samedi 7 septembre 2013

Mon voile ou l'Ontario ? Bon voyage !

La charte des valeurs québécoises du parti québécois, qui entend notamment bannir les symboles religieux de la fonction publique, la moindre des choses, n'est pas encore déposée que déjà des fétichistes du voile islamique poussent les hauts cris.  Il y a gros à parier que les turbanophiles qui ont mené le Canada au bord de la crise nationale avec l'interdiction - maintenant levée - du turban de la Fédération québécoise de soccer prendront le relais avant que les juifs hassidiques ne défendent à leur tour avec véhémence leur particularités vestimentaires si attrayantes et exotiques.  

Bouchara et Lysanne Couture.
Des citoyens et citoyennes ont manifesté leur opinion, favorable ou non, au bannissement des signes religieux ostentatoires.  J'en ai retenu trois, que je m'apprête à commenter.

Le chantage à la main d’œuvre

Une nommée Lysanne Couture, professeure de sociologie dans le programme de soins infirmiers au Cégep Édouard-Montpetit, y est allée d'une salve culpabilisante à l'égard de ce qu'elle appelle « l'un des dommages collatéraux que le PQ risque fort d'entraîner s'il va de l'avant avec sa charte des valeurs québécoises. »  Quel est ce dommage collatéral ?  Des femmes, qualifiées selon elle, pourraient quitter le Québec si on leur impose de renoncer à ce bout de tissus sans attrait appelé hijab pour travailler dans la fonction publique.  Elles ne pourraient survivre, un peu comme un asthmatique chronique sans tente à oxygène, si on le leur retire.  Pauvres choupettes !

Le chantage au racisme reste l'une de armes favorites des tenants de l'islam radical.  Je ne sais si la jeune Bouchara, étudiante modèle en soins infirmiers présentée par la sociologue, est instrumentée par cette mouvance insidieuse et tenace, ou si elle est tout simplement étroite d'esprit, voire idiote, toujours est-il que son attitude de refuser de retirer son hijab, si son futur employeur gouvernemental le lui demande, ne relève en rien d'une requête légitime.  

Il y a là une volonté manifeste d'imposer au sein de la fonction publique un symbole d'oppression envers les femmes, en flagrante contradiction avec nos valeurs égalitaires.  Commençons avec le hijab, nous enchaînerons avec la burqa, les manches longues, non hygiéniques en milieu hospitalier, pour finir avec le refus, par les infirmières les plus intégristes, de soigner les patients masculins.  

Sans doute faudra-il en plus accorder cinq pauses prières par jour et aménager des locaux pour cet exercice, comme c'est déjà le cas dans certaines universités.  La nourriture de la cafétéria devra alors devenir halal, malgré les risques, au plan de l'hygiène, que cette pratique barbare et cruelle implique.  C'est petit à petit que l'islam politique fait son nid dans nos sociétés démocratiques et finit par générer des tensions sociales inacceptables. 

Ladite Bouchara avait quitté la France, résolument laïque,  justement parce qu'elle ne pouvait se séparer de son carré d'étoffe, et espérait trouver dans le Québec une société « tolérante » qui lui permettrait de le conserver en tout temps.  Imaginez, tout ça pour ça !  Il faut vraiment avoir l'esprit paralysé par un conditionnement culturel dépassant tout entendement.  Pire que ça, la greffe du voile islamique sera bientôt envisagée. 

Qui veut d'un tel climat social ?
Interrogée par Mme Couture à savoir ce qu'elle ferait si on lui interdisait de porter le voile au travail, l'étudiante, radicale et intransigeante, a répliqué : « J'apprendrais l'anglais et j'irai travailler en Ontario. »   Je suis certain que cette jeune femme s'imaginerait rejetée, alors qu'elle s'exclurait elle-même d'une société d'accueil ouverte et - parfois trop - tolérante.  Ce chantage au voile est assommant.  Le Québec, quoiqu'en pense Mme Couture, peut faire l'économie d'une telle citoyenne.

