samedi 12 mars 2011

Pères et mères, mêmes droits ? Mon œil…

Ceux et celles qui connaissent le site Web Sisyphe, véritable Pravda québécoise du féminisme radical, peuvent témoigner qu’il vaut mieux ne pas compter sur ses participantes pour soutenir la condition masculine, souvent placée entre guillemets pour mieux la mettre entre parenthèses.  On y retrouve cependant en archive un article de Renée Joyal et d’Évelyne Lapierre-Adamcyk sur les pères et la garde partagée, paru dans Le Devoir du 26 septembre.


Malgré un propos général qui tend à banaliser les conflits judiciaires qui briment les pères, les auteures citent une étude qui pose cette question : Les pères et les groupes de pères qui se plaignent d’être « désavantagés par le système » (les guillemets sont des auteures) ont-ils raison de se plaindre ?  Douze avocats, dont sept femmes et cinq hommes, ont répondu oui, cinq, dont quatre femmes et un homme, ont dit non, et trois autres, dont deux femmes et un homme, ont répondu… oui et non.   Ce résultat n’a rien de scientifiquement irréfutable, vu son faible échantillonnage, mais il semble plausible et pourrait indiquer qu’une majorité de juristes concluent que les droits des pères ne sont pas autant respectés que ceux des mères. 

Ce père et ce fils ne sont pas ceux de ce récit.
Le récit qui suit pourra apporter de l’eau au moulin à une indispensable remise en question qui, tôt ou tard, devra occuper l’avant-plan des préoccupations du système familialiste et même, du système judiciaire québécois tout court.  On pourrait en dire autant des pays dotés – ou affligés - d’un féminisme d’État.

Tout nouveau, tout beau…

Veuf au début de la trentaine avec un fils de trois ans, alors qu’il travaille sur les shifts, Roger (nom fictif) rencontre celle qui deviendra sa conjointe en 2003.  Dans la jeune vingtaine et vivant chez ses parents après une séparation, Sophie (nom fictif) est elle-même mère d’un garçon de trois ans.  Comme Roger vient d’acheter une maison, il lui propose la vie commune, un partage des dépenses et une aide mutuelle avec les enfants.  Malgré les grandes réticences de sa mère, Roger croit qu’il a trouvé la perle rare.  Il apprendra bien plus tard de son fils que, dès le début, sa nouvelle conjointe se montrait hostile envers ce dernier.

Ces fêtards sont étrangers à ce récit.
Un an après, naît un garçon.  Sophie quitte son travail et s’occupe en apparence correctement des enfants.  Les tourtereaux se marient.  Premier écueil : Roger découvre que sa conjointe n’exerce pas l’emploi qu’elle prétend, mais un autre, tout à fait louable, mais moins considéré.  Pas de quoi demander une annulation de mariage, pense-t-il, mais notre homme devient perplexe.  En fait, les surprises ne font que commencer.  De retour aux études, Sophie persuade Roger, qui finance sa scolarité, de lui louer une chambre à proximité de son école.  Il découvrira que sa conjointe mène une vie de festivités et le trompe tandis que lui s’occupe des trois garçons tout en cumulant le temps supplémentaire pour boucler les fins de mois.  

Comprenant qu’il aurait dû écouter sa mère, devant la saignée grandissante de son budget, Roger demande la séparation en 2005.  Sophie lui rétorque qu’il est jaloux et que s’il part, elle demandera la garde de leur fils… mais aussi celle de son premier rejeton, né de son union précédente !  Atterré par telles menaces mais toutefois incrédule, Roger demande conseil auprès d’un ami avocat.  Saviez-vous, m’écrit-il, que puisque la mère de mon garçon était morte et qu’il appelait ma conjointe « maman », cela lui donnait un avantage certain ?  Alors, comme je veux éviter bien des procédures et tout ce qui va avec, d’un commun accord, elle revient à la maison. 

Chassez le naturel…

Malgré des vœux pieux, les sorties et beuveries reprennent de plus belle.  Suivront une faillite, mais aussi une promotion à l’extérieur pour Roger, qui lui permettra de louer une chambre loin d’un foyer devenu insupportable, avec le projet de protéger ses fils et de se séparer.  Devant la détérioration de leur relation, et la vie de plus en plus dissolue de sa conjointe, notre homme annonce en 2008 aux enfants que Sophie et lui vont se séparer.  Elle tente de le faire changer d’idée, mais Roger préfère vivre pour un temps chez un parent.  Quand il passe à la maison voir si les enfants vont bien, ceux-ci lui apprennent que des hommes interchangeables fréquentent le domicile familial. 

