vendredi 26 août 2011

Entrefilets meurtriers et violence au féminin

Inconcevable violence féminine...
En juin dernier, l’animateur Jean-Philippe Trottier m’avait invité à m’exprimer, dans le cadre de son émission Midi Actualité, à Radio Ville-Marie, sur la différence d’intérêt médiatique selon que l’auteur d’un infanticide soit un homme ou une femme.  Avec pour point de départ le procès Turcotte qui monopolisait – toujours - l’opinion, nous nous étions demandés si les journalistes n’avaient pas tendance à banaliser ce type de meurtre, lorsqu’il est commis par une mère, et à insister lourdement sur le sujet, quand il est perpétré par un père.  Je crois toujours que tel est le cas. 

En repensant à cette entrevue, je me suis rappelé d’une époque où je m’étais « amusé » à collectionner les coupures de presse faisant état d’un large éventail de cas de violence féminine aggravée, estomaqué  que j’étais par la couverture modeste que s’attiraient des crimes souvent crapuleux, allant même jusqu’à l’homicide.  Que des entrefilets, de brefs articles, très superficiels, et presque pas de suivi médiatique.  Je partage avec vous certains de ces hauts faits discutables, qui jettent un éclairage révélateur, presque inédit, sur la violence féminine et l’apathie - voire l’autocensure - journalistique, sur le sujet.

Cette violence conjugale, soi-disant à sens unique…

Le harcèlement semble la forme de violence conjugale féminine la plus répandue, et peut même s’exercer avec le concours des services policiers et de l’appareil judiciaire, d’avance « vendus » à la « cause des femmes ».  Dans cette perspective déviante, la parole de la pire menteuse, de la plus sournoise manipulatrice, se trouve sacralisée.  Il arrive pourtant qu’une faible minorité d’hommes arrive à obtenir gain de cause, contrairement au maire de Saint-Théodore d’Acton, Dany Larivière, qui en est arrivé récemment à devoir déposer une « garnotte » de 20 tonnes dans l’entrée de garage d’une ex vindicative pour se faire entendre des autorités, d’ailleurs sans succès.

Même un maire peut ne pas être
pris en considération.
Antonio de Nino, dont l’ex, Carmen de Angelis, n’acceptait pas qu’il refuse de reprendre avec elle, a obtenu justice en avril 2008.  Rien ne fut épargné au pauvre homme : 200 coups de téléphone par jour, allant jusqu’au blitz d’un appel aux 30 secondes, menaces répétées de détruire sa carrière par de fausses allégations de viol et d’être un « baron de la drogue », vandalisme sur son véhicule et à son bureau sur lesquels les mots « drogue » et « trou de cul » avaient été peints à la bombe aérosol, harcèlement téléphonique nocturne envers ses parents et éraflures répétées à l’aide d’une clé sur la voiture du père.  Devant une preuve aussi accablante, l’ex plaida coupable.  Sa sentence devait être rendue le 3 octobre 2008 après une évaluation mentale.  Aucune nouvelle.

Parties génitales incendiées et meurtre au couteau

La violence physique est monnaie courante chez certaines femmes, contrairement à ce que prétend une vision angéliste de la gent féminine.  C’est en avril 2001 qu’Andrée René devait, pour des raisons connues d’elle seule, asperger de combustible à fondue les parties génitales de son conjoint alors endormi avant d’y mettre le feu. Guillaume Pungo devait décéder quatre ans plus tard, soi-disant d’une maladie, après avoir eu les organes génitaux, l’abdomen et les bras brûlés aux deuxième et troisième degré.  Ce n’est que l’année suivant ce décès que la marâtre a reçu un verdict de culpabilité, soit en novembre 2006.

Andrée René : inflammable.
Une autre brute, Sylvie Guimond, a écopé d’une sentence de 10 ans pour avoir tué son conjoint, Michel Gilbert, au grand dam des proches de cet homme pour qui seul la perpétuité aurait été acceptable.  C’est à la suite de l’une des innombrables disputes ayant constitué la trame d’une relation infernale, cette fois à propos des problèmes de consommation de Guimond, que celle-ci avait administré à Gilbert pas moins de neuf coups de couteau.  Intoxiquée, la femme devait ensuite laver l’homme de son sang et pousser un romantisme pour le moins douteux jusqu’à se coucher auprès de lui, avant que les policiers ne l’arrêtent deux jours plus tard. 

La faute à Star Académie

C’est sans doute davantage au fait qu’elle ait été candidate à Star Académie qu’à ses noirs desseins qu’Audrey Trépanier, handicapée visuelle, doit une couverture médiatique exceptionnelle pour une femme reconnue coupable de tentative de meurtre.  Se prétendant enceinte, ce qui était faux, la femme de 21 ans devait inviter sa victime, Remy Chartier, lui aussi atteint d’une vue défaillante, à un « rituel amérindien » dont les modalités et les finalités demeurent obscures.  Chartier avait pris l’initiative de la rupture peu de temps auparavant.

