, la présence de ce dernier dans le voisinage de son accusateur.  Le suspect, âgé de 54 ans, sans aucuns antécédents judiciaires, fait face à dix chefs d'accusation de contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et agression sexuelle.  Ces crimes auraient été commis dans les années 80 et l'une des présumées victimes serait une proche de l'accusateur, ceci expliquant probablement cela.

Peut-on s'improviser justicier ?
« C'est pour protéger les enfants du secteur, d'affirmer notre justicier d'un jour.  Ils ont le droit de vivre une vie tranquille.  On ne peut pas se faire justice soi-même, mais qu'est-ce qu'on fait si c'est trop lent ?  C'est vrai qu'il n'est pas encore déclaré coupable, mais les enfants qui vivent à proximité ont aussi des droits.  Il faut que ça change. »  Il ajoute : « La victime est prête à raconter son histoire.  Elle doit vivre tous les jours avec le stress de se présenter en cour. »

S'il convient que l'accusé n'est pas « encore déclaré coupable », notre homme n'hésite pas, lui, à le déclarer pédophile, et en caractère gras.  

Deux légitimités conflictuelles

L'accusateur, dont le nom est demeuré inconnu, a tout à fait raison de déplorer la lenteur des procédures judiciaires et de dénoncer les risques que de telles conditions peuvent éventuellement faire courir à de jeunes enfants.  Ceci dit, bien sûr, dans l'éventualité où il y a bel et bien eu agression et donc, victimes.  Peut-être notre homme détient-il des éléments d'information qui lui permettent de conclure avant un juge ou un jury que des crimes sexuels ont bien été commis par l'interpelé ?  Toujours est-il que cette information, si elle est fondée, loin d'être partagée par une majorité, n'est pas davantage communiquée à cette dernière.  

Bref, il faut croire sur parole notre dénonciateur et s'en remettre aveuglément à son jugement.  Pas sûr qu'il s'agisse de la meilleure façon de protéger des enfants.  Il y a cependant de quoi s'alarmer du fait que la cause de l'accusé ne sera pas jugée avant le mi-novembre, un délai qui semble interminable au dénonciateur.

Dans ce cas de figure, s'il existe un risque pour la sécurité des enfants dans l'éventualité où l'agresseur présumé serait bel et bien coupable, il s'en trouve un autre, aussi grave, de fausses accusations, même portées de bonne foi, contre une personne qui n'a rien à se reprocher.  Rappelons que l'accusé n'a aucun antécédent judiciaire.  

Catherine Viel, du SPQ.
Cette perspective, l'accusateur n'a pas tardé à se la faire rappeler par Catherine Viel, porte-parole de la police de Québec : « Une personne comme ça qui diffuse l'identité d'une personne qui n'est pas reconnue coupable ou accusée d'une crime, on n'a pas le droit de faire ça, on appelle ça un libelle diffamatoire. »  L'avocat de l'accusé, Me Richard-Philippe Guay, étudiait, aux dernières nouvelles, la possibilité d'intenter des poursuites au civil pour diffamation et pour outrage au tribunal contre l'auteur de cette campagne d'affichage pour le moins inusitée.

L'ancien ministre libéral de la Justice et maintenant avocat, Marc Bellemare, qui a déjà représenté l'une des victimes présumées, affirme de son côté que les tentatives de Me Guay seront vaines : « Il n'y a aucune façon d’identifier cet individu-là.  Quand on est un individu qui n'est pas public, qu'on n'est pas très connu, qu'on fait une vie assez rangée, il n'y a aucune façon de nous identifier, à moins qu'on mette une photo, qu'on mette l'adresse, qu'on mette le nom au complet,  Mais, là, ce n'est pas le cas.  L'affiche et tout à fait laconique. »

Mais au-delà de la loi...

... Il y a les principes, deux réalités qui ont une singulière tendance à s'exclure l'une l'autre.  Dans ce cas précis, l'accusé bénéficie d'une ordonnance de non publication.  S'il devait, à tort ou à raison, se voir acquitté, sa réputation n'aurait pas à en souffrir.  Ce serait une chance pour lui.  En a-t-on vu suffisamment, de ces hommes pratiquement crucifiés par les médias, avant même la tenue de leur procès.  Pensons aux Fernand Halde, Harold Bouchard, Claude Bilodeau, Henri Fournier et combien d’autres dans le même cas, qui ont dû, tant bien que mal, passer à autre chose, à défaut de pouvoir refaire leur vie, après avoir vécu le traumatisme majeur de voir leur réputation traînée dans le boue publiquement.  

Cette chasse à l'homme pourrait se voir accentuée par l'adoption du projet de loi 22, qui prévoit de faire passer le délai de prescription de notre code civil de trois à 30 ans pour les crimes de nature sexuelle.  Nul doute que cette disposition demeure une bonne nouvelle pour les victimes qui peuvent parfois mettre des décennies avant de trouver en elles la force de poursuivre leur agresseur.  

Certains observateurs et intervenants, dont le Barreau du Québec, vont même jusqu'à trouver le projet de loi trop timide et affirment que toute prescription devrait se voir abolie pour les crimes sexuels. À cette objection, le ministère de la Justice répond que la prescription de 30 ans ne court pas à partir du moment du crime, mais bien de la prise de conscience de la victime, ce qui lui laisse une marge de manœuvre pour le moins considérable.

À double tranchant

On ne peut être contre la vertu.  Dans un système où la présomption d'innocence serait respectée et où les accusés se verraient garantis un procès juste et équitable, l'extension du délai de prescription n'aurait que des effets positifs.  Or, ayant eu l'occasion de m'entretenir ou de recevoir les commentaires d'hommes victimes de fausses accusations d'agression sexuelle, la plupart m'ont affirmé que l'enquête policière dont ils avaient fait l'objet avait été davantage menée à charge qu'à décharge et que leur procès les avaient fait partir perdants.  La présomption d’innocence, officieusement, est abolie, pour ce type d'accusation.

Le projet de loi 22 sera-il une arme à double tranchant ?
Certains parmi eux avaient en plus « bénéficié » du douteux privilège de se voir conspués par des intervenantes de Centres d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles, organismes subventionnés - notamment - afin d'accompagner légalement les plaignantes.  Rappelons qu'aux yeux de ces féministes extrémistes, la parole de la présumée victime est sacrée et qu'un homme accusé devient automatiquement, par décret divin, coupable.  Ces individues (pas de faute de frappe, il est temps de féminiser ce mot) n'éprouveraient aucun remord à envoyer directement en prison un accusé, sans autre forme de procès, si elles détenaient le pouvoir d'infléchir les lois dans ce sens.

On voit tout de suite les dangers qui menacent des citoyens sans reproche avec l'extension du délai de prescription.  Est-ce une raison pour y renoncer ?  Certainement pas, mais il faudra tôt ou tard que notre système judiciaire se penche sur ses dérives accumulées au fil des décennies et rétablisse la présomption d'innocence de plein droit de même que l'application du délit de méfait public pour fausses accusations de crime sexuel.  Dans l'état actuel des choses, le projet de loi 22 pourrait, malgré ses aspects fort louables, signifier davantage de causes sans fondement et d'injustice criantes. 

Pourquoi cette digression, alors que je vous parle de justice citoyenne ?  Précisément parce qu'il faut comprendre dans quel contexte un homme se voit accusé d'agression sexuelle.  Si le présumé pédophile dénoncé par notre justicier populaire est bien l'agresseur que celui-ci croit, le mal causé par son initiative sera moins grand, mais restera néanmoins condamnable, par le mépris de la présomption d'innocence qu'il favorise.

