mardi 7 juin 2011

Viol génétique et libre choix à sens unique

Nos militantes, un rien dépassées, non ?
Le viol génétique, entendu parler ?  La chronique qui suit entend démontrer la nécessité de définir et de reconnaître ce délit en lien direct avec la condition masculine dont elle constitue une problématique sinon méconnue, du moins banalisée, pour ne pas dire ignorée.  Pourquoi s’en étonner ?  Toute militante radicale vous le dira : les problématiques masculines, ça n’existe pas.  Sauf quand elles frappent (je parle des problématiques, bien que les militantes…).  Aussi nous passerons-nous de l’appréciation de ces porte-parole suspendues à un discours du siècle dernier et de ce fait inaptes à envisager un concept contemporain.

Le Canada, comme tout pays dit civilisé, est pro choix.  Même Stephen Harper nous a assuré qu’il ne reviendrait pas là-dessus.  Pro choix vraiment, le Canada, comme les pays occidentaux qui reconnaissent le droit de la femme à disposer de son corps ?  Ce n’est vrai qu’à moitié, à condition qu’elle soit féminine.  Pour l’autre moitié, la masculine, où réside le choix ?  Si une femme enceinte décide d’interrompre sa grossesse, mais que son conjoint souhaite garder l’enfant, il devra subir la décision de la femme.  Si, au contraire, l’homme ne veut pas d’enfant, mais que sa conjointe décide de mener sa grossesse à terme, il devra encore subir sa décision.  Pro choix, vous dites ?  Ça dépend.  Du sexe.

Libre choix : Harper a promis le statu quo.
Au risque d’essuyer une vive réprobation de la part des militants pro vie, je suis d’accord avec le fait qu’une femme puisse interrompre sa grossesse malgré le souhait contraire du conjoint.  Les femmes ayant si souvent la mémoire longue et la dent dure, il ne doit pas faire bon partager le quotidien d’une conjointe qui aurait été contrainte à l’accouchement, que ce soit par une loi, un conjoint, ou les deux : l’enfer à vie.  À l’opposé, par contre, il devrait aller de soi qu’un homme puisse refuser la paternité, si tel est son désir, dans le cas où sa conjointe décide de garder l’enfant contre son gré.  On ne peut être pro choix sans être pro responsabilités.  Une femme doit donc pouvoir vivre avec les conséquences de ses décisions sans les imposer à qui ne les partage pas.  Voilà une perspective pour le moins subversive dans une société asservie au féminisme d’État.

Vous me rétorquerez que là aussi, la conjointe risque d’avoir la dent dure et la mémoire longue.  Je vous répondrai : évidemment, mais rien ne devrait empêcher l’homme alors, devant un tel différend relatif aux choix, priorités et valeurs communes, de passer à autre chose, en clair, de partir, si chacun campe sur ses positions.  Pareille alternative devrait avoir force de loi dans une société où la légitimité du choix de l’homme serait autant respectée que celle de la femme, perspective qui, faut-il le répéter, relève présentement de l’hérésie idéologique.  L’exemple qui suit illustre bien ce paradoxe inéquitable auquel il faudra bien finir par trouver une solution.

Père malgré lui

Il y a quelque temps, mon amie Lise Bilodeau m’a communiqué le cas de Fernand (nom fictif), l’un des membres de son organisme, l’Action des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ).  Son histoire, qui n’a rien d’un cas isolé, illustre à merveille à quel point un homme placé devant une grossesse non désirée n’a aucune possibilité légale de se soustraire à des obligations parentales imposées, surtout quand elles prennent l’aspect d’une pension alimentaire et ce, même quand la mère l’a délibérément berné en se disant stérile.  Voyez plutôt.

C’est par le biais d’Internet que Fernand fait la connaissance de Chantal (nom fictif) en 1995.  Les deux tourtereaux se rencontrent et vivent une idylle qu’aucun nuage ne semble alors assombrir.  Prudents et soucieux d’éviter toute ITS, les nouveaux enfants du paradis protègent leurs ébats en utilisant le condom avec constance et minutie.  Se disant sécurisée par les bonnes habitudes de vie de son amant, Chantal, qui se prétend stérile, lui propose l’expérience ultime d’ardents transports sans préservatif, une fois.  Devinez donc ce qui est arrivé. 

Sous le choc de la nouvelle de cet enfant non désiré, Fernand, ébranlé, met un terme à la relation.  Il se sent pris au piège, victime de ce qu’il considère un viol génétique. Entre-temps, l’enfant naît en 1996.  Chantal harcèle notre homme, le dénigre auprès de sa famille, de son employeur et des clients de ce dernier, ce qui n’aide en rien l’ex-amant à se ressaisir.  Son travail s’en ressent et ses revenus, à l’origine de 45 000 $ par an, diminuent d’une année à l’autre. En 2000, la Cour supérieure de Montréal déclare Fernand père du rejeton puis, l’année suivante, le condamne à verser une pension pour l’enfant de 380 $ par mois.  Déjà durablement perturbé, le père malgré lui devient dépressif et ne travaille plus que de 10 à 20 heures par semaine.

