samedi 28 septembre 2013

Charte du PQ : vers une redéfinition du féminisme d'État ?

Il est faux de prétendre que le projet de Charte des valeurs québécoises du parti québécois a suscité des divisions au Québec.  Ces divergences avaient déjà éclaté au grand jour au lendemain de l'épisode des normes de vie d'Hérouxville en 2007, suivi de celui de la commission Bouchard-Taylor, dont les conclusions semblaient décidées d'avance.  

Les dissensions n'ont pas commencé en 2013...
Devant l'inertie du gouvernement précédent, incapable même de trancher sur son timide projet de loi 94 proscrivant le port de la burqa ou du niqab dans l'espace public, les tensions entre militants de la laïcité, défenseurs de cette absurdité appelée laïcité ouverte et citoyens penchant majoritairement vers le premier camp et plus modestement vers le second, ont continué de s'exacerber.

Comment les détracteurs de la Charte et du PQ peuvent-ils à la fois accuser ce dernier d'opportunisme politique et de s'intéresser à une question qui ne préoccupe personne ?  Si les citoyens étaient indifférents à la problématique de la laïcité, il n'y aurait aucun opportunisme à vouloir leur vendre une charte balisant enfin le sujet épineux des accommodements religieux.  Le PQ, avec son projet, aura enfin réussi à commencer à crever un abcès sociétal et à susciter un débat sans cesse remis aux calendes grecques.  Il était temps !

Un féminisme d'État - enfin - remis en question

Parmi les avantages collatéraux du débat entourant la charte, une remise en question salutaire d'un féminisme d'État sclérosé n'aura pas été une mince surprise.  Il y a déjà des années que le Conseil du statut de la femme (CSF) et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) se trouvent emmurés dans un discours victimaire dépassé et infantilisant pour les femmes, tout en s'affichant comme leur unique planche de salut.  Pendant ce temps, la gent féminine, de plus en plus autonome et sûre de ses moyens, ne se reconnait plus en ces militantes déphasées et passéistes, qui ne semblent plus avoir à cœur que leur propre survie et le maintien de leurs subsides étatiques. 

Une remise en question des ces organismes s'imposait depuis belle lurette, et s'impose toujours.  Déjà lors de l'arrivée en 2008 de Christiane Pelchat, aussi maladroite qu'emportée, à la présidence du CSF, des personnalités telles que Lise Ravary, alors rédactrice en chef à Châtelaine, et Diane Lemieux, elle-même ancienne présidente péquiste du Conseil, s'étaient prononcées en faveur de l'abolition pure et simple de cet organisme.  

Christiane Pelchat, emportée...
Malgré ses défauts, Mme Pelchat s'était positionnée contre Lola, cette femme qui, soutenue par la juriste Anne-France Goldwater, a bien failli marier de force 1,2 millions de Québécois vivant en union libre en revendiquant sans l'obtenir le paiement d'une pension aux ex-conjointes.  

L'ancienne présidente du CSF devait également se prononcer contre le port de signes religieux ostentatoires dans la fonction publique, position courageuse qui, non seulement détonnait de l'à-plat-ventrisme de la FFQ, assujettie à un Québec solidaire « tolérant » envers l'islamisme, mais l'opposait à la mollesse du PLQ, désireux de ménager son électorat issu des communautés ethniques.  Résultat : avant même la fin de son mandat, Chrisitane Pelchat se voyait offrir un aller simple vers le Mexique où elle devenait déléguée générale du Québec.

Son remplacement par Julie Miville-Dechêne allait faire reculer le Conseil du statut de la femme sur Lola, dont la nouvelle présidente semblait dorénavant approuver le positionnement et, comme nous l'avons constaté récemment, sur l'interdiction des signes religieux visibles dans la fonction publique.  Les liens existant entre l'ancienne ministre de la Condition féminine et la présidente qu'elle avait nommée quand son parti était au pouvoir ne représentent plus de mystère pour personne et il est clair que JMD a été téléguidée dans sa désastreuse sortie médiatique.

L'actuelle présidente du CSF s'est vue remise à sa place par Pauline Marois, qui lui a rappelé l'évidence légale et protocolaire que le Conseil du statut de la femme n'est pas, comme elle se l'imaginait, indépendant, et qu'il relevait de la ministre de tutelle même qu'elle avait attaquée publiquement.  Même Mme Pelchat n'est jamais parvenu à pareil sommet dans la balourdise...

Laila Lesbet, contestée au CSF, déjà exclue à la FFQ...

