samedi 10 août 2013

SAP : existerait-t-il un syndrome d'aliénation féministe ?

Le découvreur du syndrome d’aliénation parentale (SAP), Richard Gardner a payé cher son audace.  Dénoncé tant par ses pairs psychiatres que par les féministes radicales, il devait se suicider, le 25 mai 2003, de nombreux coups de couteaux.  Rien n'aura été épargné à cet homme, traité de pédophile, de fumiste, pour s'être fait passer pour professeur de psychiatrie à l'Université de Columbia alors qu'il n'y aurait été que bénévole, d'avoir présumément fait fi de la plus élémentaire rigueur scientifique - accusation portée par un grand nombre de défenseurs de la théorie des genres, pure foutaise - et d'avoir publié à compte d'auteur puisque disqualifié par les spécialistes qui savaient, eux.  

Richard Gardner
Aux yeux d'idéologues intégristes, le SAP n'est rien de moins qu'une monstrueuse invention ourdie par un suppôt du grand Satan patriarcal afin de cautionner la pédophilie.  Selon Monica Laura Creus Ureta (MLCU), chercheuse méconnue de l’Université de Buenos Aires : «Pour défendre l'indéfendable, l'abus sexuel, le "SAP" s'avérait être un instrument parfait dans le cadre de domination patriarcale : "la mère avait aliéné ses enfants et inculqué dans leur têtes des abus sexuels qui n'avaient jamais existé".»  Dans la religion féministe, «domination patriarcale» signifie «emprise du malin», comme au temps de l'Inquisition.

Impossible donc, selon les détracteurs du SAP ou de Gardner, que le parent gardien, la mère, puisqu'elle hérite des enfants après une séparation dans 80 % des cas, puisse, par crainte exagérée ou par malveillance, inciter son enfant à prendre son père en aversion.  Dès qu'un avocat, qu'un psychiatre, invoque le SAP, il se fait automatiquement le complice d'une «invention perverse», de «manœuvres frauduleuses», d'une «imposture», pour citer MLCU, le tout ourdi par des «individus pervers comme Gardner».  On peut constater le degré d'émotivité de cette idéologue, dont les emportements ne représentent qu'un exemple parmi tant d'autres chez nombre d'intervenants, professionnels ou amateurs.

Aux yeux de tels idéologues, la parole de la femme et de l'enfant est sacrée et ceux qui l'écoutent ne sauraient la remettre en question sous peine de se voir accusés d'hérésie.  Dans un tel contexte, la présomption d'innocence devient vite un boulet, pire, un sacrilège, que toute société dite progressiste ne saurait tolérer.  Peut-être faudrait-il rétablir la torture en vue de faire avouer les accusés, que dis-je, les coupables de facto, avant de rétablir la peine de mort et de les brûler vivants, au nom d'une société avancée et féministe ?

 Un « simple » évidence

Il semble, dans pareille optique, que l'évidence à l'effet que des parents paranoïaques ou malveillants puissent ternir ou salir la réputation de l'autre parent aux yeux de leur enfant relève de la plus pure fabulation.  Une telle conception trahit une incapacité aussi émotionnelle que cognitive à faire face à une réalité qu'on ne peut pourtant faire autrement que constater.  Une autre cible de choix du mouvement féministe, Hubert Van Gijseghem, affirme sans hésiter : « Ne pas reconnaître l'existence de l'aliénation parentale, c'est comme continuer à prétendre que la terre est plate. »  Autant de pris pour l'obscurantisme féminisme.

Hubert Van Gilseghem
Le chercheur confirme sans problème que les mères restent à l'origine de la majorité de cas d'aliénation parentale :« Pour ce qui me concerne, mes recherches m’ont permis de constater que la proportion était environ de 2/3-1/3, au détriment des mères. Une étude hollandaise va encore  plus loin, puisqu’elle parle d’une répartition  95 %/5 % ! Pourtant, il n’y a aucun mystère dans ce résultat. On peut facilement comprendre que le risque d’influence aliénante soit plutôt du côté du parent gardien, et la grande majorité des enfants sont encore confiés à leur mère après la séparation du couple parental. On est donc là dans une logique statistique et non dans une ségrégation de genre. »

Essayez donc de faire comprendre à des féministes que de tels propos ne visent pas de façon misogyne les femmes en tant que personnes, mais sont plutôt énoncés en fonction du nombre... Mission impossible !

Van Gijseghem confirme par ailleurs la tendance paranoïde idéologique associant de façon obsessive le SAP à la protection des pères pédophiles :« Une seconde opposition encore plus violente est venue de l’association abusive de ce concept avec l’abus sexuel dont est victime parfois l’enfant. C’est un peu comme si l’aliénation parentale avait été créée pour protéger les pères abuseurs, voire pédophiles. Il suffit d’aller sur Internet pour constater toute une littérature idéologique, sinon intégriste qui établit constamment ce lien. Je suis quant à moi la cible d’attaques personnelles m’accusant de complicité. »

Diabolisation oblige...

