dimanche 31 mars 2013

Quand l'establishment féministe se veut... constructif.

C'est avec une maladresse touchante, devenue au fil des ans sa marque de commerce, d'une présidente colorée à l'autre, que le Conseil du statut de la femme (CSF) est sorti récemment de sa quiétude pour sensibiliser gouvernement et population sur la tragédie vécue par les femmes sur les chantiers de construction.  Asseyez-vous et veillez à disposer d'une boîte de kleenex non loin de vous afin de vous prémunir contre l'assaut de chiffres désolants qui va suivre.

À gauche, Julie Miville-Dechêne, du CSF.
Selon le CSF, le secteur de la construction serait le plus traditionnellement masculin, avec un taux de 98,7 % d'hommes qui cultiveraient, nous informe-t-on, des valeurs de virilité - oh, le vilain mot - à l'ombre desquelles la femme serait perçue comme une menace.  Comment ne pas ressentir jusque dans nos os tout ce que ces propos évoquent du tentaculaire complot patriarcal qui, inlassablement, guette les femmes, tel le renard tapis aux alentours du poulailler ?

Comme il fallait s'en douter, les femmes assez téméraires pour s'aventurer dans cette chasse-gardée masculine sont nécessairement victimes de discrimination, de harcèlement et d'intimidation, au point où 60 % d'entre elles quitteraient le domaine cinq ans après leur arrivée sur ce terrain miné par les comportements grossiers et misogynes de leurs collègues masculins.  C'est après avoir rencontré... une dizaine de travailleuses (sic !) mais lu bon nombre d'études, que les enquêteuses du CSF en sont arrivées à ce constat accablant.  

Un esprit mal tourné - pourquoi pas le mien ? - pourrait se demander comment on peut en arriver à d'aussi sombres conclusions à partir d'un échantillonnage aussi mince, mais le CSF n'a pas pour habitude de s'enfarger dans les fleurs du tapis quand vient le temps de positions et de chiffres aussi dramatiques qu'himalayens.  

Pas de danger que le manque d'intérêt, comme dans le cas des hommes pour l'enseignement ou la profession d'infirmier, puisse être évoqué comme explication de la sous-représentation féminine dans le domaine de la construction.  Ce n'est pas vrai (...) qu'elles ne sont pas intéressées, affirme Julie Miville-Dechêne, présidente du CSF, c'est qu'elles se confrontent à des barrières dès l'embauche.  Bien sûr...

JMD ne va pas jusqu'à nier l'évidence de la force physique moins développée des femmes  comme facteur désavantageant, mais relativise d'une manière plus que douteuse cette tendance pourtant flagrante : Il est vrai que les hommes sont plus forts, mais il y a des femmes fortes et des hommes maigrelets, il faut briser ces stéréotypes.  Le mot est lâché !


Femmes et hommes : mêmes possibilités ?
Ayant travaillé huit ans dans une usine, je me rappelle des confidences du directeur des ressources humaines à l'effet d'une tentative louable d'intégration de personnel féminin.  Après quelques essais, il fallut se rendre à l'évidence : les candidates n'avaient ni la force physique, et encore moins l'endurance nécessaires à transporter les briques et à supporter la chaleur torride des fours qui devaient les cuire.  Certaines avaient même perdu connaissance dès leur première journée de travail.  Par contre, d'autres femmes avaient démontré des compétences certaines comme mécaniciennes, dans la mesure où la force physique n'était pas requise.  

Ceci dit, le Québec serait la pire province au Canada quant à la représentation féminine en construction, avec 1,3 % d'effectifs, en comparaison de 5,9 % en Alberta.  Cette comparaison a de quoi faire sourire, quand on songe au portrait souvent réducteur que nous entretenons des résidents de cette province, dont la population masculine, souvent présentée comme une congrégation de machos finis, devrait donc représenter le pire obstacle à l'intégration des femmes, en comparaison de nos hommes roses québécois.  Ce constat ne semble pas avoir effleuré l'esprit de la présidente du CSF.

Toujours une société distincte...

Parlant d'hommes roses, saviez vous que le Québec est la province qui regroupe le plus d'hommes occupant la profession d'infirmier, avec presque 10 % des effectifs ?  Se pourrait-il que cette surreprésentation masculine, jointe à la sous-représentation féminine en construction, soit attribuable à un profil ethnique, culturel, le nôtre, davantage latin,  interrelationnel et tourné - pour le meilleur et pour le pire - vers ce qu'on appelle un peu niaisement les valeurs féminines ?

Cette percée masculine est d'autant plus impressionnante qu'en 1970, le Québec se classait bon dernier quant au nombre d'infirmiers.  Aucun Conseil du statut de l'homme, pas plus que de politique de discrimination positive n'a été nécessaire pour opérer cette transformation radicale.  Chapeau les gars !


Le Québec, bon premier pour les infirmiers.
Les hommes seraient par ailleurs davantage attirés par les soins critiques et la santé mentale, avec des pourcentages respectifs de 13 % et de 20 %.  Ils resteraient aussi fidèles à leur profession que les femmes : parmi ceux qui ont obtenu leur permis d'exercice au Québec depuis 1990, 84 % exercent toujours leur métier.