Audrey Trépanier : quel était donc le mobile ?
Ainsi, le 6 janvier 2006, l’invité avait innocemment ingurgité un cocktail de 19 pilules mélangées à du jus d’orange, avant que, groggy, il n’apperçoive Trépanier porter un couteau à sa gorge.  Le jeune homme trouva la force de la repousser et de s’enfuir.  Bien que les policiers aient retrouvé la recette du cocktail et que la jeune femme portât un bracelet avec l’inscription It’s me who killed Remy, la poursuite devait abandonner l’accusation à l’effet qu’elle ait drogué sa victime et une sentence de deux ans à purger dans la collectivité fut rendue.

Tu m’as trompée ?  85 coups de couteau !

Vous souvenez-vous de ce Vietnamien de 21 ans, Johnny Duong, mort en 2005, attaché à son lit et poignardé à 85 reprises par son amie « de cœur », Malina Kansy, 18 ans, dans le quartier Saint-Michel, à Montréal ?  Non ?  Pourquoi ai-je l’impression que, de la page 16 du Journal de Montréal du 11 novembre 2005, cette nouvelle se serait retrouvée en première page si le même meurtre avait été commis avec une femme pour victime et un homme pour assassin ?  Quand l’affaire éclata, il n’était question « que » d’une vingtaine de coups de couteau. 

Johnny Duong  a connu une fin atroce.
L’homme, soupçonné par son amie d’infidélité, devait payer chèrement son incartade au prix d’une mort pour le moins atroce.  Après l’avoir attaché sur le lit de sa chambre, lui promettant une relation torride, Kansy devait faire avouer à Duong son infidélité, survenue un an auparavant, en le rouant de coups de couteau.  Loin d’apaiser son amie, ces aveux décuplèrent au contraire sa fureur meurtrière et la monstre ne l’en frappa que de plus belle. 

Même lorsqu’il rampa par terre, couvert de sang, elle ne décoléra pas, grimpant sur son dos, lui attachant une ceinture autour du cou qu’elle serra en continuant de le frapper frénétiquement.  On s’en doute, Duong est mort vidé de son sang.  Malgré la préméditation évidente, Malina Kansy, en raison de son jeune âge, vit sa sentence à perpétuité réduite à 14 ans avant d’être admise à une libération conditionnelle. 

Guy Turcotte passera à l'histoire.
Vous rappelez-vous de tous ces crimes ?  Gageons que nous nous souviendrons encore de Guy Turcotte dans 20 ans.  Bien sûr, il y a l’horreur du double infanticide et la controverse du verdict, mais une couverture de presse pour le moins sensationnaliste aura fortement concouru à cet état de fait.  Qu’on ne se souvienne même pas d’un homicide entre conjoint caractérisé par 85 coups de couteau a de quoi laisser songeur, ne trouvez-vous pas ?  J’invite les médias à davantage d’éthique professionnelle et à abandonner un parti pris sexiste évident.  Ils ont la responsabilité et le devoir de rendre compte avec une égale mesure des cas de violence, qu’ils soient perpétrés par des femmes ou par des hommes.  Tout en rendant compte de façon objective des faits, les journalistes auront enfin le mérite de ne plus entretenir le mythe opiniâtre voulant que la violence ne soit que masculine.

4 commentaires:

Respire a dit…

Au Québec, inutile d'enfoncer les portes du sexisme, elles sont toutes ouvertes.

Un texte du même acabit:

Liberté pour les hommes!

Olivier Kaestlé a dit…

Une réaction tardive de ma part à votre texte, Respire, que je trouve brillant, pertinent et dont je ne saurais trop recommander la lecture.

Un seul bémol de ma part : je crois fondamentalement que nous arriverons à faire une différence à la longue, pouce par pouce, à force de persévérance, car ce qu'on appelle le bon peuple, autant féminin que masculin, commence à en avoir sérieusement assez de ce discours haineux, manipulateur et indûment subventionné.

Vous avez mis le doigt sur une réalité fondamentale : nous n'avons pas le droit, en tant que collectivité présumément civilisée, d'accepter que nous sacrifions nos garçons, eux aussi l'avenir du Québec, sur l'autel de la misandrie d'État.

rachid benbella a dit…

Le meurtre doit etre puni avec la même et implacable sévérité quelque soit le sexe de la victime ou de l'auteur. Seules les circonstances doivent être prises en compte à l'occasion d'un procès en bonne et due forme

Olivier Kaestlé a dit…

Bien d'accord !