jeudi 22 septembre 2011

Un psy pédophile a fait condamner un accusé d’agression sexuelle

Notre justice apprendra-t-elle
de ses erreurs ?
J’ai beau me dire que notre système judiciaire relève trop souvent du plus tragique vaudeville dans les causes d’agressions sexuelles où la présomption d’innocence semble officieusement abolie, je reste médusé devant son incapacité à se remettre en question et à apporter les correctifs qui s’imposent.  Pas de doute, nos magistrats s’entêtent à ne pas apprendre de leurs erreurs. 

Le cas de Marc Racicot, d’autant plus sérieux qu’il a été médiatisé, s’inscrit dans une longue lignée d’enquêtes effectuées à charge plutôt qu’à décharge, de preuves d’innocence pourtant évidentes laissées de côtés au mépris de toute éthique, et de verdicts désastreux prononcés par des juges partiaux et incompétents.  À notre époque où le public québécois réclame à corps et à cri une commission d’enquête sur la construction, une initiative similaire devra tôt ou tard être mise en œuvre dans le cas des fausses allégations et de déni de présomption d’innocence.

Une visite bouleversante

C’est le 7 mars 2000 que Marc Racicot voit son existence basculer lorsque des fonctionnaires de la DPJ se présentent aux deux garderies dont il est propriétaire dans la région de Québec, Les Écureuils.  Sans crier gare, on l’avise que les enfants doivent ramasser leurs affaires au plus vite et vider les lieux parce qu’ils sont en danger.  « J’ai alors regardé partout autour de moi, m’écrit-il, pour constater que je ne voyais aucun danger.  On m’a expliqué qu’il y avait un signalement d’un parent et c’est par mesure préventive qu’on venait retirer tous les enfants des deux centres. »  Notre homme est abasourdi.  Qui ne le serait pas ?  Imaginez pareille suspicion entourant un homme opérant une entreprise aussi vulnérable aux allégations non fondées, dans le contexte de justice quasi inquisitoriale qu’est devenu le nôtre, par la magie de pseudos campagnes de sensibilisation démonisant les hommes par le biais de statistiques subjectives et dopées ? 

Sacralisation des plaignantes

Une garderie présente un risque élevé
d'accusations non fondées.
Cette toile de fond calamiteuse, conditionnant fâcheusement ce qui nous sert de système judiciaire, explique et cautionne malheureusement la lourdeur de l’intervention de la DPJ, malgré la minceur de la preuve, comme l’explique l’intéressé : « Je fus donc accusé d’agression sexuelle sur un seul enfant dans deux garderies qui comptaient au total près de 90 enfants.  Une mère qui me devait près de 600 $ au moment de son signalement prétendait que son fils aurait mentionné « pénis dans la bouche » et aurait indiqué le prénom de Marc à sa mère.  Il n’en fallait pas plus à la DPJ pour détruire les deux garderies avant même d’avoir enquêté ou de m’avoir parlé. » 

Voilà un – autre – témoignage qui illustre bien la fâcheuse tendance de nos services sociaux, de nos corps policiers et, nous allons le constater, de notre système judiciaire, à enquêter à charge, c’est à dire en vue d’incriminer, et « d’oublier » d’enquêter à décharge, en vue d’innocenter.  Un tel état de fait confirme à quel point la parole d’une femme, en l’occurrence la mère d’un enfant, pèse lourd quand vient le temps d’incriminer un homme, qu’il soit coupable ou innocent.

Le loup dans la bergerie

Martin Dubois
Pour tout arranger, la Couronne engage, comme témoin-expert, Martin Dubois, psychologue spécialisé dans le traitement des enfants victimes d’abus sexuels, habitué à témoigner par le fait même pour le ministère public dans les causes d’agressions sexuelles d’enfants.  Malgré cette feuille de route exemplaire, cet individu sera condamné en 2006 à deux ans moins un jour pour avoir agressé sexuellement trois garçons, entre 2001 et 2005.  C’est donc sur la foi des conclusions d’un tel personnage que le juge dispense l’enfant de témoigner, étant donné un problème présumé de langage, établissant par le fait même que des adultes puissent s’exprimer à sa place.

« Le procès était déjà réglé avant même de commencer, de préciser Racicot, le juge ayant déjà indiqué que l’enfant était fiable avant même d’avoir entendu les arguments de la défense.  Je fus donc condamné à deux ans moins un jour à purger dans la collectivité. »  Le douteux psychologue devait déposer en preuve des cassettes présentant l’évaluation de l’enfant.  On y entend très distinctement Dubois demander au gamin qui a mangé son pénis.  Et l’enfant de répliquer : « C’est Poupou, c’est poupou. »  Il s’agit d’un surnom donné au père.  Une copie du passage de l’entrevue où le petit fait la déclaration qui aurait pu innocenter Marc Racicot a été mis en ligne par ce dernier sur You Tube.

