lundi 28 février 2011

Recherche médicale : nous prend-t-on pour des im-Becels ?

Patricia Paquin
Ce n’est sans doute pas assez de savoir qu’au Québec, les soins de santé et de services sociaux pour femmes sont onze fois plus financés que ceux pour hommes ni que, grâce au nouveau concept d’analyse différenciée des problématiques selon le sexe, contenu dans la plus récent plan d’action du gouvernement québécois sur l’« égalité » homme femme, l’écart continuera de se creuser.  Encore fallait-il que la Fondation des maladies du cœur du Québec enfonce le clou – de cercueil – avec une campagne ayant pour thème Femmes de cœur.  Ce triste moment de sollicitude à sens unique, commandité par Becel, a été orchestré par Cartier communications.  Faut-il préciser que les hommes sont de facto – à nouveau - exclus ?  Sans doute n’ont-ils pas assez de cœur.

L’animatrice Patricia Paquin est la porte-parole de « l’événement ».  La publicité, éloquente, ne passe pas inaperçue.  On y apprend que cette année, plus de femmes mourront d’une maladie cardiovasculaire que de tout autre maladie au Canada.   Mme Paquin renchérit : Prenez un moment pour penser aux femmes que vous aimez et imaginez que vous pourriez contribuer à sauver une seule d’entre elles.  Suivent ensuite des instructions pour se rendre sur le site de la campagne afin d’organiser un souper à la santé de celles que vous aimez.  N’invitez surtout pas de gars, vous auriez l’air d’avoir de bonnes manières !


Cette campagne discriminatoire implique sournoisement que seules les femmes méritent la considération afin de préserver leur santé.  Je n’ai rien contre le fait qu’une initiative semblable soit mise sur pied, bien au contraire, à condition qu’autre autre d’importance égale soit consacrée aux hommes.  Dans le cas présent, les hommes, la Fédération des maladie du cœur et Becel s’essuient avec !  Es-ce par ignorance ?

Improbable puisque, selon des chiffres provenant de ladite fondation même, les maladies cardiovasculaires étaient responsables de 30 % de tous les décès au Canada en 2006, soit 30 %, chez les hommes, et 31 % chez les femmes.  Voilà un triste exemple où la parité homme femme est atteinte.  Bien sûr on souhaiterait un contexte plus constructif.  Il nous reste à conclure que, aux yeux de la Fondation des maladies du cœur, à risque égal, les femmes méritent qu’on s’occupe d’elles et les hommes, pas du tout.

À quand le ruban bleu ?

Cet incident regrettable me fait penser à un parti pris similaire, concernant cette fois le cancer du sein, le plus meurtrier chez la femme.  Tout le monde connaît le ruban rose que l’on retrouve dans les épiceries, notamment sur les bouteilles de vin, initiative de la Fondation du cancer du sein du Québec.  Encore là, je n’ai rien contre le fait qu’une telle campagne existe, ni contre la nécessité que des fonds soient consacrés à la recherche en vue d’enrayer cette terrible maladie.  Pour y être opposé, il faudrait être sans cœur. 

Là où – à nouveau – la bât blesse, c’est qu’il n’existe aucune initiative correspondante afin d’enrayer le cancer de la prostate, de loin le plus meurtrier chez les hommes.  À quand une Fédération du cancer de la prostate du Québec, et la présence d’un ruban bleu sur les bouteilles de vin ?  Une telle initiative est-elle si impensable dans un État sans Conseil du statut de l’homme, sans Secrétariat à la condition masculine, sans ministère de la Condition masculine ?  Faudrait-il en arriver à s’encombrer de structures aussi inutiles et coûteuses que leurs contreparties féminines pour qu’enfin, les hommes soient considérés comme des être humains à part entière méritant la sollicitude et le respect ?

