samedi 25 février 2012

Itinérance : une problématique masculine avant tout !

L'itinérance frappe d'abord et surtout les hommes.
Avez-vous remarqué à quel point, quand on pense, à tort ou à raison, que les femmes constituent les principales victimes de quelque fléau, on s’empresse de sexualiser le débat, de développer hypothèses et théories sous l’angle de la sacro-sainte condition féminine, de sortir nos mouchoirs plus vite que Lucky Luke dégaine son colt ?  A contrario, abordez les thèmes des enfants soldats, des combattants traumatisés mentalement, hypothéqués physiquement, ou morts au combat, documentez-vous sur le sort des travailleurs de métiers à risque ou, plus près de nous, de notre quotidien même, informez-vous sur le drame de l’itinérance.  Vous ne tarderez pas à constater que la connotation sexuée, qui devrait faire état d’une nette majorité masculine affectée par toutes ces problématiques, disparaît subito presto. 

En fait, la dernière fois que j’ai lu un article sur l’itinérance selon le sexe, il révélait que de plus en plus de femmes se retrouvaient à la rue.  Or, les hommes sont six fois plus nombreux que les femmes et les jeunes réunis (et n’oublions pas ces jeunes incluent le sexe masculin), mais il faudrait davantage s’en faire pour la gent féminine que masculine.  L’itinérance demeure sans doute l’un des nombreux privilèges masculins de notre société soi-disant patriarcale.

Comme dans le cas de toute problématique masculine, les statistiques exactes et les études récentes sur l’itinérance envisagée comme un phénomène touchant une majorité d’hommes restent rares.  Quelques-unes permettent cependant de se faire une idée de l’étendue du fléau.  Selon le Canadian Council on Social Development, on dénombrait 250 000 itinérants au Canada en 1996.  Quatre-vingt-cinq pour cent d’entre eux regroupait des hommes.  Ce chiffre se voyait confirmé par l’Institut de la statistique du Québec, dans une enquête couvrant l’année 1998-99, avec des pourcentages variant de 83,5 à 89,1 %.  Une étude de l’UQÀM, institution dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne fait pas de la condition masculine une priorité, stipulait dès 1991 que 94,7 % des itinérants vivant au centre-ville de Montréal étaient des hommes. 

Christine St-Pierre, une ministre à la condition
féminine aussi incompétente que biaisée.
Gageons que, à la suite de la commission gouvernementale de consultation factice sur l’égalité homme femme, tenue l’an dernier, et de la mise au point du concept d’analyse différenciée selon le sexe prônée dans le plus récent plan d’action gouvernemental mis de l’avant par le ministère de la Condition féminine, on n’entendra plus désormais parler d’itinérance qu’au féminin.  Depuis belle lurette, cette problématique est traitée dans les médias en évitant soigneusement son aspect sexué, quand il s’agit des hommes, bien sûr.

Des contraventions aux itinérants !

Voilà sans doute pourquoi on continue à traiter nos itinérants comme des parias, des nuisances que l’on doit chasser de nos paliers, de nos parcs, même de nos trottoirs.  Leur spectacle flétri et nauséabond risquant de nous donner mauvaise conscience sur le sort que nous réservons aux plus démunis, nous préférons perpétuer leur exclusion, jusqu’à ce que certains commettent l’irréparable, suicide ou agression sur des policiers qui les délivreront de leur triste sort d’une ou de plusieurs balles dans le corps.  Ce genre d’agression de la part d’hommes en fin de parcours, à bout de ressources, n’est-ce pas une autre façon pour eux de mettre fin à leurs jours ?

