samedi 28 avril 2012

Journée mondiale des toilettes : canular misandre ?

Récemment, quelqu'un m’a étonné en m’informant qu’il existait une Journée mondiale des toilettes.  Je n’étais pas au bout de mes surprises : l’événement en question se déroule le 19 novembre, en plein durant la Journée internationale des hommes.  Mon interlocuteur affirmait que des féministes radicales étaient à l’origine de ce choix de date pour le moins douteux.  Il y a belle lurette que plus rien ne m’étonne de la part de ces drôles de dames, mais pouvaient-elles tomber si bas ?  J’ai effectué quelques recherches sur Internet afin de valider cette hypothèse, sans trouver quelque piste que ce soit qui puisse confirmer, ni infirmer d’ailleurs, l’allégation de mon whistle blower. Il existe cependant plusieurs éléments qui militent en faveur de sa conjecture.  Voyez plutôt.

Les hommes d’abord…

La Journée internationale des hommes a été instaurée en 1999 à Trinité-et-Tobago, avec le soutien des Nations unies et l’appui de nombreux groupes voués à la condition masculine en provenance des États-Unis, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Asie et des Antilles.  Selon ses instigateurs, cet événement annuel représente l’occasion de dénoncer la discrimination qui frappe les hommes dans les secteurs de la santé, de l’Éducation, du droit familial et des médias, pour ne nommer que ces domaines.  On voit tout de suite ce que cette initiative peut représenter de « masculiniste », aux yeux de militantes radicales pour qui la plus petite évocation de problématique masculine est aussitôt étouffée et taxée d’antiféministe.  Non, claironnent-elles, les hommes n’ont pas de problèmes, que des privilèges.

Pour louables qu’ils soient, les objectifs de cette journée n’ont rien pour calmer l’ire de ces féministes, sans doute en raison même de leur légitimité.  Les voici : promouvoir les modèles masculins positifs, pas uniquement les stars de cinéma et les vedettes du sport, mais les gens « ordinaires » comme les hommes de la classe ouvrière qui vivent leur vie de façon décente et honnête; célébrer les contributions positives des hommes à la société, à la communauté, à la famille, au mariage, aux soins des enfants et à l'environnement; se concentrer sur la santé et le bien-être des hommes, aux plans social, émotif, physique et spirituel; mettre en évidence la discrimination contre les hommes dans les domaines des services sociaux, des attitudes sociales, des attentes et de la Loi; améliorer les relations entre les sexes et promouvoir l’égalité pour créer un monde meilleur où les gens peuvent vive en sécurité et grandir en vivant leur plein potentiel.

On peut aisément concevoir à quel point des attentes aussi légitimes qu’humanistes écorchent certaines oreilles.  Reconnaître la pertinence de pareils objectifs équivaut à admettre les problématiques qui les sous-tendent.  Tout simplement insupportable.  Et s’il fallait financer des initiatives gouvernementales pour répondre à ces besoins et moins dilapider les fonds publics en subventionnant outrageusement des groupes et instances féministes inutiles ?  Non, non et non !

Il fallait choisir cette journée-là…

Une organisatrice de l'événement ?
C’est à peine deux ans après l’inauguration de la Journée internationale des hommes, soit en 2001, que des esprits éclairés et pétris des meilleures intentions ont eu l’idée de choisir également le 19 novembre pour instaurer leur Journée mondiale des toilettes.  Pour louable que puisse également paraître cette initiative à prime abord déconcertante, fallait-il choisir la même date qu’un événement qui vise à rétablir les iniquités visant le seul groupe social que l’on puisse rabaisser plus bas que terre en Occident : les hommes blancs hétérosexuels ?  N’y avait-il personne parmi les brillants instigateurs de cet événement pour consulter un bottin des journées annuelles afin d’éviter un aussi regrettable impair ? 

Si impair il y a eu, bien sûr, car il y a lieu de se demander s’il ne s’agit pas d’un choix délibéré, ordurier et misandre quand on considère qu’il existe 364 autres journées dans une année.  Sensibilisation planétaire oblige, un organisme international chapeaute bien évidemment cette activité : l’Organisation mondiale des toilettes (OMT).  Et personne, parmi ces esprits humanistes, ne s’est rendu compte du conflit de dates ?  Dur à avaler.  Au moment où la Journée internationale des hommes prendra de l’ampleur, devinez qui aura l’air ridicule à l’échelle de la planète ?  Il ne faudra pas s’en étonner alors : quand il est question de toilettes, les trous de cul ne se tiennent jamais loin.

Des toilettes roses ?

Malgré le plausible procès d’intention que l’on puisse faire à ses instigateurs, et le caractère en apparence loufoque de l’événement, il demeure néanmoins pertinent en mettant en évidence que près de 2,5 milliards d’humains n’auraient pas accès aux toilettes, avec toutes les conséquences qu’une telle pénurie peut entraîner : mortalité infantile, hygiène défaillante, contamination des nappes phréatiques, notamment. 

Un autre indice pourrait aller dans le sens de l’hypothèse de mon interlocuteur, cité au début de cette chronique : la dimension féministe de certaines revendications.  En 2010, l’OMT a demandé «  à chaque individu, dans son pays, de militer pour obtenir une égalité d’accès aux toilettes pour les femmes et des aménagements spéciaux pour les handicapés. »  Dans une telle optique, soit que, aux yeux de l’OMT, des toilettes fonctionnelles ne soient réservées qu’à l’usage exclusif des hommes, soit que ces derniers, mammifères primitifs dans l’âme, peuvent s’en passer.  Apparemment, les hommes sont toutefois considérés dans la mesure où ils font partie des personnes handicapées puisque le mot « handicapés » est mentionné au masculin.  C’est toujours ça de pris.

