samedi 17 août 2013

Le sous-financement n'inquiète pas les féministes universitaires...

Saviez-vous que, tout en affichant les droits de scolarité les plus bas au Canada, le système universitaire québécois accuse un manque à gagner frôlant le milliard $ si on le compare aux autres universités canadiennes ? 

Michel Patry
C'est le constat auquel en arrive Michel Patry, directeur de HEC Montréal et membre du comité exécutif de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) : « Une nouvelle étude réalisée par la CREPUQ révèle que le sous-financement des budgets de fonctionnement des universités québécoises, lorsqu’ils sont comparés à ceux des autres universités canadiennes, a atteint 850 M$ en 2009-2010, soit l’équivalent de 24 % de leur budget de fonctionnement de cette année-là. Ce montant représente 4 000 $ par étudiant à temps complet. L’écart s’élargit sans cesse depuis qu’il a été mesuré une première fois à 375 M$ en 2002 par un comité conjoint formé par la CREPUQ et le ministère de l’Éducation.»  

N'est-il pas rassurant d'anticiper la qualité et la compétitivité à venir de nos universités alors que, à la suite de la pression souvent rageuse exercée par le lobby étudiant lors du « printemps érable », l'augmentation pourtant nécessaire des droits ne scolarité ne dépassera pas une indexation annuelle de 3 %.  Autant espérer éteindre un incendie avec une tasse d'eau...

L'UQÀM coûte cher au payeur de taxes...

C'est dans ce contexte si particulier qu'il y a lieu de s'interroger sur le financement pour le moins généreux que le Québec octroie au féminisme universitaire, surtout quand une structure aussi onéreuse que l'Institut de recherches et d'études féministes (IREF) cumule à lui seul des rentrées de plus de deux millions $ en projets de recherche dont la pertinence ne saute pas toujours aux yeux, ou beaucoup s'en faut.  

Rappelons, si besoin est, que l'IREF fait partie de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) qui s'est manifestée à plusieurs reprises comme un gestionnaire désastreux au fil des ans avec, notamment, l'épisode catastrophique de l'îlot Voyageur, vertement dénoncé en 2008 par le vérificateur général du Québec : 

« L'aventure immobilière du Complexe des sciences et de l'îlot Voyageur laisse à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) un endettement qui atteindra un demi-milliard de dollars en 2012. Mauvaise gestion, manque de transparence et irrespect des instances décisionnelles ont marqué ce dossier, a conclu cette semaine le vérificateur général du Québec. Le nœud du problème fut l'îlot Voyageur, dont le développement a été confié au promoteur immobilier, Busac, qui devait en retirer une rémunération totale de 90 millions. »  

Îlot Voyageur :  une totale déroute...
Inutile de préciser que Busac fut le grand gagnant de ce naufrage administratif duquel ne résultât finalement aucun îlot Voyageur...

L'UQÀM avait dû, en janvier dernier, débourser une petite fortune en dédommagements envers Nicolas Buono, ex-directeur des immobilisations, identifié comme un des principaux responsables du fiasco de l'Îlot Voyageur (200 000 $) et envers Serge Gosselin, un acteur du scandale des commandites, qui avait été directeur des projets de développement de la Fondation de l'UQÀM.  Le montant de cette dernière entente devait rester inconnu des médias.  C'est une assurance contractée par l'UQÀM qui a défrayé ces indemnités de départs forcés, mais nul doute que les primes augmenteront de façon exponentielle... 

L'UQÀM allait encore trouver récemment le moyen de faire parler d'elle avec sa tentative douteuse d'appel d'offres de 13 millions $ avec un seul manufacturier pour la mise à niveau de son système informatique.  À la suite de reportages dénonçant cette tactique, l'appel d'offres avait été reporté à deux reprises avant de prendre enfin une tournure normale afin d'augmenter la concurrence entre les manufacturiers, initiative saluée par le Conseil du trésor du Québec.

Bien sûr, vous me direz, après ces exemples désastreux, que l'octroi de subventions ne relève pas de l'administration de cette université, et c'est exact, mais UQÀM comme IREF restent de institutions financées par nos impôts et il serait grand temps d'orienter nos priorités vers des choix plus sensés que ceux que nous allons découvrir plus bas.

Le féminisme universitaire, à quoi ça sert ?

C'est dans ce contexte particulier de sous-financement chronique, de dédommagements hymalayens versés à des individus peu recommandables et d'incompétence administrative suspecte qu'il y a lieu de se questionner sur le financement à l'Institut de recherches et d'études féministes de l'UQÀM, fondé dès 1990, qui vient de créer, rien qu'en 2011, soit un an avant la crise étudiante, deux nouvelles structures dont la pertinence ne saute pas aux yeux.

