dimanche 29 juillet 2012

Violence psychologique : autopsie d’une chronique déphasée

Depuis son arrivée au Journal de Montréal, la sexologue Julie Pelletier nous avait habitués à une approche dépoussiérée, déculpabilisante, mais responsabilisante de la sexualité des hommes comme des femmes. Avec elle, ces dernières étaient invitées à prendre leur sexualité en main – au sens propre comme figuré – et à en devenir les premières artisanes, sans rendre systématiquement les hommes responsables de leurs difficultés à apprivoiser les plaisirs sensibles et, parmi ceux-ci, l’orgasme, cette inaccessible étoile pour un trop grand nombre. Les clichés réducteurs, hérités d’un féminisme quétaine et braillard, du genre « Il n’y a pas de femmes frigides, mais que des hommes maladroits. » faisant reposer sur les hommes la réussite, mais surtout l’échec, de la sexualité féminine, étaient jusqu’à maintenant entreposés par cette thérapeute progressiste au dépotoir des idées dépassées et rétrogrades.

Une entrée en matière plausible

Une photo qui en dit long sur l'approche...
Ma bonne opinion de Mme Pelletier devait piquer du nez à la lecture de sa chronique du 22 juillet dernier, quand elle a abordé le sujet si délicat de la violence psychologique dans un contexte conjugal. Le titre, Savoir reconnaître la violence psychologique,  était prometteur, et je m’attendais à la même approche nuancée et sans parti pris féministe à laquelle la sexologue nous avait jusqu’ici habitués. La lecture du texte en question allait me prouver à quel pont le titre était inadéquat.

À prime abord, la photo illustrant la chronique ne m’inspirait pas confiance. On y voyait une femme opprimée par un homme, en arrière-plan, visiblement en train de vociférer. Stéréotype classique. Bon, Mme Pelletier n’est pas responsable d’un choix de photos malheureux, lisons voir son texte, me dis-je. Après une entrée en matière sommaire, présentant la violence comme un fléau connu « pour infliger des souffrances, terroriser, affecter la confiance et l’estime de soi » et se cachant « quelques fois derrière un écran de fumée » Julie Pelletier pose la question fondamentale : « Comment reconnaître la violence afin de la fuir… ou de la dompter ? »

La suite du texte démontrera qu’elle est en grande partie passée à côté du sujet, mais je continue. La chroniqueuse nous livre le témoignage d’Irène, victime de son conjoint : « Jamais je n’aurai cru que je vivrais de la violence conjugale. Il ne me frappait pas, mais ses mots étaient profondément terrorisants. » Nul doute qu’il s’agisse d’un exemple crédible et vécu, mais pourquoi se limiter à un cas féminin, opprimé par un agresseur masculin. J’ai beau savoir que les hommes se confient nettement moins que les femmes sur la violence conjugale, en très grande partie psychologique, qu’ils subissent, jamais je ne croirai que la thérapeute n’aurait pas réussi à en trouver des exemples probants parmi les clients qui la consultent. Cette volonté de ne présenter qu’un volet de la violence conjugale n’annonçait rien de bon pour la suite des choses. Hélas, je n’allais pas être démenti dans mon pressentiment !

Le dérapage

Une ode de plus pour
célébrer l'éternelle victime...
Et voilà la phrase désastreuse qui allait rétrograder cet article au rang d’un discours prêt à porter digne de nos féministes les plus obscurantistes, celles qui dirigent des maisons d’hébergement pour femmes battues en tête de liste. Après avoir présenté la violence psychologique comme « bien souvent la porte d’entrée vers l’agression physique, voire le meurtre ou le suicide », ce que nul ne conteste, Mme Pelletier se lance : « Généralement des hommes, les agresseurs manipulent leurs victimes, habituellement des femmes, leurs femmes, et en arrivent à les placer sous l’emprise du soi-disant amour. » Vous avez bien lu. Hommes, prédateurs, femmes, victimes…

La violence psychologique a donc un sexe, le même que dans l’idéologie déphasée qui contribue à propager tant de stéréotypes sexistes envers les hommes. Le discours de Mme Pelletier est misandre et doit être dénoncé puisqu’il s’inscrit dans la perspective générale de la lutte à la violence faite aux femmes. Bien sûr, cette violence reste condamnable, mais de limiter le phénomène de la violence à des victimes féminines est sexiste pour deux raisons.

D’abord, en ne présentant les femmes que comme les uniques victimes de la violence, on ignore délibérément celle que subissent les hommes, dans une égale mesure, même si la violence masculine, force physique « aidant », laisse des séquelles plus lourdes. Cette réalité est démontrée par les enquêtes sociales générales de Statistique Canada de 1999, 2004 et 2009. Statistique Canada, c’est pas assez crédible pour Mme Pelletier ? Ensuite, en se cantonnant dans le stéréotype homme prédateur, femme victime, on désigne les hommes comme uniques responsables de la violence conjugale, comme si les femmes n’avaient rien à se reprocher. Rien n’est plus faux. La lecture de L’homme battu, de Sophie Torrent, et de La violence faite aux hommes,  d’Yvon Dallaire, représente une façon salutaire de se prémunir contre ces préjugés du siècle dernier. On ne peut vivre éternellement la tête dans le sable.