Excuses publiques

Que l’OMT ait agi délibérément ou par étourderie, il n’en demeure pas moins que la moindre des choses, de la part de ses instigateurs ou de ses organisateurs actuels, est de déplacer la date de l’événement et d’en informer le public en présentant des excuses à la gent masculine, des tout-petits aux aînés.  La date de leur événement était déjà réservée à la Journée internationale des hommes deux ans avant qu’ils ne se mettent les pieds dans les plats, ou dans les latrines, au choix.  Ce faisant, ces curieux individus pourraient effacer – ou essuyer – l’image nauséabonde d’instigateurs d’une volonté d’injurier dont ils pourraient bien autrement devenir les prochaines cibles.  

jeudi 26 avril 2012

Show Tard : quatre thèmes sur la condition masculine

Une station de radio qui accorde deux heures et demie de son temps à ses invités pour discuter de condition masculine et ce, plusieurs fois par mois depuis près de deux ans, ce n’est ni à Trois-Rivières et encore moins à Montréal que l’on pourrait imaginer ça.  C’est probablement un aspect inédit de ce qu’on appelle le mystère Québec, depuis la montée passagère de l’ADQ aux élections de 2007.  Plus d’un an après mon passage en sa compagnie à l’émission Show Tard, du FM 98,1, animée par Mario Tremblay, Lise Bilodeau, présidente de l’Action des nouvelles conjointes et des nouveaux conjoints du Québec (ANCQ), m’invitait à nouveau le 25 avril pour discuter de condition masculine, un sujet si étonnamment controversé.  Quatre thèmes se sont dégagés de nos entretiens.  Je vous les résume.

Garde partagée

Projet de loi c-422 : rien de neuf à Ottawa...
D’entrée de jeu, la problématique de la garde partagée a monopolisé nos discussions.  Lise Bilodeau a expliqué comment le projet de loi c-422 préconisant la présomption de garde partagée s’était déjà rendu en première lecture à Ottawa avant de se voir bloqué par la crise gouvernementale qui devait mener à la prorogation de 2008. Michael Ignatieff, très favorable au projet, a été ensuite dégommé en tant que chef de l’opposition officielle, chef du parti libéral et même, en tant que simple député aux élections de 2011.  Un allié de taille a été perdu.  Depuis, le « bill » c-422 reste sur la glace et les conservateurs dorment au gaz.

Comme il fallait s’y attendre, le mouvement féministe radical et le Barreau du Québec se sont farouchement opposés à cette initiative égalitaire.  Les premières affirmaient, et affirment toujours, que la garde partagée ouvrirait grand les portes à la violence conjugale et aux abus sexuels envers les enfants, comme si la majorité des pères étaient des agresseurs dans l’âme.  Partagent cet avis condamnable Ann McLellan, ancienne vice première ministre du Canada et ancienne ministre fédérale de la Justice, la Fédération des femmes du Québec (FFQ), le Conseil du statut de la femme (CSF), les regroupements de maisons d’hébergement pour femmes battues et la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), pour ne nommer que ces militantes là. 

Du côté du Barreau, il va de soi que des lois égalitaires, par les causes injustifiées qu’elles annihileraient, infligeraient à cette instance une baisse dramatique de son chiffre d’affaires.  Plusieurs de ses membres se verraient sans doute contraints d’opter pour un travail honnête.  Est-ce un hasard si 60 % des avocats, soit 20 000 membres du Barreau du Québec, s’occupent de droit familial ?  Et l’on chercherait à nous faire gober que l’intérêt supérieur de l’enfant est au centre de leurs préoccupations ?  Pourquoi ne pas imaginer Bernard Madoff en philanthrope ?

Féministes radicales et modérées

Denise Bombardier,
féministe modérée, mais critique...
À un tournant de l’émission, la nécessité de préciser ce que l’on entend par féministe s’est imposée.  J’ai fait valoir que celles que nous dénoncions étaient les féministes radicales, le plus souvent étatiques, en qui peu de femmes se reconnaissent, et qui luttent avec une hostilité compulsive contre tout ce qui pourrait représenter une reconnaissance de la condition masculine et des problématiques qu’elle englobe, de peur que l’État n’y devienne sensible.  S’il fallait que le gouvernement finance des services destinés aux besoins légitimes des hommes et diminue l’enveloppe déjà considérable réservée aux groupes féministes, imaginez l’horreur !

Les féministes modérées, de leur côté, se divisent en deux catégories : les critiques et les naïves.  Parmi les critiques, Élizabeth Badinter et Denise Bombardier demeurent des exemples très représentatifs, par les dénonciations sans complaisance qu’elle font du féminisme radical, très proches des positions des défenseurs de la condition masculine.

Les féministes naïves sont des gens attachés à une vision dépassée du mouvement féministe.  Elles pensent avec une nostalgie attendrie à mai 68, Angela Davis, Thérèse Casgrain ou Simone Monet-Chartrand.  Ces personnes, hommes et femmes d’ailleurs, ressemblent aux membres d’un parti politique qui, bien que renouvelant régulièrement leur carte de membre, ne sauraient rien de la plateforme de leur parti, ne pourraient nommer aucun de leurs candidats ou députés, mais voteraient toujours par habitude pour la même allégeance.  Si ces féministes s’informaient davantage, leur conscience leur dicterait de changer de parti…

Les pensions alimentaires…

Divorce : des impacts familiaux et financiers...
Lise Bilodeau a cité l’exemple de l’un de ses membres, âgé de 74 ans, qui paie toujours une pension alimentaire à son ex.  Même si la loi stipule que ladite pension devrait constituer une mesure transitoire, au lendemain d’un divorce, le temps que le conjoint le moins fortuné, soi-disant la femme dans 95 % des cas, puisse retrouver une autonomie financière, de trop nombreux hommes se voient contraints de payer encore et toujours pour subvenir aux besoins d’une femme chez qui le concept d’autonomie relève de la plus obscure abstraction. 

Le constat de Lise a fait réagir plusieurs auditeurs, aux prises avec notre système étatique.  L’un d’entre eux soulignait cependant l’apport de la « nouvelle loi » annoncée par notre ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, è l’effet que, dorénavant, des couples désireux de réviser le montant d’une pension alimentaire pourront désormais le faire sans passer par un juge en défrayant un montant de 168 $ et un dépôt équivalent à un mois de pension.  Lise a rappelé que cette mesure s’appliquait aux ex conjoints qui s’entendent.  Pour les autres, rien de changé.

Un autre participant a demandé si, un couple s’entendant sur un montant inférieur à celui fixé par la table de fixation des pensions alimentaires, le juge respecterait et validerait leur décision.  Lise l’a prévenu de s’attendre à un refus, pur et simple.  Il arrive parfois, en pareilles circonstances, qu’un magistrat décide, sans aucun motif objectif, de « croire » que l’ex mari a usé d’intimidation envers la femme afin de la convaincre d’accepter un marché en sa « défaveur ».

