samedi 14 mai 2016

Moscou : l'enfant décapitée, victime d’une islamiste ou d’une schizophrène ?

La nounou qui a décapité en février dernier une gamine de quatre ans, vous vous souvenez ?  Oui, oui, celle qui, à Moscou, s’est ensuite promenée près d’un métro en brandissant la tête de l’enfant, pour sûr que vous êtes au courant, non ?  Celle-là même qui a crié « Allah akbar ! » et menacé des passants de se faire exploser, allons, avouez, vous avez lu sur le sujet ?  Entendu parler à la radio ?  Vu des topos à la télé ou sur le web ?  Non ?

Gyulchekra Bobokulova, un cas  parmi de nombreux isolés.
Si vous n'avez rien vu passer, vous serez sans doute éblouis d’apprendre qu’au Québec, royaume incontesté de la liberté d’expression et du droit du public à l’information, plusieurs médias ont parlé de l’événement...  pour mieux l'oublier dès le lendemain.  En vain, j'ai cherché un suivi, un commentaire, une analyse, une quelconque tentative d'explication d'un geste aussi atroce, je n'en ai pas trouvé.  

Si vous êtes plus chanceux que moi, vous pouvez me copier un lien à la section commentaire de cette chronique.  Ne vous en faites pas si vous ne trouvez rien, le même silence radio règne aussi sur les médias occidentaux.  Un banal cas de folie isolé.  Un autre...

Gyulchekhra Bobokulova, 38 ans, gardait Nastya, sa petite victime, depuis trois ans et ne s’était jusque-là démarquée que par son professionnalisme et sa fiabilité sans accroc.  Elle faisait, a-t-on affirmé, presque partie de la famille.  Comment a-t-elle pu, du jour au lendemain, quitter ce prosaïque visage de femme sans reproche pour se métamorphoser en monstre sanguinaire ?

Pour venger les musulmans bombardés par Poutine…

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la meurtrière, originaire de l’Ouzbékistan et mère de trois enfants, ne brillait pas par la cohérence alors que, à peine seize heures après le meurtre, elle expliquait aux policiers, sur les lieux du crime, comment, après avoir « entendu des voix », elle avait étranglé, puis décapité sa victime avec un couteau de cuisine.  

Elle devait ajouter que tout était la faute de son mari infidèle, qui l’avait trompé avec une autre femme, ce qui ne l’a pas empêché d’affirmer : « C’est Allah qui me l’a ordonné. »  Quand une situation n’est pas partie pour être claire…

Originaire d’un État de l’ancienne union soviétique à majorité musulmane, elle n'aurait aucunes accointances connues avec quelque organisation terroriste islamiste connue.  Elle serait atteinte de schizophrénie, explication qui a bon dos, mais qui pourrait s’avérer juste dans son cas.  

Au cours d’une entrevue pour le moins décousue, elle devait cependant affirmer qu’elle avait tué l’enfant pour venger les musulmans des bombardements infligées par le président Vladimir Poutine en Syrie.

Il n’y a pas qu’au Québec que les médias se taisent…

Dmitri Peskov, crédible ?
Selon Russia beyond the Headlines, qui porte bien son nom : « La société russe a violemment réagi à la tragédie. L’absence de couverture de l’affaire par les principales chaînes de télévision a provoqué une forte émotion. Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, a déclaré que les autorités n’avaient donné aucune recommandation aux chaînes de télévision, mais soutenaient leur décision. »  Puisque M Peskov le dit…

Une spécialiste de l’islam, Raïssa Souleïmanova, considère par ailleurs que le fait de ne s'en tenir qu'à l'hypothèse d'une possible intoxication de la meurtrière ou de sa maladie mentale pour calmer le jeu n'est pas une option :  « Cela aura l’effet inverse. La volonté de dissimuler l’élément religieux et idéologique ne fera que convaincre le russe moyen de son existence ».

Bien que Bobokulova ait connu plusieurs séjours en psychiatrie avant d’arriver à Moscou, Il faut, croit Mme Souleïmanova , envisager la motivation islamiste  :

« Décapiter les gens est devenu pour les partisans de Daech [organisation interdite en Russie, ndlr] un symbole qui terrifie leurs ennemis. De façon révélatrice, cette femme a commis son crime dans un appartement, mais est sortie le revendiquer dans la rue, criant des menaces aux passants et semblant se vanter de son acte. »

Vous serez sans doute étonné de voir un défenseur de l’islam s’opposer à pareille hypothèse. Damir Moukhetdinov, vice-président de la Direction spirituelle des musulmans de Russie, devait déclarer, toujours dans Russia, beyond the Headlines : 

« Même en supposant qu’elle partage les positions des extrémistes, elle ne peut avoir aucun lien avec la culture islamique. Dans le chapitre « Mener le Jihad » de n’importe quel livre de droit islamique, il est écrit que la guerre ne se mène pas contre les enfants, les femmes et les personnes âgées. » 

Nastya, quatre ans, victime
Une femme, vêtue de noir, capite une enfant (Aucune décapitation prescrite dans le coran, naturellement...), crie « Allah akbar ! », en brandissant sa tête, affirme qu'Allah a inspiré son geste, menace de se faire exploser, déclare avoir voulu venger les musulmans bombardés par Poutine, et elle n'aurait aucune affinité avec une culture qui prône le djihad, la décapitation de ses ennemis, le mépris meurtrier des femmes et la tolérance envers la pédophilie dans un contexte marital ?  Autant ne pas voir les animaux dans un zoo...

Faut-il absolument entretenir des liens privilégiés avec une organisation terroriste musulmane pour être considéré islamiste ?  L’adhésion au djihad, documentée ou simplement fanatiquement aveugle, ne suffit-elle pas ?  La schizophrénie est-elle une explication qui écarte automatiquement cette étiquette ?  Et puis, y a-t-il une si grande différence entre un islamiste schizophrène et un autre, qui ne l'est pas ?  Existe-t-il des terroristes islamistes sains d’esprit ?

Une migrante illégale…

Cette nouvelle fracassante a également mis en évidence la délicate question de l’immigration et de l’inefficacité de son contrôle : Goultchekhra Bobokoulova travaillait sans autorisation à Moscou. Si les services de l’immigration avaient pu l’intercepter à temps, une évaluation psychiatrique aurait pu éviter le pire.  

Pas plus qu’au Québec, l’arrivée de migrants ne soulève l’enthousiasme du peuple russe.  Une tragédie pareille ne va pas arranger les choses.  Voilà sans doute une raison de plus expliquant le silence des médias… qui n’auront reçu aucune directive politique, bien sûr.  Au fond, au plan de la liberté de presse, le pays de Poutine n’est pas si différent de celui de Trudeau…   

2 commentaires:

Prof Solitaire a dit…

De véritables efforts sont déployés pour taire ces événements sous prétexte qu'ils seraient susceptibles de nourrir "l'islamophobie"... ceci en est un autre exemple... et comme tu le démontres bien, peu importe l'état mental de l'assassin, l'influence de Daech est évidente...

Olivier Kaestlé a dit…

Me semble-t-il, en effet... ;-)