L'enfer est pavé de bonnes intention, dit le proverbe.  Aux États-Unis et dans certaines provinces canadiennes, on affiche l’identité de pédophiles condamnés et ayant purgé leur sentence.  Dans le cas présent, rien ne permet d'affirmer que nous ayons affaire à un coupable.  Nous ne disposons que d'une Justice qui, si peu crédible puisse-t-elle nous sembler, demeure le seul instrument reconnu pour gérer la sanction d'actes criminels.  Laxiste envers les coupables, elle peut se montrer implacable envers d'honnêtes hommes dont le seul tort aura été de devenir victime de fausses allégations.  

Il n'appartient à aucun citoyen de risquer d'ajouter à leur détresse.

dimanche 5 mai 2013

Droit familial : comment utiliser les enfants au profit des femmes...

Dans un - trop - rare moment de lucidité, le Conseil du statut de la femme, organisme gouvernemental dépassé et vermoulu, s'était prononcé contre Lola, cette femme qui, si elle avait réussi à se voir accorder une pension d'ex-conjointe après une union de fait, serait parvenue par le fait même à marier de force 1,2 million de Québécois en les exposant aux mêmes conséquences après une rupture. Ce fait d'armes s'est déroulé sous la présidence de la néanmoins peu regrettée Christiane Pelchat, maintenant ambassadrice du Québec au Mexique, une position qui pourrait évoquer la déportation d'un dissident russe en Sibérie, un confortable compte en banque et des avantages de fonction mis à part, il va sans dire.
 
Julie Miville-Dechesne, du CSF.
Ceux et celles qui espéraient que l'arrivée de Julie Miville-Dechêsne à la présidence du CSF allait apporter un vent de fraîcheur propice à faire s'évaporer quelque peu les effluves de renfermé et de moisissure du Conseil ont eu depuis son arrivée plusieurs occasions de déchanter. Dans une récente parution de la Gazette des femmes, JMD se livre cette foi à un exercice indigne de la réputation de compétence journalistique qui jadis fut la sienne.  

Après avoir souligné que, pendant 20 ans, «le Conseil s'est prononcé en faveur de la non-intervention de l'État dans les rapports privés entre conjoints de fait, mais pour leur droit de conclure des ententes s'ils le désirent », la présidente, en proie à une suspecte prise de conscience, se joint désormais à la cohorte de bien-pensants pour qui il « apparaît essentiel que le gouvernement du Québec amorce une réflexion sur le droit familial à la lumière de la transformation de la société québécoise depuis 20 ans ».  

Comme l'indique le titre de sa missive, il s'agit d'un changement de cap... majeur.  Bien sûr qu'il faudrait réviser le droit familial, mais le reste du propos de JMD laisse fortement présager que ce sera à nouveau à l'avantage exclusif des femmes.  Notons que cette volte-face du CSF coïncide étrangement avec l'avènement du parti québécois au pouvoir, le parti à l'origine de la création du ministère de la Condition féminine.  Faut-il rappeler que, quand il formait le gouvernement, le parti libéral du Québec s'était clairement prononcé contre la pension à l'ex conjointe en union libre ?

ll ne fallait cependant pas trop présumer du courage politique de Jean-Marc Fournier quand, ministre de la Justice du PLQ, il interjeta appel du verdict de la cour d'appel qui avait invalidé celui de la cour de première instance, déboutant Lola. Sans l'appui du CSF, présidé par Christiane Pelchat, il est peu probable que notre homme se serait démené afin de défendre les droits des conjoints en union libre, sinon dans l'espoir de se faire du capital politique alors que son gouvernement sombrait sous les sondages d'impopularité les plus dévastateurs. Et même là...

Les enfants, un prétexte
 

Le CSF, à l'instar de membres du Barreau et d'autres groupes féministes dont l'inévitable Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), utilise les enfants à des fins n'ayant que peu à voir avec leur intérêt légitime.  La manœuvre est cousue de fil blanc. Prétextant le fait que 60 % des enfants naissent dans le cadre d'une union libre, JMD affirme sa présumée préoccupation de voir l'autonomie des mères menacée, malgré l'évidence que les pensions pour enfants sont aussi bien autorisées au terme d'une une union de fait qu'après un divorce. 

Les hommes, écrasante majorité des itinérants.
Elle a beau invoquer la transformation de la société québécoise depuis 20 ans, la présidente du CSF, je le rappelle, ancienne journaliste, fait mine d'ignorer que l'écart salarial entre homme et femme n'est plus que de 10 %, que la pauvreté se conjugue désormais d'abord au masculin, que la majorité - quoique faible - des assistés sociaux et des chômeurs sont des hommes, comme la presque totalité des itinérants. Elle concède toutefois que «Au pays, 30 % des femmes gagnent maintenant plus que leur conjoint.» Mais ne sablez pas le champagne, il s'agit de la seule allusion à une quelconque amélioration monétaire du sort des femmes.

«On peut se demander, feint-elle de déplorer, pourquoi le Québec est la seule province où les conjoints de fait, quelle que soit leur situation financière, n’ont pas droit à autre chose qu’une pension alimentaire pour les enfants.» Sans doute pour protéger adéquatement les seuls êtres humains incapables d'assurer leur subsistance après une rupture.  La pension n'est pas suffisante pour garantir leur bien-être ? On augmente ladite pension, point barre.  Où est le besoin de légiférer ?  Pourquoi accorder une pension spécifique à l'ex-conjointe quand la raison officielle d'un tel geste est d'assurer la sécurité financière de la progéniture ? Si vous avez un problème électrique, appelez-vous le plombier sous prétexte que la défectuosité s'est manifestée à votre domicile ? Absurde.


En fait, on devine très bien ce qui, notre Barreau étant ce qu'il est, risque d'arriver. Adultes, les enfants partiront, et la pension à l'ex-conjointe restera. La faire annuler, même avec son accord, représentera autant de sous dans les coffres des robes noires. Si la dame refuse, ce sera encore plus rentable, avec des démêlés judiciaires aussi onéreux que venimeux.  Business as usual.  Si vous croyez que, du point de vue des juristes, le bien-être des enfants constitue une motivation primordiale, je n'oserai vous annoncer trop brutalement quelque chose à propos du père Noël.

Et puis, quand il n'y aura aucun enfant en cause, refusera-t-on d'accorder une pension à une ex-conjointe en union de fait ?  Poser la question, c'est y répondre.  En fait, le CSF, comme les autres défenseurs - ou devrait-on dire prédateurs - de la pension à l'ex-conjointe, cherche à transposer les mêmes obligations financières imposées aux hommes envers les femmes après un divorce, en utilisant les enfants comme cheval de Troie.  L'arnaque est cousue de fil fluorescent et, en y souscrivant désormais, le Conseil joint l'insulte à la malhonnêteté en s'imaginant que le public ne verra pas clair dans son jeu.

Les femmes, ces empotées...

L'intérêt supérieur des enfants ?  Mon œil !
Ce douteux tour d'horizon n'aurait pas été complet sans l'inévitable refrain sur l'ignorance des femmes quant à leurs droits, entonné avant le  couplet sur la présumée réalité voulant que celles vivant en union de fait ne seraient guère plus autonomes que leurs consœurs mariées.  Le CSF ne s'encombre pas d'explications pour démontrer ce dernier point : « Et le recensement de 2006 ne permet pas d'avancer que les conjointes en union de fait sont plus autonomes que les femmes mariées (permet-il d'avancer le contraire ?  NDA).  Finalement, des études qualitatives montrent qu'il existe toujours une méconnaissance des règles juridiques entourant l'union de fait chez les couples qui ont pourtant choisi cette voie de plein gré. »

Bref, les femmes restent toujours aussi ignorantes et dépendantes, aux dires de JMD.  Gageons que, si la pension à l'ex conjointe en union de fait est finalement accordée, une vaste campagne de sensibilisation et d'information sera lancée, aux frais du contribuable, afin d'informer les femmes de leurs nouveaux droits.  Comme les enfants resteront le prétexte officiel d'une telle mutation juridique, l'accès des pères à leur progéniture n'en sera que davantage compromise afin que Madame puisse encaisser.  