Après cette dérive désastreuse, la chroniqueuse tente de rattraper le coup, avant d’énumérer des comportements à risque ou symptômes pour le moins plausibles, par ailleurs, de la violence psychologique : « Voici certains signes qui ne mentent pas (un/e partenaire qui en manifeste plusieurs, doit définitivement être considéré comme étant un/e agresseur/e potentiel/le). J’utiliserai le pronom IL pour alléger le texte, mais je m’adresse autant aux hommes qu’aux femmes. » Trop peu, trop tard, le mal est fait.

Violence conjugale 101

La violence psychologique a fait l’objet d’études qui sont visiblement passées sous l’écran-radar de Julie Pelletier. Un groupe de chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières, de l’Université d’Ottawa et de l’Université Laval ont réalisé une étude qui confirmait la réalité chiffrée révélée par Statistique Canada. « Les comportements de violence psychologique chez les jeunes couples : un portrait dyadique »  a été présenté le 18 mars 2005 au Congrès de la Société québécoise pour la recherche en psychologie.

Eh oui, ça arrive aussi...
D’entrée de jeu, les auteurs affirmaient que peu d’études sur la violence conjugale tenaient compte des deux membres d’un couple. On aime toujours croire que le phénomène demeure l’apanage des hommes. Or, sur les 259 couples, âgés entre 18 et 35 ans, ciblés par l’enquête, 44 % des hommes et 55 % des femmes ont admis avoir exercé de la violence psychologique. Si près de la moitié des hommes ont ainsi commis cinq actes violents et plus, une majorité de femmes, quoique ténue, a fait de même.

Selon Statistique Canada, cité dans l’étude, la violence psychologique, chez un couple, serait de quatre à cinq fois plus élevée que la violence physique. Les chercheurs affirment que la première annonce fréquemment la seconde, qui survient alors environ deux ans plus tard. Les conséquences de la violence psychologique seraient aussi dévastatrices, sinon plus, que celles de la violence physique.

Une autre enquête récente, de la Commission cantonale de l’égalité de Berne, en Suisse, confirme elle aussi que la violence domestique n’est pas exclusive aux hommes. En préface de son document au titre évocateur, « Violence féminine : mythes et réalités »,  l’auteure, Eva Wyss, se dit convaincue que « l’examen, des deux aspects du phénomène (masculin et féminin), hors de tout stéréotype, contribuera à l’émancipation des femmes comme des hommes. Il y a des femmes violentes et des hommes victimes. » Mme Pelletier, si elle en reste à ses idées préconçues, ne fera pas partie de cette émancipation.

Mme Wyss confirme néanmoins que, même si l’ampleur véritable de la violence féminine reste à circonscrire, les blessures occasionnées par la violence physique sont plus nombreuses et plus graves chez les femmes que chez les hommes. Wyss soulève par ailleurs la résistance, tant collective qu’individuelle, à envisager la gent féminine capable d’agressivité. En effet, le féminin du mot « agresseur » n’existe toujours pas. L’image de la femme violente ne correspond pas à notre conception de la féminité tandis que le concept d’homme victime ne cadre pas davantage avec nos standards de virilité.

Et c’est pas tout…

J’ai traité dans ce blog ainsi que dans un article paru dans Le Soleil de Québec, l’un des rares quotidiens ouverts sur le sujet, de la parité homme femme en violence conjugale. Comme Le Soleil est devenu difficile à trouver en kiosque à l’extérieur de la région de Québec, j’en reprendrai avec bienveillance les grandes lignes à l’attention de Mme Pelletier.

Julie Pelletier
Martin S. Fiebert, un chercheur du département de psychologie de la California State University, a compilé plus de 282 études dont 218 enquêtes empiriques qui démontrent que les femmes seraient autant, sinon plus violentes physiquement que les hommes. Comment expliquer que le public ne soit pas au courant ? La violence féminine, ici comme ailleurs, reste taboue.  Ce n'est pas avant 1999 que Statistique Canada recensait enfin les signalements d'hommes agressés par leur conjointe. Tout l'historique de violence conjugale qui affectait les hommes avant cette année restera à jamais lettre morte. En 2005, Statistique Canada brisait le silence en révélant que 546 000 hommes étaient victimes de violence conjugale au pays.

Une autre pierre allait être jetée dans le jardin du discours féministe avec l'enquête psychosociale du Saguenay-Lac-Saint-Jean, réalisée en 2000 par la Direction de la santé publique. Selon ce document, 5,4% des hommes, qui ont vécu avec une partenaire au cours de l'année précédant l'enquête, avaient subi de la violence physique, comparativement à 2,4% de femmes pour la même période. Il s'agit de plus du double de victimes masculines. Ce n'est pas tout: 1,3% des hommes avaient subi de la violence physique sévère, contre 0,8% des femmes, tandis qu'au chapitre de la violence psychologique et des agressions verbales, 35,8% en avaient vécu, soit 1,5% de plus que les femmes dans la même situation. Veuillez prendre note, Mme Pelletier. Pour compléter le tableau, 5,4% des hommes avaient subi de la violence physique mineure, en comparaison de 2,4% de femmes.