Dans un tout autre ordre d’idées, un troisième auditeur a relaté une anecdote selon laquelle, devant la vivacité de ses protestations aux accusations mensongères de son ex, des intervenantes avaient refusé toute discussion.  Le motif : ses gesticulations leur paraissaient menaçantes…

Le féminisme, toujours pertinent ?

Julie Miville-Dechêne, peut-être
la dernière présidente du CSF ?
Une auditrice a par ailleurs relancé le débat sur la pertinence du féminisme, alléguant qu’elle ne se reconnaissait nullement dans ce mouvement.  En effet, dans notre contexte de compressions budgétaires, les millions que coûtent les groupes féministes représentent une dépense de moins en moins acceptée, et leur discours suscite scepticisme et froideur.  Même si les médias restent inféodés à leur idéologie rétrograde et victimaire, il suffit de lire les commentaires de lecteurs et de lectrices au bas d’articles de médias officiels pour constater à quel point les lamentations sur la violence conjugale ou les mille supplices qui seraient l’apanage exclusif des femmes suscitent la réprobation.

À ce propos, j’ai fait état du questionnement d’un lecteur à propos de la récente et, à mon avis, suicidaire tournée de consultation du Conseil du statut de la femme dans les régions du Québec.  Le thème :  sa raison d’être.  Mon correspondant croit que, excédé de se voir régulièrement interpellé sur le sujet, Québec aurait sollicité Julie Miville-Dechêne, nouvelle présidente de cet organisme, afin qu’elle recueille suffisamment de témoignages négatifs pour en finir avec lui, invoquant la volonté populaire.  Qui sait…

Dernière nouvelle, pour le moins étonnante, mentionnée à l’émission : l’Alberta, qui n’a pas particulièrement le profil féministe, pourrait ressusciter son propre Conseil du statut de la femme, aboli en 1998.  Alors que l’existence du nôtre se trouve plus que jamais contestée, n’est-il pas curieux de voir nos Albertains retourner ainsi en arrière ?  Voilà qui n’aidera pas à faire avancer le projet de loi sur la garde partagée, si l’on considère l’origine de notre premier ministre fédéral…

En conclusion…

L’émission a beau durer deux heures et demie, je n’ai pas vu le temps passer.  J’ai retrouvé avec le même plaisir la connivence instantanée que j’avais déjà connue une première fois avec Lise Bilodeau et Mario Tremblay.  Je ne voudrais pas terminer cette chronique sans évoquer mon « coming out » de cette soirée à propos de mon lourd passé gauchiste, pour la plus évidente satisfaction de l’animateur  : oui, Mario, j’ai été moi-même par le passé un féministe naïf, c’est dit.  Comme quoi, la connaissance libère…

lundi 23 avril 2012

Nos étudiantes, victimes de discrimination sexiste ?

Décidément, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) n’en rate pas une.  C’est à se demander si elle tient à compromettre le peu de crédibilité qui lui reste encore aux yeux d’un public de plus en plus sceptique et ennuyé par ses débordements aussi maladroits qu’incongrus. 

Alexa Conradi, présidente de la FFQ.
Après s’être attirée les foudres de militants en faveur de la laïcité, dont Djemila Benabib, pour s’être opposée à l’interdiction des signes religieux dans la fonction publique - malgré l’avis contraire du Conseil du statut de la femme - , après s’être ridiculisée en soutenant que les gardiennes musulmanes en milieu familial devraient avoir droit au niqab ou à la burqua, sans prendre en compte la réaction des tout-petits, après s’être pratiquement sabordée avec une publicité maladroite sur l’engagement canadien en Afghanistan, après avoir vu sa raison d’être durement remise en cause au cours de la marche mondiale des femmes la plus désastreuse de son histoire, voilà que cet organisme déphasé soutient publiquement que les étudiantes universitaires sont victimes de sexisme devant la perspective d’une hausse des frais de scolarité.  Y aura-t-il une fin à leur goût pour le mélo victimaire ?

Bientôt ces militantes n’auront plus besoin d’infâmes « masculinistes » pour les tourner en dérision; elles se seront définitivement prises en main avant de se tirer dans le pied.  Que l’on soit en faveur ou non de la hausse de 30 % sur cinq ans anticipée par Québec, il faut convenir que, même si elle entre en vigueur – et, comme les sondages sont favorables au gouvernement, elle sera appliquée – les frais de scolarité québécois resteront les moins élevés en Amérique du Nord, un privilège du cinquième État le plus endetté au monde, qui continue de s’offrir des programmes sophistiqués financés en partie par les versements d’une péréquation avoisinant les huit milliards $.  Comme plusieurs, j’en arrive à croire que si le Québec devient souverain, ce sera parce que le « Rest of Canada » l’aura mis à la porte de la fédération.

Une nouvelle page d’histoire…

C’est le 12 avril dernier que la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF), chapeautée par la FFQ et rassemblant, selon ses dires, une centaine de personnes, s’est mobilisée devant les bureaux du ministère de l’Éducation à Montréal afin de soutenir les étudiants dans leur boycott, et non leur grève, comme disent les militantes.  Leur conception de ce qu’elles appellent « l’étudiante type » a de quoi susciter l’hébétude, tant ce portrait surréaliste relève du misérabilisme le plus surfait. 

Jugez plutôt, d’après les propos de Éve-Marie Lacasse, porte-parole de la CQMMF : « On à qu’à penser à l’étudiante type, qui est en fait mère et travailleuse à temps partiel. On n’a qu’à penser aux femmes vivant avec un handicap qui souhaitent étudier pour agir comme citoyennes et travailleuses. On à qu’à penser aux femmes immigrantes qui pourraient avoir peur de contracter d’importants prêts pour étudier sans garantis (sic) d’emploi. »  Il n’existe donc pas d’hommes handicapés, ni d’hommes immigrants, ces deux problématiques restant l’apanage exclusif des femmes ?  Les gars n’ont pas à redouter de contracter d’importants prêts, eux ?  Et la majorité des étudiantes se voit constituée de mères travaillant à temps partiel ?  Les temps ont bien changé depuis mes études universitaires…  Les filles avaient entendu parler des contraceptifs.

