dimanche 26 août 2012

Pauline Marois : instinct politique ou obsession suicidaire ?

Si Pauline Marois arrive – enfin – à réaliser ce 4 septembre son grand rêve de devenir la première femme première ministre du Québec, c’est qu’il existe un Dieu pour les naufrageurs, surtout quand ils sont leur pire ennemi. Malgré une campagne où les risques évitables ont rivalisé avec les déclarations maladroites ou incohérentes, Le Journal de Montréal publiait samedi les résultats d’un sondage Léger Marketing donnant le parti québécois (PQ) gagnant, avec 33 % des intentions de vote, devant la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ), avec 28 %, et le parti libéral du Québec (PLQ), qui ferme la marche de cette lutte à trois avec 27 %.

Pauline Marois et Bernard Drainville.
Bien sûr, les tiers partis pourraient influencer le déroulement, comme la conclusion de la campagne. À ce chapitre, Jacques Parizeau, qui ne pouvait laisser passer cette élection sans se manifester, vient de donner son appui à l’Option nationale (ON) de Jean-Martin Aussant, au grand dam de la chef péquiste. Si, usure du pouvoir « aidant », le PLQ devait se voir dégommé de la carte électorale dans dix jours, rien ne garantit au PQ un statut majoritaire, devant la montée inattendue de la CAQ et de son équipe de présumés incorruptibles, dont les promesses et leurs coûts ont de quoi laisser dubitatif.

N'oublions pas l’effet « béton »...

Dans les films comme dans la réalité, le béton demeure un moyen privilégié, pour une catégorie de citoyens qui ne paie pas d’impôts et règle elle-même ses comptes, d’envoyer par le fond témoins gênants, rivaux territoriaux ou traîtres à la « cause ». Dans le cas de Pauline Marois, la dame que l’on a identifiée à ce matériau résistant à l’érosion, c’est de plus en plus la lourdeur qui semble le mieux convenir à cette métaphore. Mme Marois ne nous a que trop habitués à cette aisance naturelle à se court-circuiter après de louables et parfois héroïques efforts en vue de redresser une situation désastreuse, dont le plus souvent elle aura été la cause première.

Son psychodrame le plus récent, pendant lequel, contre vents et marrées, elle a persisté à porter le carré rouge, malgré la dégringolade qui s’ensuivit dans les sondages enfin favorables au PQ, au terme d’une énième crise au sein de son parti, aurait dû lui servir de leçon, à elle comme à sa garde rapprochée. On dirait qu’il existe, au sein du PQ, une mentalité voulant que, en l’absence de toute crise, il importe d’en créer une au plus sacrant. Faut-il se surprendre ensuite de découvrir que, dans la seule région de Québec, à peine 16 % de répondants considèrent que le PQ mène une bonne campagne et que la CAQ pourrait y effectuer un balayage spectaculaire ? Peut-on encore parler d’un « mystère Québec » dans de telles circonstances ?

Cégeps et loi 101

La volonté affichée du PQ d’étendre la loi 101 aux cégeps n’ira certainement pas dissiper les perceptions chères à certains défenseurs des minorités culturelles qui assimilent, sans jeu de mots facile, le parti de Mme Marois à une faction rétrograde marquée par le repli identitaire et l’anglophobie. Des jeunes qui commencent leur cours collégial vers 17 ans ont-ils vraiment besoin de se voir protégés malgré eux de l’anglais, par ailleurs omniprésent, sur le web, notamment ? Le fait de les contraindre à suivre leurs cours en français améliorera-t-il de façon déterminante leur syntaxe, leur orthographe ou leur grammaire ?

Doit-on protéger les cégépiens malgré eux ?
Mon père, qui a enseigné le français pendant une quinzaine d’année au cégep de Trois-Rivières, a passé autant de temps à pester contre la piètre qualité des travaux de ses étudiants. « C’est au primaire et au secondaire qu’il importe de concentrer les efforts pour l’apprentissage du français, me disait-il. Au collégial, il est trop tard. » Dans cette optique, il y aurait lieu de s’interroger sur les bénéfices présumés de l’enseignement de l’anglais dès la première année de l’élémentaire, alors que la connaissance du français de l’élève reste rudimentaire. Le bon apprentissage d’une langue seconde reste conditionnel à une connaissance de base suffisante de sa langue maternelle. Avant de vouloir implanter des balises inutiles aux cégeps, le PQ pourrait-il envisager cette question autrement plus fondamentale ?