« C’est alors, enchaîne Racicot,  qu’il (Dubois) explique au juge que l’enfant ne répondait pas à la question mais qu’il parlait d’un dessin de gouache qui était un gros barbo qui ne représentait même pas une personne.  Si ce n’avait pas été l’intervention de Martin Dubois devant le juge, j’aurais été acquitté par la déclaration de l’enfant qui identifiait une autre personne que moi. »  Conclusion fort probable, en effet.

Le juge Mercier aurait-il été aussi sévère s'il avait
connu la vraie nature de son témoin expert ?
Il aura donc suffi des présumées confidences d’un enfant rapportées par une mère en défaut de paiement et du commentaire d’un psychologue pervers pour que l’existence d’un propriétaire de garderies soit gâchée.  Lors des plaidoiries sur sentence faites en 2002 au palais de justice de Québec, le juge Yvon Mercier devait aller jusqu’à déclarer, devant Marc Racicot, accompagné de deux gardes du corps : « En effet, des gestes comme ceux faits par l’accusé ne peuvent rester cachés et doivent être dénoncés pour faire cesser cette conduite et empêcher que d’autres victimes subissent les mêmes affres. »  Amen.

Un nouveau procès s’impose

Malgré la minceur de la preuve, la cour d’appel du Québec maintient le verdict de culpabilité en 2004.  Ce n’est que l’année suivante que Martin Dubois sera accusé d’agression sexuelle.  Aujourd’hui, Marc Racicot espère la tenue d’un nouveau procès. 

Je ne suis ni intervenant social, ni enquêteur policier, ni procureur et encore moins juge.  Je ne suis qu’un citoyen exerçant son droit de parole et de prise de position dans un contexte social où subsiste une certaine idée de démocratie.  Je ne peux donc, compte tenu de ces limites, me déclarer persuadé hors de tout doute de l’innocence de Marc Racicot, mais l’homme reste très crédible. 

La Justice ne peut faire l'économie
d'un nouveau procès.
La sincérité de son témoignage, le caractère dérageant des faits allégués, l’arbitraire des procédures impliquant autant la DPJ que l’appareil judiciaire et, plus particulièrement, la crédibilité désormais évaporée du témoin-expert à l’avis si déterminant, me paraissent autant de circonstances justifiant la tenue d’un nouveau procès.  Je ne peux donc que souhaiter la meilleure des chances à Marc Racicot afin qu’il bénéficie cette fois d’un procès juste et équitable.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Comment savoir si l’accusation est vraie ou fausse ?
Les criminels, sauf rares exceptions, ne reconnaissent JAMAIS les faits qui leur sont reprochés !
Les innocents, accusés faussement, nient TOUJOURS et clament que ce n’est pas vrai.
Mais on ne les croit pas !!!

Les fausses allégations ont pour buts, soit de nuire à la personne que l’on accuse à torts, soit pour retirer du profit. Tout le monde le sait… mais rien ne change.

Pourtant, en organisant la rencontre avec tous les « adversaires », pour une confrontation, devant une « équipe pluridisciplinaire », on pourrait déceler plus facilement les mensonges, les fausses accusations.
Il suffirait d’obliger les « adversaires » à se rencontrer au sein de cette « équipe pluridisciplinaire » qui a pour but d’apporter les aides et les soutiens aux familles.
On peut faire appel aux moyens / outils existants comme les « Centres de Planning Familiaux » qui existent depuis plus de 50 ans.

Nous devrons nous tourner vers la « Médiation » et la « Déjudiciarisation ». Ce n’est qu’en cas de crimes évident, prouvé, reconnu,… que les gens devraient passer en Justice pour y être condamnés.

Depuis plus de 50 ans je n’entends que la justice est faite pour les malhonnêtes… et rien ne change.
Si la Justice continue à agir comme elle le fait, bientôt il ne sera plus possible de juger un criminel sauf s’il est prit « La Main des le Sac ».

Car en définitive, TOUT le monde, les criminels et les innocents nient tout ce qui leur est reproché. Et les avocats (beaux parleurs et menteurs) en profitent pour s’en mettre plein les poches ! Et les innocents sont broyés, lésés, spoliés,… C’est une honte !

Olivier Kaestlé a dit…

Je suis de tout coeur d'accord avec l'intégralité de votre propos, mais trop de gens ont intérêt à ce que ce genre de situation se judiciarise et se perpétue, exactement pour les raisons que vous invoquez.