Il n’y a pas que les rubans roses.  On apprenait, en octobre 2010, que, grâce à un partenariat privilégié avec Ultramar, la Fédération du cancer du sein avait pu récolter 1,5 millions en six ans, dont 235 505 $, cette année là.  Pour la sixième année consécutive, un cent par litre d’essence Suprême vendu en octobre avait été recueilli.  Faut-il le répéter, il n’est pas question ici de décrier pareille initiative.  Mon questionnement demeure : comment se fait-il qu’aucune initiative comparable ne soit mise en oeuvre pour le cancer de la prostate ? 

Si ce n’est pas par compassion, l’État devrait considérer l’économie de coûts sociaux que la recherche, associée à la prévention, pourrait permettre.  Trop compliqué, sans doute.  Pourtant, nos – très nombreux – bureaucrates en santé et services sociaux devraient y penser.  Selon des données de 2010 de la Société canadienne du cancer, alors que 23 200 femmes recevront un diagnostic de cancer du sein et que 5 300 en mourront, ces sont 24 600 hommes qui recevront un diagnostic de cancer de la prostate et 4 300 qui en décèderont.  Je souligne encore ici qu’hommes et femmes sont égaux devant la maladie.  Pourquoi ne le sont-ils toujours pas devant la recherche ?

Un équilibre à rétablir

Il y a sept ans, le rapport Rondeau révélait des lacunes sérieuses dans la prestation des soins de santé et des services sociaux envers les hommes.  On connaît – pas assez – la suite.  La FFQ et quinze autres instances féministes devaient faire tabletter ce document en en condamnant les conclusions dans un mémoire intitulé Comment fabriquer un problème.  Ces dames ne manquaient pas de culot, mais à coup sûr, de compassion, cette qualité soi-disant si féminine. 

Gilles Rondeau
Les faits relevés plus haut sont pourtant éloquents; pas besoin de fabriquer de problèmes, ils sont là.  Ajoutez à cela des réalités peu connues, qui conditionnent à la baisse la qualité de vie, à l’effet que le nombre de chômeurs, d’assistés sociaux et d’itinérants reste plus élevé chez les hommes que chez les femmes.  Quoi, vous ne saviez pas ? 

Onze fois plus de budget pour les femmes que pour les hommes, à même nos taxes, et des problématiques d’importance comparable.  Chez un gouvernement pour qui l’expression parité homme femme est devenue un mantra, il semble pourtant qu’il y ait loin de la coupe aux lèvres quand il s’agit de prendre les hommes en considération.  À quand un parti politique avec dans son programme un rééquilibrage dans l’octroi des ressources en santé et services sociaux qui tienne autant compte des hommes que des femmes ?  Il s’agit pourtant là d’un enjeu élémentaire d’équité et de respect.  Ça aussi, c’est une question de lucidité…

8 commentaires:

Normand Michaud a dit…

Merci à la fondation des maladies du Coeur de procéder par discrimination avec sa publicité et sa porte parole Patricia Paquin.

Comme si le coeur est une affaire juste DE FEMME...

Olivier Kaestlé a dit…

Ne nous le dit-on pas assez, Normand, que les hommes n'ont pas de coeur ? La fondation semble avoir appris sa leçon, à l'image d'un féminisme radical pour lequel la condition masculine n'existe pas.

L'équation est - très - simple : les hommes, c'est connu, n'ont pas de problème, donc aucune problématique ne peut résulter de cette absence, par conséquent, il ne peut y avoir de condition masculine... Quand je te disais que leur optique était simple... au point de faire simple.

