dimanche 26 mai 2013

Intimidation : quand le Québec de demain se fait violence...

Rien de tel, pour tenter d'anticiper l'évolution de notre société, que d'analyser les tendances des comportements et mentalités de nos jeunes.  Dans cette perspective, l’institut de la statistique du Québec nous offre des pistes d'enquête par le biais de sa nouvelle étude réalisée pour le compte du ministère de la Santé et des Services sociaux, et menée auprès de 470 écoles secondaires publiques et privées du Québec, entre novembre 2010 et mai 2011.  Le rapport s'intitule L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011 - Le visage des jeunes d'aujourd'hui : leur santé mentale et leur adaptation sociale.  

L'intimidation vise d'abord les gars.
S'agit-il d'un signe des temps ?  L'étude des comportements violents occupe une place importante dans ce document.  De façon générale, 37 % des élèves du secondaire reconnaissent avoir été victimes de violence, tandis que 38 % d'entre eux admettent en avoir déjà exercé soit en frappant, en se battant ou en menaçant. 

L'un des sujets d'intérêt de cette enquête réside dans l'approche sexuée de la violence entre jeunes, notamment par le biais de l'intimidation.  Contrairement aux prétentions d'un discours trop connu, les filles ne sont pas les premières victimes de ce fléau.  Sur 63 200 élèves interrogés, 42 % des garçons ont déclaré avoir été intimidés à l'école ou sur le chemin menant de l'école à la maison, en comparaison de 29 % des filles.  Connaissant la tendance naturelle de certains garçons à banaliser la violence subie afin de ne pas passer pour des mauviettes, et celle, inverse, chez certaines filles, à dramatiser des incidents anodins afin d'attirer l'attention, il ne serait pas impossible que l'écart entre les sexes quant aux sévices subis soit encore plus grand.

Alors que l'on pense spontanément, « sensibilisation » aidant, que la cyberintimidation est devenu un phénomène endémique, à peine 7 % des filles et 4 % des garçons ont affirmé en être victime.  Soulignons tout de même que la gent féminine reste la première cible de ce type d'agression.

Violence conjugale

L'enquête de l'Institut nous apprend que « le quart des élèves (25 %) ayant vécu une relation amoureuse au cours des 12 derniers mois ont infligé au moins une forme de violence (psychologique, physique ou sexuelle) à leur partenaire, alors que 30 % des jeunes ont subi au moins l’une de ces trois formes de violence de la part de leur partenaire. »  Cette information a été relayée abondamment dans les médias, contrairement à celle que je vais vous communiquer.

La différence entre les sexes quant à la violence conjugale est en effet si surprenante que je tiens à citer le texte même de l'étude :« La violence infligée dans les relations amoureuses au secondaire varie selon le sexe : 83 % des garçons déclarent ne pas en avoir infligé, par rapport à seulement 68% des filles (tableau 4.14). En s’attardant à la forme de violence, la proportion de filles ayant fait subir à l’autre de la violence psychologique (21 % c. 13 %) ou physique (19% c. 6%) est bien plus élevée que celle des garçons (tableau 4.13). En revanche, les garçons semblent infliger un peu plus de violence sexuelle que les filles (3,4% c. 2,0%). Par ailleurs, les filles sont, en proportion, plus nombreuses que les garçons (10% c. 4,1%) à déclarer avoir infligé deux ou trois formes de violence (tableau 4.14). (p. 99) »  Étonnant, n'est-ce pas ?

La violence conjugale n'a ni âge, ni sexe.
Pour des raisons toujours aussi mystérieuses, les médias sont demeurés pour le moins discrets sur ces données.  Même l'Institut de la statistique, dans son communiqué de presse, s'est gardé d'y faire allusion, préférant nous informer que « (...) près du quart des garçons (24 %) ont un niveau élevé d'estime de soi, comparativement à 15 % des filles.  De plus, davantage de filles que de garçons se situent à un niveau élevé de détresse psychologique (28 % c. 14 %). »  Pitié pour nos filles... 