Alors que le CSF tente laborieusement de recoller les morceaux de l'incurie de sa présidente et d'afficher un semblant d'unité la liant désormais aux quatre nouvelles venues qu'elle avait désavoué et qui lui ont bien rendu, un autre psychodrame idéologique vient d'éclater avec la naissance d'un nouveau groupe féministe, Pour les droits des femmes (PDF), qui dénonce sans ambiguïté et non sans motif l'égarement de la FFQ sur la question des signes religieux.

Déjà enregistré comme organisme sans but lucratif, PDF prône l'interdiction du voile intégral en tout lieu et regroupe déjà des féministes de plusieurs milieux.  L'anthropologue Luce Cloutier en sera la porte-parole.  Aux yeux du nouvel organisme, la position de la FFQ sur le voile islamique est antiféministe !  Il était temps que quelqu'un le leur fasse savoir...

Laila Lesbet, exclue.
On pouvait lire à ce propos dans Le Devoir : « Il y a un contrepoids à faire par rapport à la Fédération des femmes du Québec », explique Louise Beaudoin (...) qui disait « regretter ses positions ». « Le mouvement féministe est tombé dans la défense de droits individuels plutôt que collectifs. » La FFQ comme dirigée par Alexa Conradi, et Françoise David avant elle, défend davantage les droits économiques des femmes au détriment « de la dimension collective du féminisme », poursuit-elle. C’est ainsi qu’on en vient à dire « Pauvre Fatima, on l’oblige à enlever son voile » pour garder son emploi, et on ne voit pas que ce voile perpétue une vision de la femme « qui n’est plus dans l’égalité », ajoutait Louise Beaudoin. »

Étonnamment, Laila Lesbet, l'une des quatre nouvelles venues dont JMD contestait les nominations au sein de son organisme, avait déjà été muselée lors d'une activité de la FFQ visant à déterminer les orientations politiques du regroupement pour les vingt prochaines années.  Elle et une autre militante qui s'étaient prononcées contre le voile islamique avaient été exclues au prétexte qu'elles avaient « un comportement problématique »...

Une ancienne présidente dissidente...

Il n'est pas jusqu'à Vivian Barbot, ancienne présidente de la FFQ de 2001 à 2003, à s'être dissociée publiquement de ce regroupement dont elle dit constater le « lent déclin ».  Elle désapprouve l’opposition de la FFQ à l’interdiction du port de symboles religieux ostentatoires dans la fonction publique.  

En entrevue au Devoir, elle n'a pas hésité à dénoncer les positions de la FFQ : « Ça tourne toujours autour de la pauvreté, la pauvreté et la pauvreté » (...) Cette idée qu’elles (les femmes musulmanes) doivent absolument rester voilées sous prétexte qu’on va autrement les garder dans la pauvreté présuppose que toutes les femmes immigrantes sont pauvres, que toutes les femmes voilées sont ostracisées, que toutes les femmes noires sont discriminées. C’est un peu court comme réflexion. Je ne suis pas d’accord du tout. » 

Vivian Barbot, dissidente.
Toujours dans le Devoir : « Mme Barbot adresse à la FFQ la même critique que PDF, soit celle de faire du « clientélisme » et d’essayer de faire plaisir à chaque groupe communautaire plutôt que de développer une « vision beaucoup plus large » des enjeux féministes. »

 Le véritable complot patriarcal 

Par ce dernier constat, Vivian Barbot énonce une enjeu crucial pour le féminisme - véritablement - militant : tôt ou tard, il faudra choisir entre l'approche corporatiste de ce mouvement - de plus en plus sclérosé et jaloux de ses prérogatives - et une identification sans complaisance de la menace la plus évidente pour les femmes occidentales, soit la montée de l'intégrisme religieux et, pour ne pas le nommer, de l'islam politique.  

Bien davantage que la lutte acharnée que ces militantes livrent injustement aux groupes de pères revendiquant l'égalité parentale, ce positionnement sans complaisance contre l'islam politique aurait enfin pour effet d'identifier clairement le complot patriarcal qu'elles disent voir partout, sauf quand il se prépare sous leurs yeux éteints.  S'il existe un enjeu crucial qui devrait mobiliser les féministes occidentales, c'est définitivement celui-là !

15 commentaires:

Anonyme a dit…

Les féminazistes Inc. sont pognées en sandwich.

Concernant l'Islam, elles ne veulent pas se mettre à dos les musulmanes. Celles-ci ont le droit de voter, donc... Et de plus, ce mettre à dos des musulmans qui ont des restants de chromosomes de guerriers dans le sang comme Mohamet, est très risqué. Sachez, qu'il ne faut pas provoquer et irriter trop fort un musulman, il pourrait vous exploser en pleine face même s'il n'a pas de dynamite sur lui. Serge

Olivier Kaestlé a dit…

J'ai déjà reçu quelques commentaires... explosifs, merci.