«Le contraste pourrait indiquer que les hommes demeurent plus longtemps que les femmes dans une union marquée par la violence conjugale», affirmait Denis Laroche, de l’Institut de la Statistique du Québec, dans Le Quotidien du 25 janvier 2009. L'enquête du statisticien révèle que 3,9% d'hommes ont rapporté au moins un événement de violence physique au cours des cinq dernières années en comparaison de 2,9% de femmes, ce qui représente 70 200 hommes et 52 600 femmes, respectivement.

Il est regrettable qu’avec autant d’informations officielles et rigoureuses, une chroniqueuse généralement crédible, s’exprimant dans le quotidien le plus lu au Québec, s’abaisse à reprendre à son compte les clichés et stéréotypes féministes les plus éculés et les plus malveillants. Une telle attitude, en plus de contribuer à démoniser les hommes, accablés depuis près de 50 ans par des idéologues intégristes, n’aidera en rien à venir en aide aux femmes violentes qui cherchent une solution à leur condition. Un problème bien posé est à demi réglé, dit le proverbe. Balayé sous le tapis, il ne pourra que continuer à dégénérer. Les femmes, comme les hommes, en ressortiront perdants.

dimanche 22 juillet 2012

Warwick : l’impact du facteur judiciaire

Un an après que soit tombé le verdict tant controversé de la non responsabilité criminelle de Guy Turcotte, ce cardiologue ayant sauvagement assassiné ses deux enfants à Piedmont, le drame familial de Warwick, qui a vu Jocelyn Marcoux tuer ses deux enfants, Lindsey et Karen, avant de se suicider, est venu à nouveau nous rappeler la tragique réalité des conflits insolubles entourant la garde des enfants. Est-il concevable que l’impossibilité d’en arriver à une entente civilisée entre adultes responsables puisse mener à des gestes aussi irrémédiables ?

Jocelyn Marcoux et ses enfants.
«La société ne peut plus se mettre la tête dans le sable», devait affirmer la présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, Rose-Marie Charest, commentant le troisième drame familial à survenir en une semaine au Québec. On ne peut que lui donner raison, mais comment désamorcer ces parents pour qui la destruction des enfants, et la leur propre, deviennent l’ultime recours ?

Comme le veut l’usage, en pareilles circonstances, bien que rien, jamais, ne change, ce drame est momentanément venu rappeler l'évidente pénurie de ressources sociocommunautaires destinées aux hommes en situation de détresse. Alors que l'État consacre 86,6 millions $ exclusivement aux femmes, les hommes ne peuvent compter que sur un maigre 7,8 millions $ distribués aux quelques organismes qui leur sont voués.

Le rapport Rondeau, qui mettait en lumière cette sérieuse lacune, s'est instantanément retrouvé sur les tablettes, sitôt paru en 2004, à la suite du dépôt d'un mémoire signé par une quinzaine d'instances et de regroupements féministes influents, Fédération des femmes du Québec en tête. Son titre: Comment fabriquer un problème. Sollicitude, bonsoir, et tant pis si les enfants demeurent les premières victimes d’une indifférence sociale aussi sordide que criminelle. On pourra toujours compter, comme à chaque année, sur nos hypocrites féministes pour quémander des subsides, soi-disant afin de lutter contre la violence faite aux femmes, la seule digne de reconnaissance, semble-t-il, entre le 25 novembre et le 6 décembre, anniversaire si rentable de Polytechnique.

Et les mères, dans tout ça ?

On insiste beaucoup, pour la forme, sur la détresse des hommes, lors des meurtres d’enfants dont ils sont les auteurs, mais si on les oublie aussitôt, le comportement des mères meurtrières passe totalement sous notre écran-radar. À l’époque où Guy Turcotte commettait l’irréparable, d’autres drames familiaux défrayaient la manchette. Quiconque vit au Québec pourrait rester sur l’impression que, début 2009, seul l’ex-conjoint éconduit par Isabelle Gaston s’était rendu coupable du meurtre de ses enfants. Or, cinq autres tragédies avaient ébranlé l’opinion publique, la plupart aujourd’hui oubliées.

Ainsi, dans cette série macabre de meurtres d'enfants, trois sur six avaient impliqué des mères, ce qui confirme cette réalité, de moins en moins taboue, à l'effet que ces crimes soient sensiblement aussi courants chez les femmes que chez les hommes. Selon une chercheuse de l'UQTR, 28 mères ont commis un filicide entre 1997 et 2007. Si, dans le cas de Cathy Gauthier, cette Saguenayenne reconnue coupable du meurtre de ses trois enfants après un pacte de suicide avec leur père, le besoin de protéger sa progéniture de la misère peut être envisagée, un contexte de rupture douloureuse et de litige autour de la garde parentale serait à l'origine du meurtre du petit Jerom, commis à Saint-Élie par sa mère, propriétaire d’un salon de coiffure. Dans le cas d'Adèle Sorella, accusée du meurtre de ses deux filles, elle ne supportait plus l'absence de son conjoint, recherché par la police et en cavale depuis trois ans. Le procès de cette femme a été reporté en 2013, faute d’évaluation psychiatrique complétée, mais qui s’en soucie ?