On souligne tout de même que « (...) l’étude indique également que près du quart (24 %) des garçons du secondaire présentent un risque élevé de décrochage scolaire, comparativement à 16 % des filles. »  Mais cette donnée n'a rien d'un mystère, le décrochage au masculin demeurant une problématique apparemment insoluble depuis plus de deux décennies, peu importe le gouvernement au pouvoir.  Lors de la consultation bidon sur l'égalité homme femme du gouvernement québécois précédent, où seuls les groupes féministes étaient conviés, Christiane Pelchat, du Conseil du statut de la femme, s'était vivement opposée au financement de programmes en vue de prévenir le décrochage des garçons, alléguant qu'il s'agirait d'une dépense inutile...

À noter qu'à cette démission gouvernementale envers les garçons, s'ajoute un autre facteur d'importance : « La conclusion principale de ces analyses est que les filles disent bénéficier d’un niveau plus élevé de soutien dans l’environnement social, et ce, pour tous les indicateurs mesurés. Les indicateurs relatifs au soutien social offert par les amis et aux comportements prosociaux sont ceux qui témoignent des plus grands écarts entre les garçons et les filles. Il faut aussi noter un écart significatif entre les garçons et les filles à l’indice de supervision parentale. »  On s'étonnera ensuite du nombre endémique des suicides chez nos garçons...


Sexe, drogue et rock 'n' roll, en émergence...

Si vous espérez que le comportement des filles se corrige avec leur études post secondaires, une enquête récente de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) aura de quoi vous faire perdre vos dernières illusions.  Selon l'auteure, Sara-Maude Joubert, étudiante au doctorat qui a réalisé son étude auprès de 227 étudiantes de l'UQTR et du Collège de Maisonneuve de Montréal, âgées en moyenne de 22 ans, « Il semble y avoir une triade de comportements : alcool, sexualité, conduite automobile. »


Plus délinquantes ou moins cachées ?
Si la violence reste absente des conclusions générales rendues publiques dans les médias, il y aura de quoi rester étonné, chez ceux et celles qui en sont restés à la conception folklorique de la jeune fille studieuse et sage, devant les constats suivants : 26 % de répondantes pourraient avoir un rapport sexuel avec une personne rencontrés quelques heures auparavant; 26 % adopteraient un comportement sexualisé dans un bar ou une fête alors qu'elles sont intoxiquées; 17,2 % consommeraient de l'ectasy; 15,4 % manifesteraient un comportement sexualisé dans un bar ou une fête; 13,2 % rouleraient à 140 km/h sur l'autoroute et 9,3 % conduiraient un véhicule moteur avec les facultés affaiblies.  

Soulignons toutefois l'emploi du conditionnel pour tous ces comportements.  Les preneuses de risque le seraient en revanche dans plus d'un domaine, ce qui n'arrange rien.  La chercheuse cite des études étrangères qui prétendent que le fait de partager le même environnement scolaire que les hommes favoriserait la prise de risque au féminin.  Je me disais aussi que notre influence pernicieuse aurait une incidence odieuse sur autant de dépravation féminine...

Vers une redéfinition des comportements sexués...

Marie-Andrée Bertrand, criminologue de renom, avait déjà déclaré, dans un ouvrage aussi méconnu qu'important, Les femmes et la criminalité, qu'il lui était impossible de déterminer si la criminalité féminine s'était vraiment développée au fil des ans, le sujet étant tabou, ou si elle se voyait davantage constatée, évolution des mœurs aidant.  Peut-être en va-t-il de même pour la violence conjugale et la présumée apparition de comportements délinquants chez nos jeunes adolescentes et jeunes femmes.  

Marie-Andrée Bertrand
Nul doute que la recherche de la vérité sur pareils sujets ne pourra déboucher sur des résultats tangibles que dans la mesure où lesdites études se feront à l'abri de toute interférence idéologique, sans préjugés sexistes ou théories aux assises scientifiques inexistantes.   C'est à ce prix que nous pourrons enfin envisager l'humanité sexuée dans toute son authentique complexité, autrement que par le prisme toxique d'une collection manichéenne de clichés et de stéréotypes éculés et réducteurs.