Pas toujours « victime »…

Alors que jamais politicienne ne s’était vue, aux yeux de ses supporters, incluant Janette Bertrand et Lise Payette, autant définie comme étant la victime par excellence de sexisme et de discrimination fondée sur le statut économique, l’allure vestimentaire et les manières « distinguées », voilà que l’intéressée a jugé opportun de s’en prendre, avec la subtilité d’un sasquatch dans un salon de thé, au prétendant caquiste au poste de ministre de la santé, Gaétan Barrette, laissant entendre à quel point le titulaire d’un tel ministère se devait de montrer l’exemple. Il est clair que l’interpellé demeure aussi éloigné de son poids santé qu’Amir Khadir du poste de premier ministre, mais fallait-il que Mme Marois se montre aussi mesquine ? Il n’en fallait pas moins pour que la chef du PQ ne se fasse – à nouveau - semoncer sur la place publique, non sans motif.

Citoyenneté québécoise

Une gaffe... de taille contre Gaétan Barrette.
Se morfondant sans doute dans l’attente d’une nouvelle controverse, Pauline Marois devait ressortir des boules à mites ce 21 août le projet de loi 195 sur la citoyenneté québécoise, envisagé en 2007, dont elle allait juger à propos de resserrer les règles. En vertu d’un tel projet, nul citoyen ne devait pouvoir se présenter comme candidat à une élection sans avoir « une connaissance appropriée » du français. Tout immigrant qui ne remplirait pas cette condition se verrait exclus du statut tant convoité de « citoyen québécois » et ne pourrait contribuer financièrement à un parti politique, adresser une pétition à l’Assemblée nationale (il pourrait sans doute passer par Amir Khadir…), ou se porter candidat aux élections tant québécoises, que municipales et scolaires.

Imaginons l’imposition d’un tel cadre à des municipalités aussi enthousiastes envers le fait français que Beaconsfield, Pointe-Claire ou Kirkland… C’est pourtant ce que Mme Marois envisageait le plus sérieusement du monde : «Dans le cas d'un anglophone, soit-il de souche, soit-il nouvellement arrivé, la langue commune ici, c'est le français. Y a-t-il quelqu'un qui puisse penser qu'on ne peut pas posséder cette langue?»

Devant le tollé inévitable provoqué par de tels propos, la chef du PQ devait reculer dès le lendemain : les anglophones de souche et les autochtones pourraient conserver leur droit de se présenter aux élections malgré une connaissance « inappropriée » du français. Si ça ne s’appelle pas se positionner selon l’opinion publique… Mais certains affirmeront que « Pauline » est à l’écoute de son peuple… une gaffe trop tard, comme toujours. Les nouveaux arrivants devraient cependant connaître le français en vue d'obtenir la citoyenneté québécoise et de pouvoir briguer les suffrages, si le PQ était élu.

RIP

À peine sortie de ce nouvel épisode, Pauline Marois allait remettre ça avec les référendums d’initiative populaire (RIP), une trouvaille de son collègue Bernard Drainville, à l’état de projet. Alors que, d’accord ou non, l’électeur pouvait avoir de la question une perception claire, Mme Marois devait s’empresser de semer la confusion. Présentés une première fois par Drainville, les RIP avaient pour but de tenir des référendums sur des questions d’intérêt pour peu que 15 % de la population demande au gouvernement de le faire. Une fois ce pourcentage atteint, l’État était tenu de procéder. Simple comme bonjour, n’est-ce pas ? Beaucoup trop ! Compliquons ça au plus vite, semble s’être dit l’aspirante première ministre.

Dans la nouvelle version dudit projet, l’État québécois pourrait juger, même si ces conditions étaient remplies, de ne pas tenir de référendum, si bon lui semble. Un certain Yves Lévesque, maire de Trois-Rivières, a agi exactement de cette façon, il y a quelques années, dans la perspective d’un référendum sur un règlement d’emprunt auquel il tenait absolument pour son projet Trois-Rivières sur Saint-Laurent. Malgré le nombre requis en vue de la tenue d’un référendum sur la question, il décida, comme ça, de ne pas tenir compte de la volonté populaire et d’aller de l’avant. Inutile de dire que sa cote de popularité devait en prendre pour son grade aux dernières élections municipales.

Bernard Drainville, à la défense des RIP...
Après avoir déclenché ce nouvel incendie, Marois devait dès le lendemain tenter de calmer le jeu, avec sa maladresse coutumière devenue maintenant sa marque de commerce : «C'est sûr qu'on permet à la population d'exprimer sa voix. Et Bernard (Drainville) et moi disons la même chose. Une fois que cette voix se sera exprimée, il va falloir avoir de très bonnes raisons de dire non. Mais on pourra en voir dans certaines circonstances.»  Comme quoi il n’y a pas qu’Amir Khadir pour parler des deux côtés de la bouche…

Minoritaire

Si Pauline Marois est élue à la tête d’un gouvernement minoritaire, scénario le plus probable, si le PQ est élu, elle n’aura qu’elle à blâmer. Avec la CAQ comme possible opposition officielle et un parti libéral aussi mal en point que son homologue fédéral, la partie politique promet d’être piquante, avec l’instabilité qu’un tel portrait afficherait. C’est non sans appréhension qu’il faudra se faire à la perspective de voir cette véritable Gaston Lagaffe de la politique québécoise devenir éventuellement malgré elle première ministre du Québec, après avoir mené la pire campagne qui puisse se concevoir. Pas de doute, si la chef du PQ devient chef d’État, on pourra dire qu’il existe définitivement un dieu pour les naufrageurs...