Quand on voit le sexisme partout....
Comme il fallait s’y attendre, l’UQÀM, qui abrite le prestigieux Centre de recherche et d’études féministes, ainsi que le très sélect groupe multidisciplinaire d’observation sur l’antiféminisme, y est allée de son essentielle contribution à cette page d’histoire, comme l’attestent les propos éclairants de Caroline Jacquet, du Comité femmes Grève générale illimitée : « Nous, féministes, étudiantes, dénonçons la hausse des droits de scolarité ainsi que le système dans lequelelle (re-sic !) s’inscrit, un système capitaliste, patriarcal, hétéronormatif, raciste, un système qui appauvrit les étudiantes et les étudiants. »  Au moins, le mot « étudiants » a été employé, tout n’est pas perdu…  Ah, le pouvoir de changer les choses !  Et quel vocabulaire novateur…

Vous avez dit « discrimination » ?

Comment ne pas avoir l’impression de se trouver devant des boulimiques auxquelles on refuserait une cinquième pointe de tarte au sucre, en lisant pareilles déclarations ?  Les étudiantes québécoises, représentant plus de 60 % des étudiants universitaires, seraient victimes de sexisme si les frais de scolarité universitaires se voyaient augmentés, vraiment ?  La hausse ne toucherait pas aussi durement les gars ?  Il faudrait informer ces derniers au plus vite de ce privilège patriarcal.  Ça les consolera d’avoir passé un primaire et un secondaire dans un environnement hyper féminisé avant d’entreprendre de hautes études où, contrairement à leurs consoeurs, ils n’auront droit à aucun programme de discrimination positive, à aucune bourse de type « Chapeau les filles » ou « Excel Sciences » pour les stimuler académiquement avant que la fonction publique québécoise et certaines entreprises privées ne les favorisent en fonction de leur sexe.

Mais comment ne pas compatir avec les étudiantes ?  Après tout, la FFQ soutient que même le problème du décrochage affecte davantage les filles que les garçons…

Une relève contre le « patriarcat »…

Christine St-Pierre dit qu'une femme
ne peut mentir...
Si vous croyez que l’ère des féministes revanchardes et misérabilistes se terminera avec les baby boomers, voici des nouvelles pour vous.  Le 21 avril dernier, des étudiantes féministes « non-mixtes » (!), sans doute nullement influencées par la FFQ, bien sûr, qui a cependant diffusé la nouvelle, ont laissé une structure de béton (aucun rapport avec Pauline Marois) personnifiant la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, devant son bureau de députée.  Les « militantes » exhortaient la ministre à reconnaître « le caractère sexiste et discriminatoire de la hausse des frais de scolarité ainsi que du système d’aide financière aux études. »

En lutte contre « ceux qui les auraient voulu ignorantes et dociles », ces étudiantes conscientisées ont interpellé la ministre en lui précisant que « si la Ministre St-Pierre refuse de prendre position, elle devra admette avoir failli à son mandat de défendre la «condition féminine». Dans ce cas, nous veillerons à sa démission. Nous ne serons pas tranquilles ».  L’ont-elles jamais été ?

Mme St-Pierre aurait déjà dû démissionner dès 2008 après avoir gaspillé 1,5 M $ dans une campagne de sensibilisation frauduleuse au cours de laquelle elle avait présenté comme un chiffre de Statistique Canada ce qui n’était en fait que le résultat d’un sondage de perception Ipsos Reid réalisé auprès de 807 citoyens sans formation particulière sur les agressions sexuelles.  On leur a cependant soutiré la « statistique » voulant qu’une femme sur trois serait un jour victime d’une agression sexuelle. 

Mme St-Pierre, qui n’en est pourtant pas à un commentaire ridicule près (n’a-t-elle pas déjà déclaré à l’émission Tout le monde en parle qu’une femme ne pouvait mentir ?), ne s’est pas compromise en faveur des étudiantes et ne le fera probablement pas.  L’errance de ces militantes a été noyée dans le torrent quotidien des manifestations houleuses et des rapports de force opposant fédérations étudiantes, ministre de l’Éducation et un premier ministre dont l’humour particulier n’est pas parvenu à mettre les rieurs de son côté.

Une vraie égalité homme femme,
est-ce utopique ?
Les protestations de ces féministes radicales n’auront finalement intéressé personne, et se seront à peine attirées quelques propos dubitatifs et nonchalants chez les rares commentateurs à s’être penchés sur semblables états d’âme.  N’y a-t-il pas là un indice de ce qui attend leur mouvement crépusculaire : un mur d’indifférence ?  La lassitude populaire est déjà plus que tangible.  Il ne faudrait cependant pas qu’elle aveugle les citoyens et citoyennes de bonne volonté sur la nécessité d’un ménage étatique en profondeur visant une idéologie devenue déviante, ni sur l’indispensable mise de l’avant d’une véritable égalité entre les sexes, tenant – enfin - compte de la notion de réciprocité.  

samedi 21 avril 2012

CSF : le faux discours de l’égalité entre les femmes et les hommes...

Serait-ce que l'expression « condition féminine » tombe maintenant en désuétude au Québec, toujours est-il que cette autre, « égalité entre les femmes et les hommes » gagne de plus en plus de terrain.  Est-ce à dire qu’une réelle égalité entre les sexes, incluant l’incontournable principe de réciprocité, serait enfin contenue dans cette dernière formule à la mode et que les droits des hommes seront autant pris en compte par l’État que ceux des femmes ?  Rien n’est moins sûr, si l’on considère que c’est le ministère de la Condition féminine qui psalmodie ce dernier mantra, comme déjà lors de sa consultation factice sur l’égalité homme femme, tenue l’an dernier, à laquelle pratiquement aucun groupe lié à la condition masculine n’était invité.  Vous verrez qu’avant longtemps, le ministère de Mme St-Pierre sera rebaptisé « ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes ».

Nul ne sera surpris d’apprendre que, lors de ladite parodie de consultation, le Conseil du statut de la femme (CSF) s’était chargé de convoquer des organismes aussi enthousiastes envers la condition masculine que la Fédération des femmes du Québec (FFQ), des regroupements de maisons d’hébergement pour femmes battues, le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS), pour ne nommer que ceux-là. Comme par hasard, ces instances avaient présenté en 2005 un mémoire historique au titre évocateur, Comment fabriquer un problème, qui vilipendait les conclusions du fameux rapport Rondeau dénonçant le manque de ressources en santé et services sociaux pour les hommes en détresse.  On connaît la suite de ce moment de militance : le rapport a été tabletté et rien n’indique qu’il sera de sitôt soustrait à la poussière qui s’amoncelle depuis lors sur sa couverture.

