jeudi 27 juin 2013

Gars et filles : supériorité académique intellectuelle ou numérique ?

En 2010, la BBC rendait publique une étude révélant que, dès leur plus jeune âge, les filles étaient persuadées de leur supériorité intellectuelle sur les garçons.  Il s'agissait sans doute d'une nouvelle victoire d'une idéologie que nous ne connaissons que trop bien.  Loin d'adhérer à cette perception, les auteurs de cette recherche britannique affirmaient que les représentations hostiles à la gent masculine véhiculées par la société dont, sans doute, celles colportées par les médias et la publicité, contribuaient à fausser de façon misandre la perception que les sexes avaient de leurs possibilités intellectuelles respectives.  

La misandrie commence de plus en plus tôt...
Ainsi, dès l'âge de quatre ans, les filles se croient « plus intelligentes, plus sages et plus capables d'efforts » que leurs confrères.  Ce qu'il y a de plus grave, c'est que, bien qu'ils résistent plus longtemps à ce conditionnement social qui les déprécie, une majorité de garçons finit par penser la même chose vers l'âge de huit ans.  Les chercheurs n'hésitent pas à dénoncer ces perceptions comme « auto-réalisatrices », c'est-à-dire qu'elles influencent les performances de chaque sexe.

Afin de prouver leurs dires, les auteurs de ce rapport plus que pertinent ont créé deux groupes mixtes en vue d'un test.  Au premier, ils ont dit que les garçons ne réussissaient pas aussi bien que les filles, et ont gardé le silence pour le deuxième.  Devinez quoi ?  Les garçons à qui on n'avait rien dit ont aussi bien réussi que les filles.  Les autres, dépréciés, ont obtenu des résultats nettement inférieurs à leurs consœurs.  La perception de leurs propres possibilités a donc eu une influence directe sur les résultats des garçons.

Une génocide académique ?

C'est dans cette optique qu'il faut envisager une tendance fâcheuse, loin d'être exclusive à la Grande-Bretagne, qui vise, non seulement à miser davantage sur la réussite académique des filles, mais à faire comme si ces dernières ne devaient qu'à leurs compétences seules de se démarquer des garçons.  Bien sûr, les filles sont plus dociles et plus appliquées que les leurs confrères, un phénomène que j'ai moi-même observé quand j'enseignais le français langue seconde dans une école élémentaire publique en Louisiane.  Il demeure toutefois évident que ces heureuses dispositions de caractère, qui n'ont rien à voir avec l'intellect, ne suffisent pas à expliquer l'écart sidéral entre les performances masculines et féminines.

Au parti-pris envers les filles de nos systèmes d'Éducation occidentaux, il faut ajouter, non seulement la perception négative des hommes - présentés par nos télé-séries, télé-romans et publicités comme des maniaques sexuels, des dépendants affectifs ou des imbéciles congénitaux - mais également la prolifération de prétendues études, dont les prétentions scientifiques risibles ne font qu'enfoncer le clou d'une misandrie généralisée dont nos garçons deviennent les premières victimes.  Combien d'entre eux devrons-nous encore sacrifier à notre indifférence et à cette « conviction » ridicule prônant désormais la supériorité intellectuelle féminine ?

Des déclarations irresponsables et stupides

James Flynn, « chercheur »...
Oui, vous avez bien lu.  La dernière lubie en date sur la supériorité fictive des femmes nous vient d'un individu ayant pour nom James Flynn, un psychologue néo-zélandais, prétendu spécialiste du QI,  dont personne n'avait entendu parler jusqu'à ce jour, mais dont on devrait boire les doctes paroles comme du petit lait.  Cet original vient de répandre une bonne nouvelle pour le camp féministe : pour la première fois en cent ans, les femmes auraient obtenu de meilleurs scores aux tests de quotient intellectuel que les hommes.

Nos idéologues chéries auraient tort de se réjouir trop vite puisque, selon le même « chercheur », c'est seulement la toute première fois que les femmes coifferaient au poteau leurs confrères masculins.  En effet, pendant les 100 dernières années, les hommes les devançaient de cinq points, ce qui n'a rien d'une victoire militante... 

Mais il y a pire, et plus absurde, quant aux motifs présumés de la supériorité intellectuelle féminine.  Les femmes seraient-elles devenues du jour au lendemain plus performantes dans les sciences, en mathématiques, en informatique, en architecture ?  Auraient-elles pour une fois cumulé davantage de découvertes ou d'inventions ?  Seraient-elles enfin parvenues à supplanter définitivement les hommes dans les arts et la littérature, domaines où il faut reconnaître qu'elles s'affirment de plus en plus ?  Eh bien non.