Dernière heure 

Et ça continue ! Pauline Marois a dû une fois de plus corriger le tir ce dimanche après avoir invité les conservateurs souverainistes à voter pour le Parti libéral du Québec (PLQ) ou la Coalition avenir Québec (CAQ) !  Quelqu'un pourrait-il lui faire prendre ses médicaments ?

samedi 18 août 2012

Jean Tremblay : tempête dans un verre d’eau bénite

J’ai déjà affirmé, dans une chronique récente, qu’il existait une catégorie d’individus, véritables bêtes de scène médiatique, dotés d’un talent aussi particulier que facultatif pour attirer sur eux l’attention des projecteurs par leurs comportements erratiques ou leurs prises de positions aussi stériles que controversées. Amir Khadir et le doc Mailloux me semblaient représenter ce qui se faisait de mieux en la matière, mais j’ai failli oublier, comme la majorité silencieuse dont il se réclame, jusqu’à l’existence de Jean Tremblay, le maire bigot de Saguenay. Heureusement, le rustique personnage a trouvé le moyen de se rappeler à notre si indélicate attention. 

Jean Tremblay
M Tremblay, dans le style coloré et emphatique qu’il partage d’ailleurs avec notre bon maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a trouvé le moyen de mobiliser l’attention du Québec tout entier en s’en prenant aux origines algériennes de Djemila Benhabib. Cette dernière, en réponse à un journaliste, avait eu l’indélicatesse de confirmer qu’elle avait jadis pris position contre le maintien du crucifix à l’Assemblée nationale, mais qu’elle s’était ralliée à la position du parti québécois dont elle défend les couleurs dans le comté de Trois-Rivières, non sans préciser son intention de revenir sur le sujet au sein de son parti. Elle n’a pas dit qu’elle allait s’immoler par le feu en cas de rejet de sa proposition, pas plus qu’elle n’a lancé d’ultimatum à sa chef. Elle a simplement manifesté son désir de discuter sereinement du sujet au sein des instances démocratiques du PQ. Quelle abomination ! 

«Ce qui me choque, ce matin (15 août), devait lancer l’éloquent maire Tremblay au 98,5, c'est de voir que nous, les mous, les Canadiens français, on va se faire dicter comment se comporter, comment respecter notre culture par une personne qui arrive d'Algérie, et on n'est même pas capable de prononcer son nom. » Le brave homme souffrirait-il d’analphabêtise ? Comme un réactionnaire en attire souvent un autre, Jean Tremblay devait trouver en Yves Lévesque, son siamois idéologique sur ce sujet, un appui sans équivoque : «Ça donne un portrait un peu de la situation de ce qu'une majorité des gens pensent de façon silencieuse au Québec, par rapport à tout au niveau de la charte sur la laïcité», a-t-il renchéri. 

Heureusement que ces maires veillent au grain et défendent « nos » valeurs… J’aimerais maintenant savoir comment le médiumnique maire Levesque, si catégorique, arrive à entendre la voix de cette majorité… silencieuse et à s’en improviser l’un des porte-parole. 

Un débat inévitable 

Yves Lévesque
Mais laissons là ces deux fantaisistes involontaires à leurs lubies. Il existe bel et bien au Québec des gens dotés de bon sens et de raison, n’ayant rien de bigots ni de fanatiques, qui voient dans le projet de charte de la laïcité du PQ une menace à leur identité culturelle, autant chez les Québécois de souche que d’adoption. N’oublions pas que c’est dans le sillon du débat sur les accommodements religieux, initié par l’Action démocratique du Québec, qui a mené à la houleuse commission Bouchard-Taylor, que le PQ a décidé de prendre position sur la laïcité, après la déconfiture de l’ADQ en 2008. Une telle manœuvre devait lui permettre d’attirer vers lui une partie des orphelins du parti de Mario Dumont. 

Le but initial de la charte était de baliser les accommodements religieux, surtout islamistes, n’en déplaise à ces derniers, et de freiner la multiplication des cas inacceptables inaugurée avec le droit de porter le kirpan à l’école, quand cet objet rituel de la religion sikh demeure proscrit dans les aéroports, notamment, pour des raisons de sécurité évidentes. Cet aspect de la lutte en faveur de la laïcité met en opposition les tenants de la charte avec les militants de la laïcité dite ouverte, dont Québec solidaire et sa succursale féministe, la fédération des femmes du Québec, demeurent les figures les plus représentatives. La collègue d’Amir Khadir, Françoise David, co-leader de QS et ancienne présidente emblématique de la FFQ, semble d’ailleurs continuer à jouer les belles-mères, au sein de cet organisme, et à en orienter les destinées. 