Malgré son étroitesse de vue et son idée fixe évidentes, Bouchara est présentée ainsi par sa professeure : « Ce que j'ai trouvé le plus remarquable, cependant, c'est sa capacité d'ouverture et l'intérêt qu'elle manifestait pour les sujets abordés en classe. Les cours de sociologie dispensés dans le programme de soins infirmiers ont pour objectif d'amener les infirmières à mieux comprendre le milieu social des personnes qu'elles soignent et, donc, de dépasser leurs préjugés pour établir une meilleure relation d'aide. Bref, elles doivent être capables de dépasser leurs préjugés. Or, elle a plus qu'atteint ces objectifs. »  Je pense au contraire qu'elle a manifestement échoué.

En quoi le refus de renoncer à son hijab témoigne-t-il d'une « capacité d'ouverture et d'intérêt », d'une aptitude à « mieux comprendre le milieu social des personnes qu'elles soignent » et, mieux encore, de « dépasser ses préjugés pour établir une meilleurs relation d'aide ».  Il est clair que cette jeune femme, exigeant un privilège illégitime, ne s'arrêtera pas en si bon chemin si on le lui accorde.  Elle trahit, par son obstination, une attitude intransigeante et conflictuelle dont notre société peut faire l'économie.

Une charte des valeurs québécoises qui afficherait des balises claires aurait déjà le mérite d'informer les nouveaux venus de nos valeurs et éviterait que les Bouchara de ce monde ne viennent inutilement encombrer des bancs d'école qui pourraient accueillir des citoyens soucieux de s'intégrer à notre société.  Bouchara aurait ainsi pu apprendre l'anglais avant son départ de la France et se rendre directement en Ontario, nous épargnant ses lubies vestimentaires.

À la question en titre de la lettre ouverte de Mme Couture, à savoir « Peut-on se passer d'elle ? », la réponse est claire : certainement !

Le chantage à l'amour

Un autre intervenant larmoyant, professeur agrégé du département d'anthropologie de l'université Laval, un nommé Abdelwahed Mekki-Berrada, y est allé à son tour de son laïus culpabilisant. Ne reculant devant aucune insinuation venimeuse, il écrit : « Je me souviens que toute petite personne ou tout petit groupe qui tentent d'imposer au reste de la population une idéologie unique étaient qualifiés de nazis, de fascistes ou, au mieux, de dictateurs. »  Aussi subtil qu'ordurier comme propos.  Cet individu enseigne dans une université et « forme » le Québec de demain.  Nous ne sommes pas sortis de la mosquée...

Ce sont apparemment les journalistes devenus ministres, donc Jean-François Lisée et Bernard Drainville, par leur défense de la laïcité, qui l'exaspèrent.   « La menace est encore et toujours incarnée par l'Autre, celui qui porte le hidjab-turban-kippa-crucifix. » nous interpelle cet universitaire aux affinités évidentes avec les Bouchard-Taylor de ce monde.  

Bernard Drainville, ministre.
Oui, monsieur l'anthropologue, tant et aussi longtemps que des intégristes se serviront de symboles soi-disant religieux pour faire reculer notre société civile et démocratique par l'octroi de privilèges immérités, l'Autre, comme vous dites, représentera une menace.  On commence par le hijab, et on finit avec les tribunaux islamiques, mais ça, ce n'est pas du fascisme, ou au mieux, des dictateurs, qui l'imposent, naturellement.

L'auteur conclut avec ce « cri du cœur » : « (...) coudon Québec, tu m'aimes-tu ? »  J'espère que vous maîtrisez bien l'anglais, M Mekki-Berrada.  Paraît qu'en Ontario, on vous aimerait déjà pas mal plus... 

Enfin, une intervention pertinente... 

Pour racheter l'honneur - passablement compromis avec les témoignages précédents - de représentants du corps enseignant voué aux hautes études, un retraité de l'UQÀM - comme il doit se sentir mieux - un nommé Denis Gaumond, qui a participé à la commission Bouchard-Taylor, nous offre un point de vue très lucide et - véritablement - humaniste.