Un viol génétique peut frapper autant qu'un viol sexuel.
Brisé, il cesse complètement de travailler en 2001, vit en ermite, coupe les ponts avec sa famille et ses amis.  Ses revenus, tombés à 17 500 $ en 2001, chutent à 2 500 $ en 2003.  Difficile de sombrer plus bas.  Il est troublant de constater à quel point les symptômes de Fernand s’apparentent à ceux d’une victime de viol ou d’agression sexuelle aggravée.  Il survivra de l’Aide sociale de 2004 à 2007, avant de demander à un proche parent de lui venir en aide en louant de l’équipement informatique afin de se lancer en affaires.  Il continuera à toucher de l’Aide sociale en toute légalité en 2008 et 2009, avant de pouvoir tirer des revenus de son entreprise au montant de 5000 $.  C’est peu, mais déjà une lueur à l’horizon. 

Le cœur sur une main, mais exigeant une pension de l’autre, Chantal fait chou blanc dans ses plaintes auprès de l’Aide sociale et du Procureur général, qui ont enquêté sur l’état de santé et sur la situation financière de Fernand, irréprochable.  Ses multiples tentatives de soutirer une pension de son ancien amant sont restées lettre morte depuis le jugement lui reconnaissant ce « droit » en 2001.  Les arrérages s’accumulent donc depuis cette année-là.

En 2010, Fernand dépose une quatrième requête d’annulation de pension alimentaire et d’arrérages.  Il aura la chance d’être défendu par un excellent avocat mais surtout, de tomber sur un juge honnête et compatissant, assez différent des individus sans éthique ni scrupules qui avilissent trop souvent les procès en droit familial.  Attendu que Fernand a accumulé des revenus nets de 25 000 $ en 2010 et en anticipe autant en 2011, mais qu’il a disposé d’un revenu inférieur au revenu minimal prévu au Formulaire de fixation des pensions alimentaires entre 2001 et 2009, le juge annule les arrérages accumulés pour ces années, mais fixe la pension payable pour l’enfant à 630 $ pour 2009, 2 400 $ pour 2010 et un peu plus pour 2011.

Une cause, mais pas de véritables gagnants...
Chantal a dû être bien dépitée, si l’on considère qu’au moment de sa rencontre avec Fernand, ce dernier gagnait plus de 45 000 $ par an… Justice a-t-elle été rendue pour autant ?  En partie, seulement.  Compte tenu des lacunes abyssale de notre système judiciaire, le père involontaire ne pouvait aspirer à meilleur dénouement.  Reste que de l’avis même du juge, notre homme demeure hypothéqué, tant par la paternité imposée que par le harcèlement judiciaire de Chantal.  Et contre ça, il ne dispose d’aucun recours légal.

Combien faudra-t-il de Fernand avant que la Justice refuse de se faire complice de ce genre d’escroquerie ?  Les Chantal de ce monde se livreraient-elles à semblable imposture si elles savaient qu’un homme pourrait refuser une paternité non sollicitée ?  Un encadrement légal ne garantirait-il pas des rapports homme femme plus honnêtes, moins empreints de méfiance ?  Nul doute qu’alors, notre société pourrait véritablement se prétendre pro choix, pour l’homme comme pour la femme, dans une perspective égalitaire.  Sans réciprocité, il ne peut y avoir d’égalité.

11 commentaires:

Malthus a dit…

La situation empire lorsque nous réalisons que l'homme, par son non-choix, nage en plein no-man's-land légal qui le laisse ouvert à la fraude et au vol pur et dur.
Lorsqu'il endosse un condom, l'homme exprime clairement son choix: non. Lorsque madame *perce* volontairement ce condom elle se livre effectivement à un vol (elle s'approprie sans consentement un bien ne lui appartenant pas); vol qui sera sans doute suivit d'une fraude- la célèbre demande de pension.
Fraude: acte accompli délibérement dans le but de porter atteinte aux droits ou intérêts d'autrui.
L'homme ne possède aucune protection légale contre ces crimes. Nous pouvons donc, de ce fait, affirmer que notre société *encourage* de tels comportements.
(qui ne dit mot consent) Le masculiste gagnerait, à mon sens, ;a ne pas trop miser sur l'aspect égalitaire du Choix et exiger plutot que le gouvernement rencontre ce principe de droit fondamental qu'est la protection du citoyen contre l'acte criminel.
Pour en avoir discuté longuement avec un juge de haute instance, la seule défense de l'homme en ce moment est une poursuite au civil où il devra prouver hors de tout doute raisonnable que la mère ai agit sciemment. Genre: filmez tout, enregistrez tout et là, peut-être, justice sera t-elle faite.
Les masculistes devraient s'engager de bons avocats et trainer le gouvernement du Québec en cours pour "Incitation au vol et à la fraude pour avoir failli a son devoir d'étendre à la moitié de sa population une protection minimale contre ces crime."
Et zut avec les discours. On gagnera aux bras.