12 commentaires:

Yvon Dallaire a dit…

L'on sait depuis les années 1970, grâce aux études de Suzanne K.Steinmetz, M. A. Strauss et R.J. Gelles, que "le crime le moins souvent puni n'est pas celui de la femme battue, mais plutôt celui de l'homme battue". (in La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe, Québec, Option Santé, 2002.) Ces nouvelles études du MSSS ne font que confirmer ce que nous savons depuis longtemps, mais qui est malheureusement tu par les médias.

Anonyme a dit…

"les femmes tuent aussi" de solene haddad et lire les premiers chapitres de "fausse route" d' elisabeth badinter. Tout est dit...

Olivier Kaestlé a dit…

Il est toujours étonnant de constater que, en dépit de la littérature étatique et universitaire pertinente sur le sujet de la violence faite aux hommes et son inévitable corollaire, celle exercée par les femmes, ces sujets demeurent aussi obstinément tabous.

Même les auteurs - ou les ôteurs - du rapport omettent de révéler dans leur communiqué de presse la participation féminine au phénomène de la violence conjugale adolescente. Difficile d'abattre les clichés réducteurs dans un tel contexte...

Anonyme a dit…

Vous êtes d'un ennui... moi qui pensais que vous alliez aborder un sujet sérieusement. J'arrive ici et vous haissez toujours les femmes. Boooooo mon petit Oli, boooo

Olivier Kaestlé a dit…

Bien sûr, on dénonce la violence faite aux garçons, et on déteste automatiquement les femmes. Snif !

Jonathan a dit…

Commentaire parfaitement stupide, bien-pensant et contre-productif. De la part de quelqu'un qui n'a visiblement pas le courage d'assumer ses propos en postant en anonyme, je crois que pour le sérieux vous repasserez. Cela dit, rien d'innovant, toujours la même musique et cela devient pathétique. C'est le genre de réflexion classique qu'on retrouve chez les personnes de mauvaise foi du côté des féministes, qui ont envie de tout sauf de débattre et qui caricaturent pour que, finalement, les interlocuteurs s'abaissent à leur niveau.

Olivier Kaestlé a dit…

Oui, Jonathan, toujours la même musique et, malheureusement, les mêmes paroles... ;-)

Anonyme a dit…

Jusqu'à tout récemment, la réponse classique lorsque la violence contre les hommes était mentionnée était: "L'homme est naturellement violent et ses victimes sont de tout sexe et de tout âge. Controllons l'homme et la violence qu'il sème partout s'éteindra"
C'est sur ce constat sexiste et indémontrable que se fondait la conclusion féministe qu'il serait préférable de détruire 80% de la gent masculine et de maintenir notre population à ce niveau pour assurer la paix planétaire...
Par-delà la contradiction évidente d'un discours qui jette le blâme sur nos épaules mais n'hésite pas à demander un génocide pour régler un problème, existe la théorie fondamentale qui est la source de tous les maux: celle voulant que l'Humanité n'ait pas une seule et même nature profonde mais bien deux- parfaitement divisées par le genre.
Ca ne serait pas un problème si dense si cette théorie n'émanait que de celles qui ont tout à gagner à l'émettre. Malheureusement, moult psychologues et autre auteurs pop- et oui, même ceux qui se disent masculistes ou ne réclament pas du féminisme- ne cessent d'enfoncer le clou plus avant, nous abreuvant sans cesse de leur inepties telles "L'homme est de Mars, la femme de Vénus" et autres vivisections "expertes" de la double nature humaine. Résultat: cette (fausse) double nature est maintenant devenue une vérité culturelle pourvue de sa propre inertie, sa propre immuabilité.
Les médias sont à blâmer pour leur cécité sélective, certes, ne serait-ce que pcq c'est leur métier d'exposer les faits et non les croyances. Mais pas beaucoup plus que nous tous qui acceptons presque religieusement l'avis de tous ces "experts" et leurs doctes opinions qui, souvent malgré eux, contribuent autant au clivage des genres que nos bitchfrues haineuses.

Malthus

Jonathan a dit…

Moi, je ne l'accepte pas. C'est la raison pour laquelle j'ai l'intention de me battre pour la cause. En particulier grâce aux études politiques que je projette d'accomplir.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Malthus Au risque de vous paraître naïf, je pense vraiment que les deux sexes - je déteste le mot "genres" pour la fumisterie féministe qu'il implique désormais - sont fondamentalement différents et complémentaires.