Avez-vous noté l'absence de toute figure citoyenne au sein du comité de révision du droit familial du ministre québécois de la Justice, Bertrand St-Arnaud, lui-même avocat ?  Et l'on ose croire que les intérêts corporatistes ne l'emporteront pas sur celui des familles ?  Il ne faudra pas s'étonner du résultat lamentable des cogitations de ce comité, après avoir confié exclusivement à des vautours une tâche qui aurait dû inclure également des colombes. 

mercredi 1 mai 2013

Comment l'esprit vient aux féministes...

Vous m'auriez dit que j'aurais un jour ressenti de la compassion pour une féministe engagée doublée d'une avocate que je ne vous aurais jamais pris au sérieux.  Pourtant, l'improbable se produisit à la lecture de ce témoignage relatant le drame vécu par Judith Grossman, ou plus précisément, par son fils, victime de fausses allégations de la part d'une ex copine, avant qu'il ne tombe entre les griffes des autorités du collège où il poursuivait ses études.

Quand le féminisme attaque vos proches...
C'est en vertu d'un amendement américain appelé Titre IX (Title IX), voté en 1972, qui interdit toute discrimination selon le sexe dans les programmes d'éducation offerts par l'État américain, définition pour le moins vaste donnant prise à nombre d'interprétations, que la vie de Mme Grossman et de son rejeton devait basculer.  « Je suis une féministe, écrit-elle au début de sa prise de position.  Je suis montée aux barricades, je me suis abonnée à Ms magazine, et j'ai cogné à plus d'une porte en soutien aux candidats progressistes qui défendaient les droits des femmes.  Il y a encore un mois, j'aurais exprimé un soutien inconditionnel envers Titre IX et envers la loi sur la criminalisation de la violence contre les femmes.»

«Appelle-moi.  Urgent.  Maintenant.»

Mme Grossman devait découvrir une réalité dont elle ne soupçonnait certainement pas l'existence, ni l'ampleur, et qu'elle n'a pas hésité à qualifier de cauchemar.  Tout débuta par un appel de détresse de sa progéniture : «Appelle-moi.  Urgent.  Maintenant.»  C'est à la suite de ce message laconique que Mme Grossman allait apprendre que son fils, étudiant dans un collège de la Nouvelle-Angleterre, avait été formellement accusé par les autorités de son établissement d'avoir imposé à une ex-copine des rapports sexuels non-consentis (nonconsensual sex), pour employer la formule élégante utilisée.  Il allait devoir répondre de ces accusations dans quelques jours.

«Aucune enquête préliminaire n'a été menée par qui que ce soit à l'école à propos d'accusations en lien avec des agissements supposés qui seraient survenus quelques années plus tôt, commente l'avocate de métier, pas plus que n'ont été envisagés des motifs de jalousie ou de vengeance qui auraient pu motiver une ex-amante délaissée à sévir.  Le pire, dans toute cette aventure, c'est que mon fils ne bénéficiait d'aucune présomption d'innocence.»

Le fils de Mme Grossman devait prendre connaissance des accusations pesant contre lui par le biais d'une lettre adressée par le représentant de Titre IX de son établissement.  Aucun fait précis n'était consigné, que de vagues accusations, rendant toute défense pratiquement impossible, devait constater l'avocate.  «Le lettre ne contenait pas la moindre information à propos d'événements qui seraient survenus des années auparavant, déplorait-elle.  Les allégations n'étaient étayées par aucune preuve, en dehors de la parole de l'ex-copine.»


Vivons-nous un retour vers l'obscurantisme ?
Le jeune homme n'en dût pas moins subir un interrogatoire inquisitorial de deux heures infligé par le comité de l'école, pendant lequel on lui refusa tout droit de se voir représenté ou conseillé par un avocat, même si ce dernier était resté en dehors de la salle d'audience.  Mme Grosssman précise que les questions allaient beaucoup plus loin que ce que laissait présager la lettre de convocation, incluant des sujets appartenant à un passé révolu, qui ne laissaient que peu de chances d'obtenir des réponses réfléchies.  Mais était-ce bien là le but de cet exercice pathétique et dégoûtant ?

Un texte de l'accusé documentant la relation qu'il avait entretenu avec son accusatrice a été rejeté du revers de la main, tandis que des présumés témoins, non assermentés, ont vu leurs observations retenues avec intérêt.  Jamais le fils de Mme Grossman n'a pu connaître l'identité de ces individus, et encore moins confronter leurs propos.  Torquemada, le grand inquisiteur espagnol, a décidément des émules.

Bienvenue dans le merveilleux monde des fausses allégations...

Mme Grossman devait découvrir, à la lumière de ces événements, que Titre IX, qui avait pour but officiel d'assurer l'égalité homme femme sur les campus des collèges et universités américains, avait été modifié, peu de temps avant le drame vécu par son fils, par une directive émanant du Bureau pour les droits civils, un organisme relevant du ministère américain de l'Éducation.  Cet ajout invalidait la présomption d'innocence, «si fondamentale dans notre tradition de justice», de relever avec à-propos la mère de famille.

Les accusés n'ont plus droit au doute raisonnable, ni au droit de parole...
«Sur les campus, précise-t-elle, ni le critère de doute raisonnable, ni celui de preuve usuelle ne sont désormais nécessaires pour établir la culpabilité d'un accusé d'agression sexuelle.  Ces garants d'une procédure juste ont été remplacés, sur ordre du gouvernement fédéral, par le concept de prépondérance de la preuve.  Ce que ça implique, en termes clairs, c'est que tout ce que l'accusatrice de mon fils avait besoin d'établir devant un tribunal de campus, c'est que les faits allégués se sont "plus probablement déroulées que non", même avec un pourcentage de probabilité aussi mince que 50,1 %, contre 49,9 %.

C'est avec une horreur avouée, que notre féministe devait constater qu'une telle directive ouvrait la porte aux pires abus, en donnant aux tribunaux collégiaux une «légitimité» usurpée leur permettant d'agir à leur guise, au mépris de toute équité et « des règles et procédures qui ont évolué sous la constitution américaine afin de protéger les citoyens.»  Finalement, grâce à ses talents d'avocate, Mme Grossman obtint l'abandon des accusations, non sans être passée, comme son fils et sa famille, à travers toute la gamme des émotions que des procédures abusives consécutives à des accusations mensongères et malveillantes peuvent occasionner.


Un phénomène occidental


 Le déni de la présomption d'innocence n'est pas exclusif aux collèges américains.  Féminisme d'État « aidant », la négation de cette prérogative, qui différencie les sociétés démocratiques de celles vouées à l'obscurantisme le plus rétrograde, s'étend où que l'on regarde, des deux côtés de l'Atlantique.  Des témoignages à l'effet d'accusations ayant mené à des enquêtes policières bâclées, à des parodies de procès - où l'appareil judiciaire ne relève plus du droit légitime de chacun, mais se voit assujetti au mensonge, à la mythomanie et au désir de vengeance - se multiplient devant les méfaits conjugués de la négation de la présomption d'innocence et de l'impunité accordée aux accusatrices, même quand leur mauvaise foi saute aux yeux après acquittement de leur victime.  

Dans son livre intitulé « J’ai menti », Virginie Madeira a expliqué comment sa fabulation inspirée d’un soap américain a été bien malgré elle rapportée à la justice française. Dès l'instant où les intervenants de son école se sont mêlés de l'affaire, intensifiant les pressions afin qu'elle dénonce un père pourtant inoffensif - mais présenté par la gamine à une amie délatrice comme un pédophile - le pauvre homme s’est vu incarcéré pendant six ans pour inceste avant que Virginie, à 20 ans, ne trouve la force d’affronter l’appareil judiciaire et de rectifier les faits.  Les incompétents à l'origine de ce drame familial sont bien sûr restés impunis.

