jeudi 24 novembre 2011

25 novembre : tribunes d’opinion et droit à la dissidence

C'est reparti pour la rituelle
démonisation des hommes...
Vous le savez sans doute : demain sera la journée de l’élimination de la violence faite aux femmes.  Comment l’ignorer, puisque nous avons déjà commencé à subir la propagande biaisée et rituelle de cette activité internationale misandre.  Bien sûr, nul ne peut se dire tolérant envers pareille problématique, mais il faudra avant longtemps admettre collectivement le caractère éminemment sexiste et réducteur de l'événement, qui finit par atteindre exactement le résultat inverse à celui escompté en nous faisant soit bailler aux corneilles ou pester d’indignation.  Pas de doute, de plus en plus de gens se désolidarisent de telles « célébrations », et c’est tant mieux.

D’une part, cette journée banalise et relègue à l'arrière-plan les violences et injustices subies par les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées, les communautés culturelles et, surtout, les hommes, particulièrement ostracisés depuis plus de 40 ans.  D’autre part, ces derniers, pour peu qu’ils soient blancs et hétérosexuels, se voient attribuer le rôle exclusif de prédateur tout terrain ne vivant que dans le dessein criminel d’opprimer les femmes par tous les moyens possibles.  D’ailleurs, la gent masculine n'est-elle pas constituée, dans cette optique paranoïaque, en caste dominante, en communauté privilégiée étroitement liée et implacablement organisée en vue de réduire à néant les aspirations légitimes de femmes fragiles et naturellement tournées vers le bien ?  

Cette perception obstinée devient avec les années si incongrue que l’on se demande comment des femmes et leurs valets masculins, majeurs et vaccinés, peuvent encore se ridiculiser publiquement à la propager, et les médias, passifs et d’une complaisance coupable, s’avachir à la  diffuser sans la remettre en cause.  Rien n’est plus facile pourtant que de défaire un argumentaire aussi défaillant, fondé sur le mensonge, le dopage statistique, les affirmations non vérifiées et les jugements de valeurs subjectifs et haineux, drapés de nobles sentiments dont la sincérité ne convainc plus.

Tribunes d’opinion : ouvertes à la dissidence ?

Le visage ignoré de la violence conjugale.
Cette année, je me suis décidé à reprendre du gallon dans une discipline qui m’était chère, avant de lancer ce blog, soit de participer aux tribunes d’opinion des principaux quotidiens du Québec, cette fois par l’envoi d’un texte donnant l’heure juste sur la violence conjugale, en citant études et chiffres gouvernementaux établissant sans l’ombre d’un doute la parité homme femme dans ce domaine. J’ai donc fait parvenir mon topo aux médias suivants : Le Soleil, Le Nouvelliste, Le Journal de Montréal, Le Devoir, La Tribune, Le Quotidien, L’Outaouais et Le Droit.  Je me suis abstenu de perdre mon temps avec Cyberpresse (le média, non le site de Gesca), qui n’ouvre ses portes qu’à une élite dont je ne fais pas partie, et avec La Presse, qui me boude obstinément depuis mes six lettres du jour consécutives dans Le Journal de Montréal, son rival de toujours.

Je dois préciser ici que Le Quotidien, L’Outaouais, La Tribune et Le Droit étant des quotidiens régionaux, ils ont pour politique de privilégier les envois de résidents de leur territoire respectif;  il aurait donc été étonnant que ces médias publient le texte d’un auteur venant de l’extérieur, mais un gars s’essaie.  Je ne leur ferai ainsi pas de procès d’intention.  Il en va différemment pour l’élitiste Devoir, d’envergure provinciale, à qui j’ai dû déjà envoyer près d’une soixantaine de textes, sans qu’aucun ne trouve grâce aux yeux de sa responsable de la tribune d’opinion.  Il faut être Montréalais ou célèbre, semble-t-il, pour y avoir accès.  Et puis, comment ce quotidien « phare » pourrait-il s’abaisser, sans craindre que son lectorat du Plateau Mont-Royal n’avale son café bio Équitable de travers, à publier une lettre en provenance de Trois-Rivières, cette ville mauricienne voisine d’Hérouxville, d’où origine les si scandaleuses normes de vie qui ont ébranlé la planète ?