Je crois que le négationnisme féministe de cette réalité est davantage néfaste par les implications qu'il entraîne que l’exhalation des différences : les deux sexes perdent leurs spécificités respectives; l'hétérosexualité, de fondamentale et majoritaire qu'elle est, devient une imposture patriarcale destinée à opprimer les femmes; les champs d'intérêt féminins et masculins, comme l'identité mâle et femelle, ne sont plus conditionnés exclusivement que par la société, et non par la nature profonde de la plupart, bref, Dieu sait quelles autres inepties viennent nous faire sombrer dans un débat stérile où l'idéologie la plus réactionnaire et la plus misandre se substitue à la réalité.

De telles aberrations nous amènent à de positions aussi aberrantes que de voir l'hétérosexualité condamnée par nos féministes militantes, au nom de la lutte à la pédophilie, et à la promotion de l'homoparentalité, alors que des études soulignent que les cas de pédophilie sont de sept à dix fois plus fréquents chez les gays que chez les straights.

Je crois définitivement qu'un retour à la reconnaissance de la complémentarité hommes femmes s'impose, tout en acceptant les différences que sont l'homosexualité ou la bisexualité, qui n'ont pas pour autant à se voir condamnées comme des perversions. Une telle approche demande un esprit de justice et de nuance dont je ne vois pas encore l'amorce dans le débat actuel, qu'il se tienne en France ou ailleurs.

Anonyme a dit…

En science, tout fait, même le plus fermement établi, n'a de valeur réelle que lorsqu'il s'inscrit dans le cadre d'une théorie qui l'explique et le prédit. C'est pourquoi les modèles du genre "l'homme est naturellement aggressif et la femme naturellement altruiste" ou l"un est guerrier (Mars) l'autre Amour (Vénus)m'horripilent tant: ils n'ont aucune valeur scientifique puisqu'ils sont incapables de prédire ou d'expliquer les veuves noires, les avorteuses, les mères filicides ni les Gandhi, les Hammish ou les Martin Luther King de ce monde.
Le modèle le plus probant quant à la nature profonde de l'être humain doit pouvoir prédire et expliquer *tous* les comportements humains. Des gens comme Henri Laborit ou, dans une moindre mesure, Samuel Yochulson, ouvrent la voie en présentant un modèle ou l'humain n'est ni fondamentalement "bon" ou "méchant" mais simplement égoiste et opportuniste *comme tous les autres *animaux* et ou la gratification personnelle est le nec plus ultra du comportement.
Cette approche unique pour tous est scientifiquement viable car elle couvre tous les comportements, des plus nobles aux plus ignobles, sans jamais se discréditer. Mais elle n'est pas vendeuse car elle nous ramène tous à notre réalité animale, ce que bon nombre d'entre nous- hommes et femmes- refusont tout simplement de contempler.
Et c'est malheureux car dès qu'on accepte cette grille de référence, la plupart des jugements à l'emporte-pièce tendent a disparaitre. Il est gai? Ben oui, c'est ce qui le gratifie, le rend heureux. Et lui, il est hétéro- ben oui, et pour les mêmes raisons! Chacun pense à soi et posent les gestes qui les gratifieront, les rendront heureux.
C'est dans ce sens ou les modèles dichotomiques pronés par nos "lologues" ne sont pas simplement de valeur nulle (incapable de prédire moult comportements) mais bien de valeur négative puisqu'ils contribuent à entretenir sexisme, misogynie et misandrie dans l'esprit de gens qu'ils sont sensés éduquer.
C'est un peu comme si, malgré le fait que nous ayons la théorie de la Gravitation de Newton pour expliquer le mouvements des astres, nos "experts" continuaient de nous servir les sphères célestes d'Aristote comme étant LA vérité.

Malthus

Anonyme a dit…

C est triste a dire mais je rejoins la theorie du genre au moins d un point de vue psychologique dans le fait de lutter contre les discrminations positives, les femmes parasites beneficiant de l aide de l etat et reconnaitre que les femmes sont suceptibles de commettee l irreparable, se conduire en sauvage, etre violente, bref ce que condamne la legislation en vigueur