Comment passer sous silence cette autre affaire célèbre française, celle d'Outreau, où la présomption d'innocence a été là aussi délibérément ignorée.  Cette saga demeure l’une des plus terribles erreurs judiciaires rendues publiques à ce jour, avec l’incarcération injustifiée de 16 personnes, certaines pendant trois ans, sur la seule foi d’enfants manipulés par la principale accusatrice, Myriam Badaoui. Cette dernière et son conjoint ont été ensuite reconnus coupables d’inceste. 

Au Québec, Henri Fournier, professeur d’éducation physique d’une école de la Montérégie, a été blanchi des 38 chefs d’accusations d’attouchements sexuels fictifs subis par 19 fillettes âgées entre huit et 11 ans.  Dix-neuf, pas une de moins !  Ainsi que le précisait Yves Boisvert dans La Presse du 9 novembre 2009 : « À lire la décision de la juge Odette Perron, de la Cour du Québec, on a l’impression d’être devant une pure fabulation, amplifiée par la rumeur d’un groupe de fillettes, relayée par une direction paniquée et des parents inquiets, et approuvée par une enquête policière d’une semaine. »  Une telle dérive serait-elle survenue, si la présomption d'innocence avait été respectée ?

Croyez-vous que les institutions à l'origine de telles erreurs pourraient apprendre de leurs erreurs ?  Une intervenante sociale d'un centre jeunesse québécois m'a déjà soutenu, le plus naturellement du monde, qu'elle et ses collègues avaient reçu pour directive de prendre pour argent comptant toute accusation formulée par un mineur.  Que d'erreurs judiciaires, d'enquêtes à gogo, de procès inquisitoriaux et de tragédies évitables en perspective !

Le mot de la fin
 
La Justice n'est-elle devenue que sa propre caricature ?
  Je laisserai le mot de la fin à Judith Grossman, je le rappelle, féministe et avocate, non sans la féliciter pour sa franchise, ni oublier que son constat reste valable dans une perspective occidentale : « C'est à un rythme croissant qu'à travers le pays, des victimes innocentes d'accusations impossibles à étayer ne se voient plus accorder que des droits dilués à une équité pourtant fondamentale et qu'elles se débattent dans la toile tissée par l'obsession de la rectitude politique. (...) Une orthodoxie féministe débridée ne représente pas davantage une réponse (aux injustices réelles vécues par les femmes) que les attitudes et les politiques qui accablent la victime. »

jeudi 18 avril 2013

Incroyable, une femme condamnée pour fausses allégations !

... Et au Québec, par-dessus le marché !  L'événement est si exceptionnel qu'il aurait mérité la première page du Journal de Montréal.  De son côté, ce média n'aurait pas dû rester le seul à en parler.  Dans une société où règne une chloroformante rectitude politique, liée à une idéologie réfractaire à la reconnaissance de problématiques masculines, un tel événement n'aurait cependant pas davantage fait la une, puisque les condamnations pour fausses allégations auraient été monnaie courante.  ...Ou peut-être pas, puisque les auteures - des femmes et adolescentes, pour la plupart - se sachant désormais imputables, y penseraient à deux fois avant de se livrer à leurs projets malveillants ou mythomanes.  

Manipulatrices : désormais imputables ?
C'est là la perspective sociétale la plus souhaitable, à laquelle ce fait divers ouvre peut-être une porte.  On peut toujours rêver, non ?  Il y a pourtant matière à espérer : malgré une tendance lourde de la Justice à fermer les yeux sur les fausses accusations les plus évidentes, au motif que leur condamnation pourrait pénaliser les vraies victimes de violences - qui renonceraient, croit-on, à dénoncer - le juge Louis-Paul Cullen a décidé qu'une mère de famille mériterait cette fois - qui n'est pas coutume - un verdict de condamnation assorti d'un montant de 20 000 $ à payer au père de ses enfants.  Il faut le lire pour le croire...

Abordant cette affaire une première fois, je l'avais située dans le contexte précis d'un méfait public, délit sanctionné par le code criminel canadien.  Un lecteur m'a fait remarquer, en commentaire, qu'il s'agissait plutôt d'un verdict rendu dans le cadre d'un procès en droit civil québécois pour diffamation.  C'est exact.  Cette distinction ferait, selon lui, que « nous sommes toujours à la case départ. »  Je ne partage pas ce constat.

Bien qu'une condamnation pour méfait public, sanctionnée par le code criminel, aurait eu une portée plus significative, le verdict du juge Cullen, rendu en faveur d'un père contre une mère, dans le contexte litigieux, comme nous le verrons, d'une lutte pour la garde d'un enfant, n'en demeure pas moins un événement qui mérite d'être souligné, une lueur dans les ténèbres.  Militants et supporters de la condition masculine n'hésitent pas à parler d'un précédent.

Séparation... à l'amiable ?

La femme en question, répondant au nom fictif de Sarah, dans l'article du Journal, pensait probablement que la tendance à la sacralisation de la parole d'une mère, dans les cas litigieux de séparation et de garde d'enfants, allait lui assurer l'impunité.  Si elle avait su...

Les déboires de Xavier (nom fictif), son conjoint, débutent après leur séparation, en janvier 2006, alors que de trop fréquentes disputes, parfois violentes, précise-t-on dans l'article, auront eu raison de leur union de dix ans, qui leur aura néanmoins donné un fils.  Les deux parents agissent alors de façon responsable et s'entendent sur la garde partagée comme mode parental privilégié.  Jusqu'ici, tout va pour le mieux.  On aura beau cesser d'être conjoints, on n'arrête pas pour autant d'être parents.

L'autre femme

La bonne entente sera de courte durée, puisqu'en octobre de la même année, Xavier fera la rencontre d'une autre femme.  Est-ce la jalousie envers son ex, une rivalité avec sa nouvelle flamme pour l'amour de l'enfant, peut-être ces deux motifs entremêlés, toujours est-il que Sarah, d'ex-conjointe admettant la nécessité pour son fils de la présence de son père, se transformera en intrigante prête à tout pour lui nuire et lui dérober son enfant.

Nouvelle conjointe : début des hostilités...
Au diable la médiation entreprise au lendemain de leur rupture !  Sarah amorcera désormais une lutte sans merci en vue de s'accaparer le fils et d'écarter le père.  Un courriel de ce dernier, informant son ex qu'il ne renoncera jamais à la garde de son enfant, jettera de l'huile sur le feu qui mènera à une interminable, onéreuse et stérile procédure judiciaire dont notre Justice familiale détient le navrant secret.

Hors d'elle, Sarah déposera alors une plainte pour violences soi-disant commises par Xavier lors de leur vie commune, allant même jusqu'à persuader sa fille de 18 ans, née d'une union précédente, d'accuser son ex beau-père de deux agressions.  Ces fausses allégations auront pour conséquence l'arrestation de notre homme, puis sa libération, faute de preuves.  Il sera néanmoins privé de la présence de son fils pendant quelques semaines, le temps que la poussière retombe, à défaut de voir la boue disparaître.

Ce revers n'arrêtera pas Sarah.  Elle s'acharnera à propager de fausses rumeurs dans l'entourage de son ex au point de provoquer une situation conflictuelle entre sa nouvelle conjointe et lui.  «Elle me faisait passer pour un abuseur de femmes, violent avec les femmes et les enfants», devait-il déclarer à la journaliste du Journal de Montréal.  Devant la vindicte de son ex, Xavier entamera une poursuite en diffamation, avec le résultat que l'on sait, la virago ayant mordu la poussière.