Une enquête récente, intitulée La judiciarisation des personnes en situation d’itinérance à Montréal, nous apprenait, qu’au nombre des moyens coercitifs ayant pour but de chasser les itinérants de notre vue, les contraventions avaient la cote.  Oui, vous avez bien lu.  Les itinérants n’éprouvent sans doute pas assez de difficultés à survivre au froid, à la malnutrition, à la faiblesse généralisée qui en résulte, à l’insalubrité de leur condition, au mépris des gens « honnêtes », à la maladie mentale qui devient trop souvent leur lot.  Il faut aussi les hypothéquer financièrement, eux qui sont sans le sou. C’est dans notre belle province, le Québec, si spontanément tournée vers l’humain, n’est-ce pas, que de telles pratiques ont droit de cité.

Non seulement notre gouvernement n’investit-il presque rien afin de venir en aide aux itinérants, mais il juge adéquat de leur extorquer de l’argent sous forme de contraventions.  Voilà sans doute la recette pour les ramener à de bonnes habitudes de vie.  Toujours selon la même enquête, la judiciarisation, car c’est bien de cela dont on parle, représente 16 M $ en contraventions impayées depuis 1994 et 31 000 constats entre 2006 et 2010.  La répartition des infractions se ventile comme suit : 32 % pour ébriété publique, 30 % pour consommation d’alcool, 33 % pour passages impayés.

Des agents du SPVM,
dans l'exercice de leurs fonctions.
Richard Godfroy, 36 ans, un ex-itinérant qui ne possède son propre appartement que depuis un an et demi, voit ses chances de vivre une vie normale assombries par un montant de 55 000 $ en contraventions impayées accumulées en neuf ans de vie dans les rues.  Son cas, relaté dans Le Journal de Montréal, n’est pas unique, on s’en doute.  Une intervenante sociale a relaté au même média celui d’un homme qui devait jusqu’à 90 000 $. 

La trop grande nonchalance avec laquelle les policiers distribuent des constats d’infraction ferait partie du problème, selon Pierre Gaudreau, coordonnateur au Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, qui ajoute que la Ville de Montréal, également, est à blâmer.  Pourtant, le maire Tremblay, apprenant les conclusions de l’enquête, n’hésitait pas à déplorer de son côté le recours à un tel moyen de coercition, s'en prenant à Québec pour le manque de ressources préventives.  Son point de vue rejoint cependant celui de Gaudreau, pour qui l’embauche de travailleurs sociaux dévolus aux itinérants, la construction de logements sociaux et l’application d’une politique existante, mais négligée, sur l’itinérance demeurent les pistes à privilégier. 

Pire que les constats d’infraction…

C’est le même Pierre Gaudreau qui déplorait déjà en janvier dernier le manque de ressources pour les sans-abris alors que l’un d’eux, Farshad Mohammadi, venait de tomber sous les balles d’un agent du Service de police de Montréal (SPVM).  L’homme de 34 ans, connu depuis deux ans des refuges de la ville, s’en était pris à un policier à l’arme blanche, le blessant à la tête et au thorax.  Atteint à son tour grièvement par les balles d’un autre policier, l’homme devait succomber à ses blessures.  En juin dernier, un cas similaire, celui de Mario Hamel, avait mené à la même tragique conclusion, avec en prime la mort d’un passant, Patrick Limoges, abattu lui aussi par les projectiles de policiers. 

Le plan interministériel en itinérance 2010-2013 n’a de toute évidence pas donné les résultats escomptés.  L’itinérance connaît un essor sans précédent, et ses problématiques se complexifient, sans compter un réel accroissement du nombre d’itinérantes, toujours très minoritaires, cependant.  La désinstitutionalisation, mesure gouvernementale dont l’échec se perpétue aussi bien dans la rue que dans les hôpitaux, malgré tout un moindre mal, est de plus en plus pointée du doigt comme l’une des causes de cette problématique, non sans raison. 

