samedi 24 août 2013

Études de genres : quand la grenouille sociologique veut se faire aussi grosse que le bœuf scientifique...

Lors de ma dernière chronique, je vous ai entretenu des dérives des études universitaires féministes et de leur financement himalayen en totale contradiction avec leur apport réel à la société.  J'ai été interpellé par un lecteur qui voyait dans ma contestation une volonté de censure, comme si un financement si exagéré de telles études, au détriment de sujets autrement plus pertinents, comme la reconnaissance de la condition masculine par exemple, s'avérait légitime et justifiable dans un monde démocratique.  Ou qu'une telle dépense représentait une contribution humaniste digne d'intérêt.

Harald Eia, l'anti Patrick Jean...
Que des gens se consacrent - pour ne pas dire qu'ils perdent leur temps - à de telles explorations, grand bien leur fasse, mais qu'il soit normal de les financer autant, dans un contexte de déficit abyssal, qui place le Québec au cinquième rang des États les plus endettés, alors que le sous-financement de nos universités représente un manque à gagner de 850 M $ en comparaison de la moyenne nationale, mérite que l'on y prête quelque attention.  Et qu'on modère nos ardeurs.  Voilà qui n'a rien à voir avec la censure.  À ce titre, la chaire Claire-Bonenfant, de l'université Laval, qui préconise la criminalisation des sites hoministes, a plusieurs longueurs d'avance... 

Je ne dois pas être le seul à comprendre que, s'il existe de beaux esprits dont la compétence mérite d'être soulignée parmi les universitaires, ces derniers ne représentent en rien la majorité des intelligences novatrices qui ont fait de notre monde et de notre époque ce qu'elles sont, pour le meilleur comme pour le pire.

Quand un libre penseur ose poser les bonnes questions

La preuve.  Un humoriste norvégien a récemment fait la barbe aux chercheurs de son pays adeptes de la théorie des genres, comme des universitaires partageant leurs vues, ainsi que des journalistes, qui n'ont jamais pris le peine de questionner   sérieusement et objectivement la pertinence d'une telle ineptie.  Le documenteur Patrick Jean, d'une malhonnêteté misandre finie, pourrait prendre des notes et s'inspirer d'un travail professionnel aussi rigoureux et intègre.

L'homme en question,  Harald Eia, s'est livré, dans un documentaire digne de mention, à une démarche journalistique rigoureuse, étrangère à ses compatriotes des médias sur le sujet, exposant aussi bien les points de vue des défenseurs de la théorie des genres que celui de ses détracteurs, pour en arriver à la conclusion, devant la pauvreté des explications des premiers, à la pertinence des conclusions des seconds.  Résultat : après la diffusion du film, la Norvège a purement et simplement fermé le robinet aux subventions de telles sornettes.  Doit-on parler de censure ?...

Plantant dès le début le décor de son questionnement, en précisant que la Norvège a été déclarée le pays où l'égalité homme femme était la plus aboutie, le documentariste amateur, paradoxalement davantage connu dans son pays pour son talent de fantaisiste - être journaliste norvégien, je serais embarrassé de me voir damé le pion par un amuseur public  - constate, statistiques à l'appui, que les hommes et les femmes persistent à choisir de métiers traditionnellement en rapport avec leur sexe.  

Ainsi, malgré toutes les tentatives étatiques pour « corriger le tir », la Norvège ne recrute que 10 % de femmes parmi les ingénieurs tandis que ces dernières représentent 90 % des infirmières.  L'apocalypse est proche...

Quand la grenouille sociologique...

Joergen Lorentzen, arrogant.
D'entrée de jeu, le documentariste amateur donne la parole à deux prétendus chercheurs, défenseurs de la théorie des genres.  Le premier, Joergen Lorentzen, du Centre de recherche interdisciplinaire sur le genre à l'université d'Oslo, affiche une morgue et une arrogance assommantes lorsque questionné sur le fait que des différences biologiques, inhérentes aux cerveaux respectifs des hommes et des femmes, pourraient expliquer des choix professionnels à majorités masculine et féminine.