On se souviendra du débat passionné qui avait opposé Djemila Benhabib à la FFQ qui, comme QS, s’oppose à l’interdiction des signes religieux dans la fonction publique, alors que le conseil du statut de la femme lui, l’endosse. On se rappellera également la totale incohérence de la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, appuyant la position de la Fédération, désavouant par le fait même le CSF, dont elle était responsable. Françoise David devait aller plus loin encore dans l’errance idéologique en affirmant la « nécessité » de cours prénataux dont les pères seraient exclus, afin que les musulmanes puissent… briser l’isolement. Dans la même foulée, la FFQ devait aller jusqu’à appeler à la tolérance envers les gardiennes en milieu familial désireuses de porter niqab ou burqa ! 

Françoise David
Devant de tels délires, défendus autant par des Québécois de souche que d’adoption, comment ne pas ressentir l’impérieuse nécessité d’une charte de la laïcité ? On objectera qu’il existe déjà une charte des droits et libertés au Québec affirmant la préséance de l’égalité homme femme sur les pratiques religieuses. Fort bien, mais que fait-on dans le cas du kirpan ? En quoi le fait de le porter ou non à l’école peut-il être questionné à la lumière de l’égalité homme femme ? Aucun rapport. Les détracteurs de la charte sur la laïcité invoquent également le fait que la charte canadienne des droits et libertés aurait préséance sur elle. La clause dérogatoire, ça pourrait finir par servir, non ? Il s’agit là d’un droit consenti par notre constitution. Pourquoi tergiverser, quand la nécessité fait… loi ? 

Laïcité, priez pour nous !  

Comme si une seule société distincte ne suffisait pas, l’épisode d’Hérouxville, survenu en 2007, avait révélé l’émergence de deux Québec. L’un, métropolitain, se voulait ouvert aux communautés culturelles, mais pestait dès qu’un accommodement religieux devenait déraisonnable. L’autre, régional, redoutait qu’un climat similaire ne prévale dans ses communautés et demandait un encadrement préventif des accommodements religieux, voire leur suppression. Toutefois, le pourcentage de Québécois opposés aux accommodements religieux avoisine maintenant les 85 %, toutes régions confondues. 

La séparation entre la religion et la politique étant un fondement de notre société, la laïcité, proposée comme solution tout-terrain aux accommodements déraisonnables, comporte une part d’arbitraire qui générera inévitablement sa part de débordements. En effet, chacun ne comprend manifestement pas le concept de la même façon. 

Il y a la laïcité à la Boisclair, qui affirmait en 2007 que le crucifix n’avait pas sa place à l’Assemblée nationale, mais condamnait, en campagne électorale de la même année, la décision d’un arbitre de proscrire le hijab lors d’un match de soccer. M Boisclair avait cru judicieux d’ajouter alors que le port du kirpan à l’école ne le dérangeait pas. Bref, la laïcité est ici comprise comme devant s’appliquer exclusivement aux Québécois dits de souche pour s’effacer devant les demandes des communautés ethniques, même les plus abusives ou farfelues. 

Maurice Duplessis
Dans cette optique, la question du crucifix à l’Assemblée nationale n’a pas fini de semer la controverse selon la façon dont on l’envisage. Pour plusieurs, dont moi, il demeure préférable – mais pas essentiel - de le retirer car il fut placé dans le plus important lieu politique québécois par Maurice Duplessis afin de sceller l’alliance que ce dernier avait conclue entre l’État et l’Église. On devrait alors aussi retirer la croix du drapeau québécois, également instauré sous Duplessis ? Non. Pourquoi ? Inutilement compliqué, contrairement à décrocher du mur un objet de culte. Les défenseurs du maintien du crucifix invoquent quant à eux qu’il fait partie de notre patrimoine, une conception qui, si elle implique une part d’amnésie historique, reste cependant défendable, d’où la difficulté de trancher. 

C’est d’autant plus vrai qu’il existe une laïcité d’intention, réticente aux accommodements religieux accordés aux communautés culturelles, mais attachée aux traditions au point de préserver des rituels aussi accessoires que la prière au conseil de ville, bien que la question ait été tranchée. Les maires Lévesque et Tremblay demeurent des archétypes très vivaces de ce genre de positionnement. Que l’on cherche à préserver nos églises, à titre de patrimoine historique et architectural, demeure le signe d’un attachement plus que légitime à nos racines et à notre passé. Devant la désertion des églises, on n’hésite pourtant pas à liquider ces richesses, témoins de nos traditions, sans susciter de controverses comparables à celles provoquées pendant des années à propos de la prière aux conseils de ville de Trois-Rivières et plus tard de Saguenay. 