Cathy Gauthier
Une opinion trop largement répandue chez les intervenants en santé mentale veut que les hommes tuent leurs enfants pour se venger de leur conjointe tandis que les femmes agiraient ainsi pour «préserver» leur progéniture. J’avais déjà démontré, exemples à l’appui, le caractère misandre et saugrenu de cette « théorie » foireuse. Certains professionnels, plus intègres que les tenants de ces divagations, confessent par contre leurs limites à expliquer le meurtre d’enfants, tant l'enchevêtrement de facteurs aggravants ou déterminants peut s'avérer complexe. Le sexe du meurtrier ne peut tout expliquer. La dépression, le sentiment de tourner en rond, le manque de prise sur le quotidien restent autant de dénominateurs communs qui peuvent transformer une personne, homme ou femme, en presto ambulant et pousser à commettre l'irréparable.

Des spécialistes redoutent un effet d'entraînement pouvant mener à l'escalade de drames familiaux, d'autant plus difficiles à prévenir qu'ils demeurent malgré tout marginaux. L'un d'eux, Pierre Faubert, psychologue, militait dès 2009 en faveur d'une commission publique dont le mandat serait de sonder la douleur de vivre au sein des familles québécoises. «Peut-être qu'à travers le peuple, confiait-il alors à La Presse, il y a une sagesse que les soi-disant experts, moi inclus, on ne voit pas. Il y a des choses qui nous échappent.» Pas de doute là-dessus…

Le facteur judiciaire

Parlant de choses qui échappent aux experts, avez-vous remarqué, à l’annonce d’une nouvelle tragédie impliquant un père, la fréquence d’un contexte judiciaire de lutte pour la garde des enfants ? Ce facteur, à mon sens fondamental, trop souvent balayé fébrilement sous le tapis, devra impérativement faire l’objet d’une étude attentive et sans complaisance, de la part du comité d’experts mandaté par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, afin de se pencher sur les drames familiaux. Il ne faut jamais oublier que, en cas de litige autour de la garde légale des enfants, 80 % des décisions des juges sont rendues en faveur de la mère. Ces verdicts sont-ils pour autant tous justes et équitables ? Il est grandement permis d’en douter, la compétence parentale n’étant en rien une prérogative exclusivement féminine, ce que toute personne un tant soit peu sensée reste à même de constater.

J’avais déjà dénoncé l’opposition irresponsable et malveillante des principaux regroupements et personnalités féministes à la présomption de garde partagée. Je ne citerai que l’une de ces misandres, dont le propos haineux demeure représentatif d’une tendance lourde. Il s’agit d’Anne McLellan, ministre fédérale de la Justice de 1997 à 2002, rien de moins, qui déclarait, dans l’Alberta Advisory Council on Women Issues, cité dans l’essai 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ? : « … un nombre croissant de spécialistes suggère aujourd’hui, que la garde partagée perpétuerait l’influence et la domination des hommes sur les femmes… » Féminisme ou crétinisme ?

Anne McLellan
Comment s’étonner ensuite des commentaires de Jocelyn Marcoux, parus dans Facebook, dénonçant, la rage au cœur, un système judiciaire qui lui paraissait inéquitable et hostile aux pères ? L’homme était persuadé qu’il allait bientôt perdre la garde de ses enfants au profit de son ex-conjointe. Il écrivait : «Je me suis juré dans mon coeur de père que jamais plus mes enfants seraient maltraités; plus jamais, même avec la bénédiction d'un juge hypocrite! Pour les pères, bien, c'est officiel! Si tu te fais pas justice toi-même, bien tu auras jamais justice! Jamais, soyez-en bien sûrs, d'où tous les drames familiaux!»

Un fait important concernant l’affaire Turcotte a peu été évoqué, malgré les torrents de mots écrits sur le sujet. La veille du double-meurtre, au moment de partir avec ses deux enfants, qu’il allait garder cette fin de semaine fatidique, Turcotte avait eu une altercation avec Isabelle Gaston qui, sans doute sous l’effet de la colère, lui avait déclaré qu’elle allait partir avec les enfants, changer de nom, et devenir introuvable. Dans un contexte où Guy Turcotte aurait eu confiance en notre système judiciaire, impliquant la conviction que ses droits parentaux auraient été autant respectés que ceux de son ex, Anne-Sophie et Olivier auraient-ils été assassinés ? Cette question, à ce jour sans réponse, demeure fondamentale, n’en déplaise à toutes les Anne McLellan dont les propos honteux infestent indûment l’espace public.

L’expérience de Cochem

Facteur de rentabilité pour notre système judiciaire, le conflit parental demeure l’occasion d’une lutte à remporter, impliquant nécessairement un gagnant et un perdant, si l’on exclut les enfants, les premières victimes de ces déchirements. Au début des années 90, à la demande répétée de pères lésés, la justice allemande s’est penchée sur une façon différente d’envisager le divorce et la garde parentale en plaçant les besoins de l’enfant en priorité. Ce qui aurait déjà dû être la moindre des choses.

D’adversaires tactiques, juges, avocats et psychologues deviennent, dans cette optique, des intervenants travaillant de concert en vue de trouver une solution tenant compte de toutes les parties.  Ce n’est que quand toutes les possibilités ont été envisagées en vain que l’affaire est portée en cour.  Une telle perspective oblige un changement de mentalité en profondeur qui rencontre obligatoirement des résistances chez les robes noires pour qui conflit rime avec profit.