Malgré cela, le gouvernement envisagerait des avenues en vue d'attirer davantage d'hommes dans la profession d'infirmier, le tout se faisant sans tenir de propos alarmistes ni gronder les établissements hospitaliers qui pratiqueraient de la discrimination à l'embauche.  L'intérêt moindre des hommes pour cette profession est perçu, à juste titre, comme la principale raison de leur plus faible représentation.

Dans cette perspective, on peut s'interroger sur la pertinence du quota minimal de 3 % de femmes par entreprise en construction que veut imposer le Conseil du statut de la femme, quitte à menacer de ne pas octroyer de contrat gouvernemental à tout soumissionnaire qui ne rencontrerait pas ce standard.  

Loin de favoriser l'intégration des femmes, une telle mesure contribuera à les marginaliser et à les présenter comme des êtres sans colonne vertébrale nécessitant protection, un portrait qui ne pourra que favoriser le mépris envers elles sur les chantiers de construction.  Le CSF réalise-t-il à quel point son attitude s'avère encore plus misogyne que celles qu'il entend dénoncer ?

5 commentaires:

JCB a dit…

De toute façon, l'ensmble du mouvement féministe fait paraitre les femmes comme des demi-citoyennes incapable de quoi que ce soit sans l''aide des organisations féministes...Et même les femmes ne le voient pas!

Olivier Kaestlé a dit…

Tout à fait, et c'est ce que me fait conclure que le féminisme d'État est aussi misogyne que misandre, constat que je suis loin d'être le seul à faire.

Anonyme a dit…

Une des plus grande erreur du féminisme moderne est d'associer égalité devant la loi et égalité mathématique.
Le maudit 50% qu'elles ne cessent de prêcher n'a rien a voir avec un quelconque droit fondamental ni le respect de l'individu. C'est ni plus ni moins une tentative de dicter aux forces naturelles le cours qu'elles devront suivre, et ca ne marche tout simplement pas. L'URSS a payé le gros prix pour apprendre cette leçon (en tentant de forcer l'économie a se comporter selon leur théorie, avec les résultats qu'on connait)et comme les féministes calquent leur discours et leur combat sur celui exprimé par Marx, Lénine et Trotsky, on serait en droit de s'imaginer que nos gourdes de services auraient su tirer les bonnes leçons de l'histoire de leurs idoles.
Mais bon- une cruche restera toujours une cruche alors on pousse les quotas "égalitaires" et, ainsi, dénature la société humaine au point ou elle en devient dysfonctionelle.
Le meilleur exemple est la police. Quelqu'un croit-il vraiment qu'une petite peanut blonde de 5'4 sera capable de faire respecter l'ordre et la loi sans sortir son gros gun
Forcer une société à adopter des comportements non naturels c'est la condamner a une mort aussi lente qu'inévitable.
L'égalité n'est pas un symbole mathématique. Faudrait le dire à nos conasses avant qu'elles ne jettent le bébé avec l'eau du bain.

Malthus

Olivier Kaestlé a dit…

Ce que vous dites résument "l'esprit" du plan d'action gouvernemental sur "l'égalité homme femme" ayant pour thème "Pour que l'égalité de droit devienne égalité de fait." Impossible pari. Autant l'égalité de droit est nécessaire, autant celle de fait reste utopique. Quand les féministes auront compris que la véritable égalité ne se résume pas en quotas mais bien en accessibilté selon la compétence, sans égard au sexe, alors on pourra passer à autre chose qu'à leur discours alarmiste et misandre.

Anonyme a dit…

Dans la rue, tout à l'heure, rageusement collée contre un arrêt de bus, une affiche "féministe" :
contre le racisme!
contre le capitalisme!
contre l'homophobie!
contre les injustices!
Les féministes contre-attaquent!!
C'est pas beau, ça?
Je suppose que le féminisme, ça marche aussi contre le cancer, le sida, la pollution, les éruptions volcaniques, les hausses d'impôts et les ongles incarnés... C'est ça qui est bien, en France, il se passe toujours quelque chose.
Je me rappelle, il y a une vingtaine d'années, bien avant l'affaire Strauss-Kahn et l'exploitation honteuse que les féministes en ont faite, ledit féminisme était marginal (un peu comme l'extrême-droite, tiens, tiens). Elles défilaient alors au cris de "mon corps est sacré, et patati, et patata...". Les journalistes de "Hara-Kiri" avaient réagi en répondant que pour eux, rien n'était sacré et qu'ils s'accordaient le droit de rire de tout. Aussi sec, manif féministe devant les locaux de "Hara-Kiri"! C'est alors que le professeur Choron, hélas décédé depuis (tu nous manques, Choron, tu nous manques drôlement) avait eu au sujet des harpies cette phrase désormais historique : "Jamais je n'aurais cru un jour assister à autant de connerie!" Un vrai sage.