Monica Laura Creus Ureta ne doit pas faire partie des aficionados du psychologue, dont les positions dénoncent des gens provenant du même tonneau qu'elle :  « Nous sommes ainsi diabolisés par des gens qui voient des abus sexuels partout et qui croient que le patriarcat est une structure pour protéger ces agissements au sein des familles. Je pense que cette association est extrêmement malheureuse, car les deux situations ne se recouvrent pas exactement, loin de là, les cas d’aliénation parentale sans abus sexuels étant infiniment plus nombreux que ceux où il y a les deux dimensions. »

Van Gijseghem tient à garder son autonomie de pensée, allant même jusqu'à se dissocier des groupes de pères qui le citent, tout comme de Richard Gardner lui-même : « C’était un psychiatre clinicien, non un scientifique. Il n’a jamais fait d’étude empirique. Ce qui renforce ceux qui veulent disqualifier cette théorie. Sauf que tout ne repose pas sur cette seule personnalité. D’autres recherches ont eu lieu qui elles, présentent toutes les garanties scientifiques. Mais, on cherche à les dévaloriser en présentant leurs auteurs comme les « disciples de Gardner ». (...) Je m’appuie tant sur les autres auteurs qui ont eu une démarche empirique que sur mes propres travaux pour affirmer qu’on ne peut continuer à nier l’aliénation parentale. »

Galilée, « hérétique ».
Reste à savoir quand, et non si, le syndrome d'aliénation parentale finira par être admis comme une réalité scientifique : «  Sa reconnaissance officielle passera sans doute par sa présentation dans le Diagnostical of Statistical manuel of Disorder (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), affirme Van Gijseghem, ce guide pratique à destination des psychiatres qui fait référence à l’échelle mondiale. (...) Ce qui n’aide pas (à sa reconnaissance) c’est que les initiateurs de ce concept ne venaient pas de la recherche, mais de la clinique. Mais ses détracteurs ne se situent pas non plus dans ce registre. C’est encore bien pire : ils sont dans une dimension complètement irrationnelle relevant plus de la religion que d’une démarche objective. »

Cette dernière affirmation est loin d'annoncer la fin des hostilités des féministes, dignes héritiers d'une forme intégriste de clergé réfractaire à tout ce qui contredit ses dogmes.  Les temps changent mais le fanatisme reste, même si ses manifestations se sont quelque peu raffinées. 

Je ne peux m'empêcher toutefois d'établir un parallèle entre l'obscurantisme d'hier et celui d'aujourd'hui en citant un extrait de la sentence prononcée en 1633 à l'encontre de Galilée, un autre hérétique, pour avoir osé prétendre que les astres, dont la terre, tournaient autour du soleil : «  Par sentence, nous déclarons que toi, Galilée, t'es rendu fort suspect d'hérésie, pour avoir tenu cette fausse doctrine du mouvement de la Terre et repos du Soleil. Conséquemment, avec un cœur sincère, il faut que tu abjures et maudisses devant nous ces erreurs et ces hérésies contraires à l’Église. Et afin que ta grande faute ne demeure impunie, nous ordonnons que ce Dialogue (document en question) soit interdit par édit public, et que tu sois emprisonné dans les prisons du Saint-office. » 

Heureusement, Hubert Van Gijseghem devrait se voir épargné l'emprisonnement pour ses opinions hérétiques, publiées et diffusées.  Ceci n'empêche que le précurseur de la théorie qu'il défend, sous la violence des réactions suscitées par ses positions, s'est lui-même infligé une sentence de mort.  A-t-il été victime d'un syndrome d'aliénation féministe ?

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Toute forme de vengeance, de calomnie, de persécution... sont évidemment un manque d'amour envers son prochain. Est-ce que le manque d'amour envers son prochain est un syndrome ou une psychopathologie ????? Il est là le problème. Serge

Anonyme a dit…

Oui, le ''Syndrome d'aliénation parentale'' (SAP / PAS) est considéré par un grand nombre de contestataires comme étant le ''Cheval de Bataille'' des ''Associations de Pères'' privés injustement (selon leurs avis) et qui veulent retrouver leurs enfants...
Et si ce SAP fut contesté depuis si longtemps... alors qu'il existe... il correspond pourtant au ''Syndrome de Médée'' qui lui, n'a jamais été contesté ! Pourquoi donc ?
En effet, il est important de rappeler cette autre vision sur les conséquences de la destruction des familles par le ''Syndrome de Médée'', davantage connu que l'aliénation parentale...

''En résumé, le syndrome de Médée est une modalité de harcèlement mise en œuvre par un parent voulant priver son conjoint de la relation avec ses enfants et apparaissant à l’occasion d’une rupture conjugale. Ce concept ajoute des dimensions psychopathologiques importantes à la notion de syndrome d’aliénation parentale : utilisation de l’enfant pour se venger, deuil sadique d’amour, retour de rites sacrificiels chez des sujets avec trouble de la personnalité confrontés à des relations d’amour dramatiques. Les aspects cliniques et légaux du syndrome sont analysés dans le but de fournir des clés valables de décision médicale. Le syndrome de Médée est une réaction destructive très grave avec impact négatif majeur sur les enfants et les adultes. Une nouvelle législation est nécessaire afin de décourager ce comportement et de mieux protéger les victimes.''
Lien :
Revue Médicale Suisse : http://rms.medhyg.ch/numero-236-page-340.htm

Olivier Kaestlé a dit…

Merci de ces précisions !