Instaurer une société laïque demeure un enjeu de société incontournable. Reste à savoir où tracer la ligne entre une laïcité qui reste tolérante, sans prêter le flanc aux abus de minorités parmi les minorités culturelles, et la cohérence que nous devons exercer en évitant que notre religion n’envahisse des sphères auxquelles elle doit rester étrangère. Mais qui suis-je pour me prononcer ainsi ? Ma mère est algérienne, je suis anti-islamiste et mon nom est difficile à prononcer (dites « Keslé », comme Nestlé, la compagnie de chocolat). Maire Tremblay, priez pour moi !

dimanche 12 août 2012

Vote péquiste : atout pour les femmes, danger pour les hommes ?

Pour qui, comme moi, s’intéresse à l’égalité homme femme, il arrive parfois que de se voir confronté à des choix déchirants.  Je vous le dis tout de go : j’avais résolu de ne plus voter pour le parti québécois, désolé de voir à quel point ce parti jadis porteur de changement social n'était plus qu’une triste et pâle auto parodie de ses splendeurs passées.  Après deux référendums et un désintérêt persistant de l’électorat pour la souveraineté, dont le peu d’enthousiasme pour Option nationale, de Jean-Martin Aussant, demeure la manifestation la plus tangible, Pauline Marois ose réitérer son désir d’un troisième référendum à l’intérieur d’un premier mandat.  Qui sait, si elle devient première ministre, elle aura à nouveau l’occasion de changer d’idée, selon les sondages, une manie à laquelle elle nous a désormais habitués.

Pauline Marois
Hormis l’idée fixe de la souveraineté, l’un des rares points d’ancrage qui différencie le PQ du parti libéral du Québec, devenu plus interventionniste que son adversaire, demeure la volonté d’instaurer une charte de la laïcité, qui baliserait une fois pour toutes les accommodements religieux.  On sait avec quelle fermeté le gouvernement Charest s’est empressé d’oublier le très succint projet de loi 94, dont l’interdiction de la burqa et du niqab dans l’espace public, la moindre des choses, et celle des signes religieux visibles dans la fonction publique demeurent les principaux fers de lance. 

Un vote pour le PQ, qui a rentabilisé une prise de position de l’Action démocratique du Québec, que son chef, Mario Dumont, n’a su exploiter, une fois devenu chef de l’opposition officielle en 2007, pourrait contribuer à dénouer l’impasse libérale, puisque que 85 % de la population québécoise refuse tout compromis sur les accommodements religieux.  On voit mal comment Mme Marois, si elle devenait première ministre, pourrait refuser de poser un geste aussi profitable électoralement, mais sait-on jamais avec elle ?

Dans cette perspective, il reste difficile de voir un effet du hasard dans l’arrivée de Djemila Benhabib, candidate péquiste à Trois-Rivières, capitale de la Mauricie identifiée, depuis la saga d’Hérouxville, comme le berceau de la lutte à l’intégrisme religieux.  Cette perception se voit amplifiée par le fait que la militante anti-islamiste bien connue a laissé derrière elle son emploi de fonctionnaire fédérale, et a décidé de jouer le tout pour le tout pour venir s’établir dans sa ville d’adoption et d’y rester, qu’elle gagne ses élections ou non. 

Djemila Benhabib
Je l’ai dit dans ma chronique précédente, et je le répète : j’ai du mal à croire qu’une femme d’une telle envergure militante et intellectuelle ait consenti de semblables sacrifices à sa cause, sans qu’il ne se profile pour elle de compensation significative si elle se voyait élue au sein d’un gouvernement péquiste.  Malgré son inexpérience politique, elle pourrait sans doute se voir confier un ministère, et celui de l’Immigration demeurerait le choix le plus logique.   Reste à voir comment une femme aussi déterminée pourrait composer, en cas de désaccord, avec Pauline Marois, dont la rigidité a déjà provoqué des départs fracassants.  Avant les démissions  des Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Louise Beaudoin, ses démêlés avec Diane Lemieux, alors leader parlementaire dans l’opposition, avaient déjà mené au départ hautement médiatisé de la « lionne de Bourget ».

Un atout pour les femmes…

Dans une perspective d’égalité homme femme (et non de privilèges indûment consentis à la gent féminine aux plans de la loi, de la santé et des services sociaux, de la discrimination positive à l’emploi, notamment dans la fonction publique provinciale, et aux hautes études, sans compter les bourses d’études universitaires exclusivement réservées aux étudiantes), la lutte aux accommodements religieux devrait se voir doublée d’une plus grande vigilance face aux comportements qui les sous-tendent.

