jeudi 7 avril 2011

Harcèlement judiciaire : 21 fois accusé, jamais condamné

Christine St-Pierre
Fidèle à ses habitudes, la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, vient de lancer une nouvelle campagne contre les agressions sexuelles en présentant 5 293 signalements comme autant d’infractions sexuelles dûment enregistrées et sanctionnées.  Par leur silence devant cette nouvelle mystification, les corps policiers s’en sont fait complices et comme toujours, les médias n’y ont vu que du feu.  En réalité, bon an, mal an, environ 500 signalements mènent à des condamnations en bonne et due forme.  La manœuvre de désinformation de Mme St-Pierre, qui coûtera au contribuable 800 000 $, constitue la quatrième phase d’un plan d’action gouvernemental lancé en 2008. 

On se rappellera que cette année-là, la mythomane ministre avait commandé à la firme Ipsos Reid un sondage de perception auprès de 803 répondants de toutes les couches de la société.  Ces braves gens devaient évaluer, au jugé, donc de la façon la plus subjective, quel pourcentage de femmes (les garçons, on s’en fichait, comme d’habitude) serait un jour victime d’une agression sexuelle.  On aboutit alors au chiffre himalayen de 34 %, soit une femme sur trois.  Ne reculant devant rien, Mme St-Pierre organisa une vaste campagne de désinformation médiatique, au coût de 1 300 000 $, en présentant frauduleusement ce résultat comme une statistique officielle de Statistique Canada, ce qu’elle devait avouer à un animateur de Québec, Sylvain Bouchard.

  
68,4 % des hommes accusés sont relâchés.
Farouche partisane de l’idée fixe selon laquelle les fausses allégations n’existent pas, Mme St-Pierre devrait méditer sur des chiffres, bien réels, ceux-là, et ne provenant d’aucun sondage, émanant d’une étude de Sonia Gauthier, de l’Université de Montréal, et Danielle Laberge, de l’UQÀM.  En s’appuyant sur de vraies statistiques, ces deux chercheuses démontrent qu’à l’issue des procédures résultant d’allégations de violence conjugale, qui incluent, on s’en doute, des violences sexuelles, 68,4 % des hommes accusés sont remis en liberté tandis que 26 % plaident coupables et 5 % sont déclarés coupables.  Quand donc Mme St-Pierre, ancienne journaliste de 30 ans d’expérience à Radio-Canada, fera-t-elle la différence entre un signalement et une infraction ?  À croire qu’elle n'en aura jamais ni l'intention, ni l'honnêteté…

Quand on croit avoir tout vu…

Cette tendance maladive, je dirais pathologique, à la démonisation des hommes du Québec par des élus, dont la ministre ne représente qu’un cas parmi d’autres, entraîne une culture judiciaire déviante, implacable, dont je viens de recevoir un nouvel exemple.  Un père de famille, abonné aux procédures judiciaires, m’a écrit le 5 avril, en écho à ma dernière chronique, http://olivierkaestle.blogspot.com/2011/04/condamne-il-ne-peut-voir-son-fils.html, où je relatais la triste situation de Raynald, condamné par un cancer généralisé, appauvri, privé de ses droits parentaux et contraint de payer pension à une ex grassement rémunérée.  Voici le témoignage de ce lecteur.  Veillez d’abord à le lire assis.

M Kaestlé,

Votre dernier papier est une perle et un baume pour moi.  Soit dit en passant, vous avez une belle plume.

Une résidence secondaire pour mon lecteur.
Je vis ce problème avec encore plus de faits troublants.  L'injustice du système est encore plus effarante dans mon cas.  J’ai été accusé 21 fois au criminel sans jamais avoir été condamné; 19 non-lieux, deux acquittements et deux procès encore en cours.  Ma résidence secondaire est le 1, Notre-dame, Montréal (palais de Justice de Montréal, NDA) et je ne blague même pas, certaines semaines au cours des quatre dernières années, j'y ai passé plus de temps que chez moi. Les employés (sécurité, serveuses de café, greffiers, huissiers, employés de bureau du palais de justice) m'appellent par mon prénom, tellement on se connaît bien, maintenant. 

Je fais presque partie des meubles, et toutes les démarches souvent mensongères que la mère de mes enfants fait rencontrent la partialité des juges qui se rendent facilement à ses arguments au grand dam de mes avocats (notre dossier de cour comprend près de 200 séquences légales, 23 procès intérimaires, deux sur le fond – un troisième à venir bientôt - et trois études psychosociales).
 
Mon ex enfreint tous les jugements sans exception, et bien que tous les juges le lui reprochent, ils lui laissent néanmoins poursuivre sa quérulence à mon endroit, de sorte qu'aujourd'hui, j'ai l’un des pires dossiers en matière familiale au palais de justice de Montréal.  Un avocat aguerri en matière de droit familial, ancien avocat de mon ex, est venu nous voir un jour, mon avocat et moi, et nous a avoué toutes les magouilles qu’elle préparait contre moi.  J'allais bientôt me voir accusé de toutes sortes de choses ; il se retirait donc de son dossier parce qu'il n'était pas d'accord avec la tangente que sa cliente voulait prendre.  Me croiriez-vous si je vous disais que mon ex a bien suivi le guide de la parfaite ex qui ne veut pas qu'un père revoit ses enfants et que le système lui a grandement facilité la tâche ?