Après avoir indiqué à quel point les commissaires Bouchard et Taylor l'avaient impressionné, mais « pas toujours dans le bon sens cependant », l'auteur relate l'intervention de quelques femmes musulmanes voilées venues présenter leur point de vue à leur commission : 

« Structurées et bien documentées, ces jeunes femmes ont ébloui les commissaires. Elles ont défendu avec aplomb le port du voile, le respect de l'époux, la charia appliquée à la famille, la bonté d'Allah, leur auto-exclusion si nécessaire. Un travail bien fait. Classique. Au point que messieurs les commissaires ont remercié mielleusement ces émissaires, de toute évidence en service commandé et bien escortées. Pour en rajouter une couche, les commissaires les ont explicitement félicitées pour la qualité de leur «féminisme» à la sauce musulmane! »

M Gaumond enchaîne avec un événement qui l'a profondément marqué : le meurtre d'Aqsa Parvez, tuée par son père et son frère, à Mississsauga, en banlieue de Toronto, le 10 décembre 2007.  Le motif ?  Par - réel - souci d'intégration, elle refusait de porter le hijab à l'école, cet oripeau auquel la déconnectée Bouchara et l'idéologue larmoyant de l'université Laval se montrent si inconsciemment et si stupidement attachés. 

M Gaumond pose une question fondamentale : « Depuis, je me demande chaque jour si Aqsa n'aurait pas eu la vie sauve si l'Ontario avait eu une loi pour interdire les signes religieux ostentatoires à l'école. Comme cela se passe en France depuis 2005. Comme, je l'espère, cela se passera bientôt au Québec. »

Que valent, devant la préservation de vies humaines, cette prétention obstinée, imbécile, de vouloir à tout prix conserver sur la tête un oripeau symbolisant l'oppression des femmes ?  Comment les Bouchara de ce monde peuvent-elles revendiquer de porter pareil déchet ?  Et les hommes, qui prétendent les respecter, soutenir une coutume aussi barbare que misogyne ?  

Aqsa Parvez, assassinée.
Aucune femme digne de ce nom, musulmane ou autre, aucun homme, digne de ce nom, qui prétend aimer et respecter la gent féminine, ne peut moralement cautionner le port de ces signes avilissants.  Qu'importe que le PQ agisse par opportunisme avec sa charte des valeurs québécoises !  Pour une fois que ce parti pose un geste signifiant depuis un an qu'il occupe le pouvoir, nous devons l'encourager.  Si nous ne voulons pas tourner le dos à nos valeurs au profits d'un retour vers l'obscurantisme - véritablement - patriarcal.  

Quant aux partisans de cette lubie appelée « laïcité ouverte », je recommande l'apprentissage de l'anglais et un aller simple vers l'Ontario.  Bon voyage ! 

7 commentaires:

Richard Rabeau a dit…

Je répète à qui veut l'entendre que c'est mon droit comme parent de refuser que les enfants soient scolarisés par des profs habillés en prêtre, en sœur, en frère, en musulman ou autre. Je ne veux pas me faire servir dans les services publics, les hôpitaux et les écoles par des gens qui expriment leur croyances et ça n'a rien à faire avec la compétence ou le racisme. Les croix, les monuments, les arbres de Noël, les déguisements, les prières, les crucifix, dans les lieux de culte, à la maison, dans les écoles privées,dans les centres d'achats,et même dehors sur les gazons des édifices gouvernementaux. On a passé 50 ans à se débarrasser du catholicisme on veut pas recommencer surtout pas dans les garderies. Pas d'influences religieuses point à la ligne. Dans l'espace publique pas de pboblème.

Olivier Kaestlé a dit…

Sauf pour la burqa ou le niqab quant à moi. À part ça, je suis en tout point d'accord avec votre constat.