Ainsi, le Réseau québécois en études féministes, si « nécessaire » à notre vie démocratique, a été créé cette année-là au coût de 258 691 $ répartis sur trois ans.  Son but : 

« Le Réseau québécois en études féministes (RéQEF) est un regroupement stratégique de chercheur-e-s créé en 2011 et ancré au sein de l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Le RéQEF a été mis sur pied grâce à une subvention du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC), obtenue par la professeure Francine Descarries du département de sociologie de l’UQAM, et directrice du RéQEF.  Les principaux objectifs du RéQEF sont de promouvoir la recherche en études féministes, de stimuler les échanges entre les chercheures et de favoriser l’élaboration de projets de recherche communs dans le domaine (comprendre : trouver le moyen de les financer à même les fonds publics NDA). 


Francis Dupuis-Déry
On tente de nous arracher des sanglots : « Rappelons que dans beaucoup de lieux de recherche au Québec, les études féministes et sur le genre sont minoritaires, souvent isolées. »  Que doit-on dire des études sur la condition masculine, envisagée autrement qu'à travers le prisme déformant et réducteur du féminisme universitaire ?

Dans cette perspective, la création du Groupe interdisciplinaire de recherche sur l'antiféminisme (GIRAF !) déclencherait l'hilarité par son caractère dogmatique et paranoïaque si le payeur de taxes n'avait pas à en financer l'errance mentale et idéologique.  Cette structure vide de sens, est dirigée par Francis Dupuis-Déry, auteur ou co-auteur des grands classiques féministes que sont Quand l'antiféminisme vise les féministes (Et moi qui croyait qu'il visait les plantes grimpantes...) et surtout, le worst-seller Le mouvement masculiniste au Québec. L'antiféminisme démasqué.  Et oui, payeurs et payeuses de taxes, votre argent a financé aussi ces chefs d’œuvres... 

Voici la mission du... GIRAF : « Le GIRAF se veut un espace de convergence interdisciplinaire et de synergie de la recherche sur l’antiféminisme à l’UQAM, en plus d’offrir un cadre favorable au développement de nouveaux projets de recherche et de demandes de financement (les affaires sont les affaires NDA), de stimuler l’enseignement sur l’antiféminisme et de permettre à des étudiantes et des étudiants aux études supérieures qui se spécialisent sur ce sujet de s’insérer dans une équipe de recherche. »

De captivants projets de recherche...


En consultant la liste des subventions consacrées à la recherche féministe qui, pour l'année 2010-2011, dépasse les deux millions $, il y a de quoi parfois rester pantois quant aux thèmes financés... tout autant qu'aux montants des subventions accordées.

Ainsi, alors que le rapport Rondeau sur la santé des hommes blanc hétérosexuels du Québec a été mis au rancart en 2005 sous les pressions de 15 instances féministes dont justement l'IREF, cette institution a reçu un montant de 161 179 $ réparti sur deux ans pour financer une recherche ayant pour thème « Déterminants sociaux de la santé et accès à des services équitables pour les personnes de minorités sexuelles ».  Vous avez bien lu !

L'avenir du Québec, c'est aussi les garçons.
Alors que les hommes et les garçons du Québec restent les laissés pour compte de notre système de santé et d'éducation, en plus de se voir de plus en plus fermer les portes d'une carrière dans la fonction publique, une subvention de 38 001 $, d'un an, subventionnera le projet « Droit des femmes et autorégulation; la gestion du droit à l'égalité par les organismes de contrôle canadien.  

Précisons que les femmes et les filles du Canada, donc du Québec, demeurent négligées au point où le Programme fédéral de promotion de la femme, des 30,8 millions $ de dépenses prévues pour l’exercice en cours, a déjà versé 19,9 millions sous forme de subventions et de contributions à des groupes féministes. Le programme met principalement l’accent sur « l’amélioration de la sécurité et de la prospérité économiques des femmes et des filles. » Rien de trop beau pour ces éternelles opprimées...

Le décrochage masculin et la violence sexuelle endémique vécue par les garçons restent négligés de nos dirigeants, mais l'IREF a néanmoins reçu pas moins de 439 260 $ sur quatre ans pour financer une recherche intitulée « Les jeunes des minorités sexuelles : vulnérabilité, résilience et pratiques d'intervention. »  L'hétérosexualité, c'est « out ».

Dégainez vos mouchoirs sur le triste sort des femmes aînées immigrantes et leur rapport au vieillissement.  Se pencher sur leur drame intime sera financé à raison de 200 891 $ sur trois ans.  Enfin, comme l'empathie reste une valeur féminine fondamentale, 69 339 $ seront consacrés au thème « Le souci de l'autre (care) comme système global d'intervention des organisations transnationales de femmes (France/Canada, 1880-1950) ».

En avez-vous assez ?

Notre système universitaire est en passe de devenir la risée de l'Amérique du Nord tant l'État québécois ne parvient pas à cibler adéquatement ses priorités, néglige des nécessités pressantes et soutient des initiatives douteuses relevant d'une adolescence en prolongation.  Je cite à nouveau Michel Patry, dont le propos ouvrait cette chronique : 

UQÀM : un joujou qui coûte cher...
« Très concrètement, le sous-financement signifie que les universités québécoises avaient en 2009-2010 environ 850 M$ de moins que ce qu’elles auraient eu si elles avaient bénéficié de ressources comparables à celles de la moyenne des universités canadiennes pour embaucher des professeurs et du personnel de soutien, favoriser le soutien pédagogique et l’encadrement des étudiants, assurer le maintien des collections en bibliothèque et des équipements technologiques et de laboratoires, pallier la vétusté croissante des immeubles construits il y a 40 ans et plus, entre autres besoins criants.»