Pierre Gaudreau
Pierre Gaudreau reconnaissait dans Le Devoir certains progrès accomplis par le SPVM dans la mise sur pied d’une équipe mixte composée de policiers et de travailleurs sociaux du CLSC des Faubourgs.  Une meilleure formation dispensée aux agents en ce qui a trait aux enjeux liés à l’itinérance et à la maladie mentale ainsi qu’un accroissement du rayon d’intervention à l’île de Montréal de la part de l’équipe Urgence psychosociale-Justice, du CSS Jeanne-Mance, représentent également, selon lui, des pas dans la bonne direction.

Les dangers de l’analyse différenciée…

La relative nouveauté d’une « clientèle » féminine pourrait avoir un impact pernicieux sur le développement des ressources consacrées à l’itinérance.  D’emblée, on pourrait bien concevoir que le peu « d’avantages » consentis aux hommes, notamment les refuges, plus nombreux, constituent des « luxes » dont leurs consoeurs ne disposent pas.  Il y a fort à parier que l’avenir des ressources en itinérance privilégie les femmes, comme les politiques de discrimination positive en Éducation, celles régissant l’embauche dans la fonction publique et les conseils d’administration des sociétés d’État, le droit familial ainsi que la prestation des soins de santé et des services sociaux, onze fois plus financés pour les femmes que les hommes. 

L'itinérance préoccupe notre premier ministre,
d'après vous ?
Seule la multiplication malheureuse d’incidents tragiques impliquant des hommes, par leur impact médiatique sur le public, davantage que sur la conscience des décideurs, pourra infléchir cette tendance probable.  Faudra-t-il que notre gouvernement attende passivement d’autres morts évitables avant de comprendre ce qu’il sait déjà ?

13 commentaires:

toyer a dit…

J'avais vue un un phénomène équivalent d'une étude sur le suicide chez les ados (je ne sais plus si l'étude concerné l’Australie ou la Suède).
L'étude naturellement met le genre féminins au centre des préoccupations, les filles ont x fois plus de probabilités de ce suicidées, les filles x fois plus de probabilité de faire une dépression etc etc.
Puis à la fin de l'étude un chiffre: pour une fille qui se suicide il y a 4 garçons qui se suicident.
Extraordinaire 80% des suicides chez les ados concernent les garçons mais on traite le sujet sous un angle féminins, du genre c'est les adolescentes qui sont le plus touchés par le suicide, c'est à elles qu'il faut venir en aide.
C'est quand même fou, comment on peut faire une telle étude sans avoir pleinement conscience de faire de la misandrie la plus abjecte.
Ça atteint un tel degré de sexisme que ça apparait totalement irréaliste.

Une anecdote personnel: dans un groupe ça parlait de comment c'est tellement plus difficile d’être une fille adolescente que d’être un garçons adolescent, de comment c'est plus dur pour les filles physiquement etc etc.

Ce a quoi j'ai répondu un truc du genre:
Quand la majorité des ados (garçons) on des boutons sur la gueule façon pizza vous venez me parlés de filles qui pensent avoir 1 kilos imaginaire en trop?
Vous voulez vraiment comparés le mal être d'un adolescent et d'une adolescente, il y a un fossé entre les deux.
Non c'est vrai j'oubliais les garçons on en a rien à battre "sers les dents et tais toi".
Cependant ne perdez pas une chose de vue ses futurs adultes pourraient bien dire aux femmes de demain "sers les dents et tais toi", ta condition féminine on s'en fou puisqu'on s'en fout de la notre.

Inutile dire qu'en quelques phrases j'étais devenue le misogyne mais il fallait que ça sorte.

Olivier Kaestlé a dit…

Et le pire, c'est qu'on reproche aux hommes de ne pas parler de leurs problèmes, et quand ils le font, on les rabroue en les accusant se plaindre, non sans évoquer leur présumé statut de privilégiés. Aberrant.

Un jour, on en arrivera à considérer comme des problématiques féminines prioritaires les ongles cassés ou les mises en pli qui tournent mal tandis que les hommes continueront à se suicider et à vivre l'itinérance à l'ombre d'une tacite indifférence gouvernementale, alimentée par les lamentos féministes.