Plus ça change…

C’est à nouveau le CSF qui ose utiliser l’expression « égalité entre les femmes et les hommes », lors d’un récent appel de candidatures en vue d’engager « une ou un spécialiste en égalité entre les femmes et les hommes ».  L’événement, en apparence anodin, mérite d’être souligné en ce qu’il nous informe à quel point plus les choses changent, plus elles restent pareilles.  En effet, pour perpétuer le maintien de leurs privilèges étatiques, incluant, pour la présidente du CSF, un salaire annuel voisin de celui du premier ministre, sans oublier quelques petites douceurs, telle une voiture de fonction avec chauffeur (c’est du moins ce dont bénéficiait Christiane Pelchat, présidente sortante), il faut savoir user de tact dans la présentation de sa présumée mission sociétale et trouver les mots qu’il faut pour que le contribuable continue de fermer les yeux sur des dépenses aussi inutiles que faramineuses.

La présidente du CSF recherche
une ou un spécialiste en égalité...
Au plan du profil recherché, rien à redire, il pourrait tout aussi bien convenir à votre humble serviteur…  Le voici : « La personne doit avoir un intérêt marqué pour les questions relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle doit faire preuve d’initiative et démontrer des habiletés d’analyse. Elle doit également posséder de bonnes aptitudes en communication tant verbale qu'écrite en raison des liens à entretenir avec les différents intervenants. »

…Plus c’est pareil.

C’est au plan de la définition de tâches que l’on « découvre » sans surprise, en plus du rôle désormais traditionnel du CSF, l’aspect strictement cosmétique de sa conception si particulière de l’égalité entre les femmes et les hommes.

D’entrée de jeu, il est possible de mesurer le pouvoir d’influence colossal de cet organisme en lisant la première tâche : « analyser des projets de loi, de règlement et de politique gouvernementale, élaborer et évaluer des politiques, des programmes et des plans d’action à l’échelle locale, régionale ou nationale, dans les secteurs d’activité au regard des droits et de l’égalité entre les femmes et les hommes ».  Si vous ne trouvez pas le moyen de déceler un État dans l’État avec pareil énoncé, rien ne suffira à vous ouvrir les yeux. 

La préférence exclusive accordée aux femmes se concrétise  - ou se trahit ? – dès la tâche suivante : « colliger des données et des renseignements en vue de la production d’études, d’avis, de commentaires et de recommandations sur divers sujets ayant trait à la situation socioéconomique des femmes ».  Aucune mention des problématiques inhérentes à la condition masculine que sont le chômage, l’Aide sociale ou l’itinérance, où les hommes sont surreprésentés, n’est mentionnée, même de façon allusive.  Il est pourtant toujours question d’égalité entre les femmes et les hommes, non ?  Peut-on s’étonner après coup, qu’il existe si peu d’études sur les hommes au Québec, quand seules les femmes sont considérées comme des êtres humains dignes de reconnaissance et de secours ?

Si vous vous étonnez d’entendre toujours le même discours victimaire relayé par les journalistes et par de présumés chercheurs, relevant parfois de la Chaire Claire-Bonenfant de l’université Laval ou du Centre de recherche et d’études féministes de l’UQÀM, la tâche suivante vous fournira des éléments d’analyse : « répondre à des demandes d’information de pointe sur les femmes provenant de chercheurs, de journalistes, du public ou de ministères et d’organismes ».  Vous avez remarqué « sur les femmes » seulement.  C’est avec ce genre de mécanique de désinformation qu’on en est arrivé à croire que 300 000 femmes étaient chroniquement battues au Québec et qu’une femme sur trois serait un jour victime d’une agression sexuelle. 

Le discours victimaire, toujours à la page...
Ce penchant pour la statistique inflationniste et la sociologie de téléroman vise également « des partenaires, gouvernementaux ou non, sur le plan local, régional ou national, pour transmettre les préoccupations relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes et s’assurer d’une prise en compte de ces problématiques ».  Le CSF n’oublie pas le public qu’il faut « convertir » par « diverses actions visant à informer et à sensibiliser sur des questions d’égalité ou encore à susciter de la part de divers acteurs des actions, mesures, politiques ou programmes susceptibles de faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes. »  Vous ne trouvez pas ce discours un peu redondant, vous ?

Se réformer ou disparaître

Si le CSF, comme son ministère tuteur, continue de parler d’égalité entre les femmes et les hommes, tout en ne considérant que les femmes, il se trouvera avant longtemps, que ça lui plaise ou pas, devant un dilemme.  S’il veut être cohérent – le dernier de ses soucis, mais bon - , cet organisme devra opter pour une alternative qui ne pourra que sonner le glas de son existence, telle qu’elle se voit définie depuis sa fondation en 1973.  Voltaire disait que le génie n’avait qu’un siècle après quoi il fallait qu’il dégénère.  Pour peu que l’on prête, à défaut de reconnaître, du génie au CSF, 40 ans auront suffi pour qu’il atteigne son seuil d’incompétence.  Il est vrai qu’au 21e siècle, tout va plus vite qu’à celui des Lumières. 

Ainsi, le Conseil ne peut, dans l’état actuel des choses, parler d’égalité entre les femmes et les hommes tout en excluant ces derniers sans se voir accusé, avec raison, de fausses représentations.  Il devra donc retourner à sa terminologie traditionnelle en recourrant aux expressions consacrées de « cause des femmes » ou de « condition féminine », qui écorchent les oreilles d’une faction sans cesse grandissante de la population québécoise, ne reconnaissant plus la pertinence du discours misandre accolé à ces termes.

L’autre option qui se présente au Conseil du statut de la femme, mais qu’il se gardera bien de considérer, sa propre existence représentant davantage à ses yeux que sa prétendue mission, c’est de se doter d’un véritable mandat d’égalité homme femme et de s’intéresser sincèrement à la condition masculine.  Autant espérer de la considération envers les femmes de la part d’islamistes.  En pareil cas, le CSF deviendrait nécessairement le Conseil du statut de l’égalité entre les hommes et les femmes et trouverait ainsi une légitimité.