Un cas extrême ?

La situation de Xavier n'a rien de surprenant.  La Justice québécoise affichant trop souvent un parti pris non avoué mais tacite envers la gent féminine,  l'homme aux prises avec l'appareil judiciaire se voit fréquemment contraint de prouver sa bonne foi, tandis que celle-ci est présumée standard chez son opposante, par la magie de ce qu'on appelle les valeurs féminines, faut-il présumer.  

Une telle attitude encourage fatalement la prolifération des fausses accusations qui, selon l'auteur, professeur et psychologue judiciaire Michel St-Yves, véritable spécialiste de la problématique des agressions sexuelles, représenteraient entre 30 et 40 % des plaintes dans ce domaine.  Dans les cas de violence conjugale, ce pourcentage pourrait grimper jusqu'à 70 %, tant le protocole d'intervention en violence conjugale - selon lequel on arrête systématiquement l'homme, même quand c'est lui la victime d'une agression de sa conjointe - ouvre la porte à tous les abus, en garantissant l'impunité à l'agresseure.

Cas extrême ne veut pas dire cas rare....
«C'est un cas extrême, devait affirmer l'avocate de Xavier, Me Dominique Goulet.  En 25 ans de pratique, je n'ai pas souvent vu ça.»  Parlait-elle du délit, du procès ou du verdict ?  Ceci étant posé, nous n'en savons pas davantage sur ce qu'il est advenu de la garde, partagée ou non, de l'enfant.  De nouvelles rentrées de fond en perspective dans le vaste tiroir-caisse juridique ?  Avec des dommages et intérêts de 20 000 $, Xavier pourrait avoir de quoi financer cette éventuelle entreprise, mais les bureaux des avocats sont tapissés de jugements non exécutoires, et rien ne garantit que notre homme verra un jour la couleur de son argent...

Le commentaire de la magistrate, d'une franchise pour le moins discutable, se comprend, par ailleurs, s'il ne s'approuve pas.  S'il fallait qu'elle admette la fréquence de causes impliquant de fausses allégations, il lui faudrait également convenir du fait que le système qu'elle représente les encourage forcément.  C'est toute la crédibilité du Barreau du Québec qui serait mise sur le grill.  Mieux vaut faire comme si les femmes intrigantes et manipulatrices ne représentaient que des cas fâcheux, certes, mais exceptionnels.  En réalité, les cas «extrêmes», pour reprendre l'expression même de Me Goulet, n'ont rien de très rares, même si l'on souhaite qu'ils ne représentent pas un majorité.

La vraie rareté

En fait, la véritable rareté, dans toute cette affaire, c'est qu'une mère ait été condamnée pour fausses allégations, envers un père, de surcroît, et dans un contexte de lutte pour la garde d'un enfant, par-dessus le marché.  Ça, c'est vraiment exceptionnel, même s'il ne s'agit que de diffamation et non de méfait public.  C'est l'inexplicable et injustifiable rareté des condamnations dans ce type de cause, surtout, qui pourrait entacher la crédibilité déjà vacillante de notre Justice.  Même si Xavier ne devait jamais encaisser l'argent auquel il a droit, sa victoire recèle une portée symbolique indéniable.  Un signe des temps ?

Imaginez si le public devait prendre acte de la permissivité offerte et de l'irresponsabilité encouragée par l'aveuglement volontaire de nos robes noires.  Essayez par ailleurs de vous représenter la chute du chiffre d'affaires de près de 16 000 avocats familialistes, s'il fallait que les accusatrices mensongères, conscientes des risques qu'elles encourraient de se voir démasquées et condamnées, renonçaient à s'en prendre à leur ex-conjoint.  L'horreur...

Vers de nouveaux marchés...

C'est dans la perspective non avouée de continuer à se nourrir de la misère, immédiate ou provoquée par ses soins, que la magistrature québécoise, spécule sur de nouveaux marchés.  L'exemple le plus probant de ce sinistre plan d'affaires, qui subordonne l'intérêt social aux considérations les plus mercantiles, demeure le «combat» d'Anne-France Goldwater (AFG), féministe radicale autoproclamée, dans la cause qui opposait Éric à Lola.   Rappelons que cette dernière devait mordre la poussière de justesse par une seule voix en Cour suprême en janvier dernier.  Il s'en est fallu de peu que 1,2 millions de Québécois vivant en union libre ne se retrouvent mariés de force par cette inadmissible initiative.  

AFG, figure de proue du droit québécois...
Mais qu'à cela ne tienne, la riposte ne s'est pas fait attendre.  Notre gouvernement péquiste devait précipitamment mettre sur pied un comité d'études mandaté en vue de réexaminer le cadre de l'union de fait.  Font partie de ce comité, comme il fallait s'en douter, des intervenants aussi sympathiques... à Lola que le Barreau du Québec, la Chambre de notaires du Québec et l'inévitable Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, dont la devise semble «Je dépend, donc je suis.»  Curieusement, aucun organisme favorable à la décision de la Cour suprême n'est représenté...

Non content de chercher à multiplier les causes de pensions entre ex conjoints dans le cadre des unions de fait, dans un Québec où le mariage reste en perte de vitesse, notre Justice pourrait créer une jurisprudence pour le moins inusitée, avec le cas de cette ancienne maîtresse qui réclame de son ex riche amant une compensation pour rupture d'un million de dollars... Imaginez les causes qui pourraient se multiplier si notre magistrature, aveuglée par le profit facile, donnait raison à semblable parasite.

C'est dans un tel contexte que l'improbable victoire de Xavier prend une valeur significative.  Improbable, vraiment ?  Dans un Québec où l'on anticipe que le revenu des hommes sera bientôt inférieur à celui des femmes, plus scolarisées, tandis que la pauvreté des hommes, à 9,7% de leur population, dépasse déjà celle de femmes, à 9,0 %, que la gent masculine se voit désormais majoritaire parmi les assistés sociaux, les chômeurs et les itinérants et que l'écart salarial entre les hommes et les femmes n'est plus que de 10 %, la gent féminine pourrait bien représenter un gibier d'avenir...

Et c'est sans doute sous le douteux prétexte de rendre - enfin - justice aux hommes opprimés, et de corriger les erreurs du passé, néanmoins commises, on s'en doute, avec les meilleures intentions, que les fausses allégations féminines pourraient alors s'avérer un marché pour le moins lucratif, une voie d'avenir.  Just follow the money...

vendredi 12 avril 2013

École des Plants : en chaque père sommeille un pédophile...

Si vous imaginez que l'ère des grenouilles de bénitier, punaises de sacristie, femmes esseulées pudibondes, mères de familles armées de chapelets vengeurs ou dames patronnesses à l’œil sévère était derrière vous, détrompez-vous !  Une ère nouvelle pourrait bien prendre naissance à Clergy (Val d'Oise), France, où un père de famille sans reproche vient de se voir ostracisé par deux viragos au cri strident et au scandale facile. 

Frédérick Boscia, père spolié.
Que je vous raconte cet événement à prime abord aussi ridicule qu'insignifiant, mais qui pourrait devenir lourd de conséquence si, dans un pays où le féminisme militant se montre nettement plus agressif - du moins médiatiquement - que dans le nôtre, d'autres esprits fanatisés s'inspiraient de ce triste exploit.

Figurez-vous qu'il aura suffi à une mère de famille, suffisamment perturbée au plan émotionnel pour voir en chaque homme un prédateur sexuel latent, pour convaincre Ève Coviaux, directrice de l'École maternelle des Plants, à la santé mentale manifestement aussi vacillante, d'exclure un père séparé, Frédérick Boscia, d'une sortie à la piscine sous prétexte que, potentiellement dangereux, le malheureux ne devait en aucun cas se retrouver dans le vestiaire mixte où les enfants se changeraient.  Aucun problème, cependant, avec le fait que des femmes se trouvent elles-mêmes en compagnie de garçons dans la même situation... 