Anonyme a dit…

Les musulmans ne forment qu'à peine 1% de la population québécoise. Les intégristes, une fraction de ce pourcent.
A voir l'encre qui coule à leur sujet, l'expression "tempête dans un verre d'eau" me vient à l'esprit quoique, d'emblée, je dois concéder le point qu'un petit nombre de gens, farouchement dédiés, sont effectivement capables d'initier de grands changements.
Dans cet esprit, il était donc inévitable qu'à cause de ces rares extrémistes qui poussent l'enveloppe jusqu'au déchirement qu'on en vienne à baliser les accommodements religieux et mettre un hola à ceux qui dépassent les bornes du raisonnable. Soit.
Là où les choses se gatent- et la raison principale pourquoi nos féministes s'entre-déchirent, font volte face, se dégroupent et se regroupent dans un ballet qui frôle le burlesque- c'est qu'on profite de la discussion nécessaire sur les accommodements déraisonnables pour s'en prendre aux religions elles-mêmes.
Et on le fait sous le couvert d'une ineptie profonde: la laicité de l'étât est en danger.
Pourtant, un étât laic se définit par deux réalités que les accommodements ne mettent nullement en cause: 1) Le gouvernement ne doit pas être assujetti à une religion dans son processus décisionnel 2)L'Étât ne doit pas favoriser, préférer ou protéger une religion plutôt qu'une autre.
Voila la définition d'un étât laic. Le seul argument mettant la laicité du Québec en cause *à sa source* (au Gouvernement) est celui du parti pris évident envers le catholicisme avec nos croix, nos églises protégées comme objets du patrimoine et autres passe-droit accordés à l'Église, tel que celui de continuer a discriminer contre les femmes en leur refusant tout accès à la prêtrise.
La laicité de l'État n'est pas en danger à sa source. Aucune religion ne fait main basse sur le processus décisionnel. Au pire, on peut nous accuser de vouloir protéger notre Histoire et notre Culture et d'avoir du faire quelques concessions a l'Église histoire de pouvoir se doter d'une Chartre des Droits assez musclée merci.
Baliser les accommodements est une chose et les extrémistes nous y ont forcé. Tans pis pour eux.
Profiter de ce fait pour nous faire croire que la laicité de l'Étât est en jeu; qu'il est absolument essentiel de bannir tous les signes religieux de la fonction publique pour la maintenir constitue à mes yeux un assaut à l'intelligence, au mieux, et, au pire, une attaque en règle contre les principes humanistes qui sont le fondement de cette nation.
Je ne m'étonne pas que notre Premier Ministre menace de nous trainer en cours si nous continuons sur cette lancée. Le Gouvernement Marois mérite un verdict de culpabilité ici.

Malthus

Olivier Kaestlé a dit…

" Baliser les accommodements est une chose et les extrémistes nous y ont forcé. Tans pis pour eux. "

Cette phrase dit tout.

Anonyme a dit…

Ce qui me choque dans le comportement des voilées est leur refus radical de collaborer voire même pratiquer un certain chantage envers nous.

Elles représentent une toute petite minorité de la population et déjà elles nous menacent si l'on ne se plie pas à leurs exigences.

Ce problème doit être adressé et réglé maintenant alors qu'il est possible de le faire sans trop de violences comme on a vu dans certains pays.

Bravo au P.Q. Sévissez.

Anonyme a dit…

Libertés fondamentales

a) liberté de conscience et de religion;


b) liberté de pensée, de croyance, d’opinion et d’expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;

Il n'y a que 4 libertés fondamentales dans la chartre des droits. Le fait que les deux premières mentionnées touchent à la conscience, la croyance, la religion et la liberté de les exprimer en dit long sur l'importance que la nation leur accorde. Et comme l'égalité homme-femme n'y figure pas, celles-ci ont préséances.
Ca ne prends pas un génie constitutionnel pour comprendre qu'aucune cours de loi ne saurait supporter une chartre des valeurs cherchant à stériliser une large portion de la société de toute expression religieuse.
Enfin. On verra bien mais je suis prêt à parier un gros 20 piastres là-dessus. Si la Cours Suprême valide la stérilisation religieuse mur-à-mur proposée par cette Chartre, je m'engage à verser 20$ à l'organisme de charité de votre choix Olivier.
Talk about a safe bet.

