dimanche 5 février 2012

Lise Bilodeau, à la défense du père et de l’orphelin

Lise Bilodeau, fondatrice de l'ANCQ
Je me fais parfois reprocher de démontrer une sévérité injustifiée envers les femmes et de les ranger toutes dans le même panier.  Je ne suis pas de cet avis.  On peut dénoncer certains travers féminins, ou universels qui touchent autant les femmes que les hommes, sans pour autant faire preuve de misogynie, d’hostilité, ou pire encore, de violence psychologique envers toutes les femmes.

Pas plus que dans le cas des hommes, le fait d’être femme ne doit garantir d’immunité diplomatique à quiconque devant la critique, voire la dénonciation de comportements condamnables, qu’il s’agisse de la volonté de détruire un homme par le harcèlement judiciaire, les fausses allégations, la rapacité financière ou la privation de ses enfants.  Ces agressions légales étant devenues monnaie courante, leurs auteures doivent être dénoncées sans ménagement et punies avec la plus salutaire et dissuasive fermeté.  Même chose pour les magistrats qui se rendent complices de telles félonies, quand ils ne les encouragent pas.  Notre société demeure cependant bien éloignée de ces positions aussi incontournables qu’indispensables.

Pour ces raisons, je ne me considère donc pas comme un agresseur textuel, mais bien comme un blogueur polémiste et engagé.  Si cette position vous agrée, tant mieux.  Dans le cas contraire, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Comme je l’écrivais plus haut, je ne condamne pas la gent féminine dans son intégralité, et j’en veux pour preuve le fait que je vais rendre hommage aujourd’hui à une femme hors pair (mais non hors père) qui se consacre à la cause des hommes depuis 13 ans.  C’est à l’occasion du concours Gens de cœur, bénévoles d’ici, organisé par la financière Manuvie en collaboration avec Radio-Canada, que j’ai décidé de présenter sa candidature par le biais du texte suivant.  J’en profiterai donc pour le partager également avec vous.

Un engagement né de l’injustice

C’est devant le sort réservé d’abord aux nouvelles conjointes, réalité qu’elle devait expérimenter elle-même, que Lise Bilodeau fondait en 1999, avec d’autres partenaires, l’Action des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ).  La motivation fondamentale à l’origine de son engagement fut de lutter contre les dispositions légales d’une flagrante injustice qui frappent encore aujourd’hui les gens divorcés ou séparés. 

En effet, alors que l’ex-conjointe peut refaire sa vie avec un nouveau compagnon qui l’entretient, la nouvelle conjointe de son ancien partenaire de vie se voit fréquemment tenue de contribuer à la pension de Madame à même son revenu personnel.  Vous avez bien lu.  Peu de gens sont au fait de cette réalité que Lise Bilodeau continue à dénoncer sur toutes les tribunes où elle se voit conviée depuis la fondation de son organisme.  Qui, dans le grand public, sait que les enfants d’une nouvelle union ne sont nullement considérés par la Loi dans le calcul d’une pension, en regard de ceux d’un premier lit, qui eux ont droit à tous les égards ?  Cette injustice envers les enfants aussi, Mme Bilodeau ne cesse de la dévoiler.

L’ANCQ, dont elle demeure l’inspiration dominante, milite toujours afin de mettre un terme aux pensions sans limite de temps que de nombreux hommes se voient contraints de continuer à payer, parfois jusqu’à leur trépas, à des femmes qui préfèrent les exploiter plutôt que d’assurer elles-mêmes leur propre subsistance.  Comment peut-on, au nom de la cause des femmes, soutenir pareille aberration, encourager semblable parasitisme ?  Voilà une question que l’ANCQ ne cesse d’adresser aux décideurs, qui persistent malheureusement à faire la sourde oreille.

Alors que notre système juridique s’entête à accorder la garde exclusive des enfants à la mère dans 80 % des cas, même quand la compétence parentale n’est pas au rendez-vous, Lise Bilodeau oeuvre pour faire amender la loi sur le divorce afin que la garde partagée devienne la base de négociation dans toute séparation.  Les enfants seraient les premiers à bénéficier d’une telle évolution sociale.  Inutile d’insister sur la résistance étatique et juridique qu’une position aussi novatrice qu’humaniste peut rencontrer.