Anne-Sophie et Olivier Turcotte
L’expérience de Cochem, qui tire son nom de la ville allemande dont elle origine, ne représente pas la solution à toutes les difficultés entourant une séparation, mais pourrait bien constituer un outil de premier plan dans leur résolution. Mais pour ce faire, il faudra, lors d’une première étape, reconnaître la présomption de garde partagée accordant des droits parentaux égaux aux pères comme aux mères et, au cours d’une seconde étape, déjudiciariser les séparations, de façon à ce que l’intérêt premier des enfants prédomine, ceci, bien sûr, dans l’éventualité où le bien-être de ces derniers puisse éventuellement intéresser nos décideurs, naturellement.

dimanche 15 juillet 2012

La CLASSE : vers une tournée de jeunes croulants

Cinquante ans après leur formation, les Rolling Stones pourraient bien célébrer leur atypique anniversaire par une nouvelle tournée, a récemment laissé entendre Mick Jagger, 68 ans, une possibilité que son complice de toujours, Keith Richards, du même âge, avait lui-même déjà évoquée.  N’y a-t-il pas quelque chose de renversant dans la longévité de ce groupe mythique, et dans la volonté de ses membres de vouloir à nouveau remettre ça ?  

Cette perspective me trottait en tête, à la suite de la nouvelle beaucoup moins emballante de la tournée imminente de la Coalition large pour l’association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).  Les rockers ont, malgré leur âge, toujours leur talent à offrir tandis que les étudiants, inféodés à la CLASSE, ne font que brandir leurs revendications utopistes.  Lesquels sont les plus « sautés » ? 

Les Stones, beaucoup plus jeunes
que la CLASSE...
Tout en ne se réclamant officiellement d’aucun parti politique, l’association étudiante radicale vient de publier dans Le Devoir un « manifeste » où la pensée magique alterne avec un idéalisme béat et un nihilisme obstiné dont les accents ne sont pas sans évoquer Le capital, de Marx et Engels et, nécessairement, le programme de Québec solidaire, dont les destinées restent étroitement liées au parti communiste du Québec (PCQ).  Quiconque d’ailleurs adhère à cette dernière instance devient automatiquement membre du parti d’Amir Khadir et de Françoise David, que ça lui plaise au non.  Voilà une conception particulière de la démocratie dont la finesse échappe inexorablement aux non-initiés.

Apartheid des premières nations ?

C’est en lisant Les faces cachées d’Amir Khadir, de Pierre K Malouf, que l’on découvre une réalité que les médias ne nous ont pas transmise : le député de Mercier considère qu’Israël pratique une politique d’apartheid envers les Palestiniens et affirme, dans le même souffle, que Québec fait de même avec les premières nations.  Sans aller jusqu’à employer le même vocable, la CLASSE considère que le gouvernement libéral et les compagnies prenant part au plan Nord bafouent des droits légitimes, comme si aucune négociation territoriale n’avait eu lieu, comme si nulle entente n’avait jamais été conclue entre Québec et les représentants autochtones.  Qu'il y ait parfois litige entre deux parties entraîne-t-il obligatoirement un abus de pouvoir ?

On préfère brandir le spectre de l’oppresseur néolibéral, auquel résiste tant bien que mal un peuple menacé : « Heureusement, les peuples autochtones, délogés par chaque nouvelle prospection, résistent à ce vol continuel. Si certains projets d’exploitation sauvage ont pu être mis sur pause, c’est parce que des femmes et des hommes ont osé les défier. Ils et elles ont su résister à ce pillage des ressources, malgré les discours catastrophistes affirmant que notre survie économique dépend de l’exploitation rapide, à tout prix, de notre sous-sol. »

Et de l’oppression aux Amérindiens, on passe à celle des femmes : « Pour se satisfaire, cette clique procède de manière coloniale, sans consulter personne. Loin des caméras, pauvres et donc facilement oubliées, les femmes autochtones sont les premières victimes de cette vente au rabais. »

Les éternelles victimes

Comment peut-on, en 2012,  encore pleurer
sur le sort des femmes universitaires ?
La CLASSE ne s'arrête pas en aussi bon chemin.  Alors que, de la maternelle à l’université, les besoins spécifiques des filles ont depuis des décennies priorité sur ceux des garçons, avec les résultats que l’on sait, soit un décrochage masculin endémique, la CLASSE, hypocrite, ignore délibérément les programmes de discrimination positive favorisant les filles et les bourses d’études offertes aux étudiantes s’aventurant dans des domaines non traditionnels.  Elle se garde bien de dénoncer l'absence de mesures équivalentes pour les garçons.  Son discours misérabiliste n’est pas sans évoquer celui de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) succursale féministe de QS, dont Françoise David, ancienne présidente, semble avoir conservé ses prérogatives de belle-mère.  Malgré le pourcentage nettement plus élevé de décrocheurs chez les garçons et le fait que plus de 60 % des inscriptions universitaires soient féminines, la FFQ soutient, sans davantage d’explications, que le problème du décrochage féminin reste pire que chez les gars.