Le CSF, à la croisée des chemins ?
Le temps joue contre cet organisme aussi puissant que néfaste et, tôt ou tard, son inutilité sera reconnue de la majorité.  S’il ne se reconvertit pas à une véritable égalité entre les sexes, il ne lui restera qu’à terminer ses jours sous l’opprobre de se voir taxé d’hypocrisie, s'il exclut toujours les hommes d’un discours soi-disant égalitaire, ou de radicalisme, s’il retourne à sa terminologie d’origine ne traitant que de condition féminine.  Dans un cas comme dans l’autre, le CSF aura vécu.

samedi 14 avril 2012

Vers une censure des sites hoministes ?

En cette époque où notre société s’enorgueillit des droits très factices et relatifs que sont celui du public à l’information et cet autre de la liberté de presse, n’est-il pas curieux que tout ce qui touche la condition masculine relève pratiquement du tabou social, un peu comme si on évitait de parler de la maltraitance faite au chats pour ne privilégier que celle subie par les chiens ?  Je n’hésite pas, et ne suis pas le seul, à parler de censure, consciente ou non. 

Dans l’essai collectif intitulé 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ? l’un des auteurs dénonce, exemple à l’appui, l’omerta médiatique qui règne sur la question des droits des pères, principale source d’urticaire et de déni obstiné des militantes radicales.  Après avoir communiqué sur le sujet avec l’un de ses contacts, un journaliste qui « avait de larges épaules et peur de rien », notre homme a dû finir par déchanter.  Réponse finale de son interlocuteur, « le ton piteux », après plusieurs pourparlers avec ses patrons : «  Tu sais, Bob, ils ne sont pas chauds pour parler de ton truc de pères…  Je crois qu’on devrait laisser tomber. » 

Non, il n’y a pas d’influence indue, directe ou indirecte, des féministes radicales sur l’information, voyons.  Bien sûr, toute idée à cet effet relève d’une paranoïa dénoncée notamment par le documentariste Patric Jean, un militant féministe qui croit dur comme fer à la théorie millénaire du complot patriarcal, à la violence unidirectionnelle faite aux femmes, au syndrome de l’aliénation parentale présenté comme prétexte à une invasion pédophile tout azimut ainsi qu’à d’autres idées fixes à la mode chez ses pairs.  Pas de danger qu’un tel individu souffre précisément des peurs irraisonnées qu’il « dénonce », bien sûr…

Un projet de recherche qui laisse songeur…

Parlant de paranoïa, il y a quelque temps, un projet de recherche initié par la Chaire Claire-Bonenfant, de l’université Laval, et intitulé Internet et la violence: Le contrôle juridique des sites Internet violents envers les femmes. Analyse de la situation canadiennefinancé par le Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRIVIFF), a vu le jour.  Le programme de cette initiative étonnante démontre à quel point les médias sociaux représentent une menace constante pour les féministes radicales, par le fait que les chiffres pourtant gouvernementaux qu’elles souhaitent taire, les injustices faites aux hommes qu’elles voudraient étouffer (les injustices ou les hommes, faites votre choix) et le discours critique sur leur déviance éthique - vers des objectifs exclusivement corporatistes - qu’elles désireraient annihiler, les perturbent.  

Les médias sociaux demeurent un électron libre, un ennemi incontrôlable, à leurs yeux, par le fait qu’ils suppléent à la couardise ou à la mollesse des médias officiels.  Elles ont beau « dénoncer » les infâmes « masculinistes » et leur discours « misogyne », bref, démoniser tout groupe ou individu qui ose remettre en doute les dogmes de leur religion d’État d’âme, il n’en demeure pas moins que ces hommes et les femmes qui les soutiennent demeurent indépendants et que leur discours gagne du terrain.  Effrayant… Mais comment les faire taire ?  Il semble que l’avenue judiciaire soit envisagée, puisqu’il est question de « contrôle juridique », ce qui implique automatiquement, que ça plaise ou non, le concept de censure.

D'étonnants sujets d'études,
financés par le contribuable...
Alarmées, elles affirment : « Leur discours attire l’attention des médias, en plus d’avoir beaucoup d’influence tant sur les hommes que sur les femmes. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir, entre autres, de ces groupements de menacer les acquis des femmes et d’inciter à la violence envers elles. Grâce à Internet, ces groupements propagent, à peu de frais, une vision misogyne qui attise la violence contre les femmes. »  Et c’est reparti pour un tour !

Davantage préoccupées par la préservation de leurs privilèges étatiques que de la cause des femmes, ces idéologues en rajoutent : « Entre autres, on assiste à la mise en ligne de sites Internet, par des groupes « masculinistes », dédiés à la promotion des droits des pères et des hommes. Ces sites sont en réaction contre les acquis des femmes, les groupes de femmes, et le mouvement féministe. En plus de déformer les faits concernant les femmes, ils sont souvent violents dans leurs propos envers le mouvement féministe et les femmes, dans leurs représentations des femmes, ainsi que dans leurs recommandations de toutes sortes. » 

L’expression « déformer les faits concernant les femmes » a de quoi faire sourire, de la part de membres d’un mouvement à l’origine de la fumisterie des 300 000 femmes chroniquement battues, reposant sur l’invention avouée de l’une des deux « chercheuses » auteures de ce mensonge.  Et que dire de la pseudo statistique d’une femme sur trois qui sera un jour victime d’une agression sexuelle, reposant sur un sondage Ipsos Reid réalisé en 2008 à la demande de la ministre Christine St-Pierre, sans oublier cette autre « statistique » à la vie dure voulant que les hommes soient à l’origine de 98 % des cas de violence conjugale.  Trois enquêtes sociales générales de Statistique Canada, de 1999, 2004 et 2009, sont venues torpiller cette énormité en établissant la bidirectionnalité de la violence conjugale, au plus grand dam de ces militantes.  Statistique Canada serait-elle antiféministe ?

Pour tout arranger, Denis Laroche, retraité de l’Institut de la Statistique du Québec, affirmait récemment sur les ondes de Radio X que la violence conjugale avait diminué de 40 % au cours des 30 dernières années alors que nos dirigeants, soumis au lobby des maisons d’hébergement, ont doublé leur financement en cinq ans, de peur de se voir taxés d’insensibles à la cause des femmes.  Cette « générosité » n’empêche pas ces établissement d’en demander toujours plus.