Malthus

Olivier Kaestlé a dit…

Il est écrit dans le ciel que la charte fédérale des droits et libertés torpillera la charte du PQ. Peut-être notre gouvernement se servira-t-il enfin de sa clause dérogatoire. Il faudrait bien que cette clause serve un jour à quelque chose. Sait-on jamais, mettez votre 20 $ de côté... ;-)

Anonyme a dit…

C'est la fin du Quebectaliban. Hourra!

Anonyme a dit…

Peu importe ce que la Chartre des Valeurs inclut ou n'inclut pas; peu importe ce qu'en dit la Cours Suprême- les "québectalibans" ne se fermeront jamais la gueule et continueront de pousser l'enveloppe. Il n'y a pas de "hourra" à pousser, pas de victoire à clamer ni de célébration à planifier- these bastards are here to stay and we must remain vigilent.

Malthus

Olivier Kaestlé a dit…

Revoir nos quotas et nos critères d'immigration devient primordial. Il faudrait faire primer des valeurs communes sur la langue nécessairement française. Il est plus facile de la faire apprendre à de nouveaux venus que d'amener des prosélytes à nous respecter. Et pourquoi s'entêter à faire venir 55 000 immigrants par an quand nous ne pouvons en intégrer que 35 000 ?

Anonyme a dit…

A quand la nouvelle revanche des berceaux?
Quand il sera... trop tard?


Malthus

Anonyme a dit…

En même temps, combien de morts innocents à Bagdad, Tous les Jours!
Rapport? les arabes, partout dans le monde, en mange plein la gueule! En grande partie à cause de l'Occident, nos intérêts outre-mers ont toujours envenimé les guerres tribales, que cela soit en Afrique, en Orient ou en Amérique latine. C'est platte, mais c'est normal que tous ces peuples viennent nous emmerder à leur tour. Les faits sont là: nous vivons encore dans l'opulence, alors que la moitié de la planète crèvent la dalle. Pis qui est-ce qui veut travailler au salaire minimum? Jean-Francois Lisée ou Abdoul ti-moune.

Anonyme a dit…

Intéressant commentaire/question "Qui est-ce qui veut travailler au salaire minimum?"
Ca tombe a point considérant que je me suis tapé les 10 épisodes des " Naufragés des villes" (tou.tv) hier soir.
La réponse est simple: quiconque ne souhaite pas vivre dans la misère la plus abjecte.
Nous avons tous une grande leçon à apprendre des immigrants: il n'y a rien de mal à commencer au bas de l'échelle. Nous sommes l'artisan de notre propre misère lorsque nous nous croyons au-dessus ou valant plus que cette première étape, simplement du au fait que nous sommes blancs, de souche, ou quoi d'autre encore.
Quand, justement, la moitié de la planète "crève la dalle", n'est-ce pas le summum de l'arrogance et du syndrome de la peau blanche que nous refusions d'aller travailler pcq c'est pas assez bon pour nous; pc nous valons plus que l'ostie de salaire minimum?
On L'a tire d'où, exactement, cette fierté ou on préfère le BS à un travail honnête- notre couleur de peau?
Les immigrants ont beaucoup à nous apprendre. Bien plus que l'on pense.
Et l'humilité n'est pas la moindre des lecons dans leur livre.

Malthus

Anonyme a dit…

J'ai cliqué trop vite.
Chez lui, Abdul Timoune était docteur, avocat, notaire, dentiste ou pharmacien. Ces compétences étaient acceptées, reconnues et valorisées.
Ici- nada. Retourne à l'école. Prends quatre ans de ta vie, toi père de cinq enfants, a 48 ans, pour reconquérir tes diplômes et là, enfin peut-être, te donneront nous le droit de recommencer *au bas de l'échelle de ta profession* dans ton pays d'adoption.
J'aimerais bien voir Jean-François Lisée tenter la même aventure.
Lui-aussi en flipperait des burgers au salaire minimum. Si il avait le cran de persévérer.

Malthus

Anonyme a dit…

Attention de ne pas tomber dans les préjugés positifs. Les docteurs, les avocats ou tout autre grands diplômés à la noix, sont une minorité chez nos nouveaux arrivants. Pour eux, La principale raison d'immigrer au Canada, c'est l'accès au $$$ illimité et le droit d'avoir la christ de paix chez-vous, et de plus ils ont cette capacité du démerdes-toi assez impressionnante. Lorsque vous faites le calcul, chez qui reste-t-il le plus d'argent dans les poches? La famille de Srilankais qui travaille tous au salaire minimum ou le petit quebecois célibataire qui gagne 20$ de l'heure? Contrairement, à nous, ils vivent ensemble, ne sépare que très rarement, et bénéficie d'un réseau d'entre-aide en eux, tout le contraire de nous.