La CLASSE emboîte le pas à ce concert en lamento majeur : « Nous pensons qu’en tant que lieu de partage d’un savoir universel, l’éducation doit abolir toute forme de discrimination et de domination fondée sur le genre. Il s’avère pourtant qu’être femme dans ce système est tout aussi difficile qu’être femme en société. Croire que la reproduction de statuts inégalitaires est absente de l’école est un leurre. Nous sommes écoeuré-e-s de voir que les professions traditionnellement féminines sont moins valorisées en société et qu’elles sont encore étudiées majoritairement par des femmes. Nous sommes nombreuses dans les salles de classe de baccalauréat, mais combien d’entre nous gravissent les plus hautes marches de l’escalier universitaire ? »

Revendiquer en vue d’une meilleure reconnaissance sociale et salariale, est-ce bien le rôle d’une association étudiante ?  Ne s'agit-il pas plutôt d'une prérogative syndicale ?  Des efforts considérables n'ont-ils pas déjà mené à ce que le revenu moyen des femmes, selon Emploi et solidarité sociale, atteigne désormais 86 % de celui des hommes, et à ce qu'il en représentera sous peu, toujours selon le même ministère, 94 % ?  Peut-on éternellement faire comme si aucun progrès n’avait été accompli depuis 1966, année de la fondation de la FFQ ?

CLASSE et QS, vraiment aucun rapport ?

Il arrive parfois que, plus on se cache, et plus on se trahit.  La CLASSE a beau se prétendre apolitique, il existe certains mouvements de personnel qui laissent songeur, surtout après avoir pris connaissance des similitudes idéologiques dépassées pour le moins flagrantes entre l’association étudiante et le parti de Khadir et David. 

Khadir et David, le dynamique duo de QS.
Par exemple, Renaud Poirier St-Pierre, ancien attaché de presse de la CLASSE et Gabrielle Brais Harvey, ancienne coordonnatrice aux relations et communications de la FECQ devaient publier ce 14 juillet dans Le Devoir une lettre d’opinion témoignant d’un appui sans faille à Québec solidaire : « Depuis 2007, Québec solidaire s’efforce de bâtir un Québec différent et a fait preuve d’une sincère solidarité avec le mouvement étudiant. Amir Khadir a été le premier député à porter le carré rouge. Il l’a fait par principe et conviction, et non pas par nécessité de marquer son opposition. Jamais Québec solidaire n’a laissé tomber notre mouvement. Ce parti aspire, tout comme nous, à un arrêt des réformes néolibérales et à l’instauration de mesures de justice sociale comme la gratuité scolaire. »

Et nos militants d’espérer, à défaut d’une prise de pouvoir, une percée de QS aux prochaines élections : « Cependant, il est tout à fait réaliste de penser faire élire des députés dans des circonscriptions montréalaises comme Hochelaga-Maisonneuve, Sainte-Marie -Saint-Jacques, Laurier-Dorion, Gouin et Rosemont. »

Un problème de crédibilité

La CLASSE s’est à plusieurs reprises démarquée par une aptitude innée à se tirer dans le pied : refus obstiné de condamner la violence, pour finalement le faire, mais du bout des lèvres, refus de collaborer avec les autorités dans la planification de leurs manifestations, ouvrant la porte à l’intrusion de casseurs, pour jouer ensuite aux innocentes victimes, recours à l’intimidation envers les étudiants désireux de poursuivre leurs études, volte-face envers les humoristes venus les soutenir en traitant certains d’entre eux de sexistes et d’homophobes, obtention non désirée d’un « reconnaissance » douteuse, mais hilarante, par les raéliens, représentent autant de faits d’armes qui disqualifient le regroupement de Gabriel Nadeau-Dubois auprès du public, qui continue d’appuyer inexorablement la hausse.

Ne manque plus à la CLASSE que de se voir associée à Québec solidaire, dans un contexte ou son seul représentant élu vient de faire l’objet d’un essai dévastateur, après avoir perdu encore davantage de crédibilité par des déclarations relevant de la mythomanie, s’être fait arrêter lors d’une manifestation illégale et avoir prôné la désobéissance civile sans nécessité.  Les résultats sont là : un récent sondage donne Amir Khadir bon avant-dernier, juste devant Jean Charest, qui ferme la marche du palmarès des politiciens les plus populaires du Québec. 

Pas de doute, avec pareil allié, la CLASSE ne tardera pas à apprendre à ses dépens que l’on ne peut s’imaginer éternellement au dessus de l’État au point, comme l’a fait récemment Jeanne Reynolds, l’autre porte-parole de l’association, de s’interroger à savoir si son regroupement reconnaîtra la légitimité (sic !) des résultats de la prochaine élection.  Mythomanie, quand tu nous tiens…  En attendant, les Stones, eux, rallieront les suffrages…

dimanche 8 juillet 2012

Les malheurs d’Amir…

Sans doute en proie à un irrépressible accès d’optimisme que lui seul pourrait expliquer, Amir Khadir affirme que Québec solidaire est prêt pour les prochaines élections, que le député de Mercier espère sans doute les plus proches possible. «Je pense que la plupart des gens vont être heureux d'avoir une équipe de 5, 10, 15 députés, que sais-je, de Québec solidaire à l'Assemblée nationale (…)», de s’exclamer le seul représentant de son parti, élu avec une très mince majorité, faut-il le rappeler, en 2008.  Khadir rêve-t-il en couleurs ? 

Amir Khadir : une autre page d'histoire...
On pourrait le supposer, devant les piètres performances de Québec solidaire aux deux dernières élections complémentaires tenues dans Argenteuil, où son parti a trouvé le moyen de se voir devancé par le parti vert (sic !), finissant avec 2,70 % des votes, tandis qu’il se faisait coiffer au poteau par la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ), loin derrière ce parti en perte de vitesse, avec à peine 5,9 % du vote.  Il n’y a pas de quoi pavoiser devant de tels résultats, pour un politicien aux yeux de qui tous les prétextes sont bons pour attirer sur lui les feux des projecteurs. 