Olivier Kaestlé a dit…

Intéressante perspective, Malthus, mais qui, à mon avis, laisse une trop grande place au cas par cas et demeure par trop curative alors que j'opterais pour une approche préventive et non criminalisée. Pourquoi un couple ne serait-il pas tenu, advenant une naissance, à signer une entente de parentalité ? Pas de signature en bas de page, pas d'obligation de lien parental, mais attention, après la naissance du bébé, plus question de revenir en arrière. Le gars n'a pas voulu s'engager; il se sauve des responsabilités, mais renonce également à tous ses droits. Je sais que mon idée peut sembler utopique, mais pas irréaliste. Je crois qu'il y aurait en tout cas là une piste à explorer.

Malthus a dit…

En fait, votre solution n'est nullement utopique ou irréaliste- elle s'inscrit exactement comme solution au flou légal existant. L'action en justice contre le gouvernement que je préconise chercherait à atteindre cette solution justement pour éviter le cas par cas. Une facon "par la bande" de forcer la main de nos élus et étendre le droit au choix à tous.
Je me suis peut-être mal exprimé. Ce que je voulais dire est qu'il est plus facile de faire plier le gouvernement par un jugement de la cour que par un discours aisément contré par un autre.
En fin de compte, nous aurions ce que nous souhaitons- seule la méthode (plus musclée) changerait.

Olivier Kaestlé a dit…

OK, on se comprend. En passant, j'ai envoyé cette chronique à mon nouvel abonné : l'Assemblée nationale. Si la nouvelle crise interne du PQ ne les distraie pas trop, peut-être que certains de nos députés en prendront acte...

Malthus a dit…

Génial!
Content d'avoir pu contribué à cet essor, ne serait-ce que pour avoir soufflé un petit vent sous vos ailes. Bravo!
Je vous ai fait parvenir la liste complète de tous les membres de la chambre des communes, si vous décidiez, dans un grand geste humaniste, de les abonner eux-aussi à votre *excellent* blogue. N'ésitez pas à me contacter si vous éprouvez le moindre problème avec celle-çi...

Olivier Kaestlé a dit…

Votre suggestion n'est pas tombée sous les yeux d'un aveugle, Malthus. Je me tiens à l'affût de votre nouvelle liste. Un grand merci pour cet effort généreux et pour cette mise en commun.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Malthus Voilà pour le geste humaniste ! Je viens d'abonner grâce à votre aide la Chambre des communes à mon blog. Encore merci !

Malthus a dit…

Tout le plaisir est pour moi, Olivier. Petit bémol cependant- la plupart des députés affichent l'anglais comme langue de préférence. Ergo, peu seront à même de vous lire, à moins bien-sur que que vous leur pondiez une cuvée Shakespeare, tout spécialement pour eux :)
Celà dit, je vous enjoins à distribuer cette liste à tous ceux qui partagent nos opinions et qu'ils ne se gênent pas pour l'utiliser. J'ai beaucoups de contacts avec des masculistes anglophones et ils sont *ravis* de cet outil qui leur permet de transformer leur blog en newsletter.
Je me demande encore pourquoi on y avait pas pensé avant... Enfin- vieux motard que j'aimais, right?
PS- L'avez-vous utilisé? Je n'avais rien a publier alors je ne l'ai pas testée...

Olivier Kaestlé a dit…

J'ai réussi à l'utiliser avec succès sur Hotmail (sur Cogéco, ça "jamme", pour employer un latinisme). Par contre, figurez-vous qu'avec ce logiciel, il faut procéder en deux temps, à cause d'une limite quotidienne d'envoi.

Effectivement, cette idée aurait pu être mise à exécution bien plus tôt, mais elle pourra en revanche faire boule de neige si on propage autant la liste de la Chambre des communes que celle de l'Assemblée nationale. À suivre, donc.

Anonyme a dit…

Décidément, il y a encore du travail ! Les deux devraient signer cette déclaration de parentalité Si madame est enceinte alors qu'elle ne le voulait pas, elle laisse à monsieur le droit et le plaisir d'élever l'enfant. Mais, du point de vue de l'enfant, il est indispensable qu'il conaisse l'identité de ses deux parents Et c'est d'abord de ce point de vue là qu'on doit évidemment se placer.

Anonyme a dit…

Je suis à la recherche d'une solution pour ne pas finir comme Fernand, la demanderesse fraudeuse frequentee sur une période de 3 mois (dont 2 pour regler le probleme) me poursuit en cour pour passer le test de paternité. Auriez-vous des suggestions?