Un intervenante d'un centre jeunesse m'a déjà clairement affirmé qu'elle et ses collègues ont pour directive de prendre fait et cause pour le ou la plaignante dès que des accusations sont portées. De là on comprend aussitôt à quelle vitesse des histoires qui pourraient se régler selon les modalités que vous proposez arrivent en cour et défraient la manchette.

Tout ça survient sous le fallacieux et hypocrite prétexte de préserver les prétendues victimes. Quelle bassesse sans nom !

Anonyme a dit…

Étrangement, mon ex-conjointe qui était alors ma conjointe au moment ou elle me confie que, son beau-père le conjoint de sa mère; lui a déjà fait plusieurs attouchements sexuels lors de sa jeunesse. Puisque celui-ci est le grand père de mes enfants, je signale ce fait à la dpj étant donné que celui-ci habite à 7 hrs de route de notre résidence et que mes enfants de 8 et 2 ans sont souvent seuls avec leurs grands parents alors que la grand maman a un sérieux penchant pour l'alcool et que mon ex-conjointe laisse les enfants pour aller faire la fête. La MAGNIFIQUE DPJ me pose un tas de questions sur la mère, mon ex-conjointe, le pourquoi du comment et sur les habitudes du grand-père.... Loin de moi l'idée de condamné le grand-père; je n'ai qu'en tête de protéger l'innocence de mes filles. Vient alors leurs réponses... " monsieur vous venez de vous séparez vous inventer des histoires pour nuire à votre ex-conjointe, vous n'êtes pas crédibles... " Voilà toute une réponse qui n'aurait sûrement pas été la même si j'avais été une UNE ( femme ) qui l'avais dénoncé!!!

Olivier Kaestlé a dit…

Votre histoire me rappelle celle de Benoît Bausson, qui reste à mes yeux l'exemple le plus probant en la matière. Malgré des preuves patentes à l'effet que son ex sous médicamentait sa fille pour l'affaiblir et soutirer ainsi une subvention pour personne handicapée, c'est à lui qu'on a ordonné un suivi psychosocial. Une psychologue biaisée en est arrivé à la même conclusion que dans votre cas. Il aurait pourtant suffit d'un regard sur les preuves matérielles fournies par Bausson pour comprendre le risque sérieux pour la santé de l'enfant. La DPJ protège trop souvent bien davantage les mères déviantes que leurs enfants. À mon sens, ces sont ces intervenantes misandres et incompétentes qui devraient se retrouver sous observation. Voici la chronique que j'avais consacré à ce sujet :
http://olivierkaestle.blogspot.com/2011/01/thriller-judiciaire-vecu-une-enfance-en.html

froggyflow1 a dit…

Je sais bien que vous êtes québécois, mais vous auriez pu faire un lien entre cette affaire et la tristement célèbre affaire "d'Outreau" en France. Pour rappel, tout un groupe de personne a été accusé de pédophilie par des enfants et leurs parents, lesquels avaient maille à partir les uns envers les autres. Après une erreur catastrophique de l'instruction (uniquement a charge, et sur des allégations d'enfants exprimées par des adultes... tiens tiens...), un changement de juge, et des dizaines et des dizaines d'audience, le groupe accusé a été gracié, bien qu'ayant fait de la prison pour certain d'entre eux (et ayant donc eu leur vie détruite...), et le couple accusateur a lui été condamné pour des faits d'abus sexuel sur mineurs. Depuis cette affaire, la parole sacro-sainte du petit enfant a largement moins de poids face à des instructions menées correctement.

De façon plus tragique, on se rappellera le cas de ce professeur de sport accusé par un de ses élèves... Il fut a l'époque lynché (le mot est faible...) médiatiquement, et aussi par Ségolène Royal (ex candidate a la présidence, et ex compagne de notre "président" actuel). Le pauvre homme, père de famille, vie détruite, mit fin à ses jours en se pendant chez lui. Quelques jours après, le petit accusateur revenait sur ses déclarations, il avait tout inventé après un différent avec son professeur. La justice suivi ensuite son cours, et le jeune homme maintenant en age d'être condamné le fut en novembre 2010, 4 mois de prison...

On pourrait relier tout ceci à la "théorie du balancier", il y a quelques années, le gamin qui se faisait tripoter par le tonton un peu bizarre se faisait dire de fermer sa gueule, maintenant certains voit le viol de leur gamins dans n'importe quel dessin ou n'importe quelle phrase. Le chemin pour que le balancier s'équilibre sera long, mais on peut y arriver...

Olivier Kaestlé a dit…

@ Froggyflow 1 Très justes, vos observations. On passe souvent d'un extrême à l'autre, sans se soucier de la nécessité du juste milieu. Ceci dit, j'ai déjà traité de l'affaire d'Outreau dans la chronique suivante :
http://olivierkaestle.blogspot.ca/2009/12/de-veritables-fausses-allegations.html