Notre Justice demeure hostile aux hommes.
Comme si elle n’en faisait pas assez, la militante accompagne des hommes aux prises avec l’iniquité de notre système familialiste dans leurs démêlés judiciaires et présente des mémoires pertinents à toutes les instances gouvernementales touchant la famille ou la condition masculine, si souvent ignorée de notre système de santé et de services sociaux, du milieu de l’Éducation et, bien sûr, du Barreau du Québec. 

Communicatrice d’une rare compétence, Lise Bilodeau, en plus de participer chaque année à une pléthore d’émission d’affaires publiques, tant à la radio qu’à la télévision, s’est démarquée par ses talents de rédactrice.  Elle est en effet co-auteure de De l’amour à la haine, un essai qui dénonce les méandres de ce qu’elle appelle l’industrie du divorce, et de 300 000 femmes battues… y avez-vous cru ?  un collectif en passe de devenir un ouvrage de référence sur les dommages collatéraux subis par les hommes et les garçons du Québec à l’issue de plus de quarante ans de féminisme étatique.

Pas de soutien

Il va de soi qu’avec de telles compétences, Lise Bilodeau aurait pu militer en faveur de causes beaucoup plus « vendables », tant auprès du grand public que de nos dirigeants.  Ni elle, ni son association, ne touchent de subventions de l’État, alors que les groupes de condition féminine croulent littéralement sous les subsides publics et en redemandent toujours davantage.  Le courage de cette femme engagée n’en devient que plus méritoire, surtout si l’on considère la durée de son action et les positions qu’elle défend avec la combativité d’une lionne.  Pour cette raison et pour toutes les autres énumérées plus haut, la fondatrice de l’ANCQ demeure plus que digne d’une reconnaissance officielle et significative de son dévouement et de sa résolution.

Le concours

Voilà la raison pour laquelle j’ai décidé de présenter sa candidature au concours Gens de cœur, hommage aux bénévoles d’ici.  Pour faire de même, il suffit d’envoyer un texte en cliquant ici. Les envois sont acceptés jusqu’à ce soir 23h59.  Le 5 mars prochain, un jury choisira dix finalistes qui se verront remettre chacun un montant de 1000 $ qu’ils pourront donner à l’organisme de leur choix.  Du 14 mars au 1er avril, les candidatures de ces gens seront mises en ligne afin que le public puisse voter.  Ces dix finalistes seront ensuite reçus à l’émission Pour le plaisir, sur les ondes de Radio-Canada, le 6 avril .  Le choix du public y sera dévoilé, tout comme le nom du bénévole Gens de cœur, qui se verra décerner un montant de 20 000 $.  Il est encore temps d’effectuer votre envoi.  Pas besoin d’être un rédacteur professionnel.  Dites les choses comme vous les sentez,  l’inspiration fera le reste. 

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Gens de coeur
Hommage à Lise Bilodeau
J'ai rencontré la première fois aux Trois-Rivières Lise Bilodeau. C'était une réunion pour tenter de fédérer les différentes organisations de pères militants du Québec pour la reconnaissance du droit des enfants à un accès juste et équitable de leurs deux parents. Presque la seule femme parmi quelques dizaines d'hommes plus militants les uns que les autres. Si je me souviens bien elle fessait office de secrétaire de la réunion, si ce n'est d'en être déjà une des instigatrices.
Depuis, au delà de ces 10 années passées, je sais qu'elle n'a eu de cesse de porter ce flambeau du coeur sur toutes les tribunes qu'on lui a offerte. Elles a su et elle sait encore, malgré les différences des points de vues, s'allier un grand nombre d'hommes et de femmes, déterminés à croire eux aussi à une meilleur justice familiale.
Aujourd'hui, alors que plusieurs des militants d'hier sont entrés dans le rang. Que leurs enfants dont ils furent séparés ont grandis et de la cause se sont éloignés, elle est toujours là. Toujours aussi dynamique que lorsque que je l'ai vue la première fois . Plus que tout autre, calme, détaché, sans arrogance ni agressivité, communicatrice, elle sait mettre en évidence la souffrance et la détresse qu’occasionne une justice inique qui prive des dizaines de milliers de pères de la proximité de leurs enfants. Qui prive des centaines de milliers d'enfants de l'expertise d'un de leur parent. Notre société ne peut et tu le sais bien Lise, se passer d'une telle richesse.
De tout mon coeur d'homme meurtrie, un immense merci Lise !

-Al.

Olivier Kaestlé a dit…

Un très juste et vibrant commentaire, Al. Bravo !