Refuser à un islamiste le privilège injustifié de se voir uniquement servi par un homme à la Société d’assurance automobile du Québec, ou interdire le port du kirpan dans les aéroports, c’est la moindre des choses.  Il est encore plus essentiel d’intervenir lorsque des femmes et des jeunes filles se voient menacées par des conjoints, frères, ou autres parents, parmi lesquels des femmes, d’ailleurs, de sévices aussi bien psychologiques que physiques qui menacent leur bien-être ou leur existence même.  La tragédie des quatre femmes de la famille Shafia, tuées dans un contexte de crime d’honneur, par le père, sa seconde épouse et leur fils à Kingston, Ontario, bien que représentant un cas extrême, illustre bien qu’une charte de la laïcité ne suffit pas à prévenir des dérives autrement plus graves que l’entêtement stupide d’une fonctionnaire à porter le hijab.

Zainab Shafia, victime.
Car enfin, si directions d’école, intervenants sociaux et policiers avaient été un tant soit peu plus attentifs, quatre vies auraient pu être sauvées.  Rappelons-nous ces intervenants de la  Direction de la protection de la jeunesse interrogeant l’une des jeunes filles … en présence de ses parents tortionnaires !  Lumineux, comme approche !  Fallait-il s’étonner qu’une gamine opprimée en arrive à se rétracter ?  S’il y a une leçon vitale à retirer de l’affaire Shafia, c’est bien de ne plus banaliser le risque que représente les comportements médiévaux exercés par des individus pour qui l’épanouissement des conjointes et des enfants constitue une menace à leur pouvoir fanatisé.  Des procédures préventives, garantissant une liberté d’expression aux victimes présumées, gagneraient fortement à se voir révisées ou instaurées, si nécessaire, devant les maladresses inexcusables accumulées dans ce dossier.

… Mais un danger pour les hommes.

Tout membre du gouvernement devrait avoir lu 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ? un essai collectif d’une grande qualité qui dénonce, dans une optique sobre, articulée et très documentée, la dérive étatique survenue dans le courant des années 80, qui a posé les jalons d’un féminisme d’État hostile aux hommes et vampirique en deniers publics.  Tout a commencé avec un mensonge inventé de toute pièce en 1980 par Mmes Andrée Cadieux et Linda MacLeod (qui devait se rétracter des années plus tard).  Ces dames avaient décidé, sans aucune validation scientifique, qu’une femme sur dix était chroniquement battue par son conjoint au Canada, tout bonnement.

Grâce à des militantes bien intentionnées, ces chiffres dopés à l’hélium parvinrent aux oreilles de la ministre péquiste à la Condition féminine de l’époque, une certaine... Pauline Marois.  Nul ne saurait dire quel(s) génie(s) est à l’origine de l’adaptation provinciale de cette lubie, toujours est-il que quelqu’un, quelque part, au ministère des Affaires sociales du temps, calcula en 1984 que 300 000 femmes étaient chroniquement battues par leur conjoint au Québec, rien de moins.

Dans l’essai cité plus haut, Jean-Claude Boucher et Jean-Pierre Gagnon démontent avec une minutie de laborantin le mécanisme de l’imposture méthodologique ayant mené à pareil Himalaya chiffré.  En bref, la population du Québec représentait à l’époque six millions d’individus, dont la moitié, constituée, on s’en doute, de femmes.  Une femme battue sur dix représentait donc 300 000 personnes, sur trois millions.  Simple, n’est-ce pas ?  Trop !  Il aurait fallu dès cette époque lancer un appel massif à l’immigration pour trouver autant de conjointes, de fait ou mariées, molestées.  Car enfin selon pareil calcul, toute personne de sexe féminin, du bébé naissant à la veuve grabataire, se voyait incluse dans ce carnage présumé.  On constate sans peine la grossière imposture de cette fausse statistique, la première d’une interminable série, qui allait déterminer les  politiques sociales – et les budgets des organisations féministes – pour des années à venir.

Lecture obligatoire pour tout candidat...
En effet, les millions commencèrent à affluer, pour les groupes féministes, et l’inquisitoriale politique d’intervention en violence conjugale, permettant l’arrestation immédiate de tout homme sur simple dénonciation de sa conjointe, fut instaurée, rappelons-le, sur les bases d’une imposture chiffrée.  De nos jours, près de 10 000 hommes seraient arbitrairement arrêtés et relâchés chaque année en vertu de cette politique.  C’est en fonction de cette démonisation des hommes que le Barreau du Québec, trop heureux de voir s’ouvrir devant lui les portes d’un marché lucratif, jeta les bases de ce que Lise Bilodeau et Pierre Grimbert baptisèrent « l’industrie du divorce » dans leur essai De l’amour à la haine, vibrant plaidoyer dénonçant la misandrie de la justice familiale québécoise.  Selon Mme Bilodeau, 16 000 avocats travaillent en droit familial.