Si les femmes impressionnent tant M Flynn, c'est qu'elles sont devenue « multitâches », clame-t-il.  On recherche la valorisation où l'on peut...  Le fait de devoir concilier travail et famille - ce qu'aucun, ou peu d'hommes, ne font, faut-il conclure - serait à l'origine de la croissance de l'intellect féminin.  Nos féministes n'ont pas fini de déchanter, elles qui voient dans la présumée « double journée de travail », selon elles exclusive aux femmes (elles ne connaissent pas la mienne...), une source première de leur aliénation...

Les femmes, idoles de James Flynn ?
Flynn ne s'arrête pas en aussi bon train sur les rails de la bêtise, allant jusqu'à affirmer que ses conclusions pourraient résulter du fait que les femmes ont toujours eu un QI potentiellement plus important mais ne l'exploitaient pas entièrement : « L’amélioration est plus forte chez elles, parce qu’elles ont été beaucoup plus désavantagées dans le passé. »  Il suffisait d'y penser.  Je me demande si M Flynn exploite pleinement son quotient intellectuel...

Ce « scientifique », visiblement féministe, après avoir lancé cette mini-bombe misandre, n'hésite pas à se contredire.  Selon lui, il manque encore quelques données avant d'établir une différence d'intelligence entre les sexes.  Alors pourquoi tenir des propos aussi stupides que sexistes, inspirés de facteurs fantaisistes qui n'ont absolument rien de probants ?  Nos garçons ont-ils besoin des manifestations d'errance mentale de pseudos chercheurs en mal de sensationnalisme ?  N'ont-ils pas suffisamment d'obstacles à surmonter ?  Du féminisme, ce fumiste est vite passé au crétinisme.

Une supériorité... numérique

En comparaison de telles idioties, les études de genre semblent relever du plus haut raffinement intellectuel.  Rendu là...  À ce propos, rappelons que l'une des prétentions de cette autre lubie veut que, malgré la différence des sexes, les genres respectifs de chacun ne soient conditionnés exclusivement que par l'environnement sociétal.  Il faudra alors nous expliquer comment il se fait que, malgré les efforts acharnés des États occidentaux, dont le Canada, depuis plus de 40 ans, pour intéresser les femmes aux disciplines non traditionnelles, celles-ci continuent à se cantonner obstinément à des professions typiquement féminines.

Les femmes, toujours conservatrices.
Ainsi, selon Statistique Canada, les professions les plus courantes chez les femmes en 2011 restaient : adjointe administrative, infirmière, caissière et enseignante.  De leur côté, les hommes se révélaient aussi conservateurs avec les métiers de camionneur, de directeur de commerce, de charpentier-menuisier et de concierge, sans que personne ne songe à les tirer de l'enfer de postes aussi convenus. 

Les jeunes femmes canadiennes de 25 à 34 ans représentent pourtant désormais 59,1 % des titulaires d'un grade universitaire, tendis que leurs consœurs de 55 à 64 ans regroupent 47,3 % de ces diplômés.  C'est sans doute parce qu'elles sont devenues plus intelligentes si 64,8 % des femmes de 25 à 64 ans ont complété des études de niveau postsecondaire, en comparaison de 63,4 % d'hommes.  C'est là aussi la première fois que les femmes démontrent, toutes catégories d'âge confondue, leur supériorité... numérique.

Être garçon en 2013

Je me demande s'il y aura un jour un prof de français de secondaire cinq assez déjanté pour donner à lire Voici venu le temps des femmes (en version originale, The end of men, pas mal plus cru), d'Hanna Rosin.  Imaginez l'impact sur des filles de plus en plus convaincues de leur supériorité intellectuelle sur les garçons qui eux, vers leurs seize ans, auront « compris » depuis l'âge de huit ans qu'ils ne sont destinés qu'au rôle de faire-valoir de la suprématie féminine.