Devant l’insistance de Roger pour qu’elle soit plus discrète dans ses frasques, Sophie le  flanque à la porte de leur domicile et refuse de le laisser partir avec leur fils.  Malgré une visite chez le médiateur, une pension mensuelle de 1000 $, le paiement de l’hypothèque et des assurances habitation totalisant 1800 $ d’une maison qu’elle conserve, Sophie se montre insupportable et demande toujours plus d’argent.  Elle conserve la garde du garçon qu’elle a eu avec Roger – l’aîné reste finalement avec son père - et menace celui-ci de l’enfer judiciaire s’il la revendique.

Devant les propos du fils aîné qui lui apprend un peu tard des incidents de violence survenus avec sa mère, Roger décide de reprendre son fils cadet avec lui quoi qu’il advienne et d’entamer des procédures de divorce pour adultère.  Erreur fatale, de m’écrire Roger.  En cour, LA juge décrète : Vous n’aviez aucun droit de garder votre enfant malgré que vous prétendiez le faire pour sa sécurité !  Macho, va !  Dans la même situation, une mère aurait-elle été traitée de la sorte ?

DPJ : la mère avant l’enfant !

DPJ : une vision simpliste de la mère...
Roger perd donc la garde de son plus jeune fils, doit parcourir 240 km pour le voir, et se voit infliger 2050 $ d’arrérages de pension.  Ça lui apprendra à « s’en prendre » (là, c’est moi qui met les guillemets)  à la mère !  À cela s’ajoute le refus sporadique de Sophie de laisser Roger voir leur enfant, et des propos diffamatoires qui parviennent aux oreilles de son employeur.  Quand il y a accès, leur fils lui est remis avec des bleus, parfois la crotte aux fesses et Sophie ridiculise son père en sa présence.  Une plainte est déposée par Roger à la DPJ qui, bien sûr, s’empressera de ne pas bouger.  Normal, c’est la mère qui est accusée.  Le père ne peut qu’être un frustré, enragé d’avoir été dompé, même si c’est lui qui est parti.

Deux avocats véreux et des frais accumulés plus tard, Roger repasse en cour et le juge accorde presque tout ce que la mère demande : une pension de 2050 $, soit 1100 $ pour elle et 950 $ pour leur enfant, en plus de 300 $ pour le parc d’été.  Il ne reste à notre homme et à son fils aîné que 1600 $ par mois s’il ne fait pas de temps supplémentaire.  Sa situation budgétaire devient plus précaire.  La pension qu’il verse doit être indexée, mais pas son salaire…


L’été prochain, Roger retournera faire valoir ses droits et ceux de son fils aîné, maintenant âgé de 11 ans, à une vie matérielle plus équitable.  Son ex, perpétuelle étudiante, ne songe pas à se trouver d’emploi.  L’autonomie financière, ça sert à quoi ?  Malgré l’issue incertaine de ses démêlés, Roger garde courage.  Ça ne peut pas toujours mal aller, croit-il.  Espérons que sa détermination trouvera écho chez un juge doté d’une âme, caractéristique trop souvent optionnelle chez les familialistes…

14 commentaires:

Bisbille 101 a dit…

La chute de l'article est trop optimiste pour être réaliste. Je ne sais trop quelle maladie sévit à la cour mais tous les juges sans exception semblent atteint d'une étonnante vision en tunnel, considérant les hommes comme des morons qui ne furent qu'un simple accident de parcours dans la vie des saintes femmes à qui il n'est pas possible de rien refuser. Dans cette histoire triste et banale à la fois, le protagoniste évite la médecine de cheval servie à des milliers d'hommes en instance de séparation, les fameuses accusations de violence conjugale déposées sans preuve ni témoin et qui permettrons de bonifier les chances de garde exclusive devant le tribunal civil. Pas étonnant que les Québécois ne font plus d'enfant. Ces juges dépourvus de jugeote et de jugement contribuent à détruire le tissus social en détruisant les familles et seul le silence complice des médias leur permet de se moquer ainsi de nos institutions en toute impunité. La vérité est en marche et rien au monde ne saura l'arrêter.

Olivier Kaestlé a dit…

Je vous dirais que Roger est davantage courageux qu'optimiste, dans sa détermination à limiter les dégâts causés par le système. Notez que je parle de damage control et non de redressement de la situation. Ce serait non seulement de l'optimisme, mais de l'utopie.