Il déclare : « Toutes ces recherches (affirmant des différences biologiques entre le cerveau masculin et sa contrepartie féminine) ont été réfutées par des études récentes.  La plupart des gens disent de nos jours qu'il n'y a pas de différences. »  Quelles sont ces études récentes, qui sont ces gens qui disent qu'il n'y a pas de différences ?  Mystère et bœuf en daube.

Tout aussi énigmatique, Catherine Egeland, chercheuse sur le genre à l'Institut de recherche sur le travail, lève les yeux au ciel d'exaspération lorsque questionnée sur les différences fondamentales entre les hommes et les femmes qui n'ont, selon elle, aucun fondement biologique, mais ne peuvent qu'être le résultat de l'environnement social.

Elle finira par trahir les prétentions de sa discipline d'appartenance, la sociologie, et de ses dogmes, par l'affirmation suivante : « J'ai ce que vous appelleriez des bases théoriques.  Il n'y a pas de place pour la biologie là-dedans pour moi.  Je pense que les sciences sociales doivent "challenger" l'idée selon laquelle tout cela est basé sur des différences biologiques. »  À quoi ressemble ces bases théoriques ?  Pourquoi cette obstination puérile à vouloir « challenger » les sciences pures ?  

Cette attitude suffisante, pour ne pas dire méprisante, trahit en réalité chez les pro-gender une frustration, un sentiment d'infériorité intolérable devant les vrais chercheurs qui testent et vérifient leurs hypothèses de façon empirique, et arrivent à prouver leurs dires.  Ces scientifiques ne décident pas à l'avance des conclusions de leurs thèses pour ensuite tenter d'y faire coller leurs expériences. Ils gardent l'esprit ouvert à la découverte.  Ce n'est pas le cas des pro-gender. 

Nos « scientifiques » à gogo décident à l'avance de leurs constats, s'en persuadent à l'aide de « base théoriques » nébuleuses connues d'eux seuls, mais qu'il faudrait prendre pour argent comptant sans discuter, et se gardent bien de toute expérimentation scientifique (une démarche aussi dépassés que leurs résultats, semble-t-il) qui pourrait invalider leur point de vue.

.... Veut se faire aussi grosse que le bœuf scientifique...

Richard Lippa, exhaustif.
Les choses sérieuses commencent vraiment à partir du moment où le documentariste se déplace afin de recueillir les points de vue de véritables scientifiques.  Il commence avec Richard Lippa, professeur de psychologie à l'université Fullerton, en Californie, qui a mené une vaste recherche au sein de 53 pays sur les choix professionnels comparés des hommes et des femmes.  Il a constaté que, peu importe la culture, que l'on compare un pays islamiste à une société plus égalitaire, hommes et femmes ont tendance à faire des choix en lien avec leur sexe.  

Il n'écarte pas pour autant tout à fait l'impact culturel, mais le juge non déterminant, tout comme Trond Diseth, professeur à l'Université d'Oslo, spécialiste en psychiatrie enfantine, qui n'hésite pas à réfuter, posément, mais fermement, les prétentions de Lorentzen, à l'effet que les études démontrant les différences biologiques entre les hommes et les femmes soient déphasées. Il parle même d'études récentes, à la fine pointe du progrès, qui confirment au contraire ces thèses.

Expérimentation à l'appui, Diseth affirme qu'à partir de l'âge de neuf mois, garçons et filles démontrent un intérêt marqué pour des jouets en lien avec leur sexe.  Ses propos sont consolidés par Simon Baron Cohen, le frère de l'humoriste Sacha Baron Cohen, professeur de psychiatrie à Cambridge et directeur du Centre de recherche sur l'autisme, qui affirme que « même au premier jour de la vie », garçons et filles ne sont pas attirés par les mêmes centres d'intérêt, les premiers, étant fascinés par les objets mécaniques, les secondes, attirées par les visages.  