Il n’est pas jusqu’au ministère de la Sécurité publique qui manipule l’opinion publique en prétendant faussement que 82 % des violences conjugales sont attribuables aux hommes, en faisant passer de simples signalements pour des infractions validées par des verdicts de culpabilité. 

Bien sûr, le PQ n’est pas responsable de toutes les dérives, chiffrées ou législatives, visant les hommes.  Force reste cependant de constater que c’est sous sa bannière que fut instauré le ministère de la Condition féminine (les libéraux, quant à eux, avaient  déjà fondé le Conseil du statut de la femme en 1973) inauguré par Lise Payette, figure de proue de la misandrie québécoise.  C’est également un gouvernement péquiste qui devait sensiblement accroître le financement des organismes féministes, puis lancer une inexorable chasse à l'homme étatique, avant que le PLQ ne prenne le relai dès 1989, au lendemain de la tuerie de Polytechnique.  Les féministes d’État ne l’admettront jamais, mais Marc Lépine contribua fortement à l’augmentation de leur enveloppe budgétaire.

Deux idéologies déviantes

Dans l’optique de l’égalité homme femme, le Québec se voit menacé par deux idéologies déviantes : l’intégrisme religieux, principalement islamiste, mouvance patriarcale menaçant d’abord les femmes, musulmanes comme québécoises, et le féminisme d’État, d’inspiration matriarcale, asservissant hommes et garçons en faisant passer la réduction injustifiée de leurs droits pour la limitation de privilèges usurpés par des siècles de complot patriarcal. 

Je reviens à mon dilemme.  Le PQ demeure le seul parti susceptible d’être élu à prôner la limitation des accommodements religieux et le maintien d’une société laïque.  Dans cette optique, la venue de Benhabib pourrait avoir un impact comparable à celui de l’arrivée de Jacques Duchesneau à la Coalition pour l’avenir du Québec.  Malheureusement, il faut également que ce parti représente le pire choix quant à la reconnaissance d’une condition masculine que la potentielle future première ministre a été la première à déconsidérer.  Le comble serait que, pour protéger les femmes de l’islamisme, Marois nomme Djemila Benhabib… à la Condition féminine !

dimanche 5 août 2012

Le faux problème de Pauline Marois

Ça faisait un bout de temps qu’on nous avait épargné ce refrain.  Il aura cependant fallu que le candidat péquiste et ancien député bloquiste, Serge Cardin, ouvre la boîte de Pandore avec ce commentaire larmoyant, prononcé récemment sur les ondes du 98,5 : «Y a peut-être des gens qui ne sont pas prêts à avoir une femme comme premier ministre. Et ça me déçoit grandement.»  Vous savez quoi ?  Je crois qu’il a parfaitement raison.  De tels gens, aussi obtus que misogynes, existent bel et bien, et chez les deux sexes. 

Serge Cardin, candidat péquiste.
De là à conclure qu’on en dénombre suffisamment pour compromettre les chances de Mme Marois de devenir la première femme première ministre du Québec, surtout devant le premier ministre le plus impopulaire de l’histoire récente du Québec, c’est une autre histoire, et ce genre de commentaire maladroit, déjà formulé par le député mauricien Claude Pinard, passe de moins en moins bien aux yeux du public, comme en témoigne la volonté manifeste du PQ de passer prestement à un autre sujet.

Parce qu’elle est immigrante ?

Au fait, Djemila Benhabib se présente sous la bannière péquiste, à Trois-Rivières, en Mauricie, région considérée, grâce au code de vie d’Hérouxville, comme le berceau de la contestation des accommodements religieux.  Je n’ai pas encore entendu la candidate, ni ses nombreux aficionados, affirmer qu’un éventuel échec électoral serait forcément attribuable à ses origines algériennes.  Il semble que Mme Benhabib soit trop droite pour se livrer à ce chantage au procès d’intention, du genre « si vous ne votez pas pour moi, vous êtes racistes », attitude culpabilisante digne des islamistes que la militante combat avec ardeur depuis tant d’années.

Qu’il existe des gens qui ne voteront pas pour elle en raison de ses origines ethniques, c’est certain.  Malgré le conservatisme inhérent à la circonscription trifluvienne, réputée cependant pour son extrême volatilité électorale, et le « fait » que, selon un récent reportage de Radio-Canada, elle ne serait que très peu connue dans sa future ville d’adoption, ce qui reste à confirmer, ses chances d’être élue restent bonnes, même si son parti devait mordre la poussière, devant la prolifération de tiers partis susceptibles de diviser le vote et de reporter au pouvoir…. Jean Charest.

Djemila Benhabib
Il est par ailleurs difficile d’imaginer que cette femme déterminée et volontaire ait accepté de quitter la sécurité de son emploi dans la fonction publique fédérale et ses tribunes médiatiques pour aller jouer les back benchers dans le parti de Mme Marois.  Comme le PQ, malgré ses nombreux défauts, demeure le seul parti à prôner la mise en place d’une charte de la laïcité, qui débloquerait en partie l’impasse actuelle quant à la nécessité de baliser les accommodements religieux, devinez qui pourrait devenir éventuellement ministre de l’Immigration, si le PQ était porté au pouvoir le 4 septembre prochain ? 