Le choc pour le papa a été d'autant plus inattendu qu'il participait régulièrement aux activités de l'école que fréquente sa fille, qu'il ne voit que quelques jours par mois, et dont il pouvait par ce moyen se rapprocher.  

Têtue comme une mule

Qu'une mère de famille sans intelligence adresse à une école une requête absurde, motivée par une paranoïa sexuelle misandre, ça arrive.  La bêtise et la méchanceté se retrouvent chez tous et toutes, nonobstant l'âge, le sexe, la race ou le statut social.  Mais qu'une directrice d'école, chargée de maintenir l'équilibre, le calme, la prudence, le discernement et l'esprit de justice - dans un établissement aussi fondamental, au plan des valeurs à inculquer aux adultes de demain - sombre dans pareil accès d'imbécilité et de haine des hommes, c'est renversant.  Et condamnable.  Cette femme mérite la porte.

Patrick Guillot, du GES.
Son comportement est d'autant plus répréhensible que, malgré la correspondance qui lui est adressée par le père désireux de trouver un terrain d'entente, la mégère garde obstinément le silence.  Dans un texte co-signé par Patrick Guillot, du Groupe d'études sur les sexismes (GES) et Fabrice Méjias, président national de SOS PAPA, paru dans le site même du GES, on apprend que le conjoint de la mère fanatisée à l'origine de cette dérive est allé jusqu'à administrer une raclée au père spolié.  Quel couple finement agencé que celui qui réunit une brute épaisse à une sociopathe.

À la suite de cet événement, Guillot et Méjias établissent les précisions qui suivent.

M.Boscia annonce avoir porté plainte contre l’auteur des coups qu’il a reçu stoïquement (5 à 7 coups de poing et un "coup de boule"), et poser une réclamation contre la Directrice de l’école auprès de Monsieur Dominique Baudis, Défenseur Des Droits, pour discrimination en raison de son genre masculin.

 
M.Boscia tient à préciser que :

- l’opposition à cet accompagnement de jeunes enfants des deux sexes dans le vestiaire n’est pas initiée par une personne se réclamant d’une quelconque religion.
- il a proposé en vain à la directrice plusieurs solutions ou compromis : utiliser le 2ème vestiaire de la piscine pour séparer les sexes, faire passer alternativement filles et garçons dans le même vestiaire, ne pas transiter par le vestiaire commun mais pouvoir surveiller sa fille et les autres enfants sur le bord du bassin.
Les associations signataires déplorent à cette occasion l’ambiance perpétuelle de suspicion et diffamation à caractère sexuel pesant sur les pères à l’occasion des divorces, certes sans aucune suite judiciaire de la part des Juges Aux Affaires Familiales, mais malheureusement aussi sans aucun rappel à l’ordre envers les accusatrices.

Le droit des pères

Cet événement, mettant en scène des protagonistes aussi misandres qu'écervelées, s'inscrit dans une sinistre mais révélatrice continuité mettant de plus en plus en relief l'injustice et le sexisme vécu par les hommes, nommément les pères, et dont l'événement des pères à grue, à Nantes, a été le révélateur en février dernier.  Devant un certain remous médiatique suscité par les protestations de Frédérick Boscia, l'inspection académique du Val d'Oise devait tenter une maladroite opération de damage control en interdisant à tous les parents, mères comme pères, l'accès aux vestiaires pour enfant.  

Bien sûr, pareille reconnaissance du sexisme envers les hommes attire son lot de résistance de la part de porte-parole féministes qui, en France comme au Québec - pour ne pas dire partout en Occident où le féminisme d'État est devenu tentaculaire - ressentent comme une menace à leur hégémonie toute allusion au fait que les hommes, comme les femmes, vivent des problématiques liées au sexisme et à l'exclusion. 

Des médias, en mal de sensations fortes, peu scrupuleux quant à la recherche de la vérité et craintifs devant les foudres de pareilles fanatiques, sont devenus leurs valets, espérant cotes d'écoute et revenus publicitaires.  Voilà où en est le journalisme d'enquête en France, comme le récent passage de France 2 dans notre belle province l'a démontré.  La journaliste Nathalie Sapena a dû rentrer bredouille à Paris, sans avoir trouvé les masculinistes haineux et misogynes qu'elle était venue y chercher.  Depuis sa diffusion, son reportage a même été retiré des ondes...  Au Québec, les représentants des médias ne sont guère plus éthiques, cependant.

Aurélie Fillod-Chabaud, chercheuse.
Parlant de Français venus, comme cette journaliste, sous le faux prétexte de donner l'heure juste sur la condition masculine, je m'en voudrais de passer sous silence le douteux passage de cette doctorante en sociologie à l'Institut universitaire européen, Aurélie Fillod-Chabaud, venue rencontrer Lise Bilodeau, de l'Action des nouvelles conjointes et nouveaux conjoints du Québec, en plus de consulter ses archives.  Est résulté de cette rencontre la publication d'un article calamiteux réduisant les revendications légitimes des pères spoliés à l'habituel discours féministe sur les masculinistes béotiens et irresponsables envers leur progéniture. 

Nul doute que des initiatives aussi malhonnêtes s'inscrivent dans un contexte calamiteux, tant médiatique qu'universitaire, qui conditionne le tissus social français et québécois en le transformant pour le pire.  On prend des préjugés pour des évidences, la haine pour de la vertu.  C'est ainsi que des intelligences primitives et limitées, semblables à celle des deux femmes à l'origine des déboires de Frédérick Boscia, peuvent en arriver à se sentir autorisées à poser des gestes hostiles, discriminatoires et diffamatoires en s'imaginant agir pour le bien de la collectivité.  Triste et malsain paradoxe que d'opprimer l'intègre pour protéger le vulnérable.

samedi 6 avril 2013

France 2, une télé... guidée par Patrick Jean ?

Il y a quelques semaines, un militant de longue date des droits des pères m'informe par courriel qu'une journaliste de France 2, une nommée Nathalie Sapena, veut l'interviewer sur la condition masculine à la suite d'un événement qui a fait la manchette en France au cours duquel deux pères ont revendiqué leurs droits - bafoués, affirment-ils  - envers leurs enfants, au sommet d'une grue.  Mon correspondant semble inquiet, redoutant que ses propos ne soient récupérés de façon à le faire passer pour un homme des cavernes d'extrême droite qui milite pour un retour du patriarcat oppresseur envers les femmes, et qui célèbre, comme il se doit, la Saint-Marc-Lépine, chaque 6 décembre, pour commémorer dans l'euphorie le massacre de 14 jeunes filles à Polytechnique.  

La cause des hommes, selon France 2.
Tel est le refrain à la mode entonné jusqu'ici dans les médias, plus récemment en France, sous la baguette du docu-menteur Patrick Jean, auteur du long-métrage féministe intitulé La domination masculine, qui serine sur toutes les tribunes qui lui sont offertes son concerto ordinaire sur le complot patriarcal, en victimite majeure. Selon cet idéologue à gogo, le masculinisme, né au Québec en 1989, est devenu une telle menace que ce James Bond d'opérette, après avoir infiltré, au péril de sa sécurité personnelle, l'antre de douteux activistes montréalais, redoute maintenant de succomber, s'il remet le pied en sol québécois, sous les balles d'une milice armée masculiniste, désireuse de lui rentrer sa duplicité dans la gorge.  Ajoutons à ce portrait peu reluisant que M Jean considère les masculinistes comme paranoïaques...