Les médias, comme vous le soulignez très à propos, sont complices, par leur silence, de cette Justice corrompue qui ne vise que la fluctuation à la hausse de son chiffre d'affaire. C'est à se demander ce qu'il adviendrait de la circulation de l'information sans les médias sociaux, cet irritant notoire du féminisme radical que nous connaissons.

Anonyme a dit…

Moi aussi j'ai vécu ce genre d'histoire...mais moi je suis dans le 9% des pères qui a eu la garde et ce de façon surprenante.(C'est pourquoi je faire connaitre mon histoire qui donnera peut-etre espoir à d'autres personnes comme moi........je m'apprête d'ailleur à porter plainte à grande échelle....pour montrer à toute cette rapace mon dégout de leur comportent....

Olivier Kaestlé a dit…

Je serais curieux d'en savoir plus sur votre cas. Comme vous dites, une histoire qui finit bien pourrait encourager bien des gens. Si le coeur vous en dit, vous pouvez communiquer avec moi à l'adresse de courriel affichée dans mon profil. Salutations.

Anonyme a dit…

la foutue arrierage de pension ....attention presque tout les avocats ne tiennent pas en compte l'article de loi 595 ,qui dit que l'on ne peut retourné plus de 6 mois en arriere a partir de la date de jugement ,trop d'avocats,médiateur et de juges ne le font pas et retourne des années en arrieres ce n'ai pas permis par la loi
Brigitte

Olivier Kaestlé a dit…

On a vu ce qu'il advient de ce fameux article 585 dans le cas de Simon, que j'ai exposé dans ce blog. Le même délai de six mois s'appliquait sur les frais particuliers, jusqu'à ce qu'une jurisprudence, inspirée de lois albertaines, vienne ouvrir le bar pour aussi loin dans le temps que possible. Voir l'histoire de Simon au lien suivant :
http://olivierkaestle.blogspot.com/2010/12/quebec-un-pere-legalement-agresse.html

Malthus a dit…

C'est à se demander dans quel univers existe Roger.Ne lit-il pas les journaux? N'écoute t-il pas la radio, la télé, les nouvelles?
Les blogs et les sites traitant de la cause masculine existent par millions. Les nouvelles nous rapportent sans cesse les actions d'éclat de F4J. Le divorce qui aura ruiné Jean-Pierre Ferland fait la une. Heather Mills est la femme la plus détestée en Angleterre pour son exploitation éhontée de Paul McCartney. Qui n'a pas entendu parler de Lola qui tente de siphonner son clown millardaire à grands coups de millions?
Encore et encore, de tous les coins du globe, l'expression nette et claire de la haine de l'homme et du désir des cours de loi de le faire payer jusqu'au dernier centime s'étale au grand jour.
Est-ce par naiveté, masochisme ou solipsisme existenciel (seul ce que je pense est vrai) que l'homme moyen refuse d'accepter cette réalité pourtant maintes fois démontrée et persiste malgré tout à se mettre volontairement les deux pieds dans le bourbier?
Je sympathise avec Roger mais il a quand même multiplié les erreurs en s'amourachant d'une mère célibataire sans rien vérifier de son passé, en l'invitant à vivre avec lui, en la mariant (oy!) et en refusant de faire marche arrière dès les premières duperies.
Nous ne le répèterons jamais assez: il existe bel et bien une guerre entre les sexes *et nous la perdons*.
Les hommes ne peuvent compter sur les cours de justice, les gouvernements, la police, la DPJ ou quelqu'autre institutions pour défendre ses droits ou le traiter avec un modicum de respect.
Il ne peut compter que sur lui-même.
Il est grand temps que nous otions nos oeilleres et entrions de pleins pieds dans le 21eme siècle.

Olivier Kaestlé a dit…

Eh ben, vous n'y allez pas de main morte avec l'ami Roger ! Mais je vous sens néanmoins compatissant, malgré tout.

Il faut dire qu'il y a huit ans, la cause masculine n'était pas aussi débattue que maintenant. Qui plus est, les exemples que vous citez sont postérieurs à 2003, année fatidique où Roger s'est, comme vous dites, mis les pieds dans les plats.

Que voulez-vous, l'erreur est humaine. C'est de réparer les pots cassés qui reste le plus difficile. J'espère que la narration de son histoire aidera Roger, mais aussi le plus grand nombre d'hommes possible, à y penser à deux fois avant de s'enliser dans le mariage et éventuellement, si Lola oblige, dans l'union "libre". De toute évidence, l'homme y a de plus en plus à perdre...

Anonyme a dit…

Bonjour Olivier,

Tout d'abord, félicitation pour votre blogue remarquablement bien tenu et informé.