Les Américains ont bien élu un président noir…

Malgré la fragilité du PQ, qui a davantage à voir avec les gaffes répétées de sa chef qu’avec son sexe, ce scénario demeure plausible.  Le peuple américain, souvent regardé de haut par nous, Québécois si évolués, comme des gens hyper conservateurs, bigots et racistes, a bien porté au pouvoir en 2008 un président noir, contre toute attente.  Et nous serions incapables d’élire Pauline Marois première ministre, simplement parce qu’elle est une femme ?  Devrions-nous alors, pour contrecarrer une tendance aussi misogyne, envisager le sexe de l’intéressée comme un sauf-conduit, un privilège d’immunité diplomatique, nous obligeant à fermer les yeux sur les nombreuses bévues commises par elle depuis sa nomination à la tête du PQ ?

Pauline Marois n’a-t-elle pas fait preuve à maintes reprises d’un opportunisme déplacé, notamment par ses multiples volte-face, tantôt pour, tantôt en défaveur de la hausse des droits de scolarité, au fil des ans ?  N’a-t-elle par trahi un manque de vision stratégique, de flair politique, par son entêtement à porter le carré rouge, malgré une majorité d’électeurs en faveur de la hausse des droits de scolarité, puis par la subite disparition du morceau de tissus incriminant, à l’approche des élections ?  Ces bourdes n’auraient-elles pas pu être évitées, alors que la politicienne de plus de 25 ans d’expérience venait d’opérer une remontée notoire dans les sondages après avoir surmonté la – nouvelle - crise de son parti en juin 2011. Au fait, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe, deux des trois députés démissionnaires, sont-elles parties parce que Mme Marois était une femme ?

Barack Obama
Plusieurs sont montés aux barricades à la suite de la diffusion de la publicité douteuse du parti libéral montrant Pauline Marois martelant maladroitement ses casseroles.  On peut toujours critiquer le mauvais goût de Jean Charest, mais qui est allée se placer dans une situation aussi potentiellement ridicule digne d’un Amir Khadir, qui a cependant fait mieux en provoquant sa propre arrestation.

Était-elle alors moins femme ?

La chef péquiste était-elle moins femme les quelques fois où elle a dominé momentanément les intentions de vote, ou quand elle fut accueillie comme la sauveure du PQ en 2007, ou encore quand elle a contribué à recueillir 35 % des votes aux élections de 2008 ? Était-elle moins féminine, plus hommasse, aurait dit Jeannette Bertrand ? On invoque souvent sa fortune, comme si elle avait été la seule à qui on lui en avait adressé le reproche. Et Pierre Trudeau et Jacques Parizeau ? Ne pourrait-on pas enfin envisager l’hypothèse que Pauline Marois partage le même atavisme que les Stéphane Dion ou Michael Ignatieff, des hommes dont les multiples maladresses ont jadis constitué une arme absolue pour leurs adversaires ?  Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?

Si, comme ça demeure possible, le PQ mord la poussière au terme de cette campagne électorale aux rebondissements imprévisibles, de nombreux facteurs pourront expliquer ce nouvel échec : volonté de Jean Charest de mener campagne à une époque où peu de gens ont la tête à la politique, donc faible participation ; perte de la spécificité qui rendait le PQ différent d’un parti libéral devenu encore plus interventionniste que lui ; refus des Québécois d’affrontements déjà envisagés comme incontournables par des péquistes mêmes avec Ottawa ; solidarité péquiste de façade envers le mouvement étudiant dans le dossier des droits de scolarité dont la facture pourrait échoir au contribuable ; rejet populaire d’un éventuel débat référendaire souhaité par les radicaux libres du PQ dès le premier mandat ; penchant marqué chez ce parti pour les psychodrames dont les électeurs ont soupé, mais, surtout, impopularité d’une chef de parti qui avait suscité de – trop ? - grands espoirs en 2007, mais dont la crédibilité s’est peu à peu flétrie au fil des ans. 
Pauline Marois
Si Pauline Marois ne devient pas la première chef d’État québécoise, elle devra attribuer son échec à un ensemble de facteurs, dont certains ne lui incombent pas.  Elle se verra néanmoins contrainte d’admettre sa part de responsabilité déterminante dans le choix des électeurs, attribuable à une aptitude presque surnaturelle à se tirer dans le pied.  N’en déplaise à l’intéressée et à ses supporters, la fait qu’elle soit une femme n’aura jamais été un facteur significatif dans le résultat des élections, qu’elle soit portée au pouvoir… ou non.