Parlez-en en bien, parlez-en en mal…

… Semble devenue la devise du député de Mercier.  Après avoir ouvertement prôné la désobéissance civile, pourvu qu’elle soit pacifiste, comme s’il n’existait aucun extrémiste ou sociopathe susceptible de détourner de façon hasardeuse le sens de tels propos, M Khadir devait trouver le moyen de se faire menotter, le 5 juin dernier, et d’affirmer ensuite avoir agi comme les figures historiques que l’on sait.  Le maire Labeaume devait persifler notre héros populaire improvisé en affirmant s’être senti rassuré d'apprendre que Khadir n’ait pas été emprisonné, ne serait-ce que cinq minutes : il se serait alors sans doute identifié à Nelson Mandela. 

L’attitude irresponsable du député de Mercier n’est pas sans évoquer celle de Gabriel Nadeau-Dubois, Amir junior, et de la CLASSE, qui organisent des manifestations illégales, donc sans en communiquer le parcours  aux autorités, et qui jouent ensuite les bonnes âmes attristées devant les dérapages occasionnés par les prévisibles casseurs qui profitent de l’occasion pour se livrer à des actes de violence et de vandalisme évitables. « Que voulez-vous, c’est pas notre faute… »  Ben non, voyons donc, pauvres petits…

Alors qu’Amir Khadir n’hésite pas à « braver » ostensiblement les lois qu’il pourrait contribuer à changer de façon légale et démocratique – trop peu spectaculaire, apparemment – il s’empresse d’interpeller nos tribunaux, quand ces mêmes lois font son affaire.  Ainsi, se disant victime d’intimidation  de la part du Journal de Québec et du Journal de Montréal, qui avaient fait leur une avec une curieuse illustration - trouvée par la police, investiguant sur sa fille, dans la cuisine du député - inspirée d’une peinture de Delacroix montrant Khadir triomphant d’un Jean Charest décédé, notre justicier devait annoncer avec fracas, ce 12 juin, qu’il songeait à porter plainte contre Québécor, propriétaire des journaux incriminés.  Depuis, aucune nouvelle, mais Khadir aura – encore – fait la manchette.

Une - autre - cible de Khadir :
Pierre-Karl Péladeau.
Voyant sans doute dans cet événement une nouvelle théorie du complot, L’élu a déclaré avoir constaté dans le traitement de la nouvelle une manoeuvre de l'empire de presse de Pierre Karl Péladeau pour l'intimider et le discréditer, ainsi que Québec solidaire. Ses rivaux politiques étant présentés selon lui par des plumes « relativement favorables », il devait se dire victime d’un traitement différent, allant jusqu’à affirmer que Québec solidaire serait présenté «comme les méchants [...] le bras armé d'une révolution».  Question quiz, posée par plusieurs, commentateurs comme simples citoyens : Est-il normal, pour un homme politique aussi en vue, de laisser traîner dans sa cuisine une affiche faisant preuve d’un manque aussi flagrant de discernement ?  M Khadir pourrait-il reconnaître ne serait-ce qu’une faute de goût, au lieu de s’improviser à nouveau la victime sans reproche de ses adversaires politiques ?

La répétition de tels psychodrames médiatiques devait finir par desservir le représentant de Québec solidaire, puisque Le Devoir, que l’on ne peut soupçonner d’hostilité envers lui, allait publier ce 16 juin un sondage dévastateur plaçant notre homme désormais à l’avant-dernier rang quant à la popularité des personnalités politiques, les plus populaires restant François Legault, de la CAQ et… Line Beauchamp, la ministre démissionnaire de l’Éducation, qui avait renconcé à négocier devant l’intransigeance butée des leaders étudiants, refusant toute hausse, quelle qu’elle soit.  Au final, celui qui, 18 mois plus tôt, trônait en tête des sondages sur la popularité des élus, ne doit qu’à Jean Charest, premier ministre le plus impopulaire de l’histoire récente du Québec, de ne pas occuper la dernière position.  Parlez-moi d’une performance… 

Le brûlot 

Comme si ces problèmes, dont il reste largement l’instigateur, ne suffisaient pas, Amir Khadir et son fan club devaient avaler leur café équitable de travers, à l’annonce du lancement d’un livre particulièrement bien ficelé sur le député de Mercier intitulé Les faces cachées d’Amir Khadir, de Pierre K Malouf, publié aux éditions Accent grave.  Extrêmement bien documenté, avec une abondance de sources citées en bas de pages, cet essai, rédigé dans un style souvent caustique et mordant, mais non dépourvu d’humour, allait tracer un portrait sans complaisance du seul élu de Québec solidaire.   

Un livre incontournable sur
un politicien controversé.
Il faut croire que ce bouquin dérange, puisque son éditeur, Daniel Laprès, devait déclarer dans sa page Facebook que des libraires étaient victimes d’intimidation, et que certains commis, militants de Québec solidaire, n’hésitaient pas à prétendre faussement se trouver en rupture de stock, afin de dissuader les clients d’acheter.  Étonnant sens de la démocratie chez ces militants d’un renouveau politique.