Les différences dans les taux de testostérones, deux fois plus élevé chez les garçons que chez les filles, expliquent cette réalité, déjà prévisible alors que l'enfant habite l'utérus.  La psychologue évolutionniste Anne Campbell, de l'université Durham, Royaume-Uni, affirme quant à elle que l'humanité est influencée par des gênes vieux de plusieurs centaines d'années et que le milieu n'a qu'une importance restreinte.  

Quand l'humoriste-documentariste lui fait écouter les propos déjantés de Lorentzen réfutant l'apport fondamental de la biologie dans les différences entre les sexes, la scientifique en reste pantoise : « Absolument incroyable !  Cela me laisse sans voix que quelqu'un puisse dire cela ! »  Nous aussi...

Le nez dans leurs excréments...

De retour en Norvège, Harald Eia confronte les pseudos scientifiques, qu'il avait interrogés avant son départ, à ses découvertes.  Très embarrassés, Joergen Lorentzen et son acolyte, Catherine Egeland, pataugent maladroitement et perdent passablement de leur superbe, s'affichant davantage comme des Laurel et Hardy idéologiques qu'en tant que chercheurs crédibles.

Catherine Egeland, au tapis...
Dépitée, Egeland ira jusqu'à accuser Diseth d'avoir faussé ses expériences pour les faire coïncider avec ses conclusions.  Un cas flagrant de projection, même si on ne connaît aucune expérimentation à la pseudo-chercheuse.  C'est à ce moment qu'elle nous sortira l'argument des énigmatiques « bases théoriques » pour justifier sa foi indéfectible envers les études de genre.

De son côté, telle une baudruche dégonflée, Lorentzen affirme que les études des scientifiques, médiocres, selon lui, ne l'ont pas convaincu que les hommes et les femmes étaient biologiquement différents, hormis sur le plan génital, ni que leur cerveau n'était pas similaire.  Tant qu'il ne sera pas persuadé par une base scientifique crédible, il s'en tiendra à ses convictions, sans pour autant expliquer sur quelle base scientifique il s'appuie pour affirmer l'absence de différences en laquelle il dit croire.

Et nous, dans tout ça ?

Peu de temps après la diffusion de ce documentaire choc et du KO final infligé au dynamique duo idéologique norvégien, le gouvernement de leur pays décidait de couper tout financement aux études de genre.  En France, le débat sur cette question, enflammé par celui du mariage pour tous, qui présente insidieusement l'hétérosexualité comme un phénomène culturel sans assise biologique, fait toujours rage.  

Pouvoir du féminisme d'État québécois « aidant », cette question pourrait venir contaminer le paysage universitaire québécois, et par conséquent social, malgré l'incontestable défaite norvégienne.  Quand on sait à quel point il est aisé pour les féministes universitaires du Québec d'obtenir un financement injustifié pour les sujets les plus déconcertants, voire les plus absurdes, avec l'argent du contribuable, il est de première importance de faire connaître le documentaire de Harald Eia au grand public (disponible en fin de chronique).

Il ne s'agit pas ici que d'économie de fonds publics.  Un coup d’œil au délire suédois sur l'éducation asexuée des enfants dès leur entrée dans leur système scolaire a de quoi faire frémir.  La perspective de voir les hommes et les  femmes de demain en perpétuel conflit entre leur identité spontanée et des attentes sociales déconnectées du réel n'annonce rien de bon pour notre devenir collectif.  Quand arrêterons-nous de prendre des différences innées pour des stéréotypes culturels ? 


3 commentaires:

Anonyme a dit…

Excellent papier! Chapeau olivier!
2 commentaires.
1- L'U.R.S.S. nous a démontré, hors de tout doute raisonnable, que tenter de manipuler et contrôler artificiellement (idéologiquement) les forces naturelles ne mène qu'à la dérive, voire l'extinction. (Je fais ici référence aux forces naturelles du marché, de l'économie, de l'offre et de la demande, du besoin quoi et de la résolution de ce besoin. Je dis naturelles car l'humain ne peut être ordonné de devenir métallo, docteur ou mineur- sa pulsion naturelle vers un métier ou un autre est la sienne propre, donc naturelle.) Faire de même avec les tendances naturelles des genres- tenter de les gommer à la base, de les faire dériver et opter pour d'autres buts que ceux qui nous habitent tout un chacun, ne peut mener qu'à la même dérive, voire l'extinction.
2- Les sciences "molles" (psychologie, sociologie, économie, politicologie- bref, les sciences dites "sociales") souffrent toutes du même mal: elles ne savent pas, ne sont pas aptes, à ancrer leurs "lois" , leurs "édits" ou leurs "théorèmes" dans une glue vérifiable par des pairs.
Ces deux "chercheurs" de la théorie des genres dont vous discourez en sont un mirobolant exemple. Ils ancrent leurs "théories" dans une idéologie, une croyance- non pas dans des faits vérifiables.
Les habitués de votre blogue- et vous, surement- me reconnaitront bien-sûr dans ce discours: je n'ai que très peu de respect pour les sciences molles et les évidences que vous mettez à jour avec ce papier ne font que renforcer mes états d'âme.
Les sciences sociales, dans les milieux scientifiques basés sur l'empirisme, l'expérimentation, la vérification et la falsification (bref, la vérité telle que nous sommes capables de la démontrer), *rient* de ces pseudos-sciences, haussent les épaules et passent à un autre appel 9-1-1- sérieux celui-là.
Il n'y à que nous, simples quidams scientifiquement incultes, qui persistent à donner à ces shamans des temps modernes du temps d'antenne.
Le meilleur "move" que nous puissions faire, en tant que société, serait de dire clairement à tous ces charlatans, liseurs de palmes et concoteurs de théories qui adorent le son de leur voix: "Vous clamez quelque chose? Nous en sommes fort aises. Prouvez-le or get off the fucking stage and let REAL thinkers take over!"

Malthus

Olivier Kaestlé a dit…

Merci pour l'appréciation, Malthus.

Oui, nous connaissons votre opinion sur ce que vous appelez les sciences molles, mais il faut tout de même nuancer. Après tout, c'est grâce aux témoignages et aux expériences d'un prof en psychologie, d'un spécialiste en psychiatrie enfantine, d'un prof en psychiatrie et d'une psychologue évolutionniste que le documentariste a fini par envoyer au tapis les deux guignols adeptes des études de genre. Pour reprendre votre finale : « Those two have left the fucking stage and have let REAL thinkers take over ! » ;-)

Anonyme a dit…

Bonsoir,

Je vais rebondir sur une des phrases de monsieur Malthus :
"Il n'y à que nous, simples quidams scientifiquement incultes, qui persistent à donner à ces shamans des temps modernes du temps d'antenne. "
Le problème, voyez-vous, c'est que ces chamans des temps modernes comme vous dites vont faire passer la théorie du genre - chez nous en France en tout cas - dans les crèches, les maternelles et les écoles : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/08/19/01016-20130819ARTFIG00402-sur-la-theorie-du-genre-vallaud-belkacem-plus-en-pointe-que-peillon.php
Comment ne pas leur donner l'importance qu'ils ne méritent pas ?

On l'a vu pour le marage pour tous, les médias ont ouvertement menti ainsi que le système de recensement sur les nombre des manifestants, Manuel Valls a gazé des enfants, des femmes, alors que ces gens ne faisaient que s'opposer à une loi menaçant une institution existant uniquement pour la création de l'humanité et non pour les petits caprices d'une minorité d'individus ? La plupart des homos sont pacsés et ça leur va très bien comme ça.

Pour la théorie du genre c'est la même chose on ne peut pas manifester sans se retrouver confronté aux forces de l' "ordre". Essayez de débattre sérieusement sur les fondements scientifiques de la théorie du genre avec un gauchiste convaincu de sa théorie fumeuse je vous souhaite bon courage pour affronter ses pirouettes sophistiques.

Il n'y a aucune rationalité chez ces gauchistes illuminés, c'est comme leur expliquer que le ciel est bleu qu'ils arriveront à vous convaincre du contraire.

Bref ce sont malheureusement nos maîtres que nous le voulions ou non, et tant qu'il y aura des moutons pour suivre le mouvement tendance ils continueront