Jenny a dit…

Je suis une femme, conjointe d'un homme extraordinaire et je suis témoin jour après jour de l'injustice envers les hommes en cette société Québécoise. Je suis outré, brisé et malheureusement impuissante face à ce fléau. Pas que je ne tente rien mais, je me sens complètement démunie debout, presque seule, devant tant d'acharnement à écraser nos hommes... Ici on parle de la santé des hommes qui est moins importante que celle des femmes, qui ne demande pas tant d'attention que celle des femmes... C'est fou comme la société ne se rend pas compte... C'est aberrant de voir une société vouloir briser les hommes à ce point. Je me suis ouvert les yeux il y a quatre ans. Je croyais en la justice, plus maintenant. Mon conjoint c'est fait totalement démolir par LA juge dans un cas de garde d'enfant. Même s'il avait les meilleures conditions possibles pour le bien-être de l'enfant, la garde partagée lui a été refusé. LA juge a préféré garder l'enfant avec sa mère, dans un milieu instable et qui va à l'encontre des besoins de l'enfant. Depuis quatre ans, mon homme se bat contre une société qui en a que pour les femmes. Aujourd'hui, les femmes bénéficient de préjugés favorable à leur égard, non seulement quand il s'agit de la garde des enfants mais aussi dans leur emplois et maintenant, au niveau de la SANTÉ... Non mais, arrêter le carnage!!! Bonne idée le ruban bleu, pas pour viser que la santé mais pour dénoncer la condition masculine en général...

Merci
Jenny

Olivier Kaestlé a dit…

Ce qui est tragique, dans la situation trop fréquente vécue par les pères à laquelle vous faites allusion, c'est que, non seulement les hommes sont écrasés, mais aussi leurs enfants, dont cette "Justice" se contrefiche, et leur nouvelle conjointe, quand ils en trouvent d'assez forte pour les épauler dans leur lutte pour faire reconnaître leurs droits. Bon courage, Jenny, à vous et à votre homme.

Malthus a dit…

Moment de synergie- j`allais moi-même écrire sur le sujet...
Ce qui m'enrage le plus avec les pubs de bécel c'est qu'il est sous-entendu que la vie d'une femme vaut plus la peine d'être sauvée que celle d'un homme; qu'elles sont, en quelque sorte, des éléments plus importants de l'Humanité.
Remarquez que c'est là une attitude assez répandue dans la gent féminine. Parcequ'elles sont capables d'enfanter, elles valent plus que nous.
J'ai beau leur pointer du doigt la pléthore de races éteintes et pourtant fertiles qui peuplent nos musées d'histoire naturelle, rien n'y fait. Le sentiment inné de leur propre supériorité est indélogeable.
Utérus = plus. Envers et contre toute logique.

Olivier Kaestlé a dit…

Il serait si facile de leur rétorquer que les hommes sont à l'origine des plus grandes inventions de tous les temps : auto, avion, conquête de l'espace, cinéma, télévision, musique, ordinateurs, et j'en passe. Faudrait-il nous trouver supérieur en invoquant ces précédents ?

Rien ne changera quoi que ce soit au fait que chaque sexe est supérieur à l'autre par des caractéristiques qui lui sont propres, sans l'être pour autant globalement. Un concept sans doute trop simple à saisir pour les esprits supérieurs...

Malthus a dit…

Lorsque j'entends une féministe pester et rager contre le Patriarcat et la sempiternelle 'oppression' qui en découle je me permets toujours de lui rapeller que c'est sous l'égide patriarchale que l'Humanité est passée de quelques milliers d'âmes primitives aux millards actuels et que ce sont les hommes qui ont inventés toutes les technologies permettant aux femmes de ne plus *devoir* occuper leur role traditionel.
Bref, que ce sont les hommes qui ont forgés une Humanité forte et dominante sur toutes les autres espèces; que ce sont eux qui ont permis l'émancipation féminine et que ce sont eux qui permettront éventuellement la continuité de l'espèce dans le temps via la colonisation de l'espace.
Pas si pire pour un sexe "inférieur" voire "inutile"...

Olivier Kaestlé a dit…

D'accord avec vous à cent pour cent, Malthus. On a vu pires cas de décrochage. À noter que, si nos universités sont délaissées par les gars, les filles ne sont pas pour autant en train de prendre leur place dans les métiers dits non traditionnels, contrairement à ce que ronfle une certaine propagande féministe.

Résultat : nous nous retrouverons avant longtemps devant une pénurie de main d'oeuvre spécialisée alors même que les technologies prennent dans nos vie une importance sans précédent. Encore une victoire du féminisme radical...