lundi 23 avril 2012

Nos étudiantes, victimes de discrimination sexiste ?

Décidément, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) n’en rate pas une.  C’est à se demander si elle tient à compromettre le peu de crédibilité qui lui reste encore aux yeux d’un public de plus en plus sceptique et ennuyé par ses débordements aussi maladroits qu’incongrus. 

Alexa Conradi, présidente de la FFQ.
Après s’être attirée les foudres de militants en faveur de la laïcité, dont Djemila Benabib, pour s’être opposée à l’interdiction des signes religieux dans la fonction publique - malgré l’avis contraire du Conseil du statut de la femme - , après s’être ridiculisée en soutenant que les gardiennes musulmanes en milieu familial devraient avoir droit au niqab ou à la burqua, sans prendre en compte la réaction des tout-petits, après s’être pratiquement sabordée avec une publicité maladroite sur l’engagement canadien en Afghanistan, après avoir vu sa raison d’être durement remise en cause au cours de la marche mondiale des femmes la plus désastreuse de son histoire, voilà que cet organisme déphasé soutient publiquement que les étudiantes universitaires sont victimes de sexisme devant la perspective d’une hausse des frais de scolarité.  Y aura-t-il une fin à leur goût pour le mélo victimaire ?

Bientôt ces militantes n’auront plus besoin d’infâmes « masculinistes » pour les tourner en dérision; elles se seront définitivement prises en main avant de se tirer dans le pied.  Que l’on soit en faveur ou non de la hausse de 30 % sur cinq ans anticipée par Québec, il faut convenir que, même si elle entre en vigueur – et, comme les sondages sont favorables au gouvernement, elle sera appliquée – les frais de scolarité québécois resteront les moins élevés en Amérique du Nord, un privilège du cinquième État le plus endetté au monde, qui continue de s’offrir des programmes sophistiqués financés en partie par les versements d’une péréquation avoisinant les huit milliards $.  Comme plusieurs, j’en arrive à croire que si le Québec devient souverain, ce sera parce que le « Rest of Canada » l’aura mis à la porte de la fédération.

Une nouvelle page d’histoire…

C’est le 12 avril dernier que la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF), chapeautée par la FFQ et rassemblant, selon ses dires, une centaine de personnes, s’est mobilisée devant les bureaux du ministère de l’Éducation à Montréal afin de soutenir les étudiants dans leur boycott, et non leur grève, comme disent les militantes.  Leur conception de ce qu’elles appellent « l’étudiante type » a de quoi susciter l’hébétude, tant ce portrait surréaliste relève du misérabilisme le plus surfait. 

Jugez plutôt, d’après les propos de Éve-Marie Lacasse, porte-parole de la CQMMF : « On à qu’à penser à l’étudiante type, qui est en fait mère et travailleuse à temps partiel. On n’a qu’à penser aux femmes vivant avec un handicap qui souhaitent étudier pour agir comme citoyennes et travailleuses. On à qu’à penser aux femmes immigrantes qui pourraient avoir peur de contracter d’importants prêts pour étudier sans garantis (sic) d’emploi. »  Il n’existe donc pas d’hommes handicapés, ni d’hommes immigrants, ces deux problématiques restant l’apanage exclusif des femmes ?  Les gars n’ont pas à redouter de contracter d’importants prêts, eux ?  Et la majorité des étudiantes se voit constituée de mères travaillant à temps partiel ?  Les temps ont bien changé depuis mes études universitaires…  Les filles avaient entendu parler des contraceptifs.

Quand on voit le sexisme partout....
Comme il fallait s’y attendre, l’UQÀM, qui abrite le prestigieux Centre de recherche et d’études féministes, ainsi que le très sélect groupe multidisciplinaire d’observation sur l’antiféminisme, y est allée de son essentielle contribution à cette page d’histoire, comme l’attestent les propos éclairants de Caroline Jacquet, du Comité femmes Grève générale illimitée : « Nous, féministes, étudiantes, dénonçons la hausse des droits de scolarité ainsi que le système dans lequelelle (re-sic !) s’inscrit, un système capitaliste, patriarcal, hétéronormatif, raciste, un système qui appauvrit les étudiantes et les étudiants. »  Au moins, le mot « étudiants » a été employé, tout n’est pas perdu…  Ah, le pouvoir de changer les choses !  Et quel vocabulaire novateur…

Vous avez dit « discrimination » ?

Comment ne pas avoir l’impression de se trouver devant des boulimiques auxquelles on refuserait une cinquième pointe de tarte au sucre, en lisant pareilles déclarations ?  Les étudiantes québécoises, représentant plus de 60 % des étudiants universitaires, seraient victimes de sexisme si les frais de scolarité universitaires se voyaient augmentés, vraiment ?  La hausse ne toucherait pas aussi durement les gars ?  Il faudrait informer ces derniers au plus vite de ce privilège patriarcal.  Ça les consolera d’avoir passé un primaire et un secondaire dans un environnement hyper féminisé avant d’entreprendre de hautes études où, contrairement à leurs consoeurs, ils n’auront droit à aucun programme de discrimination positive, à aucune bourse de type « Chapeau les filles » ou « Excel Sciences » pour les stimuler académiquement avant que la fonction publique québécoise et certaines entreprises privées ne les favorisent en fonction de leur sexe.