Les prises de position de Khadir, dénonçant ce qu’il appelle l’apartheid israélien envers le peuple palestinien, quand il n’existe aucun apartheid en Israël, ce qui ne veut pas dire que cet État soit sans reproche, devaient servir à établir un parallèle douteux avec ce que le député de Mercier n’a pas hésité à qualifier d’apartheid envers les premières nations, pratiqué par Québec, rien de moins !  Les positions  antisionistes de Khadir se voulant la raison première d’un boycott des produits israéliens par une organisation vaguement fanatisée appelée PAJU (Palestiniens et Juifs unis), sympathisants de Québec solidaire, allaient atteindre un sommet d’imbécillité, fin 2010, quand ces militants se mirent en tête de manifester devant une boutique appelée « Le marcheur », dont le principal crime, à leurs yeux, était de consacrer 2 % de son inventaire à des chaussures israéliennes !

Comme ils refusaient de remplacer ces produits par de nouveaux, provenant d’autres pays, les propriétaires de ce commerce ont dû subir de l’intimidation légale pendant plusieurs mois.  Chaque fin de semaine, des « militants », dont le père de Khadir, rattaché au Parti communiste du Québec, sont venus distribuer des tracts et « sensibiliser » les clients sur la « nécessité » de ne pas acheter des produits en provenance d’Israël.  L’oisiveté est la mère de tous les vices.

La cote de popularité de Khadir commença à piquer du nez quand il s’afficha devant les médias avec les drôles du PAJU, endossant publiquement leurs risibles récriminations.   Après une douche écossaise médiatique, le député devait opter pour un profil bas, non sans continuer, selon Pierre K Malouf, à tirer les ficelles à distance de ces manifestations ineptes, malgré des déclarations contraires de Françoise David, co-leader de Québec solidaire, à l’effet que son collègue avait reconnu son erreur… 

Une affaire de famille ? 

Existe-t-il un syndrome familial prédisposant à la désobéissance civile dans la famille Khadir ?  En plus du père, rattaché au parti communiste du Québec, prompt à intimider un honnête commerçant, la fille du député de Mercier, Yalda, s’est vu arrêtée, le 7 juin dernier, et accusée d’avoir été co-responsable du blocage du pont Jacques-Cartier, d’avoir causé pour 50 000 $ de dommages à l’université de Montréal, 15 000 $, au bureau de l’ex-ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, en plus d’avoir agressé un policier et une photographe de presse.  Commentant cette arrestation, la mère et la grand-mère n’ont vu en cette pauvre enfant qu’une victime d’un système oppresseur.

Yalda Machouf-Khadir
Elahél Machouf, grand-mère, devait déclarer :  «Elles ont été arrêtées pour rien, ces enfants-là sont innocents! J'ai vu les scènes en Iran, c'est injuste, je suis enragée ».  Pas de doute. Elle devait encore aller plus loin en comparant les Québécois qui lancent des roches aux policiers aux enfants palestiniens qui agissaient ainsi lors de l'Intifada. Appelée à préciser cette déclaration, la grand-mère devait ensuite affirmer qu'elle ne faisait pas de comparaison.  Sans doute comme Amir, qui ne se comparait ni à Gandhi, ni à Martin Luther King…  Allez donc inculquer à une gamine le sens du respect civique avec pareilles attitudes.

Il n’est pas jusqu’à la sœur d’Amir Khadir, Saïdeh, à avoir fait parler d’elle, récemment,  pour avoir plagié un blogueur dans un récent article de L’actualité médicale, plaçant cette publication dans l’embarras.  La notion de propriété intellectuelle lui semblait apparemment aussi abstraite que le respect des biens publics à sa nièce.  Selon le blogueur, cité dans La Presse du 8 juillet dernier, «Elle m'a dit qu'elle était désolée, qu'elle ignorait les règles journalistiques, et qu'elle n'avait pas pris le temps de reformuler les passages de mon texte qu'elle avait repris», raconte le blogueur qui a accepté les excuses de la Dre Khadir même si son geste le laisse tout de même perplexe. «La propriété intellectuelle, ce n'est pas juste en journalisme, observe-t-il. Cela existe en médecine aussi.»

Cette nouvelle gaffe familiale n’a rien pour rehausser l’image de Khadir, bien qu’il ne doive en aucun cas se voir tenu responsable des actes et déclarations de son père, de sa femme, de sa belle-mère ou de sa sœur.  Quant à sa fille, Yalda, elle est majeure et vaccinée, mais quelqu’un a bien dû lui inculquer des principes de vie, je suppose ?  Le moins qu’on puisse dire, cependant, c’est que cet atypique tableau de famille comporte pour dénominateur commun le non respect des lois et usages civils, et la banalisation de dérives flagrantes.  Il pourrait également démontrer que l'étrange comportement du député de Mercier va bien au-delà de sa personnalité propre, et pourrait bien impliquer une dimension aussi idéologique, culturelle que familiale.

Il est plus qu’improbable qu’Amir Khadir et Québec solidaire prennent le pouvoir.  Cela ne veut pas dire que, dans le contexte de bouleversement que le Québec traverse en ce moment, le député de Mercier ne dispose pas d’un pouvoir d’influence néfaste.  Heureusement, le vent tourne, et il semble que le public commence à voir plus clair dans le personnage…