Anonyme a dit…

On parle et on parle et on ne fait rien. Les hommes sont encore à genoux devant les femmes. Pas moi et j'en suis fier. Et je le fais depuis une trentaine d'années. Il y a longtemps que j'ai compris. Depuis que ma première petite amie m'a quitté pour un gars plus riche, ou moins pauvre (ça dépend du point de vue). Et nous avions seulement 15 ans à l'époque. Serge (je comprend vite, moi)

Olivier Kaestlé a dit…

Eh oui, Serge, il est de ces leçons qu'il vaut mieux comprendre tôt. Par ailleurs, l'homme québécois est mondialement connu pour sa passivité devant les femmes. S'agit-il d'appréhension, de refus, ou de ces deux motifs ? Une autre révolution tranquille, peut-être ? Les paris sont ouverts.

Alain a dit…

Bonjour Olivier,

La politique de nos gouvernants semble vraiment de ne s'en faire que pour les femmes...

Vous soulignez le fait que certains itinérants finissent leurs jours assassinés par des policiers. Ajoutons à cela l'image véhiculée par les nouvelles séries télé où on voit les justicières qui carburent à la testostérone flinguer à tout vent tout mâle soupçonné de crime. Comme pour donner bonne conscience à la population que d'abuser de violence envers les hommes était LA chose à faire.

Combinée à d'autres préceptes dont on nous a abreuvés récemment, il convient de tirer la conclusion suivante: les féministes veulent leur revanche sur les hommes.

Mais il s,agit peut-être d'un autre débat...

Olivier Kaestlé a dit…

Quand Série + est entrée en ondes, j'étais ravi, étant grand amateur de séries télévisées devant le créateur. Au bout de quelques années, j'ai déchanté au point de déserter définitivement cette chaîne.

Ce n'est qu'avec le recul que j'ai compris qu'en plus du manque d'imagination des scénarios et de la monotonie des procédés narratifs, l'image des hommes véhiculée dans la plupart des émissions les présentaient le plus souvent comme des malfaiteurs à la petite semaine mais surtout, comme des prédateurs sexuels, des tueurs en série sadiques, des érotomanes en proie à des idées fixes sur une femme aussi irréprochable que dotée de toutes les vertus.

Comme on sait à quel point les ados de sexe masculin apprécient les séries d'action ou policières, il serait temps de se questionner sur l'impact de tels stéréotypes réducteurs sur leur perception d'eux-mêmes, et des femmes.

Vous avez raison de dire que, non seulement l'État ne s'en fait que pour les femmes, mais qu'en plus, des programmes tentent de nous faire gober que de liquider ces hommes déviants demeure LA bonne chose à faire.

Nous avons un exemple plus que probant de cette déviance avec l'acquittement d'Armande Côté du meurtre de son mari, malgré une preuve accablante, mais recueillie illégalement. Il a suffit que les médias brandissent le spectre du syndrome de la femme battue pour que le public, amorphe, se garde bien de tout mouvement d'indignation ou de sympathie envers la victime.

C'est là que nous sommes rendus, dans notre reconnaissance sociétale de la condition masculine, c'est à dire pas très loin. Merci de votre participation, Alain.

Anonyme a dit…

Tu vois Olivier. Il devrait y avoir ici sur ton Blog des dizaines de participants, mais ce n'est pas le cas. Ça prouve encore une autre fois que les hommes ne se tiennent pas ensemble. Mais un jour, le presto sera à son comble et ça ne sera pas beau à voir. Pour l'homme, tant qu'il restera une bière et du beurre dans le frigidaire et une paire de boule à pogner, il ne fera rien. La testostérone le rend stupide et la femme en profite. Serge

Olivier Kaestlé a dit…

C'est un fait que la condition masculine est dure à vendre, tellement on en nie jusqu'à l'existence.