Malgré ce contexte calamiteux, je conseille à mon interlocuteur de tantôt de faire parler les faits, les chiffres, les études, comme il en a le talent, et de mettre les émotions de côté.  Il me rétorque qu'il a connu de mauvaises expériences par le passé et qu'il craint d'en ajouter une nouvelle.  Il décide, afin de montrer que la défense de la condition masculine intéresse plusieurs personnes au discours argumenté et crédible, de référer des noms de militants et d'organismes, parmi lesquels Lise Bilodeau, présidente-fondatrice de l'Action des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ), ainsi que votre humble serviteur.  

Quelques jours après, Lise Bilodeau m'informe que je devrais avoir des nouvelles de Mme Sapena.  Cette journaliste affirme de son côté à mon interlocuteur qu'elle ne cherche à piéger personne, ni à faire la promotion de quelque idéologie que ce soit, sans doute par souci d'objectivité et de respect du droit légitime du public à l'information, bien entendu.  

Allo, allo, allo...

Nathalie Sapena, journaliste ?
Le lendemain, au retour du travail, je trouve sur mon répondeur un message (numéro confidentiel) dans lequel une voix féminine au très fort accent français, répète : Allo, allo, allo, avec une diction qui n'est pas sans rappeler Peter Sellers dans le rôle de l'inspecteur Clouseau, en version originale anglaise.  Ça commence bien, me dis-je, à propos d'une journaliste incapable de s'identifier correctement, comme tout professionnel le ferait.  

Dans les jours qui suivent, six mars, je reçois ce courriel de Mme Sapena : Bonjour.  Je vous contacte sur les conseils de X (mon correspondant), car je prépare un reportage pour l'émission Complément d'enquête sur France 2 un reportage (sic) sur la place des hommes dans la société, et j'envisage d'aller faire un tour au Québec, qui me semble plus avancé en matière de réflexion sur ce sujet.  J'aimerais beaucoup discuter avec vous si vous êtes disponible.  Très cordialement

Je réponds que je suis ouvert et lui laisse mes coordonnées téléphoniques.  Elle me répond le lendemain : Je vous appelle aujourd'hui dès que le décalage horaire me le permet.  Cordialement.  La nuit tombée, aucune nouvelleConstatant, dans les jours qui suivent, que des messages presque monosyllabiques apparaissent de temps à autre sur mon répondeur, tandis que je suis au travail et, pour être certain cette fois que la journaliste me rejoigne, je lui donne le 13 mars par courriel mon numéro de cellulaire.  

M Kaasteul... M Kaasteul... M Kaasteul...

Malgré cette précaution, je retrouve par la suite d'autres tentatives sur mon répondeur résidentiel, cette fois avec une voix masculine, qui m'interpelle : M Kaasteul... M Kaasteul... M Kaasteul... Décidément, à France 2, la présentation, c'est pas leur tasse de thé...  Chez nous, les journalistes savent au moins leur nom.  Le 18 mars, je relance Mme Sapena, lui réexpédiant par courriel mon numéro de cellulaire.  Le lendemain, elle m'écrit qu'elle me téléphonera le soir même, dès son arrivée à Montréal.  Le soir même, cette fois encore, aucune nouvelle.  

C'est à mon travail, tandis que je m'occupe de patients psychiatrisés, heureusement cette fois tranquilles, qu'elle me téléphone le lendemain, 20 mars.  Elle s'informe sur mon engagement dans la cause des hommes, sur ma profession et me pose quelques questions qui démontrent un certain intérêt pour le sujet qu'elle doit traiter, avant de s'informer sur le chemin pour se rendre dans mon patelin, Trois-Rivières, et de me dire qu'elle me rappellera le lendemain.  Ce fut la dernière fois que j'eus des nouvelles de cette journaliste... par elle-même.

Le lendemain, c'est Lise Bilodeau qui m'apprend que ma rencontre, comme la sienne, ont été annulées en raison... d'un bris de caméra.  Imaginez une journaliste, qui arrive à grands frais de France, et qui se laisse arrêter par semblable détail.  La prendriez-vous au sérieux ?  Ce problème n'a pourtant pas empêché Mme Sapena de réaliser une entrevue à Montréal avec Daniel Laforest, de Fathers4Justice. Lise Bilodeau avait cependant tout organisé pour recevoir dignement la journaliste, au cours d'un buffet avec des membres de son association et d'une rencontre avec la station FM 93. 

Lise Bilodeau, de l'ANCQ.
Pas plus de professionnalisme que de savoir-vivre à France 2, donc, mais ce n'est pas tout.  Au début de la semaine suivante, j'apprends, toujours par Lise Bilodeau, que, non seulement Mme Sapena a finalement dégotté une caméra fonctionnelle, mais qu'elle était le samedi même à Trois-Rivières pour rencontrer des membres du Réseau Hommes Québec... Nul doute que ces hommes étaient des interlocuteurs aussi valables que moi, mais pourquoi une telle comédie pour en arriver là ?  Et Lise Bilodeau qui n'a jamais été interviewée...

Mon correspondant avait raison...

Imaginez la qualité des efforts d'investigation de France 2 avec un titre pareil : La croisade des "masculinistes"... La présentation annonçant le reportage de Mme Sapena aurait pu être rédigée par Patrick Jean lui-même : Il y a aussi ces hommes qui se revendiquent comme anti-féministes. Leur mouvement est né au Québec, dans les années 90. On l'appelle le masculinisme. Des hommes qui dénoncent la domination des femmes. Au XXIe siècle, ils n'hésitent pas à réclamer le droit au retour de l'ordre ancien, celui où les femmes étaient soumises aux hommes…  À noter la finesse des caractères gras, sans lesquels le public habituel de France 2 risquerait de ne pas saisir ces enjeux cruciaux, on s'en doute...

Mme Sapena ne voulait piéger personne, naturellement, avec ce portrait du Québec, qui, selon ses propres dires, lui semble plus avancé en matière de réflexion sur ce sujet (la place des hommes dans la société).  Soulignons la mention qui suit cette introduction foireuse, qui démontre à quel point le discours est orienté : En plateau, l'invitée est Safia LEBDI, conseillère régionale EELV (Europe Ecologie - Les Verts), féministe, fondatrice de Ni Putes, Ni Soumises, soutien des Femen, groupe contestataire féministe d'origine ukrainienne.  Aucune mainmise féministe sur l'information en France, dites-vous ?  Récupération, quand tu nous tiens...

Et c'est reparti pour un tour avec Marc Lépine...

 Une icône de la mythologie féministe.
Comme s'il existait un lien évident entre la condition masculine, ceux qui la défendent et la violence faite aux femmes, Mme Sapena et ses complices, Antoine Husser et Vincent Gobert, nous resservent le plus éculé des clichés de la mythologie féministe : Polytechnique et Marc Lépine.  Cet événement est célébré, faut-il le préciser, non pas par des masculinistes attardés, mais par des féministes radicales hostiles aux hommes dont l'attitude des plus fanatiques peut encore se voir résumée par cette formule désormais historique : En chaque homme sommeille un Marc Lépine.

La première moitié du reportage avait pourtant bien démarré, avec une approche presque humaine des hommes dits roses et de la réalité des pères privés de contact avec leurs enfants.  Les porte-parole trifluviens, filmés au cours d'un activité dans une cabane a sucre, sont présentés de façon un rien condescendante mais sympathique, tandis que Daniel Laforest et Andy Srougy, des Fathers4Justice, semblent à un moment très émus par leur situation.  

Polytechnique vient tout gâcher, avec, notamment, une entrevue de la sœur de l'une des 14 victimes, dont les commentaires, qui auraient été à leur place dans un documentaire sur le sujet, détonnent et choquent au cours d'un reportage sur la place des hommes, comme si la violence meurtrière en constituait un passage obligé.  Le problème, dans cette optique, n'est nullement la personne interviewée en soi, mais le choix éditorial de fort mauvais goût de l'avoir présentée dans un tel contexte.