Denis Gaumond a dit…

Votre texte, quoique parfois "sévère" me semble très juste. Cependant, il faut bien s'attendre à de l'opposition. Tous les religieux de toutes les religions au Québec et au Canada vont s'unir. Les religions sont des corporations qui se divisent les secteurs, comme les gangs de rue, et elles veulent protéger leur "marché" respectif! Comme elles représentent bien des votes, certains partis politiques se comporteront de façon fort irresponsable et, pour ces votes, balanceront l'avenir du Québec vers un islamisation plus grande et plus rapide. Pour eux, l'islamisation du Québec est préférable à la perte d'emploi "virtuelle" de quelques entêtées (intégristes?).

Olivier Kaestlé a dit…

Eh oui, et vous comme moi, nous pouvons identifier ces politiciens opportunistes et démagogues. Mais comment peuvent-ils faire comme si une majorité de Québécois ne s'opposait pas aux accommodements religieux ? Cette majorité leur paraît-elle à ce point silencieuse qu'ils ne redoutent pas leur verdict aux prochaines élections ? Leur gambling me paraît de plus en plus téméraire, mais je suis peut-être trop optimiste...

Anonyme a dit…

Si j'avais un fils ou une fille, je l'enverrai à l'école avec une croix très visible installée à son cou, avec son accord évidemment. Ben quoi, il y a bien les shiks qui se promènent dans les écoles avec des poignards. Ou une grenade vide de La religion des porteurs de grenades. Ben quoi, il y a bien les shiks qui se promènent dans les écoles avec des poignards. Serge

Anonyme a dit…

Disons que nous acceptons cette chartre; que les signes religieux sont maintenant bannis de la fonction publique. Quels seront les résultats immédiatement vérifiables?
Aucune femme musulmane pratiquante n'aura droit à un emploi mais tous leur mari, si. Ils n'ont pas à s'afficher publiquement eux, alors HELLO les intégristes, les cultistes de la sharia, les lapideurs de femmes: du moment que vous ne portez pas un symbole "ostentatoire" de votre obscurantisme et de votre adhésion à des coutumes et des us qui ne passent pas la première barre de nos valeurs, your're okay!
On veut pas le savoir, on veut le voir! disait Yvon Deschamps. Ben la, on est servi avec cette chartre.
Si il est vrai que le voile est un outil de dominance d'un sexe sur un autre: si il est vrai que le voile est une preuve que l'homme musulman ne traite pas son épouse en égale; si il est vrai que le voile est un sabot, mis aux pieds des femmes comme le furent les fers aux pieds des noirs, alors cette Chartre n'est qu'hypocrisie et faire-valoir.
On veut pas le savoir- on veut le voir!
Vous n'avez pas le droit de fouetter vos nègres en public mais, chez vous, faites comme bon vous semble.
On veut pas le savoir, on veut le voir!
NON!
Non, non, non, non, non!
C'est une chose de me vendre cette salade sous le couvert de la laicité et une autre de me la refiler sous le couvert de l'oppression féminine.
Si vous êtes si convaincus que vous avez raison; que le voile est un fer aux pieds des femmes musulmanes et qu'aucune autre explication ne supplante ce jugement- alors passez des lois, pas des chartres, et faites incarcérer tous ceux et toutes celles qui ne s'y plient pas.
Ah ouais, c'est vrai, j'oubliais.
On n'incarcerait que des femmes. Les intégristes musulmans n'ont *pas* à s'afficher publiquement.
Makes one Wonder who this stupid charter is really serving to begin with...?

Malthus

Richard Rickert a dit…

Et vous ...vous êtes feministe ? Les dommages collateraux de ce charte serait incaculables . Le perception et le reputation de Québec comme un pays Redneck ( c'est deja faite ) en amerique du Nord cest le prix qu'ons vas payer pour ce torchon toute a fait electoraliste. Tu ne realise pas que le PQ ne aucune intention de passer cette loi ....c'est encore le marmite d'homards .