Rosin, journaliste américaine, n'y va pas de main morte, mais s'appuie sur des faits tangibles, bien qu'il ne soit pas évident qu'elle établisse un lien direct entre intervention étatique et réussite au féminin, ce qui introduirait un débat on ne peut plus subversif... et signifiant.  À prime abord, elle semble s'attarder davantage aux effets qu'aux causes : « Au milieu des années 90, on a vu une égalité en termes de réussite universitaire et puis tout à coup, les femmes ont surpassé les hommes.  La démarcation se fait en primaire, puis en secondaire. »

Souhaite-t-on la fin des garçons ?
Mme Rosin, arrive tout de même à identifier le « quand » du problème, si elle ne parvient pas - ou ne tient pas - à en cerner le « pourquoi ».  En attendant, combien de garçons, les hommes de demain, seront-ils laissés pour compte par un système qui ne mise inexorablement que sur la réussite des filles ?  Quelle satisfaction celles d'entre elles, qui auront la conscience sociale de réaliser le favoritisme dont elles bénéficient, retireront-elles d'une réussite partiellement usurpée ?  Comment, tout en prenant conscience de leur aliénation, les garçons arriveront-ils à affirmer leur plein potentiel dans un monde où les dés sont pipés dès leur plus jeune âge ?  

Voilà autant de questions essentielles auxquelles il faudra avant longtemps trouver des réponses... intelligentes, pour une fois.

15 commentaires:

Anonyme a dit…

Prochaine étape de Flynn, prouver que les femelles; singes, dauphins, chevaux, etc, etc. sont plus intelligentes que les mâles. Bonne chance Flynn. En tout cas, il y une chose que Flynn a prouvé, c'est qu'il est, lui, moins intelligent qu'une femme. Serge

Olivier Kaestlé a dit…

Ses positions me rappellent celles d'un certain Robert Marleau, de l'institut Pinel, qui affirmait que les hommes tuaient leurs enfants pour se venger de la mère alors que les femmes les supprimaient pour les protéger de l'angoisse de la rupture. Misandrie, quand tu nous tiens...

Anonyme a dit…

Je crois que c'est Jacques Marleau et non Robert. Serge

Olivier Kaestlé a dit…

Tout à fait exact. Merci du correctif.

Anonyme a dit…

J'ai remarqué un truc, on cherche de plus en plus à mettre en valeur le côté intellectuel des femmes même quand ces dernières s'avèrent être des quiches finies.

Regardez par exemple les Femens, certains les trouvent plutôt intelligentes dans leurs happening, moi je les trouve tout simplement pathétique.
Même Belkacem qui n'est pas une lumière est perçue par certains comme une femme intello, alors qu'elle ne vaut pas plus que ses cons-frères politiques.On est quand même loin d'une Ségolène Royal ou Martine Aubry, pire d'une Edith Cresson. D'ailleurs quand une femme est effectivement une cruche ou une nulle, on se focalise quand c'est possible sur sa plastique en faisant abstraction de ses qualités pas forcément intellectuelles.
Bref, j'ai l'impression qu'on a plus de mal à oser dire franchement quand une femme est couillonne.

Pour finir une petite citation
"Il y aura égalité des sexes le jour où l'on embauchera autant d'incompétentes que d'incompétent"

C'était vrai à une certaine époque maintenant on peut retirer le "in" d'incompétent ^^

Anonyme a dit…

Mais ou sont toutes nos crypto-communistes, ardentes défenderesses de l'égalité numérique; ces féministes d'arrière-garde s'étant "battues" et ayant fait face "aux forces du front patriarcal" dans un combat qui, si on les écoute, faisait palir WW2 par ses enjeux touchant la moitié de la planete: ou sont donc toutes ces grandes penseures activistes et intellectuelles lorsque les chiffres démontrent, noir sur blanc, que les femmes ont maintenant un meilleur avenir (potentiel) que les hommes?
Crickets. Crickets. Crickets.
Ben voila. C,est bien beau de crier, s'insurger et de déchirer sa chemise quand on souhaite la parité mais c'en est une autre de se tenir bien silencieuse quand elle est dépassée et que le surnombre est à notre avantage.
Les féministes sont des hypocrites. Point à la ligne.

Malthus

Anonyme a dit…

@Malthus

Allez faire un tour du côté du blog d'hommelibre, et vous verrez que ça parle encore d'inégalité. Non pas inégalité salariale mais inégalité.