Je crois tout de même qu'il ne faut pas lâcher, et que tôt ou tard (moi, j'espère tôt, mais je suis un idéaliste)la nécessaire reconnaissance de cette réalité entra dans les moeurs, comme celle de la condition féminine avant elle.

Le fait que deux partis politiques - embryonnaires, pour le moment - soit le Parti conservateur du Québec et Équipe autonomiste, placent la condition masculine dans leurs priorités, est un signe des temps.

Même si ces partis ne devaient jamais connaître le pouvoir, ils pourraient influencer un jour les décideurs, comme l'a fait jadis l'ADQ, avec des idées prestement récupérées par le PLQ et le PQ. C'est la grâce que je nous souhaite.

toyer a dit…

La condition masculine semble tout de même faire des émules dans un pays comme les USA.
Pas dans les politique certes.
Les choses bougent dans la population masculine et ça fait peur aux féministes et politiques.
L’homme est entrain de comprendre qu’il est un genre mais aussi qu’il peut être une victime, l'homme est en train de se redéfinir par rapport a ses propres attentes et non aux attentes de la sociétés ou des femmes.
Il faut parfois une étincelle pour que naisse une révolution.

Olivier Kaestlé a dit…

Bien d'accord avec vous. Notre discours progresse petit à petit, mais il avance néanmoins et un jour, on en arrivera à se demander comment les choses ont pu à ce point dégénérer avant le nécessaire coup de barre vers une véritable égalité homme femme. Sans réciprocité, une telle égalité demeure impossible.

farcodev a dit…

J'ai été, il y a quelques mois, traité de "mysogine" par une collegue car je l'avait rabroué suite à une remarque aussi peu eduquée que cultivée qu'elle avait faite.
Il y a quelques annees une collegue d'un autre service m'avait dit "tu as un problème avec les femmes" car j'en avait rabroué une autre. Je lui ai simplement répondu que "nous parlions entre supposés adultes et que dans mon ex-pays je n'ai pas été eduqué pour devenir un homme rose et dépendant"
Ah les joies de jober dans un bureau à Montréal...
Au niveau du sexisme je trouve que cela en devient maladif, cà et le fait que certaines femmes se sentent si parfaites, et n'hesite pas a le crier au et fort, alors que dans la pratique c'est loin d'être le cas, qu'elles en tombent en dépression.
J'aimerai bien savoir l'impact que toute cette bêtise hunmaine, pour être poli, peut bien avoir sur l'économie...

Olivier Kaestlé a dit…

Heureusement, les cas que vous décrivez ne sont pas majoritaires sur le nombre de femmes d'un milieu professionnel donné, mais il suffit de quelques uns pour vous empoisonner un climat de travail.

Évidemment, avec certains idéologues, qui parfois se compromettent sous forme d'essais publiés régulièrement, et qui nous vantent les nombreuses vertus des qualités dites féminines, qui à mon avis, sont universelles, pas étonnant que vous tombiez un peu trop souvent sur ce genre de collègues.

Dans un autre ordre d'idées, j'ai entendu parler d'une nouveauté en pop psycho qui vantait à quel point les femmes, si moralement supérieures, avance-t-on, étaient heureuses après avoir pris l'initiative de la rupture. Si tant d'hommes n'avaient pas tant à perdre en rompant (garde des enfants, baisse souvent impressionnante du revenu), nul doute que ce bonheur de mettre fin à une relation bancale serait aussi le leur.

Anonyme a dit…

En France une association compte les "morts dans la rue" environ 700 décès en 2014, et devinez: 92 % sont des hommes.
Curieusement on ne dispose d'aucune étude sérieuse du gouvernement et des organismes officiels, nos ministère nous parlent avec gravité de l'augmentation de la précarité des femmes.

Par contre on sait tout des 122 femmes décédées de violence conjugale (qui s'appelle chez nous officiellement "violences faites aux femmes" occultant ainsi les 30 hommes décédés de la même manière)