Mais comment ne pas compatir avec les étudiantes ?  Après tout, la FFQ soutient que même le problème du décrochage affecte davantage les filles que les garçons…

Une relève contre le « patriarcat »…

Christine St-Pierre dit qu'une femme
ne peut mentir...
Si vous croyez que l’ère des féministes revanchardes et misérabilistes se terminera avec les baby boomers, voici des nouvelles pour vous.  Le 21 avril dernier, des étudiantes féministes « non-mixtes » (!), sans doute nullement influencées par la FFQ, bien sûr, qui a cependant diffusé la nouvelle, ont laissé une structure de béton (aucun rapport avec Pauline Marois) personnifiant la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, devant son bureau de députée.  Les « militantes » exhortaient la ministre à reconnaître « le caractère sexiste et discriminatoire de la hausse des frais de scolarité ainsi que du système d’aide financière aux études. »

En lutte contre « ceux qui les auraient voulu ignorantes et dociles », ces étudiantes conscientisées ont interpellé la ministre en lui précisant que « si la Ministre St-Pierre refuse de prendre position, elle devra admette avoir failli à son mandat de défendre la «condition féminine». Dans ce cas, nous veillerons à sa démission. Nous ne serons pas tranquilles ».  L’ont-elles jamais été ?

Mme St-Pierre aurait déjà dû démissionner dès 2008 après avoir gaspillé 1,5 M $ dans une campagne de sensibilisation frauduleuse au cours de laquelle elle avait présenté comme un chiffre de Statistique Canada ce qui n’était en fait que le résultat d’un sondage de perception Ipsos Reid réalisé auprès de 807 citoyens sans formation particulière sur les agressions sexuelles.  On leur a cependant soutiré la « statistique » voulant qu’une femme sur trois serait un jour victime d’une agression sexuelle. 

Mme St-Pierre, qui n’en est pourtant pas à un commentaire ridicule près (n’a-t-elle pas déjà déclaré à l’émission Tout le monde en parle qu’une femme ne pouvait mentir ?), ne s’est pas compromise en faveur des étudiantes et ne le fera probablement pas.  L’errance de ces militantes a été noyée dans le torrent quotidien des manifestations houleuses et des rapports de force opposant fédérations étudiantes, ministre de l’Éducation et un premier ministre dont l’humour particulier n’est pas parvenu à mettre les rieurs de son côté.

Une vraie égalité homme femme,
est-ce utopique ?
Les protestations de ces féministes radicales n’auront finalement intéressé personne, et se seront à peine attirées quelques propos dubitatifs et nonchalants chez les rares commentateurs à s’être penchés sur semblables états d’âme.  N’y a-t-il pas là un indice de ce qui attend leur mouvement crépusculaire : un mur d’indifférence ?  La lassitude populaire est déjà plus que tangible.  Il ne faudrait cependant pas qu’elle aveugle les citoyens et citoyennes de bonne volonté sur la nécessité d’un ménage étatique en profondeur visant une idéologie devenue déviante, ni sur l’indispensable mise de l’avant d’une véritable égalité entre les sexes, tenant – enfin - compte de la notion de réciprocité.  

12 commentaires:

Josick a dit…

Christine St Pierre : "une femme ne peut mentir".
Oui, une femme ne peut-être accusée de mensonge. Nuance !
Partant de là, aucune femme ne peut tenir un poste à responsabilité digne de ce nom (critique impossible) hormi dans une secte.
Là où se place des femmes, sectes deviennent ces organisations : mise en dhimmitude des hommes.

toyer a dit…

J'aimerai bien vivre dans une société matriarcale.
C'est vrai en temps qu’homme j'aurais des droits reproductifs.
J’aurai un vrai pouvoir sur ma reproduction.
Je passerai sous le radar de la justice.
J’aurai les pleins pouvoirs sur les enfants et par extension la femme.
Le système scolaire serait construit en fonction de mes attentes d'hommes (pédagogie).
Je serai loué chaque jour comme quelqu'un de bon par nature et d'avenir du monde alors que je n'aurai rien fait en ce sens.
Je bénéficierai de meilleurs soins de santé que l'autre genre.
Le gouvernement et certaines entreprises privées me donneraient un travail juste parce que je suis un homme.
Au moindre problème réel ou imaginaire avec une femme j'irai me plaindre à la police qui fera en sorte que je ne sois plus importuné (lire détruire à la place d'importuné).
En tant qu'homme je vivrais beaucoup plus longtemps que le sexe opposé.
Tous mes problèmes masculins réels ou imaginaires seraient traités avec la plus grande rapidité.
En tant qu'homme je pourrais profiter de l'immense apport financier de la moitié de la pop féminine que ce soit directement (pension et autre) ou par les aides et me reposé sur leurs travails.

etc etc
Comme ça doit être bien de vivre dans une société matriarcale, un long fleuve tranquille.