Les féministes et leurs chantres ont la facheuses habitudes de jouer sur les mots pour créer une sorte d'ouverture dans l'esprit de l'individu lobotomisé

Daniel Picard a dit…

Cette allusion à la soi-disant infériorité intellectuelle des garçons par rapport aux filles me rappelle cette controversée prétention de certains scientifiques américains, dont Arthur Robert Jensen, à l'effet que le Quotient Intellectuel (Q.I.) des noirs est inférieur à celui des blancs. À cet égard, il a fallu tenir compte davantage, dans la mesure de l'intelligence, des aspects liés à l'environnement socio-culturel, et développer des épreuves non verbales, moins sensibles que les épreuves verbales aux composantes socio-culturelles. Va-t-on assister à une recrudescence, toute québécoise, de la psychologie différentielle pour les nuls? Ou peut-être faudra-t-il écrire une nouvelle version de "Nègres blancs d'Amérique"?

Olivier Kaestlé a dit…

@ Daniel Picard Je suis certain que si le dr Flynn allait présenter son étude à Tout le monde en parle, il ne déclencherait pas la millième part d'indignation et de protestations que le Doc Mailloux avait suscité avec ses commentaires sur les noirs.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Malthus Eh oui, vous avez raison. L'essentiel, désormais, pour ces féministes pour lesquelles la cause des femmes n'est devenue qu'un prétexte, reste de faire semblant, le 8 mars et entre le 25 novembre et le 6 décembre, que tout va toujours au plus mal pour les femmes, afin de continuer à toucher leurs lucratives subventions, et, si possible, d'en augmenter les montants. Les affaires sont les affaires, que diantre !

Olivier Kaestlé a dit…

@ Anonyme À propos des Femen, ce ne sont pas de « vraies » féministes. Il s'agit en fait d'un produit idéologique manufacturé, chorégraphié et programmé comme des marionnettes à montrer leur seins en vue de générer une agitation sociale perpétuelle, à l'échelle mondiale, contre le perpétuel complot patriarcal qui « accable » les femmes, mais aussi, contre l'islamisme.

Les motivations de ceux qui tirent leurs ficelles restent obscures. Pour un complément d'information :
http://olivierkaestle.blogspot.ca/2012/12/femen-qui-se-cache-derriere-ces-seins.html

Anonyme a dit…

@Olivier

Pour les Femens en débattant avec leur supporter je suis toujours confronté à des arguments quelque peu chimérique démontrant l'efficacité et la nécessité de leur combat, en fait de l'individu du troupeau de la bien pensance.

Concernant les subventions, ne vous en faites pas elles les toucheront encore longtemps tant que nous aurons des minables au pouvoir, en tout cas en France.

Olivier Kaestlé a dit…

Et elles continueront encore au Québec, la Suède canadienne, et dans la plupart des pays occidentaux où le féminisme d'État a pignon sur rue.

Anonyme a dit…

Je tiens à tirer mon chapeau à Olivier Kaestlé pour son courage et son honnêteté : il est un des rares sur le Net!

Au sujet de la supériorité intellectuelle des filles, etc... tout participe ni plus ni moins à une dévalorisation visant à la suppression progressive des hommes de notre planète : c'est le vieux rêve lesbien féministe : la solution finale, eh oui : mais sans camps, sans chambre à gaz, rien que de la propagande! Le plus fort, c'est qu'en France, ce sont d'anciennes féministes qui commencent (!) à penser que "ça va trop loin" : Elisabeth Badinter, Sylviane Agazinski... Comme toujours, les hommes ont peur de s'exprimer contre cet ordre nouveau qui s'installe, car ils craignent de déplaire au sexe opposé (des fois qu'"elles ne voudraient plus"!). Moi, j'ai la chance de vivre avec une femme opposée à la misandrie : ce n'est pas toujours simple pour elle d'intervenir face à ses collègues, qui, par soumission à cette propagande sournoise et permanente, répètent inlassablement les mêmes slogans fémi-fascistes. C'est (entre autre) pour cela que je l'aime. Et, ouf, elle m'aime aussi. Gardons l'espoir.

Olivier Kaestlé a dit…

Merci de vos encouragements. Votre témoignage me confirme qu'il existe encore de nombreuses femmes à s'opposer au féminisme d'État misandre qui mine l'Occident.

Faisant preuve d'une violence très discrète relevant davantage de la psychologie que des coups, l'intégrisme féministe évoque toutefois l'islamisme, qui mine d'abord la condition des femmes en pays musulmans, bien que leur condition reste plus misérable encore que celles des hommes.

Une question subsiste cependant : combien de souffrances, de pères déchus de leurs droits et de garçons sacrifiés à l'autel de la réussite au féminin faudra-t-il encore avant que l'on reconnaisse l'étendue des dégâts causés par une idéologie aussi rétrograde que haineuse ?