S'ensuit la rituelle entrevue avec la mère du tueur de masse, qui n'apportera toujours aucune réponse à son geste insensé et, heureusement, le mot de la fin laissé à Daniel Laforest, qui dénoncera la récupération idéologique du massacre.  Mais le mal est fait, et Polytechnique restera gravé dans l'esprit du téléspectateur français moyen.  Reste à savoir si le public de l'hexagone, aux prises avec des porte-parole féministes nettement plus agressifs dans l'espace public que les nôtres, au Québec, se montrera réceptif à cette nouvelle dérive.  

L'amour hétéro, cauchemar féministe ?
Il est permis d'en douter, après la réaction du peuple français à cette goutte qui pourrait faire déborder le vase, soit le mariage pour tous et, surtout, à sa corollaire, l'homoparentalité, qui semble indiquer un ras le bol difficile à passer sous silence. Une telle attitude populaire pourrait bien traduire une volonté qui n'a que peu à voir, comme les idéologues féministes cherchent à nous le faire croire, avec le rejet homophobe ou le retour des femmes vers l'âge de pierre.  Cette volonté pourrait au contraire refléter l'affirmation de la nécessité de balises tenant compte d'une nature humaine qui ne relève nullement de conditionnements sociaux, mais bien de ce qu'il existe de plus inné chez les hommes comme chez les femmes.  

Aucune idéologie ne peut durablement se substituer à cet incontournable état de fait.

dimanche 31 mars 2013

Quand l'establishment féministe se veut... constructif.

C'est avec une maladresse touchante, devenue au fil des ans sa marque de commerce, d'une présidente colorée à l'autre, que le Conseil du statut de la femme (CSF) est sorti récemment de sa quiétude pour sensibiliser gouvernement et population sur la tragédie vécue par les femmes sur les chantiers de construction.  Asseyez-vous et veillez à disposer d'une boîte de kleenex non loin de vous afin de vous prémunir contre l'assaut de chiffres désolants qui va suivre.

À gauche, Julie Miville-Dechêne, du CSF.
Selon le CSF, le secteur de la construction serait le plus traditionnellement masculin, avec un taux de 98,7 % d'hommes qui cultiveraient, nous informe-t-on, des valeurs de virilité - oh, le vilain mot - à l'ombre desquelles la femme serait perçue comme une menace.  Comment ne pas ressentir jusque dans nos os tout ce que ces propos évoquent du tentaculaire complot patriarcal qui, inlassablement, guette les femmes, tel le renard tapis aux alentours du poulailler ?

Comme il fallait s'en douter, les femmes assez téméraires pour s'aventurer dans cette chasse-gardée masculine sont nécessairement victimes de discrimination, de harcèlement et d'intimidation, au point où 60 % d'entre elles quitteraient le domaine cinq ans après leur arrivée sur ce terrain miné par les comportements grossiers et misogynes de leurs collègues masculins.  C'est après avoir rencontré... une dizaine de travailleuses (sic !) mais lu bon nombre d'études, que les enquêteuses du CSF en sont arrivées à ce constat accablant.  

Un esprit mal tourné - pourquoi pas le mien ? - pourrait se demander comment on peut en arriver à d'aussi sombres conclusions à partir d'un échantillonnage aussi mince, mais le CSF n'a pas pour habitude de s'enfarger dans les fleurs du tapis quand vient le temps de positions et de chiffres aussi dramatiques qu'himalayens.  

Pas de danger que le manque d'intérêt, comme dans le cas des hommes pour l'enseignement ou la profession d'infirmier, puisse être évoqué comme explication de la sous-représentation féminine dans le domaine de la construction.  Ce n'est pas vrai (...) qu'elles ne sont pas intéressées, affirme Julie Miville-Dechêne, présidente du CSF, c'est qu'elles se confrontent à des barrières dès l'embauche.  Bien sûr...

JMD ne va pas jusqu'à nier l'évidence de la force physique moins développée des femmes  comme facteur désavantageant, mais relativise d'une manière plus que douteuse cette tendance pourtant flagrante : Il est vrai que les hommes sont plus forts, mais il y a des femmes fortes et des hommes maigrelets, il faut briser ces stéréotypes.  Le mot est lâché !


Femmes et hommes : mêmes possibilités ?
Ayant travaillé huit ans dans une usine, je me rappelle des confidences du directeur des ressources humaines à l'effet d'une tentative louable d'intégration de personnel féminin.  Après quelques essais, il fallut se rendre à l'évidence : les candidates n'avaient ni la force physique, et encore moins l'endurance nécessaires à transporter les briques et à supporter la chaleur torride des fours qui devaient les cuire.  Certaines avaient même perdu connaissance dès leur première journée de travail.  Par contre, d'autres femmes avaient démontré des compétences certaines comme mécaniciennes, dans la mesure où la force physique n'était pas requise.  

Ceci dit, le Québec serait la pire province au Canada quant à la représentation féminine en construction, avec 1,3 % d'effectifs, en comparaison de 5,9 % en Alberta.  Cette comparaison a de quoi faire sourire, quand on songe au portrait souvent réducteur que nous entretenons des résidents de cette province, dont la population masculine, souvent présentée comme une congrégation de machos finis, devrait donc représenter le pire obstacle à l'intégration des femmes, en comparaison de nos hommes roses québécois.  Ce constat ne semble pas avoir effleuré l'esprit de la présidente du CSF.

Toujours une société distincte...

Parlant d'hommes roses, saviez vous que le Québec est la province qui regroupe le plus d'hommes occupant la profession d'infirmier, avec presque 10 % des effectifs ?  Se pourrait-il que cette surreprésentation masculine, jointe à la sous-représentation féminine en construction, soit attribuable à un profil ethnique, culturel, le nôtre, davantage latin,  interrelationnel et tourné - pour le meilleur et pour le pire - vers ce qu'on appelle un peu niaisement les valeurs féminines ?

Cette percée masculine est d'autant plus impressionnante qu'en 1970, le Québec se classait bon dernier quant au nombre d'infirmiers.  Aucun Conseil du statut de l'homme, pas plus que de politique de discrimination positive n'a été nécessaire pour opérer cette transformation radicale.  Chapeau les gars !


Le Québec, bon premier pour les infirmiers.
Les hommes seraient par ailleurs davantage attirés par les soins critiques et la santé mentale, avec des pourcentages respectifs de 13 % et de 20 %.  Ils resteraient aussi fidèles à leur profession que les femmes : parmi ceux qui ont obtenu leur permis d'exercice au Québec depuis 1990, 84 % exercent toujours leur métier.

Malgré cela, le gouvernement envisagerait des avenues en vue d'attirer davantage d'hommes dans la profession d'infirmier, le tout se faisant sans tenir de propos alarmistes ni gronder les établissements hospitaliers qui pratiqueraient de la discrimination à l'embauche.  L'intérêt moindre des hommes pour cette profession est perçu, à juste titre, comme la principale raison de leur plus faible représentation.

Dans cette perspective, on peut s'interroger sur la pertinence du quota minimal de 3 % de femmes par entreprise en construction que veut imposer le Conseil du statut de la femme, quitte à menacer de ne pas octroyer de contrat gouvernemental à tout soumissionnaire qui ne rencontrerait pas ce standard.  

Loin de favoriser l'intégration des femmes, une telle mesure contribuera à les marginaliser et à les présenter comme des êtres sans colonne vertébrale nécessitant protection, un portrait qui ne pourra que favoriser le mépris envers elles sur les chantiers de construction.  Le CSF réalise-t-il à quel point son attitude s'avère encore plus misogyne que celles qu'il entend dénoncer ?