Le Nouvelliste, jadis ouvert à la pluralité des points de vue, a refusé mon texte, malgré une relance de ma part.  J’ai protesté par l’envoi de ce courriel, auquel la responsable de la tribune d’opinion, habituellement alerte, a cette fois décidé de ne pas répondre :

Une étrange journée de célébration...
« Si je comprends bien, le texte long d'un « intervenant » d'Accord Mauricie (organisme pour hommes violents) se prenant pour un oracle présentant la violence conjugale comme essentiellement masculine, ça passe.  Une autre lettre, aussi longue, d'une représentante d'une maison d'hébergement affirmant que la violence psychologique demeure typiquement masculine, ça passe.  
Mais un texte de ma facture, citant des études gouvernementales officielles qui contredisent ces clichés sexistes et misandres, là, ça passe pas.  
Comment se fait-il que Le Nouvelliste ne soit plus capable de montrer une diversité de points de vue sur un sujet aussi épineux ?  Si je vous avais ensevelie sous mes textes récemment, j'aurais compris, mais là, justement, je ne comprends pas. »

Seul Le Soleil a eu le cran, comme souvent, de publier mon topo.  Ce journal demeure un cas particulier qui mérite des félicitations.  Combien de fois ne me suis-je pas dis : « Cette fois, ça passera pas, c’est trop dérangeant. »… pour constater que ça passait quand même.  Le Soleil s’inscrit-il dans cette tendance que l’on a si savoureusement baptisée « le mystère Québec » ?  Quoi qu’il en soit, j’espère que cette énigme ne soit jamais résolue et que ce journal conservera son ouverture à la dissidence envers un discours aussi dominant que limiteur. 

Au risque de paraître répétitif, je conclurai donc cette chronique par la publication de mon point de vue paru dans Le Soleil.  Dans le contexte de désinformation que nous connaissons, ces évidences doivent être martelées.  Bonne lecture.


À quand une campagne sur le sujet ?
Saviez-vous que Martin S Fiebert, un chercheur du département de psychologie de la California State University, a compilé plus de 282 études dont 218 enquêtes empiriques, qui démontrent que les femmes seraient autant, sinon plus violentes physiquement, que les hommes ?  Comment expliquer que, malgré une documentation aussi abondante, nous ne conservions toujours qu’un seul œil ouvert sur la violence conjugale, celle exercée par les hommes ?  Denis Laroche, chercheur à l’Institut de la statistique du Québec, déclarait en 2005, dans le documentaire intitulé Pied de biche, de Rachel Verdon et Robert Favreau, que l’année 1993 avait vu Statistique Canada investi par les groupes féministes.  Résultat : les hommes ont été écartés des signalements en violence conjugale, avec le résultat que leurs contreparties féminines sont apparues comme les seules victimes de ce fléau.  Et il ne s’agit pas là d’un cas isolé.

Ce n’est pas avant 1999 que Statistique Canada recensait enfin les signalements d’hommes agressés par leur conjointe.  Tout l’historique de violence conjugale qui affectait les hommes avant cette année restera à jamais lettre morte.  En 2005, Statistique Canada brisait le silence en révélant que 546 000 hommes étaient victimes de violence conjugale au pays.  Ces chiffres n’empêchaient pas cependant que, force physique « aidant », la violence physique la plus lourde restait subie par les femmes.