Simon Poulin a dit…

Que de franches coudées de la part de cette Jeanne d'arc des temps modernes. J'ai rarement vus un si grand dévouement, une fougue à défendre avec humanisme tant d'injustice ,d'abérration et de mépris socials. Ça prend du cran et de l'audace pour ainsi décrier haut et forts ce que certains n'osent mêmes envisager et sortir de l'ombre. Combien de père inquiets de ce qui leur est réservé comme sort doivent leurs saluts et une certaine quiétude d'esprit à cette grande dame.

Continuer Mme Bilodeau ce merveilleuse et fastueux travail que vous effectuer avec brio.

Simon Poulin Sherbrooke

Stephane Dufresne a dit…

Il ne suffirait que d'ouvrir le Robert&Collins,le petit Larousse voir mème le grand Larousse illustré sous le mot 'bonté' pour bien définir ce que Lise Bilodeau représente a mes yeux et a ceux de centaines d'autres hommes qui ont un jour,eu besoin de ses paroles pour nous réconforter.
Vivre dans l'omission de cette évidente réalité laisse la voie libre aux plus lourds stéréotypes mieux que ne le ferait la plus efficace censure.Mais bien au-delà de ses douces paroles elle nous porte sous son aile jusqu'a nous toucher par sa générosité.Un jour comme bien d'autre,il n'y a pas si longtemps déjà elle me reconduit personnellement en centre hospitalier fesant fi d'un horraire et d'obligations ne voyant qu'a aider un homme qui comme bien d'autres avait besoin.'Un jour cette femme va changer le monde!' me disait un jour un membre de l'ANCQ,et promptement de lui répondre 'cette femme a déjà changer le mien'..
Jean-Stéphane Dufresne
Québec

Dave Bérubé a dit…

Bonjour,

je suis un père séparé depuis 4 ans déjà. J'ai 30 ans. J'ai entendu parler de l'Association et de Mme Bilodeau à RadioX. Je l'ai contactée le lendemain. Je fais parti des pères qui se sont battu jusqu'au bout contre le système "pourri" de la justice qui se base seulement sur la capacité parentale et non sur la COMPÉTENCE parentale. Mon avocate a fait tout en son pouvoir mais ça m'a coûté plus de 30 000$ pour rien! La juge plaidait réellement pour une garde partagée, mais comme je demeure dans la région de Thetford et que mon ex réside à Ste-Adèle dans les Laurentides, comment voulez-vous exercer une garde partagée à plus de 300 km! Si la juge savait l'état de la situation actuelle, elle regretterait son jugement. Je suis pogné avec un recalcul de la pension alimentaire que je n'ose faire par manque de moyen financier. Eh oui, il faut aller encore avec les avocats pour faire le recalcul. si je n'ai plus le moyen de payer cette pension, comment voulez-vous que j'aie les moyens de payer un avocat! La mère de mon fils ne s'occupe pas de celui-ci. Ça me crève le coeur. Il ne demande pas grand chose. De l'affection, des soins de base, des moments pour se dépenser (sports, activités physiques) et voir ses deux parents. Mais bon... Je voudrais bien aller en Cour pour la garde. Mais devinez quoi? Je n'ai plus d'argent. Mon deuxième enfant avec ma nouvelle conjointe est sur le point de rejoindre nos vies. Toute cette situation pollue nos vies. Alors que madame n'a qu'à me dire que son avocat a dit ceci et cela, qu'elle n'a pas d'argent, qu'elle est monoparentale (2 enfants, issus de 2 pères) mais elle n'admet pas que c'est elle qui met fin aux relations et attend les chèques! Mais bon... Les pères, svp, tenez-vous debout!
Il me reste quoi alors, la DPJ.... grrrr J'en ai des frissons...

Mme Bilodeau, continuez! Je suis derrière vous. Bonne chance.

Un père qui est sans moyens...

Olivier Kaestlé a dit…

Une preuve significative du rayonnement de Lise Bilodeau : Richard Martineau, probablement le columnist le plus lu au Québec, la cite abondamment sur le sujet bien précis des pensions à vie extorquées aux hommes. C'est bien la première fois que je lis un chroniqueur dénoncer avec une pareille netteté et une semblable fermeté cette réalité indigne d'une société civilisée. Une victoire pour Lise, qui pilote ce dossier depuis treize ans. À lire.
http://www.journaldemontreal.com/2012/02/06/la-machine--a-payer-2

Rachele P.H. a dit…

Femme de coeur
Femme qui aide les personnes a traversés des divorces difficile
Merci Beaucoup tu ma redonnait le gout de revivre
Ne lache pas ......Merci