Olivier Kaestlé a dit…

L'ennui, Toyer, c'est que nous vivons déjà dans une société matriarcale, d'où le fait que les caractéristiques que vous anticiperiez pour les hommes sont dévolues aux femmes, ce qui n'enlève rien à votre argumentaire.

En fait, pour correspondre avec votre perspective, il faudrait une société patriarcale, mais conçue selon des paramètres matriarcaux.

toyer a dit…

Justement je réagissais au fait que les féministes parlent de société patriarcal, société patriarcal oppressive envers les femmes.
J'ai donc décris l'exact inverse de cette supposé société patriarcal, pour montrer l'imbécillité de ses féministes.

Au final on se rend compte que si l'on devrait définir la société du Québec en 2012 elle serait définis comme matriarcal et non patriarcal.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Josick Je crois qu'il existe heureusement des femmes capables d'occuper des postes d'importance tout en respectant hommes comme femmes. Bien sur, il y a les autres...

L'exemple de Mme St-Pierre démontre que le genre ne doit jamais servir de base à une nomination ministérielle ou autre. Je rappelle le cas du juge Bienvenue, destitué pour avoir tenu des propos sexistes. L'inverse ne saurait arriver. Or, affirmer qu'une femme ne peut mentir est une déclaration misandre en ce qu'elle sous-tend que les hommes, eux, mentent, en totalité ou en partie. Mme St-Pierre, à ce que je sache, est toujours en (dis)fonction.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Toyer Entièrement d'accord !

Malthus a dit…

" Capitaliste, patriarcal, hétéronormatif..."
Bwa-ha-ha!
Quel discours pinte-de-lait-passée-date!
Sortez vos tie-dye et vos bottes en macramé- nos lesbiennes/transgenres néo-communistes font une réunion de classe.
Qu'elles continuent ce genre de discours- ca fait bien l'affaire de ceux qui cherchent à les mettre au pré.

Olivier Kaestlé a dit…

J'ai trouvé le néologisme "hétéronormatif" particulièrement savoureux, à ajouter à "hétérosexisme", employé par Barbara Legault, militante lesbienne acharnée.

Il est dommage que ces extrémistes fassent passer tout ce qui relève de la lutte à l'homophobie pour une faction misandre d'amazones peu érogènes en mal de castration masculine (on peut castrer moralement des femmes).

N'est-il pas aberrant que, dans un autre ordre d'idée, la mouvement gay et lesbien radical, qui revendique le droit à la parentalité pour leur paroisse, s'oppose aussi rageusement à la présomption de garde partagé pour les pères ? Vive la cohérence en vue de rapports égalitaires...

Carole S. a dit…

De hauts cris furent poussés dans la maison lorsque la nouvelle est sortie.... réclamations de faits qui prouveraient cette affirmation... Mes fils s'expriment haut et fort..... J'ai dû leur expliquer que plusieurs féministes prennent les femmes pour des incapables...

Olivier Kaestlé a dit…

@ Carole S C'est ce qui est terrible avec le féminisme radical : non seulement ses militantes se montrent misandres et rabaissent les hommes plus bas que terre, mais elles se révèlent également misogynes par le statut de perpétuelles victimes, incapables de se prendre en main, dont elles affligent les femmes. Vos fils ont bien raison de s'indigner, pour reprendre une formule chère à la FFQ.

Ma Vérité Sur a dit…

Venez raconter votre Vérité sur : http://www.maveritesur.com/

N’’hésitez pas et venez faire entendre votre (vos) vérité(s) sur maveritesur.com.

Anonyme a dit…

Depuis que le doc Mailloux a dit que le Québec a toujours été matriarcal, ces ennuis ont commencés. Et il est parfaitement conscient de cela le Doc. Pierre Mailloux a sûrement déjà lu :L'homme subjugué d'Esther Vilar, et il a compris, tout compris. Bref, ça faisait l'affaire de la femme de laisser croire à l'homme qu'il était le chef et que la société était patriarcal. En réalité, la femme n'avait pas besoin d'aller à la guerre. D'aller travailler, avec les crocodiles, dans les égouts. D'aller à la chasse et de tuer des bêtes féroces et très dangereuses, etc, etc.......
Mais au temps marqué, lorsque tout était en place et bâti par le hommes, les égouts, les ponts, les bateaux de croisière, les machines à laver le linge et à tout faire, les tunnels, les routes, les avions, etc, etc... elles ont décidé de ne plus contrôlé en secret, mais de le faire à pleine lumière du jour. Elles ont décidé, après avoir contrôlées les moindres pensées des hommes, en leur faveur évidemment, de les déposséder de tout. Eux qui avaient tout fait, inventer, construits, etc, etc... Voilà la réelle puissance des femmes et du féministe. l'homme n'est donc pas sorti du bois, il y entre tout nu plutôt. Serge