Contentez-vous de citer ces études pourtant officielles et gouvernementales, et vous deviendrez de facto « antiféministe », comme on devenait jadis « communiste » sous Duplessis.   C’est sans doute pour cette raison que nos médias, si prompts à plastronner sur leur prétendue indépendance idéologique, se terrent plutôt que de citer ces données et se font plus volontiers les perroquets des chiffres du ministère de la Sécurité publique où des signalements d’agression sont présentés comme des agressions sanctionnées par des verdicts.

Des extrémistes par elles-mêmes

Andrea Dworkin, résolument misandre.
Je l’ai déjà dit : tout mouvement, si légitime soit-il, se voit affligé d’une faction d’extrémistes.  Celui en faveur de la condition masculine ne fait pas exception, pour le plus grand bonheur de féministes tout autant radicales, qui se plaisent à citer ces individus et à les présenter comme représentants de la prétendue mouvance d’extrême droite désireuse d’écraser les femmes et de les retourner à leurs fourneaux.  En faisant passer cette partie comme le tout, on tente de discréditer des gens au propos humaniste et nuancé tels les Jean Gabard, Patrick Guillot, François Brooks, Yvon Dallaire, Lise Bilodeau, Jean-Philippe Trottier, parmi plusieurs, régulièrement présentés comme des individus suspects, dont le discours « soft », dirait Patric Jean, se voit « dénoncé » comme insidieux, subversif et corrupteur, quand il n’ouvre pas grand les portes aux abus de toute sorte, y compris les agressions pédophiles. 

Mais qu’en est-il des extrémistes féministes ?  Elles et leurs mâles laquais ne sont-ils pas également capables de propos haineux et sexistes ?  Au cas où vous en douteriez, je terminerai cette chronique avec les perles suivantes, émises par certaines parmi ces féministes radicales.

« J'estime que la haine envers les hommes est un acte politique honorable et valable, en cela que les opprimées ont droit à la haine de classe – contre la classe qui les opprime. »
Merle Morgan, éditrice du MS Magazine (le Magazine Melle)

« Je veux voir un homme battu jusqu’a ce qu’il soit une pulpe sanglante, avec un soulier à talon haut enfoncé dans la gorge, comme un cochon avec une pomme dans la bouche. » 
Andrea Dworkin, auteure de Ice and Fire  

Un hymne à la haine envers les hommes... .
« Les hommes qui sont injustement accusés du viol peuvent parfois profiter de l'expérience. »
Catherine Comin, Université Vassar, doyenne auxiliaire des étudiants

« Tout rapport sexuel, même la sexualité consensuelle dans un mariage, est un acte de violence perpétrée par un homme contre une femme." »
Catherine MacKinnon

« Les femmes ont leurs défauts; les hommes n’en ont que deux : tout ce qu’ils disent et tout ce qu’ils font. »
Graffiti féministe populaire

« Je soutiens que le viol existe toutes les fois ou il y des rapports sexuels, lorsque ceux-ci ne sont pas initiés par la femme à partir de ses véritables affections et désirs. »
Robin Morgan

« Et si le violeur professionnel doit être séparé du mâle hétérosexuel dominant moyen, cela ne peut être qu’une différence quantitative. »
Susan Marx; Rape: The All American Crime

« Je crois que les femmes ont une capacité de compréhension et de compassion que ne possède pas, structurellement, un homme, parce qu’il ne peut pas l'avoir. Il en est tout simplement incapable. »
Barbara Jordanie, ancienne congresswoman.

« Tous les hommes sont des violeurs, et ne sont rien d’autre. »
Marilyn French, auteure

En guise de conclusion…

J’aurais pu remplir encore des pages entières de citations aussi misandres que celles-ci, sinon pires encore, si je considère, parmi plusieurs faits d’armes, le Scum Manifesto, de Valerie Solanas, lecture obligatoire dans nombre de facultés dispensant des études féministes.  Je m’arrêterai là avec deux seules questions.  Le sexisme haineux, ordurier, qui rabaisse davantage ses auteurs que ceux qu’ils visent, ne vient-il vraiment que d’un seul et même côté ?  Peut-on enfin, sous prétexte qu’une minorité tient pareils propos, censurer l’intégralité d’un mouvement légitime ?  À vous de voir...

dimanche 8 avril 2012

Droit à l’infanticide : au nom de la mère !

Francesca Minerva, chercheuse.
J'avais déjà lu la nouvelle, mais je n’avais pu y croire, tant la théorie avancée me semblait relever du canular.  Un article sur le sujet de Barbara Kay, du National Post, envoyé par un lecteur, ne laissait toutefois aucune place au doute.   Figurez-vous que deux chercheurs féministes, spécialisés en bioéthique, soit Francesca Minerva et Alberto Giubilini, ont publié dans le Journal of Medical Ethics un article (désormais introuvable sur le Net) au titre plus qu’évocateur : Avortement post-natal, pourquoi l’enfant devrait-il vivre ?  Selon ces esprits originaux, les nouveaux-nés ne sont en aucun cas de véritables personnes (« actual persons ») et ne méritent par conséquent aucun droit moral à la vie (« moral right to life »).  Quand on a rien à faire de ses loisirs, pourquoi ne pas poser un questionnement farfelu, même au mépris de la vie humaine ? 

En plus de sa perspective résolument criminelle, cette approche pour le moins scabreuse surprend d’autant plus qu’elle provient de représentants d’un mouvement qui s’oppose farouchement à la garde partagée en affirmant que cette pratique ouvrirait grand la porte à la violence conjugale et aux sévices envers les enfants, incluant, on s’en doute, les sévices sexuels et le meurtre.  Mais si c’est la mère qui pose le geste de supprimer la vie de son enfant, apparemment, on aurait tort de la sermonner.  Après tout, un enfant non désiré ne pourra que souffrir, alors épargnons-le.  Il s’agit sans doute là d’une illustration inédite de l’expression consacrée « pour le bien supérieur de l’enfant ».