L'auteur ajoute que ce manque à gagner représente autant de subsides en moins « pour préparer des médecins, des ingénieurs, des enseignants, des gestionnaires, des architectes, etc., dont on voudrait que la formation soit de très bon niveau et qu’elle mène à un diplôme dont on reconnaît la valeur, tant au Québec qu’ailleurs dans le monde. »

Voilà où se trouvent les vrais besoins de nos universités.  À quand la fermeture du robinet aux recherches sectaires, dogmatiques, sexistes, sans intérêt et sans avenir ? Notre système universitaire est en péril, et tel un Néron des temps modernes, notre gouvernement le laisse brûler en jouant de la lyre...

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Ça fait longtemps que je voudrais sacré mon camp en Finlande. Serge

Anonyme a dit…

Ca en dit long sur la valeur qualitative d'une théorie lorsque celle-ci doit être artificiellement maintenue en vie par l'État.
Le féminisme universitaire ressemble à s'y méprendre ;a un parasite. Suce le sang et ne donne rien en retour, excepté d'autres requêtes pour plus de sang.

Malthus

Alain a dit…

Olivier,

Dans le projet de loi sur la laïcité, ne pourrait-on pas faire des représentations pour promouvoir une société libre de toute idéologie? Je comprends bien que le gouvernemaman veut éteindre tout débat religieux en le sortant du discours public. Vous voyez déjà les levées de bouclier chez divers défenseurs des droits confessionnels.

La véritable laïcité ne sera jamais atteinte sans l'atteinte de l'égalité pour les hommes...

Les messages qu'on passe dans les pubs, c'est révoltant. à entendre les publicistes, l'homme, le mâle, n'a plus de place dans la famille.

Anonyme a dit…

Et un tel gaspillage de fonds publics devient genant lorsque nous devons nous tourner vers les américains pour une étude exhaustive de la valeur du ritalin vis-à-vis la performance académique des récipiendaires- un FLÉAU au Québec tandis que les garçons sont systématiquement- et endémiquement- gavés de cette drogue qui, après études, n'améliore ... rien.
Mais n'empêchons surtout pas la recherche subventionnée traitant pour ces rares enfants souffrant d'appartenir à "l'autre sexe".
Le Québec est le champion toutes catégories de la prescription de Ritalin aux jeunes enfants- en très grande majorité des garçons- mais il est préférable d'investir nos fonds sur une vague recherche ciblant l'identité sexuelle ambivalente d'un infime minorité de politically correct plutôt que sur une majorité de garçons politically deficient???
De quoi vomir! (again!)

Malthus

Olivier Kaestlé a dit…

Malthus, dommage que Blogger n'offre pas l'option "J'aime", sinon je l'aurais cochée sans hésiter.

Un seul bémol : le ritalin peut être utile à certains enfants - dont le mien - , mais le rapidité avec laquelle on recommande de le prescrire est alarmante. Je ne doute pas qu'un grand nombre de garçons puisse se voir administré ce médicament sans réelle nécessité.

Curieusement, votre opinion rejoint en bonne partie la lecture d'un excellent texte de JJ Samson, dans le Journal de Montréal d'aujourd'hui. Le voici :
http://www.journaldemontreal.com/2013/08/22/ministre-de-la-condition-masculine#.Uhfxpzrsl3o.facebook

Anonyme a dit…

L'enquête à laquelle je fais référence indique que le ritalin n'à aucun effet mesurable sur la performance académique (échantillonnage 15,000)Je ne doute pas cependant que ce médicament puisse avoir des effets positifs ailleurs.
J'ai pris connaissance de l'article que vous avez mentionné et des statistiques peu reluisantes qu'il contient. Je doute fort qu'on voit un jour la naissance d'un Ministère de la Condition Masculine mais, cela dit, il serait peut-être bon de rappeler à tous ceux qui prennent la cause masculine à cœur que nous sommes des *homme* et non pas des *mâles*.
Orwell l'avait bien vu: la meilleur façon de pervertir la pensée c'est de pervertir le langage par lequel elle s'exprime.
Nous ne nous referons jamais aux femmes en parlant de "femelles", terme réservé aux animaux. Évitons donc de nous rabaisser nous-mêmes en parlant de nous comme des "mâles", piège dans lequel tombe malheureusement JJ Samson dans son texte autrement fort pertinent.

Malthus

Olivier Kaestlé a dit…

Très d'accord avec vous sur l'emploi répétitif et assommant du mot "mâle" pour désigner un homme, ce qui me rappelle le film si ordinaire de Gilles Carle, intitulé - assez - simplement "les mâles" et qui présentait deux spécimens assez primitifs de la gent masculine.

Clin d’œil humoristique sur l'emploi du mot en question :
http://olivierkaestle.blogspot.ca/2009/12/les-males-et-leurs-maitresses.html