Une autre pierre allait être jetée dans le jardin d’un discours victimaire généralisé avec l’enquête psychosociale du Saguenay-Lac-Saint-Jean, réalisée en 2000 par la Direction de la santé publique.  Selon ce document, 5,4 % des hommes qui ont vécu avec une partenaire au cours de l’année précédant l’enquête avaient subi de la violence physique, en comparaison de 2,4 % de femmes pour la même période.  Il s’agit de plus du double de victimes masculines.  Ce n’est pas tout : 1,3 % des hommes avaient subi de la violence physique sévère, contre 0,8 % des femmes, tandis que, au chapitre de la violence psychologique et des agressions verbales, 35,8 % en avaient vécu, soit 1,5% de plus que les femmes dans la même situation.  Pour compléter le tableau, 5,4 % des hommes avaient subi de la violence physique mineure, en comparaison de 2,4 % de femmes.

L'enquête du Saguenay :
une pierre dans un jardin...
« Le contraste pourrait indiquer que les hommes demeurent plus longtemps que les femmes dans une union marquée par la violence conjugale », affirmait encore Denis Laroche dans Le Quotidien du 25 janvier 2009.  L’enquête du statisticien révèle que 3,9 % d’hommes ont rapporté au moins un événement de violence physique au cours des cinq dernières années en comparaison de 2,9 % de femmes, ce qui représente 70 200 hommes et 52 600 femmes, respectivement. 

Ces chiffres ont de quoi surprendre par leur contraste d’avec les données  artificiellement gonflées par le ministère de la Sécurité publique, qui nous fait régulièrement passer des signalements d’agressions pour des délits sanctionnés par des verdicts de culpabilité.  C’est pourquoi il faut les communiquer le plus possible et faire échec au dopage statistique auquel nous sommes exposés depuis trop longtemps.  Peut-être pourrons-nous alors, en plus de reconnaître la violence subie par des hommes, nous intéresser d'un peu plus près aux réels dangers que représentent pour les femmes les us et coutumes émanant d’une culture rétrograde en vif conflit avec nos valeurs profondes.  Quatre femmes ont été lâchement assassinées dans un tel contexte.  Il ne faudrait surtout pas commettre l’erreur d’attendre, comme le préconisent certains oracles populaires, que l’intégrisme religieux devienne « galopant », avant de réagir…

4 commentaires:

al alaffut a dit…

Merci beaucoup M.Kaestlé de rectifier les faits tels qu'ils sont. Il y a toujours 2 cotés de la médaille et c'est pas avec des politiques comme nous avons présentement qui va faire progresser nos familles.

Je sens le vent tourné graduellement laché pas de donner l'heure juste au citoyen ..pour le bien de nos familles

Heureusement qu'il y a des gens comme vous pour exprimer la colère que beaucoup de pères du Québec vivent présentement dans cette belle province misandre. Très bonne article! Merci.

Olivier Kaestlé a dit…

C'est moi qui vous remercie, Al, pour vos encouragements. Oui, le vent tourne, mais il faut maintenir le cap. Cette lutte se gagnera pouce par pouce, pas à pas. C'est pourquoi chaque geste demeure important. C'est la somme de ces efforts, répétés par tous ceux qui aspirent à une société vraiment égalitaire, qui fera un jour la différence.

hommelibre a dit…

Pour ridiculiser cette commémoration morbide du 25 novembre dont les hommes sont à la fois exclus en tant que victime et inclus en tant que démons, nous devrions peut-être organiser des défilés et nous déguiser en monstres, en T-rex, etc...

Olivier Kaestlé a dit…

J'avais déjà pensé à proposer de faire de l'halloween la journée de l'injustice faite aux hommes. Après tout, on y retrouve des sorcières, certaines en robe noire, des gamins, déguisés en Batman, Robin, Spiderman, et autres personnages repris par les Fathers 4 Justice. La justice et le féminisme radical ne sont-ils pas devenus de véritables mascarades ? Et puis, le fait de frapper à toutes les portes des citoyens me fait penser au féministes d'État, qui vampirisent les contribuables. Tiens, j'allais oublier les vampires, c'est vrai !

Dans cette optique, je souscris à ton idée d'une journée internationale de la démonisation masculine. Si l'on commence à se solidariser avec Movembre et la journée de l'homme, on pourrait prendre de bonnes résolutions de mobilisation.