J’ai subi le protocole sur la violence conjugale qui fait en sorte que, dès qu'une plainte est déposée contre un ex conjoint, il y a automatiquement arrestation et emprisonnement préventif, avant même qu'il n'y ait enquête.  Dès que la cour conclut que la plainte était frivole et non fondée en droit, le même protocole sur la violence conjugale recommande qu'il n'y ait pas de plainte pour méfait public contre la responsable de la fausse plainte, sous prétexte que les vraies victimes auraient peur de s'adresser à la police si pendait cette illusoire épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes.   Résultat, selon une étude récente, une écrasante majorité de pères accusés en cour criminelle étaient acquittés.

Voilà qui pourrait clouer le bec de la ministre St-Pierre qui a dit à Tout le monde en parle qu’elle ne pourra jamais croire qu’il puisse exister une seule femme qui déposerait ne serait-ce qu’une fausse plainte au Québec.

Alors, votre texte m’a fait du bien, ce matin.  Merci.

Le silence des agneaux…

Le journaliste, ce héros...
Les mensonges statistiques de ministres incompétentes ne sont qu’un rouage dans la prolifération de ces conflits judiciaires tous aussi abracadabrants que foncièrement iniques.  Les médias, par leur silence, en sont complices.  Il est bien facile de plastronner sur le droit du public à l’information, de dénoncer les abus des commissions scolaires, que personne n’aime, les dépenses somptuaires d’élus, de recteurs et autres hauts fonctionnaires, que tout le monde voudrait mettre au pain et à l’eau, quand on se ferme les yeux devant des dérapages aussi criants.  Les avocats intimident-ils tant les médias ?  

Ou ne serait-ce pas plutôt la crainte de dénoncer des magouilles qui profitent en majorité à des ex-conjointes, donc à des femmes, avantagées par les diktats juridiques d’un féminisme d’État ?  Devant la frayeur d’une hypothétique réprobation, il semble qu’éditeurs, rédacteurs et chef et directeurs de l’information courent se cacher comme de petits garçons et petites filles, redoutant les coups de règle sur les doigts.  Le jour où ces redresseurs de tort à temps partiel comprendront qu’une majorité de citoyens et de citoyennes reprouve les injustices qu’ils continuent d’ignorer, ils retrouveront sans doute tout leur courage…

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Pour les sceptiques, on recommandera bien entendu la lecture de l'excellent ouvrage "Coupable d'etre un homme", par le regrette Georges Dupuy:

http://www.amazon.fr/Coupable-Violence-Conjugale-Delire-Institu/dp/2890057372

Olivier Kaestlé a dit…

...Sans compter l'excellente présentation du même auteur dans "300 000 femmes battues, y avez-vous cru ?", un ouvrage de référence en condition masculine.

Hélène Grenier a dit…

Je trouve effrayant que tous les moyens de pressions et toutes les dénonciations que plusieurs apportent pour faire en sorte de dénoncer ces abus crapuleux et dispendieux pour tout le monde ne soient pas entendus!!

Et pourquoi, les avocats ne dénoncent-ils pas les magouilles publiquement? Les juges sont-ils achetés ou quoi? Ils savent ce qui se passe réellement, ils ne peuvent pas ne pas savoir!

Pourquoi un homme tel que celui que vous citez dans votre article, ne passerait-il pas à une émission telle que TOUT LE MONDE EN PARLE ? Ça m'horripile de lire ce genre d'histoire à nous retrousser les poils.

Il me semble que j'en ai assez de lire ce genre d'injustice gratuite par des PROFITEUSES finies et mesquines. Ces attitudes et acharnements sur un individu devraient être condamnés!

grrrr

Olivier Kaestlé a dit…

«Et pourquoi, les avocats ne dénoncent-ils pas les magouilles publiquement? Les juges sont-ils achetés ou quoi? Ils savent ce qui se passe réellement, ils ne peuvent pas ne pas savoir! »

Les avocats se nourrissent de l'injustice, allant jusqu'à la provoquer. Certains vont jusqu'à recommander à leur cliente de mentir sur la probité de leur ex en vue de le faire passer pour un abuseur d'enfant. Ainsi elles mettent la main sur la garde principale ou exclusive des enfants, la maison, l'auto et la ou les pensions.

Les juges ne valent guère mieux. Business as usual, et puis, il faut bien protéger les vraies victimes, pourvu qu'elles soient féminines, ça va sans dire...

Bisbille sang-un a dit…

La raison qu'un tel système élaboré sur du mensonge se maintient envers et contre tous s'avère simple à comprendre. Ce protocole d'intervention en matière de violence conjugale adopté à la sauvette sans la moindre discussion représente une véritable mine d'or pour les avocats de la défense. Et oui, l'hypocrisie atteint ici des niveaux inégalés...

Olivier Kaestlé a dit…

L'indifférence de l'État envers les fausses allégations fait en sorte que, sur cette question précise, les hommes risquent à tout moment de se voir confrontés par un État policier et une justice inquisitoriale, comme c'est le cas ici.