Ensuite, en ce qui concerne cette histoire: j'ai moi-même été bénévole pendant plusieurs années dans une association de défense des droits des pères au Québec.

Cet engagement résultait du décès suite à grave maladie et suicide, respectivement, de deux de mes connaissances passés, pour reprendre le titre d'un documentaire de Serge Ferrand, dans "La machine à broyer les hommes", ayant tous deux perdu la garde de leurs enfants dans des circonstances aussi ubuesques que celles-ci.

Un autre de mes amis est mort depuis suite à une histoire similaire.

Ces drames sont malheureusement monnaie courante au Québec: le féminisme institutionnel n'est au fond qu'une forme de rackett parmi d'autre dans cette société probablement la plus corrompue en Amérique du Nord.

J'avoue avoir aujourd'hui jetté l'éponge et quitté cette province: le Québec, c'est la Somalie du monde civilisé.

Ce qui m'a le plus démotivé? Le fait que, malgré la répétition de ces drames, il est impossible de susciter une prise de conscience de ce scandale. La justice et l'administration de la province, ou on peut "s'acheter" un juge pour 50,000$, sont trop pourries. C'est vraiment le Far-West.

Bonne continuation tout de même, mais ne vous faites pas trop d'illusions...

Olivier Kaestlé a dit…

Merci de votre appréciation. Aux dérives du féminisme d'État et à la corruption de système judiciaire il faut ajouter la lâcheté des médias, grâce au silence desquels ce type d'injustices grossières, énormes, peut continuer à se produire, voire à s'intensifier.

La saga de Lola n'est pas terminée et je doute que Jean-Marc Fournier soit l'homme de la situation pour recourrir à la clause dérogatoire qui pourrait nous soustraire à une confirmation du verdict déplorable et malhonnête de notre cour d'appel.

Vous avez malheureusement raison de me conseiller de ne pas me faire trop d'illusions. Je crois pourtant que la balle est dans les blogs et les médias sociaux, seules courroies de transmission d'une information pertinente et d'une déonciation incontournable que les médias persistent à étouffer. Merci de votre participation.

Anonyme a dit…

Bonsoir M. Olivier,

On a beaucoup de corruption au quebec, c'est l'industrie des fausses accusations, on a un group cri mminalisé dans la justice: couronne, juges, feminazistes, etc qui detruissent la famille seulement pour l'argent noir obtenu par leur propagande sexiste deviante malade, sont dea parasitez qui devaraient aller en prison avec les juges, couronne des criminels qui contribuent à detruire les hommes , c'est la fin du feminazisme et le jour de paie arrive sou peu, totu a un fin , assez c'est assez!!!

Olivier Kaestlé a dit…

Je crois comme vous que le féminisme radical est sur le déclin. Il suffit de voir l'absence de réaction devant la suppression de la subvention fédérale de la FFQ par Stephen Harper, tant dans la population que du côté de Québec, pour réaliser que cet organime a fait son temps et qu'il faudra bien passer à autre chose. Le budget du Secrétariat à la condition féminine du Québec a été amputé des deux tiers pour l'an prochain. Je crois de plus en plus que l'État devient sensible au ras-le-bol de la population envers la propagande haineuse envers les hommes et au coût du féminisme d'État. Tôt ou tard, il faudra réformer l'appareil judiciaire en conséquence, avant que la révolte ne s'empare davantage de pères et d'ex-conjoints depuis trop longtemps opprimés.

frenchdad a dit…

L'homme n'a plus le choix.

Si les femmes se font refaire les seins pour mieux le piéger, les hommes devraient opter pour la vasectomie pour les baiser à leur tour.

Et si l'opération est interdite par le gouvernement, faire quelques plasticages jusqu'à ce que les lois (et les politiques) tombent.

Concernant Roger, il devrait prendre son fils et quitter le Québec sans laisser d'adresse. Son second fils comprendra quand plus tard, il cherchera à retrouver son père.

Avec un peu de chance, il sera devenu homo ou misogyne et pourra aspirer alors à une vie moins dangereuse que d'avoir une femme dans son lit.

Olivier Kaestlé a dit…

Je ne crois pas que l'on puisse changer son orientation sexuelle pour échapper à certaines manipulatrices, mais la vasectomie reste toujours une option légale... pour le moment.

Dommage que pareils scénarios puissent être envisageables pour échapper à l'industrie du divorce et des pensions alimentaires à sens unique. Comment notre société en est-elle tombée si bas ? Le fric, toujours le fric...