À ce que je sache, l’infanticide est punissable d’une sentence maximale de cinq ans, contrairement au meurtre d’enfant plus âgé, qui peut entraîner quant à lui une peine de prison à perpétuité.  Dans le cas de l’infanticide, qui vise spécifiquement le nouveau-né, notre justice se montre indulgente envers la mère en raison de ce sauf-conduit qu’est la dépression post-partum.  La mère se trouvant alors considérée non responsable de ses actes, une étonnante compassion judiciaire s’impose.  Heureusement, on n’en est pas encore à inculper le bébé assassiné de cruauté mentale envers sa génitrice.  Sans doute Mme Minerva et son acolyte planchent-ils sur la question.

Si les représentants du mouvement pro-vie pensaient déjà en avoir plein les bottes avec la question toujours controversée de l’avortement, cette nouvelle trouvaille « éthique » aura de quoi leur infliger de nouveaux brûlements d’estomac.  Les chercheurs font ainsi valoir que si une maladie non détectée chez le fœtus durant la grossesse, qui aurait été un motif légitime d’IVG, se révélait après l’accouchement, les parents auraient alors le droit de supprimer cette vie moins douée pour l’avenir, le sien comme celui de la collectivité, pour laquelle il deviendrait une charge.  Vous m’en direz tant…

Alberto Giubilini, chercheur.
Selon Jacques de Guillebon, « Cette méthode se pratique déjà depuis 2004 aux Pays-Bas (pour des cas médicaux autrement plus graves que la trisomie 21) : elle porte le doux nom de « protocole de Groningue ». Selon le professeur Roger Gil, du pôle de vigilance éthique du diocèse de Poitiers, le nouveau paradigme nécessaire à la décision que l’on est en présence d’une personne humaine « entière » est l’évaluation de sa capacité relationnelle, interne et vis-à-vis du reste de la société. Si cet être ne donne pas de signe satisfaisant de conscience de soi, et si la société estime qu’elle ne peut supporter sa charge, la possibilité existe de nier son humanité et, partant, de s’en débarrasser comme d’un poids mort. »  La vie – et la mort – peut devenir si simple quand on ne s’encombre pas de scrupules inutiles.

Je dois cependant concéder que, pour ce qui est de cas très lourds d’enfants handicapés, comme celui, célèbre, de Tracy, la fille de Robert Latimer, ce fermier de la Saskatchewan qui s’est senti contraint d’abréger les souffrances de son enfant, la pertinence d’une telle option serait envisageable, mais avec une infinie prudence et que pour des cas aussi exceptionnels. Il est toutefois à redouter que cette porte ouverte ne mène à des dérives n’ayant plus rien à voir avec le fait d’éviter à un enfant durement hypothéqué une vie de souffrances inutiles. 

La mère avant tout !

C’est ce que pense Barbara Kay, qui croit, non sans raison, que pratiquement n’importe quel motif trouverait grâce aux yeux de ces chercheurs.  Si le bébé n’est que fragile, et non lourdement hypothéqué, si la mère réalise que de l’élever coûtera plus cher que prévu, si le père prend la poudre d’escampette, le meurtre du nouveau-né sera autorisé, dénonce-t-elle.  Bref, le bien-être de la mère l’emporte sur toute autre considération.  L’intégralité de la théorie de ces douteux éthiciens tient dans la phrase suivante : « When circumstances occur after birth such that they would have justified abortion, what we call after-birth abortion should be permissible. »  Ainsi, tout motif, médical ou autre, qui aurait justifié un avortement devra être autorisé après la naissance, sans autre forme de procès.  Nous nous trouvons bien loin d’un cas pathétique comme celui de l’affaire Latimer.

Barbara Kay, du National Post.
Le parti-pris féministe radical d’une telle « innovation » devient flagrant devant le refus de donner l’enfant à l’adoption, à moins que la mère n’en décide autrement.  Il est pourtant né et l’argument, invoqué pour justifier l’avortement, d’éviter à une femme une grossesse non désirée, ne tient plus.  Alors où est le problème ? 

Les chercheurs l’ont trouvé, explique Kay.  Si la mère fait supprimer son enfant, en toute légalité, la perte de ce dernier deviendra irréversible.  Elle pourra alors plus facilement l’accepter (« accept the irreversibility of the loss », disent les auteurs).  Mais si cette femme sait que son rejeton est élevé par des parents adoptifs, elle éprouvera de la difficulté à faire son deuil (« makes it difficult to accept the reality of the loss ») et elle pourrait donc souffrir d’un tel état de fait (« might suffer psychological distress »).  Poor little thing…  Avez-vous jamais constaté pareille préséance des privilèges maternels sur les droits de l’enfant, incluant le droit suprême à la vie ?  Mon non plus.

Féminisme universitaire, quand tu nous tiens…

Ce nouveau psychodrame idéologique démontre à nouveau, comme si besoin était, l’influence plus que questionnable du féminisme universitaire, grâce auquel des intellectuels déconnectés à l’humanisme inexistant se sentent autorisés à décider, du moins abstraitement, de la vie ou de la mort d’êtres humains, dans l’intérêt suprême de la femme.  Je n’aurais jamais imaginé cependant que leurs dérives atteindraient un jour pareil sommet !  Souhaitons que pareil délire ne devienne pas une tendance lourde au sein d’un mouvement déjà idéologiquement hypothéqué.

L’éditeur du Journal of Medical Ethics, Julian Savulescu, s’est dit quant à lui outré des nombreux commentaires haineux allant jusqu’aux menaces de mort adressées aux auteurs de l’article controversé.  Il n’a pas hésité à traiter ces correspondants de fanatiques opposés aux valeurs fondamentales d’une société libérale (« fanatics opposed to very values of a liberal society »).  Sans excuser les participants les plus belliqueux, la théorie des chercheurs ne contient-elle pas elle-même des menaces de mort ?

Qui est victime de menaces de mort ?
Ainsi va la vie… si j’ose dire !  Critiquez l’islam politique, qui opprime les femmes en en faisant des citoyennes de seconde classe, vous deviendrez raciste et xénophobe.  Osez vous en prendre aux diktats de cette religion d’État qu’est devenu le féminisme radical, aux yeux duquel désormais même l'infanticide pourrait devenir autorisé, et vous deviendrez un esprit rétrograde opposé à tout progrès social.  Reste à savoir maintenant si, au sein de cette entité abstraite appelée « le législateur », il ne se trouvera pas des esprits « libéraux » pour donner suite à la déviance idéologique et sociale de ces deux chercheurs schizoïdes.